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Patrimoine

Plan de sauvegarde de Sidi El-Houari: Désignation du bureau d’étude.

dans Actualités/Patrimoine

Le décret exécutif n° 15-13 du 22 janvier 2015, portant création et délimitation du secteur sauvegardé de la vieille ville de Sidi El Houari, connait enfin un début d’exécution à travers le choix d’un bureau d’étude, qui aura pour tâche d’établir un Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Secteur Sauvegardé (PPSMVSS).  La direction de la Culture de la wilaya d’Oran a donc fixé son choix sur le bureau d’étude Souhil Fayçal établi dans la wilaya de M’Sila.

Le critère essentiel sur lequel a été établi le choix de ce bureau d’étude est, nous dira-t-on l’expérience. Et ce bureau a présenté de nombreuses références en la matière, notamment le plan de sauvegarde de la Kalâa des Beni-Hammad construite en 1007, ainsi que celui de plusieurs quartiers dans les villes de Sétif, de M’Sila et bien d’autres P.P.S.M.V.S.

Le chef de projet, en charge du PPSMVSS du secteur sauvegardé de Sidi Houari, est le docteur Dali Aomar, architecte de la célèbre EPAU, diplômé de l’université de Rome ou il a suivi un cursus en post graduation à l’Ecole de Spécialisation pour l’étude et la restauration des monuments historiques.

Actuellement, il est  directeur de la post graduation et de l’habilitation universitaire à l’université de Biskra. Le docteur Dali n’est pas un inconnu de la ville d’Oran puisqu’il assure actuellement la direction du projet de création d’un parcours culturel au sein de la Promenade ex-Letang, projet qui comprend la rénovation et la réhabilitation du jardin. Le C.V du chef de projet est suffisamment éloquent en matière de plan de sauvegarde puisqu’il compte la conduite et la direction de quelques 9 projets entre secteurs sauvegardés et secteurs archéologiques.

L’un des atouts les plus important dans l’expérience du chef de projet pour le projet oranais et certainement les projets de réhabilitation de très nombreuses rues dans la vielle ville de Constantine en particulier.

Ces références constituent donc les éléments qui ont dicté le choix du bureau d’étude par la Direction de la Culture d’Oran.

Le marché du plan de sauvegarde de Sidi Houari a été attribué pour un montant global de 14,6 millions de dinars pour un délai d’exécution de 15 mois.

Pour autant, tant le montant que le délai de réalisation soulèvent de nombreuses questions auprès des  «fins» connaisseurs oranais. Certains n’hésitent pas à dire qu’il «s’agit d’un cassage de prix et de délais» ce que démentent formellement les responsables du secteur de la Culture qui soulignent que l’offre du BET Souhil Fayçal était dans la fourchette des offres faites par les autres soumissionnaires.

D’autres parleront d’anguille sous roche et qu’une fois que l’étude engagée le montant sera revue à la hausse par le biais des avenants. Cette hypothèse est toutefois démentie par les mesures d’austérités arrêtées par les pouvoirs publics qui interdissent  tout simplement cette pratique.

Ras-El-Aïn…Murdjadjo….

Reste enfin la donne du contenu du futur PPSMVSS. Quel sera donc le contenu de ce plan de sauvegarde qui devra   nécessairement trouver de nouvelles dynamiques à la vielle ville tout en sauvegardant son patrimoine architectural et paysagé ?

La réponse à cette question, qui fait débat sur la scène oranaise depuis quelques années déjà, ne devrait donc plus trop tarder. Interrogé  il y a quelques années de cela à l’occasion d’une conférence qu’il avait donné à Oran, sur cet aspect en particulier, Monsieur Zekkar actuellement directeur  général  de l’O.G.E.B.C, et qui fut, entre autre, le chef de projet du plan de sauvegarde de la Casbah d’Alger, avait alors déclaré que le PPSMVSS « peut être élargi et  intégrer tout  les aspects, sans exceptions, qu’ils soient bâtis ou naturels dans et autour du secteur Sauvegardé.

Quel sera donc le devenir du Ravin de Ras-EL-Ain berceau initial de la cité et qui fut malheureusement écarté par les concepteurs du projet de secteur ? Quel sera le devenir du parc forestier classé du Murdjajo auquel est adossé le secteur sauvegardé de Sidi Houari ?  Quel sera le devenir du projet de tunnel routier qui devrait faire passer le flux automobile de la corniche oranaise au cœur du quartier historique et qui fut retenu par l’ex-wali Boudiaf dans le cadre du fameux plan de métropolisation d’Oran à l’horizon (heureusement) lointaine de 2025 ? Quel avenir pour le célèbre site de la Calère que le président Bouteflika en personne refusa l’urbanisation lors de sa visite en 2000 ?

