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Le ministre de l’Enseignement Supérieur enflamme la communauté universitaire.

Actualités

Par Ziad Salah.

Signe de l’absence du b.a.b.a de la gouvernance dans l’Algérie de fin de règne de Bouteflika, le ministre de l’Enseignement Supérieur, symbole de la cooptation, décide d’avancer les vacances scolaires d’au moins dix jours. La décision de celui qu’on accuse d’avoir attribuer une bourse d’étude à l’étranger à son fils, a surpris la communauté universitaire et estudiantine.

Ce qui n’a échappé à personne, cette décision vise à casser le mouvement estudiantin très impliqué dans ce qu’on nomme «El Hirak», c’est-à-dire les manifestations réclamant l’invalidation de la candidature de Bouteflika et le passage à la Deuxième République.

Hadjar, qui s’était déjà illustré par son aversion clairement formulée concernant la recherche, quand il a évoqué le Prix Nobel, s’est précipité, en recevant l’ordre d’un de ses mentors.

Selon certaines informations, il aurait donné l’ordre aux directeurs des résidences universitaires de procéder à leur fermeture, afin d’obliger les étudiants en provenance des autres wilayas de rejoindre leur lieu de résidence originel.

La mesure vise à séparer la communauté estudiantine de la population pour faire baisser la pression que subit le pouvoir ces jours ci.

Rappelons qu’à Oran, le plus grand pôle universitaire du pays avec Alger, les étudiants résidents ont investi la rue la nuit au lendemain de la première manifestation du 22 Février dernier. Depuis, chaque jour, des cortèges d’étudiants battent le pavé pour réclamer le «départ de ce pouvoir» dont ils «ont en marre».

La décision du ministre de l’Enseignement Supérieur, dont certains universitaires émettent des doutes sur son capital académique et ses diplômes universitaires, risquent de pénaliser les centaines d’étudiants étrangers, notamment ceux en provenance des pays subsahariens. Elle risque de poser des problèmes aux étudiants qui proviennent des fins fonds du pays et qui se trouvent à Alger ou Oran ou Constantine pour des spécialités qui n’existent pas dans leur wilaya. Elle risque également de poser de sérieux problèmes aux recteurs qui seront confrontés à la volonté estudiantine quant au respect du calendrier des vacances universitaires.

Déjà des réactions se sont fait connaître ici et là déclarant la décision du ministre de nulle et non avenue. Peut être l’occasion sera opportune pour les recteurs et les gestionnaires des structures universitaires de remettre en cause la gestion de ce ministre dont le nom évoque le FLN honni par les temps qui courent. Signalons que l’ONOU a publié sur sa page facebook qu’il continuera à offrir les prestations habituelles aux étudiants. Ce qui ajoute une  couche au cafouillage….

Incompétent et obéissant aveuglement à ceux qui l’ont coopté, Hadjar, le frère du cacique du FLN, va à coup sûr enflammer l’université et conférer un nouveau souffle à la contestation qui réclame le départ de ce pouvoir. C’est ce qui dégage des réseaux sociaux qui ont commenté sa décision qu’un esprit malfaisant lui a insufflé.     

Pénurie de médicaments pour les sidéens : Des milliers de personnes menacées de mort.

Actualités/Société

La présidente de l’Association «Rêve de Vivre Positive» de lutte contre le Sida, créée le mois de mars 2017, a dressé un tableau catastrophique concernant la prise en charge des personnes porteuses du virus VIH au niveau des structures sanitaires de la ville d’Oran.

Tout de go, elle annonce que dès le début du mois de janvier, il n’y aura plus de médicaments à fournir aux personnes inscrites sur les registres du CHU Oran. Elle précisera que la question de la rupture est sur toutes les bouches, notamment du personnel soignant depuis plus de trois semaines.

On apprendra que 4500 dossiers de malades sont recensés au niveau du service d’épidémiologie, en provenance d’Oran et les autres wilayas limitrophes. A part la rupture des médicaments, l’intervenante a soulevé la question de «la charge virale», c’est-à-dire la série d’analyses au niveau des laboratoires que le porteur du virus doit effectuer au préalable.

