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A quand un dialogue direct entre l’ANP et les représentants du Hirak ?

dans Chroniques

Avec le dernier discours d’Ahmed Gaid Salah  Chef d’Etat Major à partir d’Ouargla, intervention très attendu au fait, un dialogue, même décalé, semble s’installer entre l’ANP et ce qu’on a nommé arbitrairement «Hirak». Aux revendications formulées lors des marches populaires du vendredi, appuyées au courant de la semaine par des manifestations sectorielles, l’ANP, par le biais de son premier responsable, apporte des répliques. Remarquons que lors du discours de ce mardi, AGS s’est exprimé au nom du Haut Commandement de l’ANP, quoiqu’il a usité le «je» et le «nous».

L’instauration de ce dialogue indirecte suppose la reconnaissance de l’autre, en tant que protagoniste faute d’être admis (ou en attendant) en tant que partenaire à part entière. Une requête esquissée dans le slogan scandé par les manifestants «Djeich Chaab khawa khawa».

La formalisation de ce partenariat ferait gagner à la Nation énormément de temps. L’ANP peut engager un dialogue direct avec des personnalités déjà plébiscitées par des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants. Comme elle peut établir un dialogue avec les représentants que chaque corporation pourrait désigner.

Parce que l’ANP, pour des raisons historiques en premier lieu et pour sa part de responsabilité dans la crise qui secoue le pays, se trouve désormais au cœur de la question nationale.

Un tel dialogue permettra de dépasser le souci de respecter les dispositions constitutionnelles, argument auquel s’accroche AGS et l’ANP. Et par la même occasion, une telle entreprise de concertation permettra le dépassement du «dégagisme radical» aux relents nihilistes que scandent les foules.

D’autant que l’ANP, si on s’en tient au dernier discours de son patron «se considère toujours mobilisée aux côtés de tous les dévoués, au service de son peuple et de sa patrie, pour honorer l’engagement qu’elle a pris afin de réaliser les revendications et les aspirations légitimes du peuple, pour construire un État fort, sûr et stable ; un État où chaque citoyen trouve sa place naturelle et ses espoirs mérités.»

Autrement dit, la revendication essentielle des foules qui se sont insurgées contre le mépris de vouloir leur fourguer un impotent pour les diriger pour un autre mandat. Formulée autrement : la Seconde République avec un nouveau contrat social à négocier et à mettre en place.

«Le dégagisme radical» qui semble irriter AGS et l’ANP a malheureusement ce qui le justifie. Attribuer le portefeuille des finances à l’ex-PDG de la BEA et de la Banque Centrale, témoin consentant, au moins, de l’hémorragie du Trésor public, est plus qu’une provocation. Tous les cadres de ces deux banques, notamment ceux écartés pour leur compétence et leur intégrité, peuvent témoigner de l’affairisme du nouvel argentier du pays.

Sa désignation à ce poste, sur ordre des Koulinef dit-on, viserait à détruire les traces des milliers de milliards attribués aux oligarques qui tenaient absolument à un cinquième mandat pour Bouteflika en dépit de la détérioration de son état de santé.

Or, dans son dernier discours, AGS a évoqué cette saignée des deniers publics jamais égalée nulle part ailleurs. On peut dire autant sur d’autre départements ministériels. L’initiation d’un tel dialogue direct entre l’ANP, détentrice de fait du pouvoir, et les représentants du peuple peut ouvrir la voie à une solution politique. AGS ne semble apparemment pas écarter cette possibilité en affirmant « je voudrais réitérer que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais».

Ce qu’il faut retenir de ce dernier discours D’AGS, c’est presque une incitation à la poursuite de la révolution à qui il faut trouver un nom. «Partant de la solidité des liens de confiance liant le peuple à son Armée, nous avons donné instructions claires et sans équivoques pour la protection des citoyens, notamment lors des marches.» A condition que les marches consacrent toujours son caractère pacifique. Un enjeu que la plupart des manifestants ont saisi dès le départ à tel point d’ériger ce caractère pacifique en «arme de dissuasion».

Oran Acte VII : La seconde République, désormais à l’ordre du jour.

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A la septième marche d’Oran, les manifestants ont pris des plis. Les carrés se sont constitués en fonction des affinités politiques ou simplement d’appartenance à un lieu de résidence. Ce vendredi, des manifestants, apparemment d’obédience islamiste, n’ont pas raté l’occasion pour écorcher les «féministes».

