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Oran

La 3ème édition se tient à Oran: “Africa is calling you” ou le retour de la diaspora.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Vie associative

Il ne se passe pas un jour sans que les médias locaux et étrangers nous montrent des images de ces harragas algériens et africains qui bravent la haute mer au péril de leur vie pour rejoindre les côtes espagnoles ou italiennes à la recherche d’un hypothétique avenir en Europe. Ce phénomène inquiétant vide l’Afrique d’une partie de sa force vive (il ne représente néanmoins que 10 % des mouvements migratoires en Afrique, la grande partie concerne des déplacements de populations entre pays africains frontaliers), en même temps qu’il sert «d’argument» à des gouvernements européens pour justifier des politiques de dumping social et de restrictions des libertés individuelles, qui, en vérité, sont impulsées par Bruxelles sous l’influence de différents lobbys de l’argent.

Peu connu, voire ignoré par les médias mainstream, un phénomène inverse a vu le jour depuis quelques années : c’est celui de la re-émigration, ou de la tentative de retours aux pays d’origines d’une partie de la diaspora africaine établie à l’étranger, notamment en Europe. Une diaspora qui a acquis du savoir et du savoir-faire et qui souhaite les mettre au service du développement de ce riche continent qui se retrouve aujourd’hui au centre d’enjeux économiques et géopolitiques impliquant de grandes puissances mondiales.

Inscrite dans cette démarche, l’association Weldiz a lancé le programme Africa Is Calling You (AICY), qui accompagne des porteurs de projets locaux et de la diaspora. Après Paris et Dakar, c’est Oran qui abrite en cette année 2018, la troisième édition d’AICY. Soutenus par acteurs de la vie associative et économiques oranaise, à l’instar de Fayçal Rezkallah, les organisateurs de cet événement, Sarah Belkacem et Driss Taarabit, nous  en disent un peu plus sur cette initiative

         JDO : Pouvez-vous nous présenter Africa is Calling you et les tenants et aboutissants de cette action en direction de la diaspora?

  • Sarah Belkacem :  

 AfricaIsCallingYou (AICY), c’est un programme de rencontres économiques et culturelles et un programme d’accompagnement de Startup . Par ces deux volets nous pouvons d’un côté, identifier et mobiliser la diaspora qui souhaite s’investir ou investir en Algérie. Et d’un autre côté les intégrer à un programme d’accompagnement. Par ce programme, nous cherchons notamment à les faire entrer dans des réseaux efficaces, les mettre en relation avec des interlocuteurs et des partenaires activant dans différents domaines et avec des porteurs de projets algériens afin de créer des synergies.

Nous avons aussi pour ambition, par le biais de la diaspora, de créer un réseau africain puissant à même de faire face aux besoins et enjeux économiques et sociaux du continent tout entier.

  • Driss Taarabit : 

AICY est d’une part un programme d’accompagnement et de formation des porteurs de projets à fort impact social, environnemental et culturel.

D’autre part, c’est une semaine événements culturels (musique, littérature, mode) pour mettre en lumière les projets et créer des synergies lors de ces rencontres.

Il vise à apporter une réponse adaptée et innovante aux enjeux du continent africain et plus spécifiquement en Algérie.  Pour ce faire il faut mobiliser globalement,des ressources humaines et économique, au niveau local et international (Diaspora) au service de l’emploi et entrepreneuriat.

Développé par Weldiz, une start-up algérienne à but non lucratif, AICY vise par ce programme d’un an, la réalisation de projets en Algérie.

Nos objectifs sont :

-Mobiliser et promouvoir les diasporas africaines qui investissent en Afrique;

-Conseiller à la création d’entreprises innovantes à impact social positif;

-Dynamiser les relations entre les compétences des diasporas africaines et leurs pays d’origine grâce au développement d’une plateforme (Africa Is CallingYou);

– Encourager les échanges économiques et culturels entre les pays africains, notamment via les diasporas.

         JDO : Pourquoi avoir choisi la ville d’Oran comme point de chute pour cette  troisième édition, alors que le plus souvent, c’est Alger qui abrite ce genre d’événements ?

