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Algérie

Ces idoles que nos jeunes imaginent : Changement de valeurs, changement de modèles.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Société
  • Par H. I. M.

Le modèle à suivre, ou l’idole, pour les jeunes algériens, est en train de basculer. Cette translation de l’image idéale à prendre comme référence dans la vie marque un manquement ou un changement dans le système des valeurs sociales principalement. Le point.

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Le système des valeurs

Connues et définies pour être «l’ensemble des critères qui permettent de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais», les valeurs humaines sont classées selon une échelle. Ainsi, nous parlons souvent de l’échelle des valeurs et cela suppose qu’une hiérarchisation existe selon notre personnalité, notre culture et notre système social et environnement naturel. Bien sûr, l’échelle des valeurs individuelles s’inscrit entièrement ou partiellement dans un système de valeurs sociales, lesquelles influencent nos comportements et nos attitudes ; chaque valeur admet une contre-valeur.

En Algérie, même si les études et les recherches demeurent très (ou trop) limitées dans le domaine des systèmes de valeurs (deux universités ont initié quelques études: celles de Bejaia et de Constantine), nous nous référons aux différentes vertus et divers principes qui ont régi les périodes et les décennies.

Les valeurs sont évolutives

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La décennie qui a précédé l’indépendance, incluant les années de la guerre de libération, le mot d’ordre, socialement parlant, n’avait d’autre valeur que celle liée à la liberté et à la lutte. Socialement, des valeurs dites traditionnelles ont subsisté comme ligne de conduite de la société algérienne. On en cite des valeurs comme la patience, la foi et le destin.

Durant les années 1960, et une grande partie de la décennie suivante (1970), d’autres valeurs sont apparues avec des principes et idéaux comme le socialisme et la solidarité.

Au début des années 1980, l’autonomie et le désir ont marqué notre système de valeurs, pour laisser place, ensuite, durant les années 1990, à un système hybride marqué par la disparité des valeurs. On peut parler de la religion, de l’argent et du respect en même temps et chez la même personne. Notre société qui souffrait d’une clarté dans la vision et d’une unification de discours, ne pouvait pas offrir une échelle de référence en matière de valeurs.

C’est avec le début du 3ème millénaire, que l’évolution des valeurs a pris une tournure basée sur tout ce qui est extérieur comme l’argent et le désir, et physique comme la santé et l’esthétique, mais aussi la science.

Valeurs et Modèles

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Logiquement et presque automatiquement, et dans l’imaginaire populaire, tout système et toute échelle de valeurs, créent des modèles. Pour illustrer cela, nous citons l’adolescent qui, autour de lui, s’appuie sur des modèles qu’il associe inconsciemment, à un système de valeurs qu’il crée dans son subconscient. Le père, la mère, le grand-père, l’oncle et la grande sœur, constituent ces idoles et modèles à suivre, à imiter le cas échéant, car ils et elles représentent des valeurs comme l’amour, le travail, la rigueur ou la piété.

Parallèlement donc aux décennies des valeurs, des modèles, représentés par des hommes et des  femmes, sont créés. A l’Emir Abdelkader, l’Emir Khaled, Messali Hadj et Ben Badis, des héros de la révolution comme Larbi Ben M’hidi et Mourad Didouche, ont constitué des modèles «fiables et crédibles» aux jeunes des années 1960.

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Aux noms algériens, des progressistes et révolutionnaires connus dans le monde, ont fait partie des idoles durant les années 1970. Nous en citons Lénine, Lumumba, Gandhi et le Ché.

La décennie 1980, a eu son lot de noms d’idoles, chez une jeunesse algérienne, à la recherche de ses repères après la grande désillusion des trois révolutions. Dans la «short list» on va remarquer l’apparition, presque choquante et inattendue, de Boumediène aux côtés de Djamel Eddine Al Afghani. Aussi contradictoire que variée, la liste des idoles, durant les années 1990, va s’éparpiller en incluant des noms de plusieurs domaines et secteurs.

A Hassan Al Banna, on pouvait associer facilement, Hasni et Belloumi.

Les scientifiques feront leur entrée aussi impressionnante qu’intéressante des le début des années 2000 avec des noms comme Einstein et Marie Curie. On retrouve ces mêmes noms avec Bill Gates et M. Jackson, partageant le haut du classement avec d’autres, moins connus et dont la participation à l’édifice humanitaire n’a rien de glorieux, comme Messi, Ronaldo et…Belaili.

Aux valeurs extérieures, des modèles éphémères

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On ne peut pas ignorer le lien fort entre la valeur, son importance et le modèle choisi ou sélectionné. Selon cette même règle, à une valeur extérieure comme l’argent, ou physique comme l’esthétique, on ne peut associer que des modèles à moindre importance, le plus souvent éphémère et sans valeur ajoutée socialement ou culturellement.

Le phénomène actuel inscrit dans son registre Belaili et Mohamed Benchennet comme modèles réels pour nos jeunes. Ce même phénomène est généralement qualifié de «perte de repères», le plus souvent.

