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Transition … Transmission…

Chroniques

Jetez la Révolution dans la rue, le peuple s’en emparera”

Le chahid Larbi Ben Mhidi.

La jeunesse du mouvement de contestation qui même depuis plus de six semaines les manifestations réclamant l’avènement d’une alternative politique au système actuel, dirigé depuis vingt ans par Bouteflika et sa cour, nous interpelle aujourd’hui.

Dans un paysage politique transformé en désert depuis près d’une vingtaine d’année et qui n’a laissé aucune chance à l’émergence d’une société civile consciente de son rôle et de sa force de propositions pour mettre en place une réelle alternative d’exercice du pouvoir dans notre pays, montre à quel point il est nécessaire et vital de faire œuvre de pédagogie et d’éducation populaire des grands principes inhérents à la vie et au fonctionnement d’une société vivante aspirant à plus de justice et de démocratie.

Cette jeunesse est, aujourd’hui, dépourvue de moyens d’actions. Le vide crée volontairement par un système politique inconséquent ne lui a rien légué pour fonctionner de manière autonome et responsable. L’anesthésie dans laquelle a été plongée la société et notamment ses universitaires a largement contribué à ce phénomène d’acculturation politique de la société.

Pourtant, notre pays a connu dans les années suivant l’indépendance, malgré les vicissitudes historiques et idéologiques de cette époque, un bouillonnement « culturel » et un « affrontement » d’idées diverses et opposées. Cela a permis l’émergence au sein de la société de mouvements politiques, sociaux et culturels, qui ne manquaient pas de substrats et qui pouvaient pénétrer des pans entiers de la société (ouvriers, cadres, étudiants, etc.). Bien entendu, l’Etat et son système répressif veillaient au grain. L’Islam politique a fini par achever les rêves d’une société civile de citoyens.

La créativité et l’imagination dont a fait preuve la jeunesse dans l’organisation des dernières manifestations augurent d’un avenir prometteur, chargé d’espoir.

Aujourd’hui, il est alors plus que vital d’organiser une transmission d’un savoir et d’un savoir-faire pour que la nouvelle génération, dont la majorité n’a connu que ce régime, s’empare des idées des Lumières pour inaugurer une nouvelle ère, une nouvelle République de citoyens.

Des propositions sont faites ici et là pour organiser une vulgarisation politique parmi toutes les couches de la société, notamment les étudiants et les travailleurs. Il est crucial de les mettre en œuvre. La contribution de tous ceux qui peuvent y apporter leur contribution est vivement attendue. Toutes les formes didactiques sont possibles … Internet peut y contribuer, modérément !

Que mille universités populaires éclosent dans la société pour que le nouveau citoyen, acteur et maître de son destin, naisse à cette aube nouvelle tant espérée !!!

Par Daho Ezzerhouni

Abdelaziz Rahabi à Oran: Des présidentielles à court terme se traduiront par une instabilité politique et institutionnelle permanente

Actualités

Invité par le Conseil de l’Ordre des Médecins d’Oran, Abdelaziz Rahabi, ex ministre de la Communication, a avancé quelques pistes sur une sortie de crise, situation qui prévaut en Algérie. Cet ex diplomate propose la tenue des élections législatives dans les mois qui viennent, pour permettre aux millions de personnes qui ont investi la rue ces dernières semaines d’exprimer leur choix et peut être même de s’intégrer dans un processus politique.

A. Rahabi qui a reconnu qu’il n’a pas une feuille de route élaborée, pour preuve il a prêté attention aux interventions de l’assistance, met en garde contre la tenue des élections présidentielles dans les trois mois à venir. «C’est la garantie d’une instabilité permanente» tonnera-t-il.

Il remarquera que «tous les chefs de partis sont favorables à la tenue de ces élections dans un court délai» Et d’expliquer que «la notion de transition démocratique n’existe pas chez nombreux d’entre eux».

En dehors de cette déclaration, l’intervention de l’hôte des médecins a été une série de constats. Ce qui ressort de ses propos, et surtout des quelques chiffres qu’il a avancé, c’est que l’homme a toujours l’œil bien braqué sur ce qui se passe dans son pays.