Parlant en connaissance de cause, elle dira que les personnes porteuses du virus, de condition sociale modeste, ne peuvent pas prendre en charge ces analyses. Ce qui fait que certaines d’entre elles, cèdent à la fatalité et renoncent au droit de se soigner. Une personne présente dans le siège de la LADDH (ligue algérienne de la défense des droits de l’homme) où a eu le point de presse a reconnu qu’il ne se soigne pas depuis cinq ans.

L’autre question soulevée est celle de la molécule administrée à ces personnes, en l’occurrence l’A.Z.T. La présidente de cette association, très informée sur la question, précisera que l’OMS a interdit ce médicament à cause de ses effets secondaires très nombreux. Et d’ajouter que les nouvelles molécules dispensées aux tunisiens et aux marocains, pour ne citer que ces cas, sont de loin moins coûteuses que la première.

Parmi les autres revendications, elle réclame une prise en charge psychologique, notamment des nouveaux porteurs. Lors des débats, l’on apprendra que les nouveaux nés des couples porteurs de virus, ne bénéficient pas d’un traitement spécifique durant les quarante cinq jours de leur naissance, un traitement obligatoire.

On évoquera aussi les conditions d’hospitalisation des personnes porteuses du VIH dans des conditions qui ne répondent pas aux normes élémentaires de l’hygiène. Un volet sur lequel a trop insisté Maître Djeffal Soumia qui semble intéressée par l’assistance de cette catégorie de personnes et qui s’est déplacé plus d’une fois au service hospitalier concerné. Donc, elle a constaté de son visu, selon son témoignage.

D’un autre côté, la présidente de l’association «Rêve de Vivre Positive» affirmera que l’Algérie n’est pas éligible au Fond Mondial de lutte Contre le Sida. Donc privée des dons et aides pouvant alléger les souffrances des personnes concernées. Parce qu’il semblerait que l’Algérie est considérée en situation «transitoire», c’est-à-dire où le Sida n’est pas alarmant. Or, nous savons que les chiffres officielles des atteints de Sida ou des porteurs du virus ne reflètent pas la réalité. Dans ce cadre, certains intervenants ont évoqué le rôle de certaines associations se déployant sur ce terrain, dont les responsables sont dans tous les forums internationaux sur la question, et qui n’ont jamais tenté d’éclairer l’opinion internationale sur le drame des personnes porteuses du Virus.

On évoquera dans des termes très simples des stigmatisations dont souffrent ces personnes au niveau des structures sanitaires, privées ou publiques. Dans ce sens, une dame présente avec son mari parlera d’un prêche d’un imam à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, où la condamnation des personnes porteuses du virus a été à peine voilée.

A la fin de la rencontre, des personnes travaillant sur la question, se sont proposées de prêter main forte à cette association en essayant notamment de l’inscrire au niveau des réseaux internationaux qui luttent contre le Sida.

  • Par ZIAD Salah

 

 

Des vérités sur le système éducatif et d’enseignement algérien : Quelle voie pour les réformes ?

Contributions

Peu de gens sont fiers de ce que propose l’école algérienne, et dans la foulée, l’université ne reçoit plus d’éloges. Du coup, école et université sont mal logées. Le système éducatif algérien n’a rien de national et d’identitaire. Il a été, et il sera, s’il continue dans cette voie, une pâle copie du système éducatif français.

 

Une pâle copie du système éducatif français

Benghebrit, à elle seule, divise l’opinion publique: certains individus la considèrent comme une véritable réformatrice et une battante qui lutte contre les idées obscurantistes. Par contre, beaucoup de gens ne voient en elle que la marionnette dont les ficelles sont tirées par les occidentaux et partisans de la laïcité.

Le système éducatif algérien n’a rien de national et d’identitaire. Il a été, et il sera, s’il continue dans cette voie, une pâle copie du système éducatif français. Copier un système ne veut guère dire que nous nous ouvrons au progrès et au modernisme. Il faut avouer, aujourd’hui, que nous avons copié le mauvais système. Cet aveu ne sera entendu que si nous nous intéressons à ce qui se passe autour de nous. Là, nous avons deux vérités, devant nous.

