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La mise sous scellés des sièges de FARD, de l’AFEPEC et des lieux de culte protestants: Vers une réplique de la société civile.

dans Actualités/Vie associative

Le scellé de deux sièges d’associations féminines, FARD (Femmes algériennes revendiquant leurs droits) et l’AFEPEC (Association des femmes pour l’égalité et la citoyenneté) a été interprétée comme un signe de durcissement du pouvoir à l’endroit du mouvement associatif encore échappant à son contrôle. Les faits remontent à Mardi dernier quand des agents de l’ordre ont procédé à la pose des scellés sur proposition de la DRAG (Direction de la réglementation et de l’Administration Générale) selon le document glissé sous la porte des deux associations mitoyennes.

La raison invoquée, selon le même document est «la non-conformité» de ces deux associations avec la loi en vigueur. Or, dans un communiqué rendu public par FARD, cette association qui se déploie sur le terrain depuis 1995 a renouvelé son agrément en janvier 2014 pour souscrire justement à la nouvelle loi 12 /06 régissant les associations.

S’agissant de l’AFEPEC, elle a fourni son dossier de renouvellement d’agrément en février 2012, selon le communiqué qui nous est parvenu.

FARD récuse jusqu’à le procédé utilisé le qualifiant de «voie de fait», alors que l’AFEPEC lie cette mesure à la lutte menée victorieusement pour le maintien de l’appellation «Larribère» attribuée à la clinique pour diabétiques sise au boulevard de Front de mer.

FARD n’hésite pas dans son communiqué, de faire porter à l’administration locale «le défaut d’octroi  de l’agrément». Et s’interroge sur le silence de cette administration des années durant puisque cette association a initié une série d’activités en partenariat avec des institutions étatiques.

La même mesure s’est abattue sur trois autres lieux de culte relevant de l’Eglise protestante installée à Oran : un se trouvant à Arzew, le second à Ain Turk et le troisième en plein centre ville.

Disposant d’une autorisation délivrée par le ministère de l’Intérieur, le responsable de ces lieux a été destinataire d’un courrier émanant de la wilaya lui exigeant de renouveler son autorisation dans un délai de trois mois.

Avant même l’expiration de ce délai, ces lieux de culte ont été eux aussi mis sous scellé. Ce qui conforte la thèse de ceux qui croient à un durcissement des pouvoirs publics pour intimider et réduire au silence toute voie discordante.

Jusqu’ici la LADDH et le CIVIC (Comité de vigilance citoyenne) ont condamné la mesure contre ces associations et ces lieux de culte. Ailleurs, des collectifs de soutien ont été mis sur pied. Pour l’instant, on n’écarte aucune voie, notamment celle du recours à la Justice et de la mobilisation citoyenne.

Au courant de la semaine, les démarches à entreprendre seront arrêtées puisque la mesure de mise sous scellé a provoqué une véritable tollé au sein d’une partie de la société civile.

  • Par Halim Segheir

 

Coup d’envoi des travaux d’aménagement de la “Marine” et de la Scalera.

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En présence des élus, le wali d’Oran Mouloud Cherifi a assisté au coup d’envoi des travaux de réalisation du branchement devant la pêcherie d’Oran. Cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement de la place du 1er Novembre et du boulevard du Front de mer en prévision des Jeux Méditerranéens qu’abritera Oran en 2021.

 

La réalisation de cet équipement a été confiée à la Direction des Travaux Publics à qui le wali a exigé le respect des délais de réalisation fixés à deux mois. Ce qui permettra l’entame dans de bonnes conditions d’autres projets, notamment la Pêcherie, le Port de pêche et le bas flan du quartier de Sidi El Houari.

Par ailleurs, lors de cette visite d’inspection, le wali a donné des instructions aux responsables des ressources hydriques d’intensifier les opérations de plantation des arbres aux abords de la Scalera et de la pêcherie, ce qui permettra l’émergence d’une coulée verte.

Ainsi, le chef de l’exécutif a ignoré les propositions de certains présents qui ont essayé d’associer des privés dans l’entreprise d’aménagement de cette place mythique. Par ce, Monsieur le wali n’a fait que souscrire à une décision du président de la République lors d’une visite à Oran où il a opposé une fin de non recevoir à des projets immobiliers dans ce périmètre de la ville.

Dans ce cadre, le wali a réitéré sa décision de dégager la somme de quinze millions de DA pour l’étude préalable aux travaux de restauration du quartier de Sidi El Houari, revendication phare de la Déclaration d’Oran.

