De Benchehida à Serhane : L’université algérienne “officine” du crime …

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Un enseignant de l’Université de Miliana a été découvert âme sans vie. On attribue son assassinat à deux de ses étudiants. Information qu’aucune source autorisée n’a validée jusqu’ici. Mais la violence sur nos campus, sujet chaud il y a quelques semaines, revient au devant de l’actualité nationale, notamment sur les réseaux sociaux. Une rencontre est prévue aujourd’hui à l’USTO pour débattre de la question. 

Il y a à peine trois semaines, deux professeurs, et pas les moindres, ont décidé de faire valoir leur droit à la retraite. Dans des post sur le mur de leur page Facebook, les professeurs Nacer Djabi et Ahmed Cheniki ont expliqué les raisons motivant leur décision de «décrocher les crampons». Estimant que l’université n’est plus réformable, ils ont émis leur crainte de voir une déflagration de la violence, à l’endroit du corps enseignant en premier lieu.

A peine trois semaines après la publication de la lettre de Djabi, suivie de celle Cheniki, et qui ont suscité énormément de commentaires  et de réactions dans les médias et les réseaux sociaux, un crime crapuleux vient de donner crédit aux prévisions de Nacer Djabi, notamment.

Dans la journée de ce lundi, l’information de l’assassinat du professeur Serhane Karoui, enseignant à la faculté de droit de l’université de Miliana, a jeté la communauté universitaire dans la stupeur. Ce jeune professeur, aurait succombé à des coups de marteau que lui aurait asséné deux de ses étudiants. Jusqu’ici très peu d’informations ont circulé sur ce crime dont la victime est membre de la communauté universitaire.

Rappelons que ce n’est pas la première fois qu’un enseignant est tué par un étudiant. Il y a quelques années, à Mostaganem, un étudiant a asséné dix huit coups de couteaux à son enseignant, ne lui laissant aucune chance de survie.

Lors du procès du meurtrier du professeur Benchehida, une foule nombreuse d’étudiants est venue manifester sa solidarité et témoigner ses sympathies à… l’étudiant qui a commis ce crime.

Dans plusieurs articles, dont le dernier publié par le Quotidien d’Algérie, le professeur Ahmed Rouadjia, pour se démarquer, pointe du doigt ceux qui usent de la violence pour imposer leur diktat à la communauté des enseignants notamment. Ce sont des étudiants, notamment ceux affiliés à des organisations estudiantines.

Depuis des années, des voix se sont élevées pour tirer la sonnette d’alarme sur ces organisations devenues des groupes de pression au lieu de se cantonner dans la noble tâche de syndicalisme estudiantin.

La question qui se pose, dont Nacer Djabi, Ahmed Cheniki et Aziz Mouats ont apporté une réponse, est ce que la situation au niveau de l’université algérienne est encore gérable et surtout réformable ? L’entame d’un débat national sur la question est plus qu’urgent.

  • Par Ziad Salah