Tag archive

institut français

Thème d’une conférence à l’I.F d’Oran : Quel paysage pour les villes algériennes ?

dans Actualités

Quel paysage pour les villes algériennes ? C’est là tout un programme et les deux heures qui lui furent consacrées durant l’après-midi de samedi dernier à l’Institut Français par l’architecte paysagiste et urbaniste Emiline Brossard n’a permis que d’effleurer le sujet. Invitée par l’association Bel-Horizon et l’Institut Français, Emiline Brossard est une des rares paysagistes qui a eu à intervenir sur le paysage algérien. Non pas pour le compte, de l’Etat algérien, pour qui le paysage est un objet de non droit, mais à l’initiative d’une agence d’architecture parisienne, qui ne conçoit pas son action sans tenir compte de la problématique paysagère.

Quoiqu’elle ait intervenue sur une partie du paysage du grand stade d’Oran, la paysagiste n’abordera pas ce sujet dans le cadre de sa conférence, pour la simple raison que l’intervention fut minimale et qu’une grande partie des propositions et même la palette végétale semble avoir été passée à la trappe par une administration qui se trouve aujourd’hui obligée de louvoyer entre le tape à l’œil et un échéancier de plus en plus étroit.

La paysagiste a donc pris la peine de raconter cette expérience algérienne, qui concerne essentiellement les villes d’Alger et de Sétif. La première problématique abordée concernera le paysage des villes «champignons» dites nouvelles, qui s’étalent en bordure des anciens centres urbains et qui grignotent incessamment les grands paysages naturels qui entourent les villes.

Un étalement urbain «copié» sur l’Europe des années 50-60 et collé à l’Algérie des années 2000. Un urbanisme qui a montré depuis longtemps ses faiblesses et sa laideur ailleurs comme il le fait ici.  Pour la conférencière «il faudrait rechercher pour ces villes une intégration paysagère à la manière de Frederick Law Olmstead à utiliser la nature pour «soigner» les villes américaines au 19 ème siècle.»

A travers l’exemple algérois qu’elle présentera à l’assistance, madame Brossard abordera l’éternel problème des villes côtières algériennes qui immanquablement et de plus en plus «tournent le dos à la mer.»

Dans le cadre d’un projet immobilier complexe faisant face à la baie d’Alger.La paysagère expliquera qu’en accord avec les architectes, elle avait fait le choix d’ouvrir de larges cônes visuelles sur la baie entre et autour des tours.

Un choix en finalité «responsable» pour ne pas dire citoyen, puisqu’il permet surtout à la ville qui se trouve derrière le complexe immobilier de s’ouvrir sur la mer.

Le dernier problème qu’elle abordera, certainement le plus pertinent a concerné l’aménagement des rives d’un oued.  Un oued dont le lit majeur traverse le site du fameux stade de Sétif. La pertinence de la proposition de la paysagiste se trouve dans la palette végétale proposée et composée de plantes indigènes.

La paysagiste expliquera que son choix est dicté par de nombreuses considérations dont l’adaptation aux conditions climatiques et pédologiques n’est pas la moindre. Mais aussi des considérations économiques sur le court et le long terme. Cette démarche, qui n’intéresse pas grand monde, est d’autant plus prenante que sur les 10 000 plantes qui constituent le catalogue horticole nationale, à peine si 1% sont des plantes indigènes alors que la richesse de la flore algérienne présente un fabuleux potentiel paysager.

Cette démarche mériterait d’être comparé à la démarche de nos «amis» chinois qui dans le cadre de l’autoroute Est-Ouest avaient choisi de planter seulement et uniquement des arbustes exotiques du type acacia et dont la principale caractéristique est d’empêcher, à travers la production d’une toxine, la flore indigène de s’implanter dans leur proximité.

Chassées des bords de route par un exotisme mal placé et des champs par l’agriculture intensif, il ne reste aux plantes indigènes, déjà malmenées par les aléas climatiques, que la mise en culture et l’introduction voir la réintroduction à travers des projets paysagés, s’ils venaient à voir le jour.

Avant de donner sa conférence, la paysagiste accompagnée des jeunes guides de la nature de l’association a consacré sa matinée à la visite de la Promenade Letang. Selon madame Brossard «il s’agit réellement d’un véritable bijou et il n’existerait pas un paysagiste au monde qui ne rêverait pas d’intervenir sur un pareil jardin. »

Concernant les paysages oranais qu’ils soient urbains ou naturels, la paysagiste c’est dit agréablement surpris par leurs richesses et leur densité et leur esthétique typiquement méditerranéenne.

  • Par Samir Slama.