A ce pôle, s’oppose un autre qui s’appuie sur des modèles comme Omar Ben Al Khattab et Abou Baker Esseddiq. Il est donc clair, de retrouver le religieux et le spirituel pour contrer l’extérieur et le physique, dans une échelle de valeurs qui serait à redéfinir à partir d’un ensemble de besoins et/ou contre-valeurs.

Des modèles construits

Historiquement, il est connu que les valeurs humaines, extérieures et physiques, se sont confondues aux valeurs commerciales, appelées aussi de marketing. Ce concept est plus connu depuis l’avènement des modèles de showbiz, de football et de l chanson, par exemple. Ceci est également connu pour l’échantillon MARADONA et le montage en toutes pièces, d’un modèle à trois ingrédients: Un don naturel, des scandales immoraux et de la médiatisation. L’argent coulera à flot, certainement.

Il y a 60 ans …Henri Maillot

dans Actualités/Evocation
  • Par N. Fethani

Henri Maillot , jeune aspirant de l’armée française et militant du Parti Communiste Algérien avait défrayé la chronique en avril 1956 en détournant un camion chargé d ‘armes et de munitions au profit des maquisards de l’ALN (Armée de Libération Nationale) et des Combattants De La Liberté (CDL) , groupes armés implantés par le PCA pour participer à la lutte de libération déclenchée deux ans plus tôt par le FLN.

hommage

Ce samedi, au cimetière chrétien d’El Mouradia à Alger, sa famille, ses proches, des figures de la lutte de libération et des citoyens de divers horizons se sont recueillis devant sa tombe pour rendre hommage à son engagement et à son sacrifice et, à travers lui, à tous ces Algériens d’origine européenne dont les idéaux d’humanisme, de justice et d’émancipation des peuples les avaient mis du côté du peuple algérien asservi .

L’hommage à été rendu en présence de sa sœur Yvette qui vit encore dans la maison familiale d’El Madania, quartier populaire d’Alger, où elle et son frère sont nés et ont grandi.

 » L’Algérie, ma patrie ! « 

L’acte héroïque d’Henri Maillot l’avait fait condamner à la peine de mort par contumace en mai 1956 et un tombereau de haine s’était abattu sur sa famille.

Fort de ses convictions, Maillot avait répliqué dans une lettre mémorable à l’adresse de l’opinion algérienne, toutes origines confondues :

 «Je ne suis pas musulman, mais je suis un Algérien d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie.  Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples.

En livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, j’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés  (…) Il ne s’agit pas (…) d’un combat racial mais d’une lutte d’opprimés, sans distinction d’origine, contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race»

 Le 5 juin 1956 Henri  Maillot, capturé,  est torturé avant d’être mis à mort sans autre forme de procès.

               Les oubliés du martyrologe de la révolution

Pourtant, cet authentique chahid et des dizaines d’autres résistants Algériens d’origine européenne n’ont pas la reconnaissance officielle de leur sacrifice. Un déni scandaleux qui dessert la dimension de la révolution algérienne :

Car la grandeur et la noblesse de notre Révolution est d’avoir été portée et défendue par des femmes et des hommes de différentes origines raciales, religieuses et culturelles. C’est cela que nous devons inculquer aux jeunes générations algériennes. Ce sera une juste reconnaissance des martyrs algériens d’origine étrangère. Quant aux moudjahidate et moudjahidine d’origine étrangère vivant en Algérie, ils sont en train de nous quitter l’un après l’autre dans l’anonymat le plus complet. Il est grand temps de leur rendre un vibrant hommage et recueillir leurs témoignages. Gloire à tous nos martyrs.


 

Pour le Quai d’Orsay, l’Algérie est un « pays à haut risque »

dans Actualités
  • Par ZIAD Salah

A ses interlocuteurs rencontrés à Santa Cruz, une touriste française, qui a l’habitude de ramener des groupes de voyageurs depuis 1976 pour pèlerinage à Oran, reconnait que cette année le Quai d’Orsay l’a persuadé de renoncer à son entreprise en invoquant des raisons sécuritaires. Par ailleurs, un guide touristique, qui a pris l’habitude de travailler durant le mois d’Avril et Mai, constate lui aussi que la fréquentation des ressortissants français, notamment les pieds noirs, est en nette baisse cette année.

Classement de 2016 des paus d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient

L’explication de cette baisse de touristes est à chercher au niveau du site internet du Quai d’Orsay lui-même. En effet, la simple consultation de la carte présentée aux voyageurs dans la rubrique «Conseils aux voyageurs» nous renseigne sur le classement et la perception de l’Algérie par les services des AE français.

L’essentiel de la carte d’Algérie, notamment le sud, est classé rouge avec la mention «formellement déconseillé». Le reste est en orange, ce qui veut dire dans l’entendement des concepteurs de ce classement «déconseillé sauf raison impérative».

Remarquons que le territoire du Sahara Occidental, sous occupation marocaine, est mieux classé que l’Algérie puisqu’il requiert «une vigilance renforcée» et donc n’est pas déconseillé, ni interdit de s’y rendre.