  • Sarah Belkacem :

J’ai spontanément envie de dire que c’est justement parce qu’il existe un trop gros déséquilibre entre ce qui se passe à Alger et ce qui se passe dans le reste du pays. Mais surtout, nous avons décidé d’implanter la structure Weldiz (welcoming diasporas dz) à Oran. Car c’est une ville dynamique, en plein essor et recèle énormément d’opportunités de business. Elle représente un grand potentiel pouvant faire d’elle un pôle économique important. Etant moi-même originaire de la région de l’Oranie, j’avais aussi envie de participer à son développement et pouvoir y apporter de la valeur.

  • Driss Taarabit :

Avant tout par feeling, étant né en France de père algérien, et de mère espagnole, Oran a toujours eu une résonance particulière chez moi par sa culture et son histoire.

En second point, la décentralisation ouvre de nouvelles perspectives et opportunités : pourquoi tous se concentrer au même endroit, la capitale, alors que le pays est si vaste ? Si nous faisons déjà du lien entre la Diaspora et l’Algérie, nous en ferons aussi dans notre pays.

       JDO : Quel est votre constat sur la situation de entrepreneuriat à Oran et de l’innovation économique, sociale et culturelle de manière générale dans cette ville ?

  •  Sarah Belkacem :

Nous avons trouvé à Oran une multitude d’initiatives sociales et culturelles intéressantes et dynamiques, un tissu associatif très actif, ainsi que de nombreux porteurs de projets innovants,particulièrement en ce qui concerne l’entrepreneuriat à impact positif.

Mais nous avons constaté un manque cruel de liens, de synergies et de structures ou d’accompagnement pouvant leur permettre une véritable ambition et impulsion. Et même si des structures ou dispositifs existent, il subsiste apparemment des lacunes dans l’accessibilité. Nous voulons surtout accompagner des projets innovants à impact social, culturel et/ou environnemental, c’est pour cela que nous avons eu envie de nous installer à Oran et participer à ce mouvement.

  • Driss Taarabit :

Oran est un bouillon d’idées et d’initiatives avec ses freins et ses leviers, un écosystème complexe et passionnant. L’envie de développement et d’ouverture y sont palpables.

Les rendez-vous culturels nombreux, un tissu entrepreneurial et associatif dense et l’appel vers la Méditerranée impulsé par les Jeux de 2022, sont d’autant d’opportunités de transformer Oran en grande capitale méditerranéenne.

           JDO : Un mot pour conclure ?

  • Sarah Belkacem :

Nous souhaitons accompagner un mouvement innovant en ouvrant de nouvelles passerelles et de nouvelles perspectives. Avec la création de Weldiz nous fixons cet esprit dans la durée. Nous souhaitons créer des synergies et valoriser les initiatives à impact social positif de la société civile.

  • Driss Taarabit :

Même si la route est longue et semée d’embûches, je pense que c’est le moment d’entreprendre dans notre pays et d’entreprendre socialement.

Concrètement, pour nous la viabilité économique n’est pas une fin en soi mais un moyen d’œuvrer pour faire de l’Algérie et plus globalement de l’Afrique un territoire d’innovations et d’espoir.

Interview réalisée par Fayçal Anseur.

 

Rebondissements dans l’affaire des 701 kgs de cocaïne: Départ intriguant de l’équipage et intérêt Onusien.

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Avec l’élargissement des six membres de l’équipage du «Vega-Mercury », par qui le scandale du siècle est arrivé, et la visite d’une délégation de l’Office des Nations-Unies contre la Drogue et la Criminalité (ONUDC) à Oran, fin de semaine écoulée, l’affaire de la saisie de 701 kgs de cocaïne , n’est pas prés de s’estomper et d’autres rebondissements ne sont pas à écarter.

La visite des experts de l’ONUDC à Oran , donne une tournure internationale à l’affaire. Accompagné par des responsables sécuritaires, la délégation d’experts onusiens a fait le tour des divisions de douanes, des ports secs et des services de gares-côtes, pour s’enquérir de toutes les phases de l’opération de la saisie record de la cocaïne le 29 mai passé, à bord du porte container «Vega Mercury» battant pavillon libérien, affrété par la compagnie MCS.

L’Office onusien, fonctionnant comme Observatoire, ayant son bureau régional à Dakar au Sénégal, est chargé de collecter les informations ayant trait au narco-trafic, les nouveaux circuits et procédés utilisés par les cartels de drogue. La délégation s’est rendue au port d’Oran et à plusieurs port secs, habitués à recevoir les containers de viande congelés importés par la société «Dounia-Meet » propriété de Kamel Chikhi.