«Le plan de sauvegarde n’a pas pour vocation de muséifier le quartier mais il donne la priorité au respect de la continuité typologique du bâti hérité.» nous dira un expert en urbanisme qui a eu l’occasion de visiter le quartier de  Sidi Houari et qui fut très étonné de constater que ce quartier si proche de la mer n’avait paradoxalement et pratiquement aucune ouverture sur la grande bleue.

Enfin il y a lieu de dire que la mise en branle de la machine pour la sauvegarde du secteur, qui attise de trop nombreux appétits, et que nous devons au secteur de la Culture est donc à saluer.

  • Par S. Slama

Sidi El Houari face aux prédateurs «hausmanisés» : Ou l’ilotisme d’un architecte docteur en urbanisme

dans Actualités/Patrimoine
  • Par Affani Mokhtar

Après quelques temps d’accalmie, voila que l’effervescent architecte-docteur en urbanisme et maître de conférences au département d’architecture d’Oran, Benkoula Sidi Mohamed, se rappelle à notre souvenir, en commettant, cette fois-ci, et dans son habituel style ampoulé, une tribune dans les ô combien hospitalières colonnes du Quotidien d’Oran. Cette tribune, publiée le 22 novembre 2016, concerne les résultats d’un atelier (Atelier Sidi el Houari, Oran-Strasbourg), qu’il «a fait réaliser», et quelques autres digressions pas si innocentes que ça.

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L’on peut d’ailleurs se demander, au vu du mince espace consacré à l’atelier par rapport à l’étendue de son texte, si l’objet de l’article, n’est pas réellement centré sur ces digressions, une série de dénigrements contre les citoyens qui tentent de défendre le patrimoine et quelques règlements de compte qui n’osent pas dire leur nom.

En effet et au lieu de nous faire part des résultats de l’atelier en question, notre docteur se contente de déplorer que «malgré l’effet audacieux des propositions des groupes d’étudiants mixtes, les présentations ne sont pas allées au-delà du caractère passéiste du nom de la revue Madinati». C’est quand même et pour le moins bizarre que le coresponsable d’un atelier constate l’échec de sa propre œuvre et s’amuse à en remontrer aux autres !

Mais revenons à ces fameuses digressions, ces contre-vérités, aigreurs, règlements de comptes et autres subterfuges.

Au titre des contre-vérités : Sidi El Houari un secteur classé ?

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Le sieur en question écrit : «Une des grandes défaillances du classement de février 2015, c’est qu’il n’a pas permis l’émergence d’une politique du patrimoine locale, voire même l’affirmation d’un véritable outil de sauvegarde, par lequel on saurait quelles sont les poches qui nécessitent des interventions urgentes, et celles qui peuvent attendre».

Précisons tout d’abord à cette sommité que le décret exécutif n° 15-13 du 22 janvier 2015, portant création et délimitation du secteur sauvegardé de la vieille ville de Sidi El Houari, n’est  pas tout simplement  un… classement.

Ainsi, notre clairvoyant docteur en urbanisme commet une «confusion» digne d’un profane en urbanisme. Pour un enseignant… Bon.

En second lieu, informons notre spécialiste en urbanisme que le décret en lui-même ne règle rien mais que, dans son sillage, la loi de protection du patrimoine 98/04 a prévu un outil et préconise l’élaboration d’un Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Secteur Sauvegardé (PPSMVSS), plan qui doit être conçu par un bureau d’études d’architectes. Cette démarche, connue par tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, au patrimoine et à l’urbanisme, est entreprise actuellement à la Casbah d’Alger et prochainement à la Souika de Constantine.

Au titre de l’aigreur  et des règlements de compte : La revue Madinati et la «communauté pseudo intellectuelle»

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Dans sa diatribe, cette lumière de l’urbanisme oranais ne peut s’empêcher de céder à son péché mignon : tirer sur tout ce qui bouge. C’est ainsi qu’il écrit «Sid El-Houari est un secteur dont le potentiel est fabuleux. Seulement il est mis entre les mains d’une communauté pseudo intellectuelle qui manque de vision et ne sait pas quoi en faire».