«Elles sont parmi nous. Ne tombons pas dans le piège qu’elles nous tendent. Surtout ne les toucher pas et ne leur répliquer pas» dira un «leader» d’un carré. De l’autre côté de la place du 1ER Novembre, des militants d’un parti de gauche, prenant le départ avant tout le monde, brandissent des pancartes où on peut lire «Non à l’Islam politique» et «Non à l’intégrisme islamiste».

Jusqu’ici, ces deux groupes doivent s’observer sans se frotter. Parce que le slogan scandé depuis le rassemblement du premier noyau des marcheurs le 22 Février dernier est toujours sur les bouches des marcheurs : «Silmya Silmya» (Pacifique, pacifique). Mais une fois la marche prend son envol, au milieu de la rue Larbi Ben M’Hidi, ces deux groupes sont totalement noyés dans la foule des «sans chapelles».

Là où la joie et l’ingéniosité sont de mise. La meilleure illustration de ce débordement des «tendances politiques» cherchant à investir dans ces marches, les pancartes, imprimées et distribués en quantité, portant des slogans qui prêtent à confusion, finissent par «s’éclipser» au profit à d’autres, confectionnés à la va vite, le plus souvent avec un morceau de carton et un marqueur.  

En dehors de ce fait, notons que les femmes, de plus en plus nombreuses, et de tout âge et des différents milieux sociaux, ont fini par conférer à ces entreprises un air vraiment rassurant. Et elles ne se contentent pas du rôle de simples figurantes. Elles partagent les premières places dans certains carrés et scandent des slogans qui coïncident avec leur conviction. Elles recourent aux youyous quand la foule est époumonée  ou à court d’idées pour les slogans.

Ajoutons que pour la première fois, les revendications sociales ont fait leur apparition. «La politique indigente du gouvernement s’est traduite par une catastrophe sur la force de travail» lit-on sur une pancarte. Aussi, la première fois où l’effigie de Tewfiq, l’ex patron du DRS, associée à celle de Saïd Bouteflika a fait son apparition.

D’une manière générale, la septième marche d’Oran laisse transparaître une maturité politique du mouvement. «Pacifique, pacifique. Nos revendications sont légitimes. Notre marche est populaire» un slogan qui traduit cette prise de conscience des milliers de voix qui l’ont scandé. Cependant, la revendication de la Seconde République, formulée certes, mais demeure encore sans contenu concret.

La référence au badissisme et à l’esprit du 1er Novembre gêne énormément certains qui proposent d’autres formes de légitimité, dont la compétence et l’intégrité morale. En attendant, «une période transitoire, dirigée par une personnalité ou un comité de patriotes, sans les anciennes figures a aussi figuré parmi les revendications de vendredi dernier.

Comme à l’accoutumé, la touche d’humour n’a pas manqué à l’appel. «L’étoile de Bouteflika s’est éclipsé pour céder le champ à l’aurore de l’Algérie» lit-on sur une pancarte. Ou encore «Le peuple algérien est candidat au prix Nobel de la Paix».

Signalons que le refus d’un pouvoir militaire a aussi été réclamé par les marcheurs. Quant à Gaid Salah, au moins une pancarte lui a suggéré de se retirer avec dignité, eu égard à son âge notamment.

Mais la pancarte la plus sympathique est celle de cette vieille dame, fière et digne qui a fait tout le parcours du Bd Front de mer. «J’implore Dieu pour que n’ayez pas la même vie que la notre». El hadja, à son insu, était une star de cette marche……   

Par ZIAD Salah.

Ali Haddad en prison : Délit mineur….pour un prédateur insatiable.

dans Chroniques

Soit ! Prêtons du crédit aux propos de Maître Bourayou, avocat d’Ali Haddad séjournant actuellement à la Maison d’Arrêt d’El Harrach, et rapportés par El Khabar de ce jeudi. L’ami de Saïd Bouteflika, amitié à chaque occasion étalée avec ostentation, est poursuivi uniquement pour la détention de deux passeports. Simple délit, semble nous faire croire l’illustre avocat qui précise que son mandant a obtenu son second passeport quand Sellal était premier ministre. Manière d’impliquer indirectement ce dernier et surtout de rappeler la proximité qui existait entre Haddad et les ministres de l’ère de Bouteflika.

Pour notre part, nous estimons que la détention de deux documents de voyage, qui n’a aucune raison d’être, à bien y réfléchir, est un indicateur de l’impunité dont jouissait cet oligarque, dont l’accointance avec le cercle de Saïd, le dispensait du respect des lois et règles de la République.