L’autre fait marquant de l’affaire de cocaïne, demeure sans conteste, l’élargissement des six navigateurs philippins  du «Vega Mercury» accosté au quai Dar EsSalam, depuis le 29 mai passé.

Avec le départ de l’équipage, bien que le code maritime insiste sur la responsabilité de l’armateur sur la marchandise transportée sur son navire, la justice laisse filer la seule pièce maîtresse et surtout des témoins clés pour démêler le puzzle et ses ramifications internationales du réseau de narco-trafiquants.

A cela s’ajoute, la gestion de l’affaire dés le début, avec l’arrestation de l’équipage au large, empêchant le navire d’arriver à bon port, pour remonter toute la filière des complicités. Le départ de l’équipage, signifierait que les enquêteurs ont cru sur parole, les six navigateurs arrêtés, quant à leur ignorance de la nature de la marchandise à bord du navire, ceci d’une part.

D’autre part, les enquêteurs seraient plus enclin à privilégier la seule option que la cocaïne, propriété de Kamel Chikhi, négligeant à tort ou à raison, la piste que la marchandise ne serait pas destiné au marché national, mais devait seulement transiter par un port algérien.

Une piste que pourrait corroborer le matériel retrouvé à bord du navire, des torches et balise dotés de GPS et des gilets, pour un éventuel lâchage de la cocaïne en plein mer, pour être ensuite récupérer par des «hommes grenouilles»,  et être acheminé à l’aide de propulseurs sous- marins.

D’après certaines sources très au fait du dossier, le placement de la cocaïne devant l’entrée du container et non enfouis derrière la viande congeléé, serait fait pour faciliter la mission à l’équipage, une fois les containers ouverts, pour larguer la marchandise en mer.

Autres détails intrigants, la rupture de la chaîne de froid pendant deux heures, du container frigorifié lors de la traversée depuis le Brésil, les raisons de l’accostage pendant trois jours au port de Valence avant de reprendre la route vers Oran.

Des zones d’ombres dont seul l’équipage détient le secret, ce qui aurait justifié amplement son non élargissement à ce stade de l’enquête.

Ceci, d’autant plus que dans la quasi-totalité des affaires similaires de saisies de cocaïne en Espagne et en France, les équipages sont rarement libérés.

  • Yaghmoracen B

 

 

Les éditeurs de la presse électronique demandent la libération immédiate du journaliste Saïd Boudour.

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Notre collègue Saïd Boudour, éditeur de JCA et membre co-fondateur du syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE) a été arrêté sur la voie publique ce vendredi soir à Oran par les services de sécurité selon un procédé digne de la lutte anti-terroriste. Said Boudour est membre de la délégation qui doit rencontrer le ministre de la communication Djamel Kaouane dans les prochains jours. Il était l’un des porte- parole du SAEPE lors de la conférence de presse du 02 mai dernier à Alger.

Il s’agit d’un journaliste et éditeur connu, militant humanitaire en plus au sein de la LADDH dont il quittait les locaux lorsqu’il a été proprement enlevé place des Victoires à Oran.

Le procédé pour l’interpeller est intolérable. Les membres éditeurs du collectif du SAEPE (en cours de constitution) dénoncent cette arrestation brutale, illégale et exigent la mise en liberté immédiate de Saïd Boudour. Rien ne justifie un tel retour aux pratiques d’un autre âge avec les professionnels de la presse.

Les premières informations recueillies auprès de la LADDH à Oran indiquent que Said Boudour serait poursuivi pour son article sur JCA et Algérie Part sur l’affaire de la saisie des 701 kg de cocaïne sur un bateau au large d’Oran.

L’interpellation, le même jour, du lanceur d’alerte Nourredine Tounsi, travaillant au port d’Oran tend à confirmer cette piste.

Un autre journaliste de la presse électronique, Khelaf Benhada et son éditeur Adlene Mellah (Algerie Direct et Al jazair presse) sont injoignables depuis vendredi soir, après que des convocations leur aient été adressées par les services de sécurité. Khelaf Benhada a repris dans une publication une partie de l’article de Said Boudour.