Nous y voila ! Pour attaquer certains de ses collègues enseignants, ce monsieur fait, encore une fois et comme à son habitude, dans l’ignorance et la contre-vérité. Faut-il relever que, dès la promulgation du décret exécutif, le secteur sauvegardé de Sidi el Houari est mis entièrement entre les mains de…l’administration ? En effet, l’article 8 de ce texte stipule : «L’établissement du PPSMVSS est prescrit par délibération de l’assemblée populaire de la wilaya (APW) concernée à la demande du wali sur saisine du ministre chargé de la culture ». Un docteur en urbanisme peut-il ignorer à ce point tout cela ? Et pour mieux éclairer sa lanterne, précisons-lui au passage que le PPSMVSS n’est en aucun cas une simple opération de «lifting».

Mais revenons au plus important et que notre docteur ne relève pas. Si le lancement du PPSMVSS est actuellement bloqué, c’est du fait du Ministère de la Culture, l’APW et la Direction de la culture jouant au «wait and see». *

La principale action des Pouvoirs Publics se résume actuellement en des opérations de relogements, suivies de démolitions de grande ampleur, le tout visant une dévitalisation du site.

Signalons par ailleurs qu’aucune opération de restauration, digne de ce nom, n’y a été entamée depuis l’indépendance! Mais il est tellement plus facile, plus commode d’attaquer l’indéfinie et inoffensive «communauté pseudo intellectuelle» que de s’exposer aux foudres de l’Administration.

Outre l’anonyme «communauté pseudo intellectuelle», notre agité docteur ne peut s’empêcher, toute honte bue et dans un argumentaire fortement biaisé, de s’attaquer à la revue «Madinati», en entretenant sciemment une confusion entre le terme de médina (vieille ville) et la traduction en arabe du mot ville (madina).

Et par un tour de passe-passe dont il a l’habitude, il nous parle de Médina à Oran pour, tout de suite après, réfuter son existence.

Mais qui a parlé de Médina à Oran ? Personne, sauf notre docteur en urbanisme, qui veut réduire un «Centre historique vivant» à une médina… qui n’existe plus.

Pour donner plus de crédibilité à son impudique argumentaire et dédouaner les Pouvoirs Publics et les prédateurs du foncier, ce représentant de la «communauté réellement intellectuelle» recourt à des idées et des phrases décontextualisées d’architectes respectables comme Larbi Merhoum, Si Larbi Hamid, en guise de feuilles de vigne, afin de tromper ceux et celles qui le lisent encore.

Au titre de la démarche : une escroquerie méthodologique

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Dès l’entame de son texte, notre docteur fait part du triangle «ville, urbanisme et patrimoine», annonçant qu’il est plus important de réfléchir sur les deux premiers. Grand bien lui fasse !

Cependant, il ne peut s’empêcher de consacrer la quasi-totalité de sa tribune à étriller le patrimoine et ses défenseurs. A ce propos, il nous fait miroiter trois voies : Celle des tenants de la défense du patrimoine, celle de la démolition et… la sienne (nous y reviendrons un peu plus loin).

Présenté comme tel, le lecteur aurait pu s’attendre à une critique des deux premières voies. Or, dans la tribune, cet estimé intellectuel critique violemment «l’idéologie de la sauvegarde», assimilant ses tenants à des… nazis (rien que ça !).

Pour discréditer la démarche de ceux qui s’échinent à préserver le patrimoine, il recourt à quelques supposés témoignages, à la supposée intervention d’un sociologue et, comme nous l’avons vu, au caractère supposé passéiste de la revue Madinati.

Par contre, il ne souffle mot contre les aficionados de la démolition. Et pour cause !

Dans la conclusion de son article, notre docteur nous propose, comme solution à la problématique de Sidi El Houari, la méthode Haussmann. Mais qui parle de méthode Haussmann de nos jours ?  Seulement notre lumineux docteur et quelques prédateurs du foncier.

Haussmann et l’ouverture des grandes voies, ça veut tout simplement dire raser Sidi el Houari, c’est la politique de la «tabula rasa», comme le préconisait d’ailleurs le précédent Wali, Boudiaf, pour le quartier du Derb et la Scaléra, qu’il a fini par raser juste avant son départ à Alger comme ministre.

Et voilà qu’ainsi notre docteur en urbanisme nous refile en sous-main et déguisée sous l’expression de troisième voie, «l’idéologie de la démolition».

A titre de curiosité et d’échanges, peut-être fallait-il que notre penseur prenne la peine de demander aux Strasbourgeois, partenaires dans l’atelier qu’il a co-réalisé, comment, en évitant la «méthode Haussmann», ils ont su préserver et valoriser un splendide centre historique qui fait toute la beauté et l’identité de leur ville ?

