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Nous vous disons «KHAOUA KHAOUA», mon général

Chroniques

Ha mon général ! Je ne sais comment vous remercier. Moi qui désespérait et qui pensait même à quitter le Hirak ou du moins à le boycotter quelques “vendredires“, histoire  de montrer mon malaise, à défaut de pouvoir dire mon désaccord. Voila donc que vos menaces  relatives à un étendard, qui fut trop longtemps interdit par le système,  nous  ont réconciliées, j’ai donc défilé  en tant que “hirakiste” et non en tant que… journaliste.

Mon général, vous qui prétendez si bien connaître ce majestueux peuple, vous n’ignorez donc rien de son sens de l’humour et de son goût pour la réplique. Je ne vous apprendrez rien si je vous dis  que vous en aviez pris pour votre grade, que vous avez été croqué et dégusté à toutes les sauces.

Il n’était plus question de “Jamhouria novembria et badissia“, ni même question de “Irouhou ga3“. Non mon général, il n’était question que de vous et rien que vous. Il faut vous dire que ce glorieux peuple a pris vos menaces comme une atteinte à son droit de choisir. Car c’est lui qui le 22 février, premier “vendredire” du Hirak avait décidé de réhabiliter cet étendard qui symbolise, si bien et si fort la rébellion contre le système.

En l’intégrant pleinement et totalement dans le Hirak, il avait fait de la rébellion de la Kabylie, “SA” rébellion et il n’a manqué de lui rendre hommage depuis.

Aujourd’hui, 18 ème “vendredire”, cet étendard est brandit par tous arabes et kabyles, non pas pour vous offenser mon général mais juste pour vous dire NON, c’est là une ligne rouge que même vous, ne pouvez plus franchir.

Devant vos menaces, mon général, le peuple du “vendredire” a vu une tentative de division voir de partition du pays et il a donc décidé d’apporter une réponse qui ne souffre d’aucune ambiguïté, d’aucun doute.

Ce  vendredi 21 juin 2019, pour  la première fois, il n’ a pas crié “Jeich chaab khaoua khaoua“, mais “arabe et kabyle khaoua khaoua“. Il a donc fait son choix et mis l’unité du pays au dessus  de toutes les considérations politico… politiciennes.

C’est là un signe fort mon général. Et, je vous confierai, moi qui n’a pas la larme facile, je l’ai sentie au coin de la paupière, tant l’unité de mon peuple m’a fait chaud au cœur.

Khaoua, Khaoua” n’est finalement pas un vain mot. Cela fait la grandeur de ce peuple, lui qui est entrée dans l’histoire par la grande porte avec 1,5 millions de martyrs.

Ce peuple est un géant, mon général, des décennies de soumission et d’humiliation n’ont pas entamé sa soif  de liberté, sa foi en la non violence, son amour pour la justice.

Finalement mon général, vous avez réussi au delà de toutes espérances. Vous avez  réconcilié publiquement et définitivement cette région longtemps vouée aux gémonies par la propagande et les zélateurs du système, non seulement avec tout le pays, mais surtout avec cette Oranie profonde à qui l’arabo-baahtisme a fait croire qu’elle n’avait rien à voir avec le pays des hommes libres, le pays des …AMAZIGH.

  • Par Samir SLAMA

 

Réouverture des Arènes d’Oran : Un nouveau souffle à défaut d’une nouvelle vie

Actualités/Culture

Hirak oblige et une fois n’est pas coutume, ce n’est pas les officiels  qui se sont chargé de l’inauguration de la réouverture des Arènes de la ville d’Oran après une énième restauration. Ainsi, pas moins de 300 personnes ont  donc répondu présents à l’invitation de l’association  Bel-Horizon et de l’établissement public de gestion du parc  d’attraction et des loisirs de la  wilaya d’Oran, nouvellement désigné, pour assurer la gestion de ce joyau patrimonial.  Seule et dernière Arènes d’Afrique du Nord après la destruction de ceux de Casablanca au Maroc en 1971.

Les Arènes d’Oran sont peut être à deux doigts de connaître le même sort. Cela serait pour le moins  dommageable pour une ville  dont on ne cesse de remémorer le passé espagnol tout en  poursuivant, comme si de rien n’était, la  destruction massive du patrimoine espagnol ou de culture espagnole.