Un indicateur aussi sur le pouvoir exorbitant du patron de l’ETRHB qui sûrement, réglait ses affaires par injonctions aux walis et autres commis de l’Etat par appels téléphoniques.

Rappelons dans ce cadre les déclarations d’un de ses assistants, un anonyme en somme, qui déclara à un organe de presse «nous on reçoit les ministres dans nos bureaux» pour leur intimer les ordres à exécuter.

Mais la détention de deux passeports par le nouveau pensionnaire de la Maison d’arrêt d’El Harrach nous renseigne sur l’étendue de la voracité du personnage. Parvenu, on ne sait pas par quel miracle, au cœur d’un centre de décision, rien ne pouvait lui suffire et le contenter. Il n’a pas réussi à résister à la tentation de l’excès. Il raflait large sans sourciller. On imagine aisément son attitude devant les projets publics et surtout leurs adjuvants : les crédits bancaires en milliers de milliards. Nous nous interrogeons, après la chute de ses soutiens, sur le sort à réserver aux mises en demeure qui lui ont été adressées quand Abdelmajid Tebboune a été nommé Premier ministre. Et c’est ce qui a valu à un départ précipité.

Sans même oser contredire Maître Bourayou, pour beaucoup d’observateurs, Haddad est la parfaite illustration, plutôt la personnification, de la gabegie et la prédation dont a pâti l’Algérie durant le règne de Bouteflika.  

Par Ziad Salah.

Projet de construction de 1800 logements aux Planteurs : La mort “programmée” du Murdjajo

dans Actualités

Le projet de construction de 1800 logements LPA sur le site des Planteurs mérite que l’on s’y arrête. D’autant plus qu’il s’agit d’un projet d’urbanisation que les pouvoirs publics préfèrent annoncer presqu’en catimini à des journalistes triés sur le volet et à des moments qui ne doivent rien au hasard. 

Le journaliste, a qui fut fait le «privilège» d’annoncer la chose à la société oranaise, commence par une déclaration très intéressante de l’actuel wali. Ainsi donc durant les 10 dernières années “rien n’aurait été fait comme prévu en ce qui concerne le site des Planteurs. Ce qui veut dire qu’au moins les trois prédécesseurs de Mr Cherifi ont failli à leurs missions (ce qui n’étonne certainement pas le citoyen lambda).

Pourtant deux des précédents walis furent promus ministres. Ils le furent non pas pour leur appartenance à un «clan» politique mais bien en tant que technocrates, ce qui veut dire qu’ils l’ont été pour leur haut niveau de «compétence» dans la gestion des affaires publiques.

En vérité il s’agit de trois ministres qui doivent leur promotion justement à cette affaire des Planteurs, si l’on compte l’actuel ministre de l’habitat, véritable cheville ouvrière, qui gère le dossier depuis au moins un quart de siècle et qui d’ailleurs, connait une forte accélération depuis que monsieur Temmar règne sur le devenir de nos villes.

Cette déclaration nous démontre surtout que la non-gestion, volontaire, du dossier durant une décennie, constitue en quelque sorte, la première étape du vaste projet de détournement du foncier forestier. Alors que l’actuelle phase, que l’on justifie par l’incompétence des précédents walis,en serait la deuxième étape qui bien entendu prépare une troisième.

En guise d’argument, et pour justifier l’injustifiable, rien ne vaut mieux que la sainte parole d’un responsable fut-elle apocryphe. Rien n’empêchait donc monsieur le wali d’entreprendre ce que ses prédécesseurs n’ont pas fait en reboisant les décombres des bidonvilles rasés.

Et si cela n’a pas été fait, c’est qu’il n’en avait pas la mission et encore moins le pouvoir. Lui qui déclarait la main sur le cœur au fameux journaliste : «Je suis un amoureux de la verdure et un fervent défenseur de la nature. Je voudrais bien qu’il y ait, au lieu et à la place de ces horreurs architecturales, une forêt urbaine. J’ai à cœur de voir celle-ci régénérer, renaître de ses cendres... »

Le projet de bétonisation du Murdjajo ne garantit certainement pas la fin de l’horreur architecturale. D’ailleurs, toute l’histoire urbaine post-indépendance nous le rappelle à chaque coin de rue.

L’exemple de l’hideuse bâtisse de la place Zeddour Brahim est suffisamment éloquent quant à l’incapacité notoire de l’administration publique à faire respecter ses propres lois et règlements. Il est tout à fait naïf de croire et tout à fait malhonnête de faire croire à l’opinion publique que l’urbanisation des Planteurs apportera un plus qualitatif dans l’image de la ville. Car il s’agira pour les promoteurs de rentabiliser les nombreux investissements officiel et officieux consenties.