Pour en finir avec cette escroquerie ampoulée et ces inutiles fantaisies conceptuelles et autre posture figée de la modernité, disons que cet architecte, docteur en urbanisme, oppose son titre, ses connaissances livresques et son narcissisme grotesque à son manque de maîtrise des problématiques urbaines et patrimoniales de la ville d’Oran.

Ce qui ne l’empêche pas, après avoir défendu bec et ongles, dans de précédents écrits, la préservation du patrimoine, de tourner comme une girouette et de prôner la destruction «haussmanisée» de Sidi El Houari.

Il est vrai que chez certains, la probité intellectuelle ne résiste pas face aux souffles sonnants et trébuchants d’une mise au service des prédateurs et des rafales des puissants du moment. Dommage pour lui et ses semblables !

Au titre des omissions  volontaires : la récupération d’une opération

L’atelier avec les étudiants de Strasbourg, dont le sieur se dit le parrain, entre en fait  dans le cadre de la construction du jumelage Oran / Strasbourg et c’est l’APC d’Oran qui a pris l’initiative d’impliquer l’USTO, en se basant sur le succès d’un précédent atelier avec l’école d’architecture de Bordeaux et l’USTO, dans le cadre du projet «Archimedes», réalisé en 2008.

En outre, même s’il prétend en être le coresponsable, l’atelier a en fait, vu la défaillance de notre docteur, été dirigé par un autre collègue qui n’est autre que l’initiateur de la revue «Madinati». Ce qui, à notre avis, explique la réaction de ce monsieur à la rancune tenace face aux résultats du dit atelier, qu’il faut faire connaitre, car pouvant être utile à la réflexion.

En guise de conclusion

Pour autant, la nécessité d’un débat réel et d’un compromis intelligent entre l’inévitable  modernisation de la ville et la sauvegarde du patrimoine reste à promouvoir, loin de pareils intérêts sordides. Il est vrai que vouloir tout sauver est irréaliste, que le périmètre de délimitation du secteur sauvegardé peut, un jour, être adapté s’il le faut, que certaines démolitions d’ilots entiers sont nécessaires, mais la modernisation ne veut pas dire dévitaliser le site, et prôner la politique du bulldozer afin d’ériger des machins «Dubaïsés», comme le montrent certaines velléités en ce moment. Et c’est l’Etat qui doit être le régulateur, sur la base des dispositions de la loi de protection du patrimoine 98/04.

 

 

 

 

Série de conférences sur Sidi El Houari: Regain d’intérêt ou … convoitises ?

dans Actualités/Patrimoine
  • Par ZIAD Salah

Le mythique quartier de Sidi El Houari occupe cette semaine le centre d’intérêt des intellectuels d’Oran. Le collectif de la revue «Madinati» lui consacre même son premier numéro, ce qui est tout un programme en soit. Un groupe d’architectes, profitant de l’opportunité du mois du patrimoine, organisent une rencontre autour de ce quartier jeudi dernier à la bibliothèque Sophia. Cette rencontre s’est limitée à l’exposition de photos de ce quartier, diapos assortis de commentaire de l’architecte Abdallah Benchérif, nom connu dans le petit cercle de la restauration à Oran.

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Abdallah Bencherif lors de sa communication au CDES

 

Ceux qui sont venus assister à cette rencontre, dont beaucoup de résidents ou d’ex résidents de ce quartier, n’ont rien appris de nouveau des commentaires accompagnant les illustrations.

Cependant, l’intervenant, Abdallah Benchérif, nous apprendra deux détails ayant un lien avec son métier d’architecte restaurateur. La première : le rejet d’un projet de restauration d’onze immeubles par les pouvoirs publics il y a moins d’une semaine.

Avec insistance, on saura que c’est lui (en tant personne physique ou morale ????) qui est derrière la proposition de ce projet et que l’étude remonte à six ans auparavant. En somme quand il était en odeur de sainteté avec les responsables locaux qui lui ont confié la grande majorité des projets de restauration patrimoniaux, entre autres ceux de la mosquée de Sidi El Houari, toujours inachevée et des Arènes d’Oran, un monument historique qui agonise dans l’indifférence la plus totale.

La seconde révélation de l’intervenant a trait à l’absence, à Oran de personnel qualifié pour engager les travaux de restauration. De la part d’un professionnel, le propos ne passe pas inaperçu.

