Le centre CNAS D’El-Hassi: Un nouvel horizon s’ouvre pour les handicapés moteurs 

dans Actualités/Société
  • Par S. SLAMA

L’éminent professeur Benbouzid, spécialiste en chirurgie traumatique et chef de service de l’hôpital de Bel-Aknoun à Alger accompagné d’une équipe composée de huit médecins spécialistes était à Oran, plus précisément au centre CNAS d’El-Hassi.


Le centre est unique en son genre au niveau national et il vient depuis quelques mois seulement d’ouvrir un service de chirurgie traumatique pour les accidentés du travail et les enfants handicapés.

Le séjour du professeur et de son équipe, qui a duré juste trois jours, a permis d’opérer une trentaine de malades dont au moins trois patients considérés comme étant des cas lourds.

«Cette première intervention d’une équipe médicale de haut niveau permettra d’établir un bilan consistant pour ce service qui est en phase de démarrage», nous dira un cadre du centre.

La création de ce service de chirurgie traumatique, répond en quelque sorte, à la nouvelle philosophie de la CNAS qui ne se contente plus de verser des indemnités et d’accompagner les malades dans ce qui était un véritable chemin de croix, entre rendez vous et liste d’attente.

Il s’agit aujourd’hui d’entreprendre une véritable politique de réinsertion socioprofessionnelle de ces personnes qui ne doivent plus, à l’avenir, constituer une charge pour la société en générale et la caisse en particulier.

Mais pour réussir cette réinsertion, la prise en charge des traumatisés devra être rapide d’où la nécessité de mettre en place ce service de chirurgie.

Le centre, sous la tutelle d’un staff médico-administratif plutôt dynamique, ambitionne de devenir, à plus ou moins terme, un centre de référence en matière de prise en charge des handicapés.

Après le service de chirurgie, la prochaine étape sera la mise en place d’un service de balnéothérapie qui, dit-on, est essentielle pour ce genre de protocole médical.

Au centre d’El Hassi, on ne compte pas se limiter à la seule prise en charge chirurgicale et médicale de ces malades mais on ambitionne également d’aborder l’aspect psychologique qui constitue un autre aspect très important auquel l’équipe dirigeante s’attache à prendre en charge.

«Il est évident que le moral prend un sérieux coup lorsque du jour au lendemain on se retrouve en chaise roulante ou avec une main en moins», nous dira une psychologue du centre.

Mise en place d’un jardin thérapeutique

Le centre compte bientôt mettre en place un jardin thérapeutique, une première au niveau national. Le jardin n’a pas la vocation de soigner, mais de très nombreuses études ont montré que les jardins, en milieu hospitalier, permettent de réduire de façon indiscutable la durée de séjour des malades.

«Un accidenté du travail se sent nécessairement diminué voir même inutile mais s’il se rend compte qu’il peut être utile en jardinant cela veut dire qu’il peut être utile socialement et cela peut suffire à motiver,» affirme notre psychologue.

Au centre CNAS de Hassi, l’idée du jardin thérapeutique serait partie d’un constat tout simple, depuis la remise en état des espaces verts du centre bien des malades abordent leurs thérapies avec moins de stress.

Certains malades viennent plutôt à leur rendez-vous juste pour profiter du cadre verdoyant du centre, alors que d’autres prennent le temps de se promener dans les allées, après avoir subis des séances de rééducation très souvent fatigantes.

Le centre CNAS, qui possède une école spécialisée dans l’éducation et l’intégration d’enfants handicapés envisage par la même occasion la création d’un jardin pédagogique pour des enfants qui ont de grandes difficultés en matière de motricité.

Se déplacer dans un jardin, manier des outils et des végétaux ferait partie du long processus d’apprentissage de ces enfants handicapés et pourquoi pas éveiller des vocations….