A noter que le coût du projet de croisement est de l’ordre de 72 millions de DA en attendant de fixer l’enveloppe financière pour le projet d’une route qui reliera la Pêcherie à d’autres points du quartier et qui permettra le dés-engorgement du centre de ce quartier désormais figurant prioritaire pour les pouvoirs publics au niveau local et central.

  • Par Halim Seghir

 

La vielle ville ou la déconstruction historique d’Oran.

dans Actualités

La Calère, de la forêt urbaine au complexe touristique 

L’affaire de la destruction du vieux quartier de Sidi Houari n’arrête pas de soulever de trop nombreuses interrogations. Pour rappel, la déconstruction du quartier historique a bel et bien commencée en 1984 avec la célèbre Scaléra. A l’origine de cette première destruction  l’écroulement de quelques maisons  mal construites et adossées les unes aux autres. L’idée de construire un complexe touristique ouvert sur le port émergera à cette époque. Mais le projet capotera parce que l’étude du sol diagnostiquera une faille sur toute la longueur du site.  Il refera  surface en 2000 et sera catégoriquement rejetée par le président de la République en personne lors de son périple oranais.

Presque 20 ans après, voila donc que ce projet refait surface. Coïncidence du calendrier ou rappel à l’ordre, il réapparaît quelques jours seulement après que le nouveau wali,  après avis de la société civile, est retenu un projet de végétalisation du site. Selon des sources bien au fait de la situation «Il ne s’agirait  pas  d’une erreur de la part du premier responsable de la wilaya bien au contraire. Le changement de cap serait due à l’intervention  des promoteurs du projet qui n’ont jamais désespéré de voir leur projet aboutir et ont jugés opportun d’actionner leur relais haut placés aux seins des pouvoirs publics

L’idée d’un complexe touristique n’est pas mauvaise en soit, elle serait même la bienvenue. Ce complexe pourrait créer une nouvelle dynamique dans cette partie de la ville. Par contre cette étude ne peut pas être agréée alors qu’il n’existe aucun cahier de prescription conformément à la réglementation en vigueur puisque le plan de sauvegarde a été bloqué sur une décision politique et que le POS, s’il existe, est de fait caduc puisque il est antérieur au décret de création du secteur sauvegardé.

Qui est donc responsable de cette situation kafkaïenne ? Si certains lèvent les yeux vers le ciel, d’autres n’hésitent pas à indiquer… la capitale.

En 2016, à partir du site Choba dans la commune de Ziama Mansouriah, le ministre de la Culture affirmait que l’Etat est “déterminé à concrétiser les plans de sauvegarde et de mise en valeur des sites archéologiques”.

Il a par la même occasion, appelé à trouver “des alternatives” pour valoriser des pans de l’histoire du pays, tout en “libérant la voie” aux projets de développement retenus dans les différentes régions.

Aujourd’hui à Oran la voie aux projets de développement est justement coincé parce que les ronds de cuir du ministère n’ont pas trouvé de solution alternative au blocage organisé du plan de sauvegarde de Sidi El-Houari et ouvre ainsi la voie à la dévalorisation et à l’effacement de l’histoire d’Oran.

Le Murdjajo  du parc culturel et naturel  à la promotion immobilière    

       

C’est depuis les années 2000 que les appétits se sont aiguisés et que la déconstruction du quartier s’est élargie pour prendre une autre dimension. L’exemple de Sidi Yahia, le quartier chic de la capitale est, depuis cette époque, cité en exemple urbain à reproduire pour la nomenklatura.

Le projet de foresterie, qui a été dés le départ une superbe fumisterie,  n’a jamais fait  l’objet d’un début de concrétisation  fut-elle théorique. Les déblais issus de la démolition ne furent jamais traités, à bon escient d’ailleurs, car l’apparition d’une végétation naturelle aurait dérangée les projets des lobbys de l’immobilier et les affairistes des administrations locales.

Ce projet est aujourd’hui officiellement considéré comme une idée saugrenue et une fable irréalisable, «nul n’est tenu à l’impossible» dit-on en haut lieu, cela se peut bien. Mais s’agit-il vraiment de quelque chose « d’impossible » ?

Il y a 166 ans aujourd’hui cette montagne pelée fut, par la volonté d’un homme, transformée en un parc naturel et culturel. Ce fabuleux patrimoine, nous a été légué par la France coloniale n’en déplaise au bien pensant.

Classé en tant que parc national avec une surface de 688 ha en décembre 1925 et lauréat du prix Elena Mercouri décerné par l’UNESCO en 2001, le parc du Murdjajo est aujourd’hui en voie de destruction, de fait par des hors-la-loi en col blanc puisqu’il n’existe, dans le droit algérien, aucun texte qui le permette.