Dans le texte, il est clairement mentionné que l’est du pays, en raison de la proximité des frontières avec la Tunisie et la Libye, est une zone dangereuse.

Les villes qualifiées de fréquentables sont Alger, Oran, Tlemcen et Tipasa, avec le respect des règles de vigilance.

La Kabylie et une partie du pays « chaoui » sont eux aussi classés dans le rouge, avec le rappel de l’enlèvement de Gourdel.

La région de Sidi Bel Abbès est elle aussi rangée dans la catégorie à hauts risques.

Remarquons que ce classement date de janvier dernier mais «toujours valide» jusqu’à ce jour.

D’un autre côté, le Quai d’Orsay invite tous les ressortissants français se rendant en Algérie à signaler leur voyage à un «Centre de Crise du Ministère des AE».

 

Abdellatif benachenhou lors d’une conférence au Sheraton D’oran: Sortir de la crise «grâce» à ceux qui en sont responsables ???

dans Actualités
  • Par BDJ

Usant d’un ton magistral, Abdelatif Benchenhou, l’ex-argentier du pays, n’a pas hésité, lors d’une conférence tenue mercredi soir, au Sheraton d’Oran, à imputer la crise actuelle :«Aux algériens, installés dans le confort de la rente pétrolière», et surfant sur la vague de soutien au revenant Chakib Khelil cité dans plusieurs affaires de corruption, il ajoute : «je suis fier d’avoir était parmi ceux qui avaient élaboré la loi sur les hydrocarbures de 2004 ».

benachenhou

Devant le silence gênée de l’assistance qui ne s’attendait pas à une telle prise de position à contresens de la justice et de l’opinion publique, Benachenhou, sur la défensive, ajoutera : «Je n’ai pas de leçons de patriotisme à recevoir de personne». Mais dés qu’une consœur osa évoquer le nom de Chakib Khelil devant l’ex-ministre, ce dernier met un terme à sa discussion avec les journalistes, pour éviter de s’impliquer plus.

Il en fera de même lors d’une question sur la responsabilité du président Bouteflika dans le retrait de la loi de 2004 : «le président avait pris la décision qui lui paraissait la plus juste dans ce contexte ».

Invité par la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française pour présenter son dernier livre «Algérie : sortir de la crise», l’ex-ministre des finances établira un tableau noir du marché pétrolier.

Explicitant son soutien à la loi sur les hydrocarbures il affirme : «Cette loi aurait permis la découverte de nouveaux gisements et l’augmentation de nos réserves énergétiques qui n’excèdent pas actuellement 3.4 milliards de tonnes équivalent pétrole. Avec une production annuelle de 200 millions TEP on aura plus de pétrole ni de gaz dans 21 années et demi».

Il en veut pour preuve, le peu d’engouement des partenaires étrangers à participer aux appel d’offres d’exploration : « Y a urgence à revoir l’attractivité de l’Algérie dans le domaine énergétique» avant de conclure : «On ne joue pas avec le destin des peuples pour des arguments idéologiques».

Mais Benchenhou s’est refusé, encore une fois, à répondre à une question d’un journaliste qui l’a interpellé en ces termes : «Pourquoi on ne vous a pas trop entendu défendre cette loi lors de son retrait en 2004? Et pourquoi avoir choisi ce moment pour le faire ? »

Continuant sur sa lancée, le professeur en économie a évité de s’en prendre aux « décideurs« , tout en chargeant les algériens d’être responsables de la crise : «Il va falloir accepter le partage des larmes et à se passer de la rente pétrolière, sinon l’Algérie connaitra la plus grave crise de son existence».

En guise d’arguments, il dira : «actuellement, la fiscalité ordinaire finance 95 % de la masse salariale; la fiscalité pétrolière finance les transferts sociaux et les subventions ainsi que l’investissement est pris en charge par le déficit budgétaire par le recours au fond de régulation des recettes qui va s’évaporer d’ici 2017». Pour ce faire, il y a urgence à revoir «les dépenses publiques, la bonne gestion des ressources existantes».

Le recours à l’endettement extérieur «ne peut se faire sans avoir les garanties de remboursement selon nos réserves, pour ne pas avoir à rembourser avec des cargaisons de Sonatrach».

Les privatisations entamées et le partenariat public- privé, selon Benachenhou «ne servent à rien en période de récession et d’un taux de croissance en deçà de 5% elles n’attirent pas les investisseurs mais les acquéreurs de foncier et contribuent à diminuer la valeur des actifs»

L’ex–argentier, impute l’échec de la politique du renouveau agricole sous l’ère de Bouteflika à «la petite taille des exploitations agricoles et leur désorganisation et leur manque d’emprise sur le marché».

Il avoue sans ambages «nos enquêtes sur les réseaux ont démontré que les subventions agricoles avaient servis à acheter des résidences à Valence en Espagne».

La sortie de crise «est possible dans 4 à 5 années à condition de commencer maintenant, mais chacun doit accepter le partage des larmes et que les algériens acceptent enfin de se passer de la rente pétrolière».

 

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