                                         La privatisation des Planteurs

Toujours selon notre journaliste, le terrain, qui englobe 203 ha sera “meublé”. Entendre par là construit au 3/4. Sauf que dans le même article, il souligne qu’il s’agit d’un terrain “au relief accidenté et que le bon sol se trouve à 10 mètres de profondeur”. Voir plus selon les promoteurs publics qui apparemment rechignent à se laisser entraîner dans une affaire, où ils laisseront forcement des plumes (même s’ils sont couverts par la hiérarchie…. ministérielle.)

Ces promoteurs n’ignorent pas que leurs engagements vont en réalité juste servir à ouvrir les portes aux nombreux “Kamel Boucher” et consorts tapis dans l’ombre de la République.

Que représente donc, en matière d’assise au sol, les 1800 logements du type collectif et semi-collectif attribués au secteur public ?

Une douzaine voire même une quinzaine d’hectares tout au plus disent les connaisseurs. Toutefois, l’éparpillement intentionnel sur plusieurs sites cache mal les intentions de phagocyter l’ensemble de la montagne.

                  Un urbanisme émietté pour un habitat dispendieux

Selon les donneurs d’ordres, cette urbanisation éparpillée serait due à des contraintes liées aux contraintes juridiques du sol. Un argument qui bien entendu ne tient pas la route. En effet, l’Etat, de par la multiplicité de ses droits, dont le moindre est certainement celui de l’utilité publique, est en mesure de remembrer le site et de constituer un lotissement urbanisable au lieu et place d’un émiettement qui n’a rien à envier à la bidonvilisation que l’on prêtant combattre.

Ce problème de sol soulève aussi un problème épineux certain. L’acte de construire, dans les conditions du site des Planteurs, génère nécessairement des surcoûts nous dira doctement le journaliste.

En fait, à travers cette sentence, les donneurs d’ordres annoncent d’ores et déjà la couleur et font dire au journaleux de service, que le logement ne sera pas à la portée de tout le monde et qu’il sera plutôt réservé aux nombreux copains et aux abondants coquins de la République. Ce qui n’est pas nouveau en soit et ne trompe personne.

Du temps même de l’ex-wali Kouadri, initiateur du projet dans les années 2000, nous avions explicitement souligné qu’il s’agissait en fait de la création d’un Sidi Yahia bis. Information qui par ailleurs, ne fut jamais démentie.

Cette approche confirme aussi que le projet ne doit rien à l’actuel wali. N’en déplaise donc au plumitifs de la “chitta“, qui encense le prince du moment par le compliment et le mensonge. Il semblerait donc que l’histoire nous donne malheureusement raison.

Tout comme elle confirme la déclaration d’un ancien wali, qui n’a pas promu ministre et qui à l’occasion de son départ de notre chère ville, dira : «je n’ai été qu’un chargé de mission.» Une petite confidence qui en dit long.

                                 Annonces publicitaires contre intox.

Le laisser-faire d’une rédaction, bien plus préoccupée par les annonces publicitaires des promoteurs immobiliers que par l’honnêteté intellectuelle de son journaliste, est assez explicite sur l’esprit d’éthique qui plane dans la presse locale.

A défaut d’un argumentaire fondé et solide ou même juste logique, notre incorrigible gribouilleur se répand dans des digressions qui ne servent en réalité qu’à justifier «les dessous de tables.»

Ainsi donc, porter un œil critique sur le projet de ses «employeurs» constitue un idéalisme écologique déplacé et rappeler l’histoire du site, c’est faire preuve de passéisme et de nostalgie.

C’est la méconnaissance de l’histoire des sites qui a aboutit à des catastrophes dans la ville d’Oran et dont la plus visible est la bâtisse du Château neuf et la dernière, l’aménagement raté de l’extension de la Place d’Armes.

Quant à la végétalisation urbaine que notre journaleux confond (par inculture plus que par bêtise) avec l’écologie, est une donnée incontournable que de nombreuses études scientifiques réalisées, tant au niveau national qu’au niveau international, ont rendu incontournables.

Non déplaise donc à ce journalisme de caniveau, l’avenir de la ville moderne n’est pas dans sa bétonisation mais bel et bien dans sa végétalisation. Donc acte.

  • Par Samir Slama.

Lire aussi :

https://www.oranais.com/patrimoine/1200-ans-dhistoire-menace-par-la-predation-il-faut-sauver-le-mont-aidour.htm

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