Aujourd’hui, alors que dans toutes les villes monde la course contre le réchauffement climatique est mesurée à l’aune des surfaces boisées crées, le parc des Planteurs est quand à lui, abandonné au profit du très puissant lobby de la promotion immobilière…. bien entendu de luxe.

L’histoire occultée d’une ville millénaire  

En 2015, les pouvoirs publics ont entrepris le délogement des squatteurs de la Casbah. Cette opération engendra un enthousiasme sans précédent pour cette vielle citadelle que les oranais avaient hâte de découvrir. L’intérêt pour cette citadelle provient du fait qu’il constitue l’un des rares sites qui rattache les oranais actuels à leurs ancêtres  arabo-berbères fondateurs de la ville.

L’histoire des premiers siècles de la citée  sont peu et mal connus, sinon à travers les écrits de quelques chroniqueurs  tel que El-IdrissiLéon l’Africain ou encore Ibn Khaldoun. C’est donc le sous sol de cette citadelle qui fut peu remaniée,  que l’on peu retrouver des éléments probant de cette histoire vielle de quelques 5 siècles.

Cette prospection archéologique n’est pas un caprice d’amoureux du patrimoine, elle est la pierre angulaire de la politique préconisée par les pouvoirs publics et relève de la responsabilité du ministre de la culture qui souligne dans le préambule de son document de référence intitulé Schéma directeur des zones archéologiques et historiques : «Toute approche qui prône la négation du territoire comme lieu de mémoire et d’histoire, en le réduisant à un simple support d’implantation et de distribution de vestiges archéologiques, ne peut mener que vers une lecture esthétique et romantique de la richesse historique. »

Aujourd’hui, faute de fouilles et d’un véritable travail d’archéologie, de nombreuses sollicitations de la société civile adressées à qui de droit au temple ministériel sont restées sans réponses.

Pourquoi cette négation de l’histoire islamique d’Oran que l’on étiquette d’Espagnol ou des plus française des villes algériennes alors qu’elle est l’une des rares villes du Sud de la Méditerranée à être  fondée par les Omeyades d’Espagne ?

Pourquoi vouloir à tout prix l’éloigner de la mer alors qu’elle lui doit sa fondation ?

A ces questions, il n’y a pas de réponses et il ne faut surtout pas compter sur les ronds de cuir du ministère de la culture pour y répondent, eux qui ne viennent dans cette ville de province que pour des visites festives et protocolaires.

Sidi El-Houari, un site classé et déconstruit.

Depuis 2003 chaque année ou presque, apporte son lot de destruction de la mémoire de la ville. Les coups les plus meurtriers seront apportés à partir de 2014 par un wali qui sera bien entendu promu ministre. En 2015, le décret érigeant Sidi el Houari en «secteur sauvegardé» est promulgué.

Paradoxalement il ne sauvegardera pas la ville basse, bien au contraire, il accélère sa démolition. Les donneurs d’ordres tapis dans l’ombre confient le sale boulot aux bulldozers de la municipalité ou leurs hommes de main sont aux commandes ou très proches.

Comment pourrait on expliquer que les îlots ciblés ne sont ni les plus dégradés, ni les plus utiles aux réaménagements du quartier mais juste les mieux … situés.

Le plus intrigant n’est peut être pas la volonté des puissants lobbys locaux et nationaux qui ont pris dans leurs serres crochues la destruction de toute cette partie de la ville. Mais bel et bien le silence complice de la tutelle.

Quelques heures seulement  après l’incident condamnable d’Ain el Fouara à Sétif, le ministre de la culture décrète le branle bas de combat et mobilise homme et moyens pour venir au chevet de la vielle dame.

Dans un communiqué officiel il annonce avoir pris attache avec le wali et arrêté les mesures nécessaires pour réparer l’outrage.  Cela bien entendu  n’est pas le cas d’Oran ou les ronds de cuir du ministère préfèrent regarder ailleurs lorsqu’un pan de l’histoire d’une ville vielle de plus de 12 siècles est foulé par des bulldozers.

Et c’est par la grâce d’un délit d’initié que des opérations de destruction tout à fait illégales seront orchestrées par des officiels pour le moins cynique et sous le prétexte très fallacieux de la sécurité publique.

Ces opérations de destruction massive furent engagées juste avant que des pouvoirs publics paniqués ne décrètent le gel de vrais projets en laissant la bride sur le cou aux projets de complaisance.

