Pénurie de médicaments pour les sidéens : Des milliers de personnes menacées de mort.

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La présidente de l’Association «Rêve de Vivre Positive» de lutte contre le Sida, créée le mois de mars 2017, a dressé un tableau catastrophique concernant la prise en charge des personnes porteuses du virus VIH au niveau des structures sanitaires de la ville d’Oran.

Tout de go, elle annonce que dès le début du mois de janvier, il n’y aura plus de médicaments à fournir aux personnes inscrites sur les registres du CHU Oran. Elle précisera que la question de la rupture est sur toutes les bouches, notamment du personnel soignant depuis plus de trois semaines.

On apprendra que 4500 dossiers de malades sont recensés au niveau du service d’épidémiologie, en provenance d’Oran et les autres wilayas limitrophes. A part la rupture des médicaments, l’intervenante a soulevé la question de «la charge virale», c’est-à-dire la série d’analyses au niveau des laboratoires que le porteur du virus doit effectuer au préalable.

Parlant en connaissance de cause, elle dira que les personnes porteuses du virus, de condition sociale modeste, ne peuvent pas prendre en charge ces analyses. Ce qui fait que certaines d’entre elles, cèdent à la fatalité et renoncent au droit de se soigner. Une personne présente dans le siège de la LADDH (ligue algérienne de la défense des droits de l’homme) où a eu le point de presse a reconnu qu’il ne se soigne pas depuis cinq ans.

L’autre question soulevée est celle de la molécule administrée à ces personnes, en l’occurrence l’A.Z.T. La présidente de cette association, très informée sur la question, précisera que l’OMS a interdit ce médicament à cause de ses effets secondaires très nombreux. Et d’ajouter que les nouvelles molécules dispensées aux tunisiens et aux marocains, pour ne citer que ces cas, sont de loin moins coûteuses que la première.

Parmi les autres revendications, elle réclame une prise en charge psychologique, notamment des nouveaux porteurs. Lors des débats, l’on apprendra que les nouveaux nés des couples porteurs de virus, ne bénéficient pas d’un traitement spécifique durant les quarante cinq jours de leur naissance, un traitement obligatoire.

On évoquera aussi les conditions d’hospitalisation des personnes porteuses du VIH dans des conditions qui ne répondent pas aux normes élémentaires de l’hygiène. Un volet sur lequel a trop insisté Maître Djeffal Soumia qui semble intéressée par l’assistance de cette catégorie de personnes et qui s’est déplacé plus d’une fois au service hospitalier concerné. Donc, elle a constaté de son visu, selon son témoignage.

D’un autre côté, la présidente de l’association «Rêve de Vivre Positive» affirmera que l’Algérie n’est pas éligible au Fond Mondial de lutte Contre le Sida. Donc privée des dons et aides pouvant alléger les souffrances des personnes concernées. Parce qu’il semblerait que l’Algérie est considérée en situation «transitoire», c’est-à-dire où le Sida n’est pas alarmant. Or, nous savons que les chiffres officielles des atteints de Sida ou des porteurs du virus ne reflètent pas la réalité. Dans ce cadre, certains intervenants ont évoqué le rôle de certaines associations se déployant sur ce terrain, dont les responsables sont dans tous les forums internationaux sur la question, et qui n’ont jamais tenté d’éclairer l’opinion internationale sur le drame des personnes porteuses du Virus.

On évoquera dans des termes très simples des stigmatisations dont souffrent ces personnes au niveau des structures sanitaires, privées ou publiques. Dans ce sens, une dame présente avec son mari parlera d’un prêche d’un imam à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, où la condamnation des personnes porteuses du virus a été à peine voilée.

A la fin de la rencontre, des personnes travaillant sur la question, se sont proposées de prêter main forte à cette association en essayant notamment de l’inscrire au niveau des réseaux internationaux qui luttent contre le Sida.

  • Par ZIAD Salah