Pour rappel, il a été débarqué du gouvernement lors du premier mandat du président Bouteflika, c’est-à-dire il y a plus de quinze ans. Tout en refusant le vocable de “Hirak“, il signalera que les manifestations des dernières ont soigné et rétabli l’image de l’Algérie au niveau de l’étranger.

La décennie noire a considérablement altérée cette image, souligne-t-il. Mais la corruption qui s’est socialisée durant le règne de Bouteflika a d’avantage détérioré l’aura du pays, estimera-t-il.

En ce sens, il remarquera en tant qu’ancien diplomate, que la longue absence de Bouteflika de la scène internationale, cloué par sa maladie, a été très coûteuse pour l’Algérie. «Nous ne participons plus à la prise des décisions au niveau des rencontres internationales» affirme-t-il. Et pour cause, les représentants des chefs d’Etat n’assistent pas aux réunions regroupant les rois et chefs de l’Etat, expliquera-t-il.

Concernant «Hirak» qu’il qualifiera de «véritable sursaut populaire», Rahabi dira que «si les jeunes ratent ce rendez vous avec l’histoire, ils rateront le rendez vous la démocratie et ils rateront le rendez vous avec la prospérité économique». Ils considèrent «la jeunesse algérienne plus mondialisé» que «le système politique archaïque» mis en place avec l’avènement de l’Indépendance nationale.

Rahabi a-t-il convaincu ou non son auditoire ? Difficile à dire.  L’écrivain et chercheur Said Hadef, auteur de «La crise du Golfe» publié récemment et qui nous a promis un entretien dans les prochains jours, estime que l’ex diplomate raisonne et réfléchit avec des catégories du passé. Au moins, l’hôte d’Oran a suscité et animé un débat sur certains sujets…… 

Rahabi et les médias : L’Algérie jute devant la…Somalie.

Dans son intervention aujourd’hui à Oran, Abdelaziz Rahabi, ex-ministre de la Communication a rappelé quelques vérités concernant le secteur des médias en Algérie. Il soulignera que le système politique algérien, archaïque, a toujours fait preuve de crainte et de frilosité à l’endroit de tout nouveau pouvoir émergent.

La presse indépendante, considérée partout comme le quatrième pouvoir, n’a jamais bénéficié d’un regard favorable dès sa naissance au lendemain d’Octobre 1988, ajoutera-t-il.

Abondant dans ce sens, il dira qu’en termes de ratio entre nombre de chaînes de télévisions par rapport au nombre de citoyens, l’Algérie occupe l’avant dernière place juste devant la Somalie. Et de s’interroger sur le sens l’indépendance et la souveraineté dont se gargarisent nos responsables.

Il tonnera que nous sommes «dépendants» sur le chapitre de la consommation de l’information. Une dépendance pire que notre dépendance alimentaire où celle concernant le médicament. On comprend parfaitement pourquoi des chaînes comme Echourouk et auparavant Ennahar tentent, et des fois réussissent, à manipuler l’opinion publique. 

Par Ziad Salah.

Oran Acte VI : Images d’une marche

Actualités

Oran, deuxième ville du pays est en marche depuis le 22 février, à l’instar de tout le pays. Beaucoup a été dit et écrit. Pourtant ce sont les images de ces historiques manifestations qui sont les plus parlantes. A ce effet, le J.D.O propose à ses lecteurs une panoplie de photos prises par notre ami et confrère Fayçal Anseur lors de la marche 29 mars dernier.

La nouvelle passerelle du Bd Front de mer inaugurée depuis peu.
La jeunesse et particulièrement les femmes à l’avant garde du mouvement citoyen
La foule en marche
Entre l’article 102 et celui de “2019”, le peuple a fait son choix.
L’emblème national.
Civisme, discipline et détermination.
Les pancartes illustrant le génie populaire.
Toutes les catégories d’âge représentées pour le départ du système.