Il faut toutefois mettre au crédit des pouvoirs publics locaux l’initiative de cette «restauration»  très partielle du monument après la débandade du secteur de la culture. Le programme proposé à cette occasion par l’association Bel-Horizon et l’Office de gestion du parc d’attraction et de loisirs, comporte l’exposition d’une maquette intitulée “Oran, une ville de fortifications” réalisé par les  bénévoles de l’association et le représentant de l’Oran médiéval. Un film d’animation pour enfants et adultes sur la tauromachie non violente intitulé “Ferdinand” du nom du taureau de combat baba cool, pacifique et aimant les fleurs.

Enfin  une visite explicative et historique sur les Arènes avec quelques éclaircissements sur les problématiques dont souffre le bâtiment. A cet effet, il est programmé une visite guidée en juillet prochain qui sera réservée prioritairement aux architectes en vue d’étudier ou tout au moins de discuter des «souffrances» du monument.

D’autres activités à caractère culturel sont d’ores et déjà programmées, entre autres la rencontre à la fin du mois en cours avec l’écrivain Wassini Laraadj qui vient d’écrire un roman dont le personnage principal est le dernier matador qu’a connu les Arènes d’Oran.

La restauration, qui a permis la réouverture des Arènes a porté essentiellement sur le confortement des piliers qui soutiennent les gradins et qui furent sérieusement endommagés par l’injection de 1200 tonnes de béton sur des voûtains de briques, lors d’une opération de restauration entreprise qui durera de 2009 à 2012 et aboutira à leur fermeture pour ne pas dire à leur… condamnation.

L’opération d’aujourd’hui qui a duré 5 mois, de septembre 2018 à janvier 2019 est quelque peu réconfortante pour  les amoureux du patrimoine qui espèrent une possible remise en ordre de l’emblématique bâtiment.

Aujourd’hui, et à l’occasion de leur réouverture, les experts ont autorisé, et du bout des lèvres, l’utilisation d’à peine le tiers de la capacité des Arènes.  Soit à peine 3000 places sur les 10 000 initiales.

Quel devenir pour les Arènes d’Oran?

La question n’a pas encore trouvée de réponse notamment auprès des nouveaux gestionnaires du site qui semble-t-il,  sont à la recherche d’idées nouvelles pour une exploitation rentable, en rapport avec leur raison d’être, en l’occurrence l’attraction foraine et le loisir. Mais aussi, en rapport avec les caractéristiques techniques du bâtiment. Ce qui n’est pas aussi  évident que cela, vu l’état de la structure.

Cela est d’autant plus problématique que la question de l’utilisation des Arènes à leur pleine capacité, risque de traîner encore longtemps eu égard au peu d’intérêt que l’on porte au patrimoine oranais. Dans tout les cas l’association Bel-Horizon, compte bien faire des Arènes une &tape incontournable dans les circuits touristiques qu’elle propose .

Samir Slama.

Ouyahia en prison : Le ratage monumental d’un homme et de…son destin

Actualités

Interrogé sur ses prétentions présidentielles, lui qui s’est un moment donné l’étoffe d’un chef d’Etat, Ouyahia a répondu que la magistrature suprême est «la rencontre d’un homme avec son destin». Celui qui peut prétendre avoir toute sa carrière dans les rouages de l’Etat, du troisième jusqu’au premier cercle de la décision, termine sa trajectoire en prison. C’est vraiment triste, indépendamment du personnage bien entendu. C’est un peu l’illustration de l’échec de la génération post-indépendance.

Ahmed Ouyahia, notamment lors des deux derniers mandats de Bouteflika, a développé un double visage : arrogant, quand il était en face de la presse et des cadres subalternes de l’Administration publique, avec une propension très prononcée de donneur de leçons. Et servile en face de Bouteflika, son frère et son clan.

Parce qu’il n’a jamais gagné totalement la confiance des Boutef, suspicieux par nature, Ouyahia a encaissé des coups sans compter, au point où on s’est interrogé sur ses restes de dignité.

Juste pour simple rappel, l’annulation du fameux PPP (Partenariat Public Privé), qu’il avait initié quelques heures après son annonce. Alors qu’il venait juste d’être rappelé à la rescousse pour le poste de Premier ministre après le dégommage de Tebboune par Saïd Bouteflika.