La première vérité concerne notre système éducatif

 

Le système éducatif et d’enseignement français est l’un des plus faibles dans le monde. C’est un système voué, tout le temps, à des échecs et donc à des réformes périodiques. Ce système n’est pas corrigé, contrairement à ce que disent certains médias. A titre d’exemple, au niveau de la lecture, qui constitue la base du système scolaire, la France est un pays à la traîne. L’enseignement des mathématiques, qui constituait une fierté pour les français, est un échec pédagogique cuisant.

C’est ce modèle en plein échec, que le ministère de l’éducation nationale, ministre et cadres, dont la grande majorité est versée dans la recherche universitaire, veut «importer» et pas seulement copier, comme il a fait jusqu’ici.

Noria Benghebrit et «ses étudiants» ne donnent pas l’impression de se concerter sur un projet réel pour la société algérienne à travers son école, son éducation et son enseignement. Ils donnent l’air d’appliquer, à la lettre, une réflexion déjà faite et une vision théorique dont  l’application n’est pas planifiée. Entre ce que le ministère pense être bon pour les chérubins et la réalité algérienne, il y a une différence de taille. Importer pour appliquer est grave. Tout cela veut dire que le ministère, mené par ses cadres chercheurs, est incapable de réfléchir et de penser à un modèle purement algérien. Nos chercheurs dans l’éducation sont d’excellents théoriciens, peut-être, mais au niveau de l’application, ils sont loin d’être à la hauteur. Benghebrit et son équipe ont prouvé leur incapacité à créer, à innover et surtout à écouter. Il était important et opportun de se poser une question fondamentale avant de s’aventurer: est-il possible de greffer un système éducatif et d’enseignement importé, dans un corps étranger?

J’ai été souvent sollicité à intégrer des équipes pluridisciplinaires de différentes nationalités et donc multiculturelles. Je me suis toujours retrouvé dans le volet pédagogique, qui constitue souvent un maillon important pour l’ensemble du processus. Pédagogiquement, les français avaient toujours du retard à rattraper par rapport aux autres. Cela explique pourquoi les modèles d’autres pays ont toujours séduit les français qui donnent l’impression générale de ne pas maîtriser l’aspect pédagogique. De nombreux collègues m’affirment tous les jours cette réalité que beaucoup d’algériens ignorent. Je ne peux pas apporter un stéréotype, mais nous devons nous comporter avec prudence chaque fois que les entreprises de consulting françaises proposent un service. Je ne me permets pas de parler de tous les techniciens de l’Hexagone, car il existe toujours d’excellents éléments qui prouvent leur supériorité et leadership dans la technicité et la conduite des projets. Cependant la réalité montre que le système éducatif et d’enseignement français n’est guère performant. Pourquoi l’avoir importé, partiellement ou totalement?

La deuxième vérité concerne la famille algérienne

La famille algérienne et, par voie de conséquence, la société algérienne, ont leurs propres caractéristiques. Elles ont surtout, une histoire et un patrimoine; une identité donc. L’école est, à la base, le nœud du changement vers le futur. Pour rendre l’éducation et l’enseignement plus performants, il est légitime de se poser les questions suivantes: quels rôles nous voulons attribuer à notre école? Quelles représentations nous avons de notre société future? Ces deux questions, et bien d’autres, permettent de concevoir une école authentique, nationale et surtout progressiste.

Ces questions n’ont jamais été «sérieusement» posées par les ministres qui se sont succédé aux destinées de l’éducation et de l’enseignement dans notre pays. Elles n’ont jamais constitué les problématiques «sérieuses et de base» lors des rencontres, colloques et séminaires nationaux. Des cadres du ministère, des syndicalistes et des parents d’élèves ont pensé pour les autres et à leur place, «les autres» étant constitués des principaux concernés: les élèves et les enseignants. Cependant, aucun inspecteur n’a le droit de parler à la place des enseignants car l’enseignant n’est pas un exécutant. C’est lui qui produit et transmet le savoir.

On recrute des enseignants en leur faisant croire que c’est un cadeau que leur offre l’Etat. Sans bagages pédagogiques, l’instituteur est placé au milieu de ses élèves. Il va ramer pendant une longue période sans pouvoir faire la différence entre la séquence pédagogique et l’unité pédagogique.

