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Culture

Sur Sidi el Houari plane la menace : Danger sur les racines historiques d’Oran

dans Actualités/Culture/Patrimoine

Après la vaste opération de relogement de 500 familles du quartier de Sidi el Houari, opérée à partir de jeudi passé (21 décembre), se manifeste une sombre menace sur le Vieil Oran.

Le visiteur sera surpris par l’ambiance de vacuité qui règne, depuis l’opération de relogement, sur une grande partie de la Vieille Cité. L’animation populaire qui caractérisait le site a disparu et les pittoresques ruelles, naguère grouillantes de vie, sont désertées ; rares sont les passants et encore plus rares les chats qui peuplaient le secteur.

Il faut dire que le jour même du relogement, les engins sont entrés en fonction. Alors que l’opération de délogement suivait son cours et après quelques destructions, une pelle sur chenille a arpenté les ruelles du quartier historique, s’offrant une balade sur la place de la Perle, avant de s’engouffrer dans le tunnel Boutin pour aller prendre un répit du côté de la Calère, abandonnant, dans son sillage, des constructions éventrées.

Ainsi en est-il de quelques anciens immeubles des rues Menerville et de la Vieille Casbah dont les murs extérieurs et des dalles ont subi les foudres de l’engin, laissant apparaître des portes intérieures ouvrant sur le vide.

Au rez-de-chaussée s’entassent les pierres de taille. Il en est de même de deux immeubles, en pierre de taille, d’une rue parallèle au boulevard Stalingrad. On aurait dit que même dans la démolition, on prend soin d’ajouter encore plus de hideur et d’insécurité à celles déjà apportées par les effondrements et les démolitions qui se sont produits dans ce quartier depuis des années.

Depuis des années, on se contente de démolir et des laisser les gravats sur place. En effet, depuis 2007 et le relogement des squatteurs de la Casbah, les gravats résultant de la démolition de l’habitat précaire qui s’y était construit s’amoncellent sur place, rendant les lieux infréquentables. Qu’attendent ceux qui sont en charge de la ville pour nettoyer les lieux et les rendre moins dangereux ? Qu’attendent les pouvoirs publics pour lancer des fouilles au sein de la Casbah ? Et dire que c’est le lieu de naissance de la ville !

Le promeneur peut également voir les caries que constituent, depuis 2010, les restes des démolitions du quartier de Bab el Hamra. Qu’attendent les autorités pour achever la démolition de ces ruines, enlever les gravats et rendre les lieux à la nature ?

On peut aussi constater, sur les murs de nombreuses constructions, l’inscription bleue de DPE, suivie d’une croix rouge, promesse de destruction imminente.

La désertification du quartier ne présage rien de bon pour le patrimoine bâti et les premières actions de vandalisme ont déjà commencé… Là où la pelle a sévi, des pirates s’affairent à récupérer tout ce qu’il y a à récupérer : des tôles, des fenêtres, des volets et les ustensiles oubliés par les familles délogées…

Qu’en est-il du secteur sauvegardé de Sidi el Houari ? Qu’en est-il du plan de sauvegarde qui n’est pas encore lancé ? Qu’en est-il de la responsabilité des autorités, dont la responsabilité est entièrement engagée en matière de sauvegarde du patrimoine ?

Par A. Abdelhak

Pour une refondation de l’institution théâtrale : Le CRASC propose une sortie de crise

dans Actualités/Culture

 

  • Par Ali HASSANI

 A l’image de la culture en Algérie, le théâtre ne va pas bien. C’est la crise. La sonnette d’alarme est déjà tirée. Le 27 mars dernier, au CRASC, à la veille de la célébration de la journée mondiale du théâtre et des arts de la scène, invités par des chercheurs, des praticiens ont tenté de donner des éléments de réponse à un constat et de faire des propositions pour sortir de ce qui constitue désormais la crise du théâtre algérien.

Repenser le théâtre en Algérie

«Pour une refondation de l’institution théâtrale» a été le thème débattu lors de la table ronde tenue en cette journée printanière du 27 au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC).

La rencontre modérée par le chercheur Hadj Miliani, a été animée par des acteurs impliqués dans le fait culturel théâtral, local et national. Nombreux objectifs ont été assignés à cette rencontre dont principalement de débattre des dispositifs de structuration de l’activité théâtrale en Algérie dans tous les domaines.

Selon Hadj Miliani, la rencontre constitue une occasion pour élaborer des propositions concrètes, formuler un cadre d’organisation et repenser une carte des structures dans le domaine théâtral.