A voir clair, c’est sa servilité qui peut justifier son sort peu enviable. Enfant du système, il n’a jamais songé à prendre son destin en main et se lancer dans une aventure politique en dehors des sentiers battus.

A l’opposé de Ali Benflis qui s’est détaché de Bouteflika au bout d’un mandat. Ouyahia espérait être adoubé par l’armée, fabrique des chefs d’Etat. Entre temps, il avait perdu le contrôle au sein de son propre parti. Il a été démis une fois de son poste de S.G avant d’être reconduit sur ordre de Boutef. Ce qui a aggravé sa dépendance vis-à-vis d’un mégalo cynique retournant toujours les situations à son avantage personnel.

Selon plusieurs analystes, Ahmed Ouyahia s’est brûlé définitivement l’été 2017 où il fallait remettre le tablier et se consacrer à son avenir politique de présidentiable. Mais enfant du système, dont l’obéissance et la servilité est une seconde nature chez lui, Ouyahia ne pouvait pas franchir le pas. Et son entourage, de la même patte que lui, ne pouvait pas lui conseiller une telle perspective. En manque d’initiative, il s’est confiné dans une position attentiste, espérant que le consensus entre la Présidence et l’ANP portera sur sa personne.

L’homme qui doit disposer de temps dans sa “nouvelle résidence” pour revoir et analyser sa trajectoire, surtout son échec, ne bénéficie à nos yeux d’aucune circonstance atténuante. Pour éviter tout quiproquo.

Cependant, nous répétons qu’il est l’illustration de toute une génération. D’autre part, Ouyahia est poursuivi pour des faits de corruption. Eu égard au massacre de l’économie algérienne, depuis les années 90 du siècle dernier, il doit répondre du crime d’atteinte à la sécurité nationale. Lui qui a détruit des infrastructures économiques, dont certaines étaient performantes, et a ordonné l’incarcération de centaines de cadres, dont certains de très haut niveau de compétence.

Par Ziad Salah

Tentative de casser le Hirak à Oran: Les Oranais protègent en masse leur Forum.

Actualités

Le Forum «Gaada Politique Place d’Armes» initié par un couple d’avocats, un universitaire et d’autres militants associatifs, ne quittera le lieu où il a élu domicile depuis le début du Hirak. La tentative des autorités locales oranaises de déloger ce Forum, qui permet aux citoyens de se retrouver et d’échanger sur la situation politique qui prévaut au pays, a échoué. Les artisans à qui on a implanté une série de tentes pour exposer leurs produits ne se sont pas présentés dans la soirée du Mercredi à jeudi. Mieux, certaines tentes ont été démantelées.

Le président de la Chambre des Artisans de la wilaya s’est lui même présenté sur les lieux et a eu des discussions avec des animateurs et des habitués de ce Forum. Il se serait engagé de demander aux artisans de renoncer à participer à l’exposition, présentée comme une manœuvre pour porter atteinte à la dynamique du «Hirak».

Il semblerait que bon nombre d’artisans, qui doivent participer aux marches hebdomadaires du vendredi, ont décidé dès le départ de ne pas s’inscrire dans une manœuvre hostile au mouvement citoyen. Les réseaux sociaux ont encore une fois joué un rôle dans la mobilisation des citoyens autour d’une question, vite élue au rang de tentative à la liberté d’expression collective.

Ce Mercredi soir en tout cas, le Forum a connu une affluence remarquable. Des militants de certaines organisations et associations (la LADDH et FARD entre autres) se sont déplacés sur les lieux pour manifester leur soutien au Forum. Commentant le flop des autorités locales, un citoyen dira que «finalement, le meilleur allié du Hirak c’est le manque de discernement des autorités locales».

Selon certains dires recueillis sur place, c’est le Directeur du Tourisme, tutelle de la Chambre de l’Artisanat, qui, sur «suggestion» du wali qui a initié l’idée de l’exposition des artisans dans cet endroit précis de la ville.

Mais les animateurs et les habitués du Forum, content de ce qu’ils assimilent à une victoire du mouvement citoyen, sont persuadés que l’engagement, même non déclaré des artisans, a été déterminant. En plus de la mobilisation citoyenne.

Par ZIAD Salah.

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