Oran Acte VI : Le Hirak face aux ambitions des politiques

Actualités

Par ZIAD Salah

Place du 1er Novembre, point de départ et de retour des manifestants à Oran, a changé de main plus d’une fois durant ce vendredi 29 Mars, jour du sixième acte du Hirak visant «le changement du système» et « le passage à la seconde République ». Bien avant la fin de la prière du vendredi, une foule nombreuse a investi les lieux. Au moins trois groupes se sont constitués et ont essayé de s’entendre sur les slogans à promouvoir.

Crédit photo Karim Tabouche

Des discours politiques, ou prétendus tel, ont été débités par certains activistes qui ne cachent plus leur ambition d’émerger en tant que leader d’opinion durant ces marches.

En tout cas, le débat, les interrogations, voire même la suspicion, se sont glissés au sein d’une partie de la foule, notamment une fraction politisée. Dans ce sens, signalons que des pancartes, avec l’inscription en arabe «l’armée et le Peuple, main dans la main» ont été disposées en quantité suffisante et à la portée des mains.

D’ailleurs ceux qui avaient, la veille et l’avant veillé, tenté de dissuader le public sur les réseaux sociaux d’épargner Gaïd Salah le Chef d’état major et l’ANP doivent se réjouir. En effet, le slogan «Bouteflika t’es partant, autant prends avec toi Gaid Salah et Bensalah» n’a été scandé que par un petit cercle très réduit.

A l’inverse de la grande majorité qui marche avec l’idée de participer à faire déloger un système politique vieux de soixante ans, certains groupes, dont un inféodé à un parti politique, commencent à afficher des prétentions de récupération de ce mouvement populaire.

Les islamistes, toutes tendances confondues, commencent à se départir de la discrétion dont ils ont fait preuve jusqu’ici. Ils se heurtent au moins à deux oppositions. La première est celle des jeunes, jamais encadrés y compris par l’école, rompus à une culture des stades d’essence festive et surtout collective et profitant de l’opportunité pour étaler leur savoir faire en matière d’animation, avec leur propre code.

La seconde est celle d’une fraction de citadins, marchant en couples ou en familles, décidée de faire entendre sa voix et surtout de se rendre visible sur l’espace public.

Lors de la marche de ce sixième vendredi, les islamistes, à force de vouloir marcher en carré seuls, ont presque cassé l’unité du mouvement. Ce qui a donné de grands espaces de libres, au niveau de la rue Larbi Ben Mhidi, devenue un lieu de passage traditionnel des manifestants, entre les différents groupes.

A noter que le slogan «ya serrakine, khlitou leblad» (Voleurs, vous avez pillé le pays» demeure le plus usité. A ajouter que le carré des jeunes, venus des quartiers populaires, demeure le plus joyeux et surtout le plus tolérant. L’apparition et la multiplication de l’emblème amazigh, a rapidement été intégrée et admise comme constituant du cadre de déploiement de cette entreprise. La proximité entre jeunes femmes et jeunes hommes est vécue et perçue d’une manière très apaisée.

Vers la fin de l’après midi, après le périple de la rue Larbi Ben Mhidi jusqu’au Lycée Lotfi pour emprunter le boulevard de Front de mer, la Place du 1er Novembre a été prise d’assaut par des jeunes, dont une bonne proportion sont encore adolescents.

Munis d’instruments de musique, ils se sont donné à cœur joie, alternant chants de stades et slogans politiques. Cette présence juvénile ne dérange aucunement les familles qui se réjouissent du spectacle quand elles n’y participent pas. En tout cas, cette jeunesse, porteuse d’un immense potentiel de vie, ne se laissera pas voler sa révolution. Elle n’acceptera pas le remake de l’expérience égyptienne.

Notons que le jardin constituant le prolongement de la Place du 1er Novembre, des expériences de forum de débats, à l’air libre, ont eu lieu. Une expérience à suivre de près puisque augurant d’une nouvelle ère où des inconnus peuvent discuter des problèmes de la Cité en se regardant les yeux dans les yeux. L’Agora de la Grèce antique en quelque sorte……Ou Tadjmaat de notre Kabylie éternelle.           

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