Rappelant le contexte économique actuel et la conjoncture caractérisée par un semblant de «restructuration de l’activité théâtrale» Hadj Miliani a énuméré, lors de l’introduction du thème, plusieurs aspects liés aux différentes facettes «susceptibles» d’apporter «le plus attendu» ou «le changement tant espéré.»

Entre critiques et propositions

Dans son intervention, le journaliste Mohamed Kali a surtout plaidé pour «une refondation graduelle» du domaine théâtral. Il est revenu sur l’historique en prenant comme origine, le début de la crise au lendemain du «soulèvement social» en octobre 1988. S’appuyant sur son expérience, il s’est limité à citer des faits en prônant la production de «l’information». Son «plaidoyer» a été en faveur des intermittents du théâtre, dont l’officialisation serait une solution qui permettrait à des centaines de personnes de vivre décemment de cet art qu’est le théâtre. Afin de ratisser large, Mohamed Kali n’a pas hésité à proposer des «copier le modèle français» en «récupérant les maisons de la culture, en assurant une formation qualifiante et en enseignant le théâtre à l’école

L’intervention du directeur du TRO Abdelkader Alloula, M. Ghaouti Azri, a été un véritable condensé de «critiques et de questionnements». Selon lui, «le ministère de la culture est en crise de gestion», c’est pourquoi il a recours à ce qu’a été «produit auparavant», allusion faite au travail entrepris en 2008 à propos des états des lieux du théâtre algérien. Le gestionnaire n’est pas allé par plusieurs chemins pour dire que «l’Etat ne s’occupe plus du théâtre

Avant de conclure, M. Azri s’est attardé sur la proposition relative à la création des centres dramatiques nationaux, CDN, dont les missions seraient données aux actuels théâtres régionaux qui jouissent d’une certaine expertise.

En guise de conclusion, il avancera que «le corps social est malade» et cela se répercute négativement sur l’ensemble des domaines, la culture et le théâtre, comme la santé, l’éducation ou l’enseignement supérieur.

Reconquérir l’espace social

Pour sa part, Lakhdar Mansouri s’est étalé, dans son intervention, sur «la crise sans précédent» et «le lot d’incohérences» vécus par les universitaires afin d’assurer une formation adéquate dans le domaine théâtral. L’universitaire est revenu sur les problèmes et les contraintes dans lesquels (et malgré lesquels) la formation est assurée. Parmi les propositions faites, Mansouri a insisté sur «la consultation des juristes afin de proposer des textes pour la praticiens en adéquation avec les lois qui régissent les relations de travail

Lors du débat ouvert à la fin de la table ronde, des critiques ont été formulées et des questions posées, alors que leur contenu a tourné autour d’une seule problématique de base : «comment conduire une réelle démarche stratégique en matière de marketing culturel dans le domaine théâtral

Cela suppose des réponses à certaines questions relatives au produit artistique lui-même, à la nature de son financement et à l’aspect conatif relatif à comment drainer le public, segmenté ou non. Le tout passera nécessairement par la reconquête de l’produit artistique, de la cité, tout simplement.

Un ministère en panne de créativité

Le théâtre algérien vit une phase déterminante pour son avenir, ou plus exactement, pour l’avenir des gens qui le font vivre et vivent de ce qu’ils font. La scène artistique algérienne, à travers les arts de la scène, vit au rythme du contraste. Sensée donner de la créativité, cette scène est en pleine crise de créativité. Le ministère est pointé du doigt et tout ce que font Mihoubi et ses collaborateurs déplaît, pire : il est à l’origine de la grogne généralisée.

Quel message aimeraient ou auraient aimé transmettre les gens du théâtre algérien à l’occasion de la célébration de la journée mondiale dédiée aux arts de la scène en ce 27 mars 2017?

Entre «redynamiser le théâtre et valoriser l’artiste», le cœur balancera et la parole ne sera guère tranchée.

Né dans un contexte colonial, même s’il serait «sorti du néant dans les années qui ont suivi la guerre de 1914» selon l’affirmation de Mahieddine Bachetarzi dans ses mémoires, ou existait dès 1912 grâce aux premières pièces en langue arabe classique, selon Ahmed Cheniki, le théâtre algérien a construit son champ d’expression, d’après Hadj Miliani, en fondant «un répertoire inspiré du patrimoine universel et des questionnements politiques et sociaux de la société algérienne».

Actuellement victime expiatoire de multiples facteurs, exogènes et endogènes, menées par des considérations politiques, des exigences idéologiques et des prétextes artistiques, le théâtre algérien n’arrive plus à attirer le public ni à imposer son rythme et son choix culturel. Il ne fait plus vivre et se perd entre une bureaucratie aliénante et un manque de stratégie flagrant.

 

 

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