Quant à l’élève, il n’a jamais été au centre des préoccupations. Le petit sujet citoyen se retrouve délaissé, tiraillé entre l’information inculquée et l’image souhaitée. En Algérie, pédagogiquement, à l’école ou ailleurs, on n’a jamais placé l’apprenant au centre de la transmission du savoir.

Peut-on éduquer à une compétence?

Pour qu’un système éducatif et d’enseignement puisse réussir, il est appelé à s’orienter selon deux directions:

  • Il doit être national, c’est-à-dire qu’il doit être ancré dans les ressources nationales, socioculturelles, historiques et patrimoniales.
  • Il doit préparer l’avenir de la société et le futur des organisations.

Ainsi, le ministère, aidé par l’Etat, doit non seulement être soucieux des moyens à mettre en œuvre, mais impliqué à décliner l’image future et les finalités en un ensemble de plans réels et opérationnels. Il est important de concevoir qu’une séquence pédagogique revient à bien percevoir les finalités globales de l’enseignement et de l’éducation.

Prenons l’exemple suivant pour illustrer le présent: les gens parlent de plus en plus, de l’approche pédagogique par les compétences, mais ils se demandent tout le temps est-ce que nos enseignants le comprennent? Et comment ils font réellement pour la concrétiser? A vrai dire, peu d’enseignants comprennent réellement ce concept et cette approche.

Les sciences humaines ont prouvé que toute pensée est sujette à des critiques. C’est à partir de cette constatation que nous devons réfléchir ensemble, d’une manière ou d’une autre, à la meilleure façon de transmettre les compétences selon leurs trois dimensions du savoir, du savoir- faire et du Savoir-être. Nous pensons qu’il est plus adéquat de dire que nous devons penser à stimuler et à encourager les petits d’hommes, puis à leur apprendre à créer, développer et utiliser leurs propres compétences: connaissances, aptitudes, habiletés et attitudes.

Nous devons penser ensemble à l’identification des valeurs et des compétences à transmettre. Or, nous n’avons pas encore élaboré un référentiel de compétences pour les métiers de l’enseignement et de l’éducation. Cette tâche doit être une priorité. Si, par hasard, il y a des gens qui ont pu contribuer à son élaboration, ce référentiel doit être transmis et élargi aux premiers concernés.

  • Par Ali HASSANI

  • Consultant, Facilitateur

 

 

Takhmaret…chez la famille d’Amir Dz.

Actualités/Reportage

Un épicier a consenti à nous indiquer le chemin menant à la maison de la famille Boukhors. Les passants à qui nous nous sommes adressés, réalisant que nous sommes étrangers au village, et craignant probablement l’apparence de Sidi Ahmed avec ses lunettes noires ont refusé de répondre à notre demande. Parce que le nom renvoie à “Amir Dz”, devenu ennemi public pour le pouvoir en place.

Notre journaliste-reporter Salah Ziad devant la demeure modeste des Boukhourss.

Arrivés sur les lieux, accompagnés par Adlène Mellah, propriétaire du journal électronique Algérie Direct, présent sur les lieux aux premières heures de la matinée de lundi dernier, nous découvrons l’habitat de la famille. Il est à l’extérieur du village, au bout d’une piste à peine carrossable.

Ce sont trois habitations alignées, qui abritent chacune une famille. Celle du père d’Amir remonte probablement à l’époque coloniale et ne dispose même pas d’une porte correcte. Un tapis en  charmoute» (en tissu récupéré) serve de voile pour assurer l’intimité du foyer.

Dans les deux autres, habitent les aînés avec leur progéniture. Prenant une photo de la maison familiale, Sidi Ahmed ironisa «le palais du père d’Amir Dz». Parce que le père et son enfant Houari, ont été inquiétés par la Gendarmerie pour «chantage et extorsion de fonds». Alors qu’ici, tout hurle le dénuement.

Le quartier est resté en dehors du processus de développement que devait générer la consommation de 1000 milliards de dollars durant vingt ans de règne de Bouteflika.