Aujourd’hui, la coupe est pleine et les nombreux résidents qui subissent le diktat de sous-fifres locaux qui leur rendent la vie difficile en coupant l’électricité et en s’abstenant de collecter les ordures ménagères pour les obliger à partir, sollicitent un plan de sauvegarde du secteur qui leur permettraient de voir plus clair.

Un plan qui permettra au quartier de trouver une nouvelle dynamique et une revitalisation du site que tout les amoureux du patrimoine espèrent de tout cœur.

  • Par S Slama

 

 

 

Liaison maritime Oran – Aïn el Turck fait chou blanc : “Dawira fel homéra!”

dans Actualités

L’inauguration de la liaison maritime Oran – Aïn el Turck, annoncé à grands renforts d’articles de presse pour ce 5 juillet a fait chou blanc. Pourtant, tout a commencé normalement, comme d’habitude.

Les deux navires affrétés d’Italie étaient là, sagement accostés à quai. La salle d’embarquement flambait comme un sou neuf et le personnel était sur son trente et un. Les invités ont commencé à affluer tôt, comme d’habitude.

Comme d’habitude, les représentants des pouvoirs publics se sont fait attendre. En effet et alors que le départ était prévu à 10 heures, ces messieurs ne sont arrivés qu’à 11. Les nombreux photographes rivalisaient d’ingéniosité et de posture pour immortaliser le moindre geste du Wali (par intérim) ou du représentant du Ministère des Transports, accueillis à l’entrée de la salle d’embarquement. Studieux, comme d’habitude, les journalistes tendaient l’oreille et prenaient note des paroles de ces messieurs.

Puis, tout le monde a lors pris place à bord du Maria Dona, un navire effilé qui peut embarquer plus de 300 passagers…

Le navire s’est enfin ébranlé à 11 h 20. Dix minutes pour sortir du port et le navire s’élance plein nord, avant de virer de bord, contournant, au loin, la pointe Lamoune et longeant, à quelques encablures la digue du port de Mers-el-Kébir.

Déjà et comme d’habitude, en pareil cas, quelques passagers rendent leur petit-déjeuner. Heureusement que l’équipage a prévu le coup et, rapidement, quelques sacs furent distribués aux sujets au mal de mer. Le navire contourne ensuite le Cap Gros, cette pointe du Santon qui plonge vertigineusement dans les flots de la Mar Loca, pour offrir à la vue les falaises déchiquetées qui se prolongent jusqu’à la plage de Saint Roch. Il longe ensuite la côte, étroite bande de sable qu’écrasent les denses constructions qui s’étalent, sans discontinuer, jusqu’au Cap Falcon. Une petite éclaircie dans le béton annonce la plage des Dunes, but de la traversée. De la côte part un long appontement, dont la réalisation a coûté la bagatelle de 54 milliards de centimes et qui pénètre dans la mer sur une distance de plus de 200 mètres. Au bout se dresse un gros mât métallique, surmonté d’une balise. C’est le poste d’accostage…

Après 30 minutes de traversée, le moteur s’arrête, le navire entreprend une marche arrière et se rapproche du poste d’accostage. Sauf qu’en pleine mer, il y a la houle

Sans bassin calme pour l’accueillir, ni digue qui peut le protéger de la houle, le navire ballotté ne pouvait, sans dommage, abaisser l’étroite passerelle arrière, malgré plusieurs tentatives. L’on se pose de sérieuses questions sur la qualité de l’étude et l’absence de coordination entre les responsables de la réalisation de l’appontement et les portuaires. Et puis, comment est-on arrivé à annoncer l’ouverture de la liaison sans même procéder à un essai ? Le fond de l’imprévoyance et de l’incompétence fut atteint, en ce 5 juillet 2017, à la plage Les Dunes…

Les passagers n’ont pu débarquer et les quelques journalistes et photographes, qui attendaient sur l’appontement, n’ont pu embarquer. Les quelques minutes d’arrêt du navire et son ballottement ont livré un second lot de victimes et d‘autres sacs ont été offerts, comme d’habitude en pareil cas. Demi-tour !

Après 30 minutes, le navire pénètre dans le port d’Oran et vient s’amarrer sagement à côté du second…

Comme susurré par quelqu’un : «Une simple dawira fel homéra ! »

Comme d’habitude, quelques mauvaises langues se sont laissé aller à suggérer un plan B, pour l’utilisation des deux navires affétés d’Italie : «Qu’on organise des tours en mer pour les amateurs et on pourra rentabiliser les bateaux», ou alors : «Que la salle d’embarquement soit transformée en salle des fêtes. Les mariages pourraient même être agrémentés par un tour en mer pour les invités 

 

  • Par Abdelkader el Akermi

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