Le Street-Art s’invite à Oran : Du Vandale au…Vendu

dans Actualités/Arts & Culture

Au regard de son C.V, Nicolas Laugero Lasserre est un touche à tout. Directeur de l’ICART (école spécialisée dans les métiers de la culture et du marché de l’art à Paris). Président Fondateur  de l’association Artistik Rezo. Directeur de l’espace Pierre Cardin durant une dizaine d’années. Commissaire d’exposition indépendant et surtout  à l’origine du projet Art 42,  le 1er musée français consacré à l’art urbain, ou notre ami expose sa collection privée d’œuvre de rues. Nicolas Laugero Lasserre est d’abord et avant tout un passionné de cet art contemporain en pleine croissance.

Son passage mardi dernier à l’Institut Français d’Oran était justement consacré à cette passion. Durant plus de 2 heures, il réussira, au vu des réactions du public à transmettre aux jeunes et même au moins jeunes sa passion pour le Street-Art d’une manière générale.

Le conférencier est donc venu en défricheur et débutera son intervention par des explications relatives au langage et aux codes très particuliers de cet art nouveau.

Pour raconter l’histoire de cet art, Nicolas Laugero, en méditerranéen averti commencera par se raconter. L’histoire commence lorsque, jeune provincial, il monte à la conquête de la capitale et s’installe par hasard au cœur du Q.G des artistes de cet art nouveau qu’il découvre alors.

L’intervenant prendra le temps d’expliquer, que n’ayant pas d’éducation artistique, son rapport à l’art s’est donc forgé face aux murs parisiens. La suite de sa conférence sera consacrée à l’histoire de cet art militant et vandale qui a commencé au tout début des années 70, dans les rues New-yorkaises avant de fuir l’intolérance de l’Oncle Sam, en prise alors avec le mouvement “hippie” et la guerre du Vietnam. Et de se réfugier sur le vieux continent, dans les années 80,  précisément à Londres, ou fleurissait alors le mouvement Punk et Paris ou il s’installe durablement.

L’histoire que raconte Nicolas Laugero bien chaperonné, n’est pas venu pour choquer les bonnes consciences et ne prône aucune rébellion car l’histoire qu’il nous sert est passablement… aseptisé. Il n’est pas question de défendre les valeurs subversives du graffiti révolté des origines et des tagueurs poursuivis, condamnés et emprisonnés.

Aujourd’hui, le Street-Art se fait sur  des murs «autorisés» Si autorisé qu’il a finit par faire depuis quelques années déjà, de la capitale du royaume Chérifien, l’une des Mecque du Street-art.

Au point ou même le site branché«Artsy»prétend doctement que le «zelidj» constitue la  profondeur historique nécessaire pour faire du Street-Art contemporain une pratique ancestrale au royaume du Maroc.

Cette revendication historique n’est pas loin de la profondeur historique qui rattache le Street-Art aux arts pariétal et rupestre de la préhistoire que nous propose Nicolas Laugero.

L’une comme l’autre, ces profondeurs historiques excluent de fait l’esprit «vandale» qui constitue l’essence même du Street- Art et sont donc peu acceptable aux yeux de la rigueur historique.

Membre de l’Association International de l’Art Français(ADIAF), Nicolas Laugero est venu aussi à Oran pour dire qu’il existe un «bon» graffiti institutionnalisé et reconnu qui s’apprécie aujourd’hui dans les galeries branchées, dans des magazines d’art urbain ou au travers des travaux d’ex graffeurs-taggeurs reconvertis dans le graphisme et le graffiti de commande en gros un graffiti «exposable» et donc accessoirement exportable.

Un art qui  finalement pourrait bien intéresser les pouvoirs publics locaux en charge de maquiller la ville et qui peinent à trouver des solutions efficaces de … camouflage.

  • Par S. Slama

 

Ils ont voté à l’Institut français

dans Chroniques

Double coïncidence du calendrier : la veille du 1er Novembre, une date fondatrice pour l’Algérie et le premier jour du lancement pour les prochaines élections locales. Les jeunes qui se sont agglutinés hier devant le portail de l’Institut Culturel Français ont bien choisi leur timing pour se doter d’une visibilité. De ce fait, on peut estimer qu’ils ont bel et bien voté et avant l’heure.

 

Pour ne pas dire qu’ils ont invalidé un rendez vous électoral, de haute importance pour le pouvoir, puisqu’il prélude la prochaine élection présidentielle.

N’en déplaise à Ouyahia, dont le parti tente, à l’aide d’un communiqué, de contenir l’onde de choc que cette affluence devant une représentation de la puissance coloniale d’hier a provoqué au niveau des réseaux sociaux notamment.

Leur nombre ? Des centaines ? Des milliers ? Peu importe. Suffisamment en tout cas pour inciter ceux dont le devenir immédiat du pays prime toujours à se poser des questions et à proposer des démarches à entreprendre. Nous devinons que le fait n’est pas passé inaperçu au niveau de certaines officines qui ont le pays fixé au bout de leurs jumelles.