Une fois sur place, nos hôtes, comprenant le sens de notre visite, nous introduisent dans une salle d’une des trois demeures. La salle, des invités à coup sûr, est meublé sommairement. Des tapis en synthétique et des matelas à même le sol. Un réchaud à gaz est installé au milieu pour chauffer le lieu.

Houari Boukhourss, le frère de Amir.Dz.

Sans même nous demander notre avis, les tables basses trônant au milieu de la salle, ont été garnies par des plateaux. Le thé, le café et des gâteaux ont été servis aux convives qui cherchaient à briser les glaces entre eux. Adlène, très volubile, pour détendre l’atmosphère, nous parla du début du séjour de Houari à la prison d’El Harrach.

Sous le choc et surtout ne comprenant pas ce qui lui est arrivé pour se retrouver dans un milieu carcéral, Houari refusait tout ce que lui proposait son codétenu. Y compris la nourriture. Mais l’enfant de Takhmart finira par se dégeler et rentrera dans le bain ambiant, nous expliqua Adlène.

Par respect des usages, nous avons quitté la salle pour fumer et prendre des photos. Mais aussi pour laisser le champ libre aux visiteurs qui se succédaient par petits groupes. Houari, visiblement confiné sa vie durant dans sort de Guellil (humble) devient la coqueluche de son douar. A part son sourire, il est resté très peu disert. Peut être il ne réalisait pas le triomphe avec lequel il a été accueilli à la sortie de prison où les gens se battaient pour le porter sur leur dos.

Nous réussirons à lui arracher quelques «confessions». Sa relation avec son frère installé en France et dont le nom est scandé dans tous les stades d’Algérie, se limite à des échanges se rapportant aux informations sur la famille. Notamment sur la santé du père dont l’état est chancelant. «Pour vous dire, depuis ma sortie de prison, on s’est pas parlé au téléphone» nous dira-t-il.

Tout indique qu’il n’est pas politisé. Mais les conditions de son transfert de Frenda à Bab Djdid à Alger, dans un fourgon de la Gendarmerie Nationale, menotté, sont toujours vivaces dans son esprit. Lui qui n’a jamais eu de démêlés avec la Justice.

A la tombée de la nuit, les voisins, les proches et les connaissances se sont donnés rendez vous devant la maison des Boukhorss, départie de son anonymat. Certains se sont adossés au mur, pendant que d’autres ont décliné l’invitation de rester dîner. Certains ont récupéré soit une mère soit une épouse et ont opté pour le retour chez eux.

Pour notre part, nos hôtes ont refusé catégoriquement de nous libérer. Les proches parents s’affairent à droite et à gauche. Aux environs de 19h, nous nous retrouvons dans une ambiance digne d’un mariage. La grande salle des hôtes était bandée de monde. Une fois les gens bien installés, les petites tables basses, chargées de couscous, de chorba et de salade commençaient à tomber du ciel. La célérité avec laquelle le service a été accompli laisse supposer que la demeure a l’habitude de recevoir du monde.

En clair, nous étions dans l’Algérie profonde pour qui la générosité n’est pas un simple slogan vide de contenu. Quelques temps avant la pose du repas, le frère aîné de Houari racontait une anecdote. Quand il a été surpris par un colonel de l’armée française, en compagnie de militants de la cause nationale, entrain de confectionner à la va-vite des drapeaux pour célébrer la proclamation de l’Indépendance nationale. «J’ai rien vu» dira l’officier de l’armée coloniale, rapporte le frère aîné. «Je n’ai pas envie de rentrer dans un cercueil» ajouta-t-il, selon le narrateur.

Le repas s’est terminé par une imploration. On pria Dieu de protéger les Boukhorss sans oublier la mère patrie. Le sentiment d’un danger guettant le pays était diffus au sein de cette assemblée. Nous décidâmes de nous retirer, avec un burnous en cadeau, offert par un des frères d’Houari. Un autre signe de générosité de cette famille projetée au devant de la scène à son insu.

Houari, qui a découvert les affres de l’incarcération, a été réhabilité, lui et toute sa famille. Et de quelle manière. Une manière subtile et humaine de récuser la perquisition musclée par les éléments de la Gendarmerie Nationale des trois demeures où les Boukhorss coulent leur vie tranquille.

  • Par ZIAD Salah

 

 

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