Faudrait-il comprendre que l’école de l’association SDH, partenaire avec des pros de la ville de Bordeaux, n’assure pas de formation correcte ? Et quid de la formation donnée par le Musée d’Oran et dont personne ne parle ?

Lors des débats au moins deux idées maîtresses ont été avancées en plus des cris de cœur lancés par certains. La première est celle de Kouider Metaier,président de l’association Bel Horizons, qui invite à un retour aux textes concernant la sauvegarde.

Relevant l’absence d’outils juridiques pouvant utilisés par les défenseurs du patrimoine en face des pouvoirs publics, il invite les acteurs associatifs à «un compromis» pour l’éclosion d’une véritable culture de sauvegarde et de restauration du patrimoine. Mais il rappellera l’existence d’un «plan d’urgence» doté d’une enveloppe financière conséquente datant de 2010, dont personne ne parle par méconnaissance surtout et qu’il faut déterrer.

Quant à notre confrère Nourine Benammar, il s’est insurgé contre cette réduction du patrimoine à la pierre. Pour lui le patrimoine comprend aussi les traditions culinaires, les styles de vie, le savoir vivre et la savoir faire transmissible de générations en générations.

D’ailleurs, il qualifiera les dernières opérations de relogement des habitants de ce quartier d’opération de dévitalisation s’inscrivant à faux par rapport aux principes de sauvegarde du quartier.

D’ailleurs c’est justement le transfert de l’essentiel des populations de Sidi El houari vers d’autres zones d’habitat qui a aiguisé les appétits du lobby de la promotion immobilière et mêmes celles des chantres de la restauration. Pendant ce temps, ce quartier perd chaque jour que Dieu une petite parcelle de son identité.

En attendant un véritable sursaut d’une véritable société civile ……

Une mosquée pour un « wali » s’érige sur le toit d’Oran

dans Actualités/Patrimoine
  • S.SLAMA

Le projet de mosquée sur le plateau du Murdjadjo, a refait surface, mais cette fois-ci loin des feux de la rampe. Le projet s’étale sur 300 m² bâtis, un minaret de 25 mètres de haut et une cour de 500 m², aux dires du responsable moyen oriental du chantier. Sur le site il n’y a aucune indication, ni maquette, ni photo en 3D ni même une date ou le numéro d’un quelconque permis de construire. Cela bien entendu n’est pas le fait du hasard.

Moulay Aek

Si les promoteurs du projet ont préféré l’opacité et le fait accompli plutôt que la clarté d’un projet consensuel porté par les oranais. C’est parce qu’ils n’ignorent pas que le discours officiel et populiste qui fait de la participation citoyenne le nouvel outil de gestion des collectivités n’est en finalité qu’un discours creux.

Cette « clandestinité » et ce viol d’un lieu légendaire cher aux oranais qui retrouvaient là, les pratiques ancestrales de leurs ainés (l’engouement des halkas organisées tout les mardis en est la meilleur preuve) n’est pas gratuit.

Il est la preuve du « mépris » de leurs représentants qui il y a un an, presque jour pour jour, « achetèrent » le projet à un bureau d’étude libanais en moins de 5 minutes montre en main. A cette époque le ministre des affaires religieuses Mohamed Aissa, présent sur les lieux, avait émis quelques réserves mais a, en définitive, laissé l’entière responsabilité aux locaux.

Le choix est donc fait, au lieu et place d’un Institut des études soufies, d’un Mémorial qui brillerait de mille feux, nos responsables ont choisi une …mosquée.

A quoi peut bien servir une mosquée alors qu’au même moment on dévitalise les quartiers les plus proches ?

Ce n’est donc pas pour la population ou du moins cette population accrochée aux flancs de la montagne et même aux visiteurs que ce lieu de culte va être construit.

Cette mosquée que l’on dit édifiée pour le prestige de l’Islam, alors que la topographie et le hasard ont imposé une hiérarchie respectée, depuis plus de 500 ans, par tous les colonisateurs qu’ils soient Inquisiteurs à l’instar de Ximenes ou raciste comme le fut l’Abbé Lambert.

Construire une mosquée à coté (ou à place) d’un mausolée dédié à un saint hanbaliste qui vénérait les pauvres et a vécu dans leur proximité, ne signifie pas plus de dévotion envers le Créateur, ni plus vénération pour le saint.

Un proverbe tiré des nombreuses légendes qui entourent la vie des saints soufis dit «Mimouna connait Dieu et Dieu connait Mimouna.» Et qui veut dire qu’importe le discours ou même le folklore, l’important est que la foi soit présente. La « halka » du mardi sur la « Meida » du Murdjadjo est certainement folklorique mais assurément elle ne manque pas de foi.