Qui veut empêcher la presse électronique et la presse en générale de traiter de cette affaire de trafic de cocaïne qui a choqué l’opinion algérienne ?

Nous éditeurs membres du collectif du SAEPE nous exprimons notre très vive inquiétude face à cette dérive de la répression qui s’abat sur la presse électronique. Les moyens utilisés sont excessifs et scandaleux. L’urgence est de protéger les Algériens des méfaits de la cocaïne et de leur dire la vérité sur le trafic qui la rend possible.

Elle n’est pas d’enlever des journalistes et des lanceurs d’alerte. Il existe des moyens judiciaires civilisés pour poursuivre les contenus jugés diffamatoires. Le collectif de la SAEPE est attaché à la présomption d’innocence et à la préservation de la dignité des citoyens.

L’État peut la faire respecter sans porter atteinte à son tour à la dignité des journalistes arrêtés brutalement comme des terroristes au mépris de toutes les lois. Pour la libération immédiate de Said Boudour et de Nourredine Tounsi.

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Impressionnante marche des résidents à Oran : Pari réussi

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Ils étaient cinq mille selon certains, huit mille selon d’autres. Les organisateurs, c’est-à-dire le CAMRA (Comité Autonome des Médecins Résidents Algériens) avance le chiffre de douze mille. Ils étaient nombreux, décidés et disciplinés. Ils sont venus d’Alger, de Constantine, de Batna, d’Annaba, de Saida, de Sidi Bel Abbés, de Tlemcen et d’Oran. C’est sans conteste la plus imposante marche qu’a connu Oran cette dernière décade.

La veille de la marche, des délégations sont arrivées soit par train soit par d’autres moyens de transport. La veille, selon nos sources, ils ont réglé les détails de la marche : le parcours, les mots d’ordre, le service d’ordre et la désignation des portes paroles.

A Oran, il fallait à tout prix relever le défi, parce que la marche a un caractère national. Et par conséquent, elle devait confirmer le succès des autres marches qui ont eu lieu un peu partout suite à la bastonnade des résidents à l’hôpital Mustapha d’Alger.

Après des tractations avec les services de police, le cortège, composé de plusieurs carrés, a pris le chemin menant du CHU d’Oran au Pont Zabana, en traversant le Boulevard Ahmed Abderrezak. Le service d’ordre a fait preuve d’efficacité et de souplesse. Ce qui a évité tout débordement ou incident. Le dispositif sécuritaire déployé était impressionnant mais correct.

Tout laissait deviner que des instructions fermes ont été données par la DGSN et qu’il fallait surtout ne pas rééditer l’effusion de sang enregistrée à Alger presque une semaine auparavant.

De leur côté, les marcheurs, se sont tenus à des mots d’ordre arrêtés à l’avance, dénués de tout arrière pensée politique. «Dignité, Solidarité» ont clamé les résidents. «Nous voulons d’avantage de moyens pour servir le patient». Les couleurs nationales étaient présentes lors de cette marche, longue de quelques kilomètres, histoire de marquer l’attachement des résidents à leur pays. D’ailleurs, autour de la statue de Zabana, sur le pont qui porte le même nom, l’hymne national a été entonné par des milliers de gorge.

L’intervention musclée de la police à l’Hôpital Mustapha, condamnée par certaines formations politiques et par les syndicats des différents corps de la santé, était présente dans l’esprit. Par pancartes portant des photos de certains médecins ensanglantés. Par des slogans où on a clamé haut et fort «nous n’avons pas peur».

Et par la déclaration du président régional du Conseil de l’ordre qui n’a pas hésité à employer le terme de mercredi noir. D’ailleurs, certains professeurs ont absolument à se rendre visibles lors du rassemblement dans l’enceinte du CHU Oran, avant le coup d’envoi de la marche.

A Oran, les résidents ont relevé le défi. Celui de se constituer en front uni pour faire aboutir leur revendication. Mais surtout en démontrant que les jeunes algériens sont en mesure d’exprimer leur revendication par le biais d’une manifestation sans sombrer dans le désordre. A l’instar des autres jeunes du monde. Un argument que le pouvoir ne peut plus avancer pour expliquer sa propension à fermer les champs de l’expression.

  • Par Ziad Salah

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