Patrick ALTES au Journal de l’Oranais: «Fier d’être le premier pied noir à exposer à Oran»

dans Actualités/Arts & Culture
  • Par ZIAD Salah
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Rencontré dans l’immense salle de la Médiathèque d’Oran qui a abrité la 3ème Biennale, Patrick ALTES, peintre français, a aimablement répondu à nos questions. En premier lieu, il nous a parlé des cinq toiles qu’il a exposées lors de cette manifestation artistique.

 

 

Celle intitulée, «Droit d’entrée», étonne par sa composition et surtout par l’incorporation de la langue arabe sur une partie de l’espace de la toile. Dans ce sens, il nous dira qu’il a été inspiré par la fiche d’entrée que les voyageurs, se rendant en Algérie, doivent remplir comme formalité. La toile est d’une grande simplicité : elle ressemble à une carte géographique sur un fond gris meublé par des phrases en langue arabe. Une autre toile retient l’attention : celle où la Cathédrale de Santa Cruz se dégage d’une cité et semble s’envoler dans les airs. Dans ce travail, l’artiste a usé de la photographie. S’expliquant sur son travail, il nous dira «je fais un travail artistique avec une dimension politico-historique». S’étalant sur ce sujet, il tiendra à signaler que «c’est grâce à l’Université Portsmouth que j’ai pu intégrer la dimension historique dans mon travail de création». Celui, qui s’enorgueillit d’être le premier «artiste pied noir» à exposer à Oran se veut catégorique sur un détail: «je ne verse pas dans la nostalgie. Certes je suis né à Oran, de mère espagnole. Mais je tiens absolument à me démarquer de ceux qui cultivent le souvenir d’une sorte de paradis perdu» Et d’ajouter: «certes, il est impossible de nier le passé, mais résolument je suis tourné vers l’avenir ».
Interrogé sur le public qu’il cherche à cibler par ses toiles, il dira «Je m’adresse aux fils de pieds noirs. Je les invite à assumer le passé et surtout de songer aux promesses de l’avenir». Mais Patrick reconnait que sa problématique artistique ne bénéficie pas d’un large consensus au sein de la communauté des pieds noirs et de leurs descendants. Par contre, il estime que son œuvre est bien perçue en Angleterre et surtout en Irlande. Peut être en raison de la similitude des situations coloniales ??? Sans fausse modestie, Patrick balance «en France ça ne passe pas». Ce manque d’engouement ne l’handicape pas pour autant. Parce qu’il espère recouvrir toute la richesse et la pluralité de sa propre identité. «Après notre départ forcé en France, mes parents n’ont pas réussi à s’adapter». Surtout sa mère, d’origine espagnole, native d’Oran et qui «baragouinait» à peine quelques phrases en français avant de quitter Oran. Lui qui a quitté cette ville, alors qu’il avait quatre ans, se souvient de la « ségrégation » en France à l’endroit de la communauté des pieds noirs.
C’est la seconde fois que Patrick ALTES vient en Algérie. La première, dans le cadre d’une invitation par le CRASC. Il est toujours en attente d’une vraie opportunité pour exposer ses toiles et se faire connaître par un large public, oranais et partant algérien.