Sidi Abdelkader El Jilani, n’est pas un saint local dont la réalité historique serait difficilement saisissable, un saint pour touristes en mal de pittoresque, mais bel et bien un saint vénéré dans tout le monde musulman et qui fait l’objet de nombreuses hagiographies.

Quelle signification va prendre sa « gouba » une fois enfermée dans la cour d’une mosquée alors que depuis sa fondation en 1425, sur instruction de son disciple Sidi Boumediene le saint patron de Tlemcen, elle est un lieu ouvert.

Que va devenir le mausolée de Sidi Abdelkader lui qui fut le témoin privilégié de l’histoire de cette ville ?

Les promoteurs du projet ne semblent pas s’être posé la question qui en, vérité, leur importe peu. Pour certains milieux oranais, la construction de cette mosquée, envers et contre tous, ne serait pas un fait isolé et certains n’hésitent pas à attribuer sa création à la continuation du combat du cheikh Abdelhamid Ibn-Badis contre le maraboutisme et l’idolâtrie des saints.

Un combat idéologique que mènerait une arrière garde salafiste, tapie à l’ombre du département des affaires religieuses et qui veut à tout pris ignoré que El-Islah (réformisme) Badissien fut surtout une action menée d’abord contre l’impérialisme et ses valets.

«Ibn-Badis combat le maraboutisme qui cultive les superstitions et déforme le sens véritable de l’Islam, d’une part et professe la soumission au régime colonial, dont il se fait le complice et l’auxiliaire d’autre part. Dés 1925, il entreprend de l’attaquer en tant que système rétrograde, hostile à la renaissance et à la rénovation » écrivait Cheikh Bouamrane en 1971.

Lors de son périple Oranais qui eut lieu en décembre 1931 et dont le compte rendu fut publié dans la revue A-Chihab le vénéré cheikh relate, dans le détail, sa rencontre avec les principaux chefs des zaouias de la région de Mostaganem en particulier dont il fut l’hôte révéré et ou il sera interpellé par Ahmed Ben Smain en des termes pour le moins très durs: «Ces gens corrompus qui se nomment réformistes nient la wilâyah(sainteté)

Le vénérable chef des réformistes algériens aura alors cette phrase «…. Taxer celui qui nie la wilayah de corruption est insuffisant ; on devrait le taxer d’athéisme.» C’est là, une vérité historique, que de trop nombreux feignent d’ignorer pour ne pas déranger des règles bien établies.

Une chose est dans tout les cas sur le projet ne laisse personne indifférent. Dans quelques «clubs» très fermés ou domine la pensée salafiste radicale et ou l’on est aux aguets d’une faiblesse de l’État, le projet d’une mosquée isolée au sommet d’une montagne n’est pas pour déplaire.

D’autant plus que le minaret hélicoïdale, prévu initialement par le bureau d’étude libanais, est une réplique du fameux et célèbre minaret de la mosquée Abbasside de Baghdad. Il est surtout utile de rappeler que la dynastie abbasside a été la première à mener la révolte au nom du retour à l’Islam des origines et que certains assimilent d’ores et déjà au radicalisme wahabite.

Enfin pour d’autres, plus pragmatiques, on se frotte aussi les mains. Cette mosquée est peut être le premier geste d’un projet en voie d’élaboration en l’occurrence la « hydra-tisation » du versent Sud du Murdjajo, une fois débarrassé de ces bidonvilles et autres baraquements.

Le Murdjajo fut le premier site classé de l’ouest du pays en tant que Parc National des Planteurs. Le classement eut lieu le 7 décembre 1925. En 2001 ce parc recevra le très prisé prix Elena Mercouri décerné par l’UNESCO à la ville pour son patrimoine culturel et naturel.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le parc a été déclassé sans raison apparente et surtout en catimini et sans qu’aucune explication ne soit donnée aux oranais.

Une décision arbitraire et pour le moins méprisante pour le travail accompli par des oranais de souche ou d’adoption qui depuis 1853 à ce jour ont continuellement planter sur les flancs du Murdjajo. Qu’elle sera donc l’avenir du Murdjajo aujourd’hui que la mémoire d’Oran est trépanée par le haut comme … par le bas.

 

lire aussi: http://www.oranais.com/patrimoine/pendant-quon-demande-au-algeriens-de-serrer-la-ceinture-une-fantaisiste-mosquee-serige-sur-le-plateau-du-murdjadjo-en-catimini.htm

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