Ces jeunes, qu’on ne peut en aucun cas assimiler aux desperados qui empruntent des barques de fortune pour rejoindre les côtes espagnoles ou italiennes, ont donc voté hier.

Par anticipation. Leur message interdit et anéantit toutes les promesses que vont proférer les candidats en lisse pour gérer les communes d’Algérie.

Désormais, il n’y a plus rien à dire. Puisque la fine fleur de ce pays opte ouvertement pour d’autres cieux où elle peut s’épanouir et évoluer normalement. Loin d’un pays dirigé par les grabataires. Il suffit juste de voir Djamel Ould Abbès se livrer à des devinettes sur le futur président de la République pour sentir des ailes naître et vouloir prendre le large.

Les jeunes qui se sont donné rendez vous devant l’IF pour passer le test de connaissance du français sont tous des universitaires. Parmi eux, il doit y avoir des détenteurs de Master, des ingénieurs, des licenciés….Des jeunes sensés être derrière les machines ou les bureaux pour relever le défi du développement économique.

Malheureusement, ils sont lucides. Ils sont conscients que les horizons sont bouchés dans un pays où les candidatures sur les listes électorales se négocient à coup de millions de dinars.

Par ce, ils marchent sur les traces de leurs aînés. Ceux qui ont décidé la rupture définitive avec l’ordre colonial. Ceux qui ont commencé par le rejet de la perception assimilant l’acquisition de la connaissance dans l’école française, même coloniale, était synonyme à l’évangélisation.

Donc, ces jeunes, au prix de sacrifices concédés par leurs parents décident d’aller parfaire leurs armes ailleurs. Pour revenir plus aguerris, plus exigeants et aptes à mener les futurs combats de l’Algérie de demain. Leur démarche est le meilleur désaveu aux enfants de la nomenklatura qui se disputent les marchés et les affaires juteuses à coup de téléphone.

Ces enfants qui investissent dans les ports secs et les carrières de tuf. Les jeunes d’hier qui se sont donnés à voir hier devant le portail de l’IF savent la nature de l’économie de demain. Une économie du savoir. En se donnant du coude à coude devant une représentation étrangère, dépositaire d’une langue en déperdition chez nous alors que c’est un précieux butin de guerre, ils ont signifié leur refus à la rente et ceux qui courent pour y accéder. Ceux qui vont polluer l’espace public trois semaines durant. De ce fait, le bulletin de vote de ces jeunes est désormais dans les urnes. Avant l’heure……..

  • Par ZIAD Salah

 

Des artistes, des spectacles de rue et sans voitures : Oran s’offre sa fête.

dans Actualités/Arts & Culture/Vie associative
  • Par B. N

Sous le thème d’une journée «festive avec une forte mixité sociale et un grand moment du Vivre ensemble» que l’association Bel Horizon entamera sa populaire balade urbaine en ce 1mai de cette année. Comme d’habitude, un riche programme, concocté avec l’Institut français, attend la population oranaise.

Jugez-en : La fanfare des étudiants des beaux-arts de Paris, la compagnie artistique «La Famille Goldini» qui sera en exhibition durant la balade et même un «Spiderman». Idem pour le comédien Yebdri qui sera à sa première participation à cet événement

Aussi, et ce sera le clou de la journée, la chanteuse oranaise Yasmine Ammari lancera son clip avec les participants invités à «Venir danser le RaÏ».

Aussi, d’autres artistes de rue et locaux ont été conviés à la «manif», qui s’élancera à 9h du matin au Square Port Said (Bd de l’ALN) et qui finira jusqu’à la Promenade Ibn Badis ex-Letang ou un atelier sur «l’espace public et la marche urbaine» sera animé par Nawel Guendouz, doctorante en architecture, afin de comprendre et capitaliser cette expérience unique en son genre.

Pour l’association Bel Horizon, cet événement du 1er mai, «à forte mixité sociale» a pour objectif de “favoriser le Vivre Ensemble, l’appropriation de l’espace public et l’exercice de la citoyenneté“.

En ce sens, l’événement sus-cité a déjà enregistré un succès de taille: Oran aura sa “Journée sans voiture”accordée par wali d’Oran après sollicitation de Bel Horizon, du moins sur le trajet ou se déroulera la balade.

Enfin, avec les balades de chaque 1er mai qui ont temporairement remplacé les gigantesques randonnées patrimoniales de Santa-Cruz, Bel Horizon a su réconcilier les oranais et leur ville, le tout dans une ambiance festive.

“A terme, la fête de la ville doit s’imposer” dixit Kouider Metaier, le président de Bel Horizon. Et c’est déjà presque le cas.

 

 

 

 

 

1 2 3 5
Allez en Haut