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Takhmaret…chez la famille d’Amir Dz.

dans Actualités/Reportage

Un épicier a consenti à nous indiquer le chemin menant à la maison de la famille Boukhors. Les passants à qui nous nous sommes adressés, réalisant que nous sommes étrangers au village, et craignant probablement l’apparence de Sidi Ahmed avec ses lunettes noires ont refusé de répondre à notre demande. Parce que le nom renvoie à “Amir Dz”, devenu ennemi public pour le pouvoir en place.

Notre journaliste-reporter Salah Ziad devant la demeure modeste des Boukhourss.

Arrivés sur les lieux, accompagnés par Adlène Mellah, propriétaire du journal électronique Algérie Direct, présent sur les lieux aux premières heures de la matinée de lundi dernier, nous découvrons l’habitat de la famille. Il est à l’extérieur du village, au bout d’une piste à peine carrossable.

Ce sont trois habitations alignées, qui abritent chacune une famille. Celle du père d’Amir remonte probablement à l’époque coloniale et ne dispose même pas d’une porte correcte. Un tapis en  charmoute» (en tissu récupéré) serve de voile pour assurer l’intimité du foyer.

Dans les deux autres, habitent les aînés avec leur progéniture. Prenant une photo de la maison familiale, Sidi Ahmed ironisa «le palais du père d’Amir Dz». Parce que le père et son enfant Houari, ont été inquiétés par la Gendarmerie pour «chantage et extorsion de fonds». Alors qu’ici, tout hurle le dénuement.

Le quartier est resté en dehors du processus de développement que devait générer la consommation de 1000 milliards de dollars durant vingt ans de règne de Bouteflika.

Une fois sur place, nos hôtes, comprenant le sens de notre visite, nous introduisent dans une salle d’une des trois demeures. La salle, des invités à coup sûr, est meublé sommairement. Des tapis en synthétique et des matelas à même le sol. Un réchaud à gaz est installé au milieu pour chauffer le lieu.

Houari Boukhourss, le frère de Amir.Dz.

Sans même nous demander notre avis, les tables basses trônant au milieu de la salle, ont été garnies par des plateaux. Le thé, le café et des gâteaux ont été servis aux convives qui cherchaient à briser les glaces entre eux. Adlène, très volubile, pour détendre l’atmosphère, nous parla du début du séjour de Houari à la prison d’El Harrach.

Sous le choc et surtout ne comprenant pas ce qui lui est arrivé pour se retrouver dans un milieu carcéral, Houari refusait tout ce que lui proposait son codétenu. Y compris la nourriture. Mais l’enfant de Takhmart finira par se dégeler et rentrera dans le bain ambiant, nous expliqua Adlène.

Par respect des usages, nous avons quitté la salle pour fumer et prendre des photos. Mais aussi pour laisser le champ libre aux visiteurs qui se succédaient par petits groupes. Houari, visiblement confiné sa vie durant dans sort de Guellil (humble) devient la coqueluche de son douar. A part son sourire, il est resté très peu disert. Peut être il ne réalisait pas le triomphe avec lequel il a été accueilli à la sortie de prison où les gens se battaient pour le porter sur leur dos.

Nous réussirons à lui arracher quelques «confessions». Sa relation avec son frère installé en France et dont le nom est scandé dans tous les stades d’Algérie, se limite à des échanges se rapportant aux informations sur la famille. Notamment sur la santé du père dont l’état est chancelant. «Pour vous dire, depuis ma sortie de prison, on s’est pas parlé au téléphone» nous dira-t-il.

Tout indique qu’il n’est pas politisé. Mais les conditions de son transfert de Frenda à Bab Djdid à Alger, dans un fourgon de la Gendarmerie Nationale, menotté, sont toujours vivaces dans son esprit. Lui qui n’a jamais eu de démêlés avec la Justice.

A la tombée de la nuit, les voisins, les proches et les connaissances se sont donnés rendez vous devant la maison des Boukhorss, départie de son anonymat. Certains se sont adossés au mur, pendant que d’autres ont décliné l’invitation de rester dîner. Certains ont récupéré soit une mère soit une épouse et ont opté pour le retour chez eux.

Pour notre part, nos hôtes ont refusé catégoriquement de nous libérer. Les proches parents s’affairent à droite et à gauche. Aux environs de 19h, nous nous retrouvons dans une ambiance digne d’un mariage. La grande salle des hôtes était bandée de monde. Une fois les gens bien installés, les petites tables basses, chargées de couscous, de chorba et de salade commençaient à tomber du ciel. La célérité avec laquelle le service a été accompli laisse supposer que la demeure a l’habitude de recevoir du monde.

En clair, nous étions dans l’Algérie profonde pour qui la générosité n’est pas un simple slogan vide de contenu. Quelques temps avant la pose du repas, le frère aîné de Houari racontait une anecdote. Quand il a été surpris par un colonel de l’armée française, en compagnie de militants de la cause nationale, entrain de confectionner à la va-vite des drapeaux pour célébrer la proclamation de l’Indépendance nationale. «J’ai rien vu» dira l’officier de l’armée coloniale, rapporte le frère aîné. «Je n’ai pas envie de rentrer dans un cercueil» ajouta-t-il, selon le narrateur.

Le repas s’est terminé par une imploration. On pria Dieu de protéger les Boukhorss sans oublier la mère patrie. Le sentiment d’un danger guettant le pays était diffus au sein de cette assemblée. Nous décidâmes de nous retirer, avec un burnous en cadeau, offert par un des frères d’Houari. Un autre signe de générosité de cette famille projetée au devant de la scène à son insu.

Houari, qui a découvert les affres de l’incarcération, a été réhabilité, lui et toute sa famille. Et de quelle manière. Une manière subtile et humaine de récuser la perquisition musclée par les éléments de la Gendarmerie Nationale des trois demeures où les Boukhorss coulent leur vie tranquille.

  • Par ZIAD Salah

 

 

Sidi El Houari et sa Casbah au menu de la réunion de la commission de l’UNESCO

dans Actualités/Arts & Culture

 

Profitant de la réunion de la commission nationale de l’UNESCO, tenue samedi dernier, Kouider Metayer, président de l’association Bel Horizon et un des principaux signataires de la déclaration citoyenne d’Oran, a saisi l’occasion pour exposer le cas du quartier Sidi El Houari sous la menace des bulldozers depuis quelques semaines.

Dans son exposé devant une assistance représentant plusieurs ministères, dont celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la culture, Kouider Metayer n’a pas manqué de rappeler la mobilisation de la société civile oranaise et la lettre ouverte adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Mourad Bouteflika, directeur du Patrimoine et représentant du ministère de la Culture à cette réunion a donné son accord pour l’entame des fouilles archéologiques au niveau de la Casbah. Pour sa part, le représentant du ministère de l’Enseignement Supérieur s’est engagé devant l’assistance à financer un tel projet.

Dans ses développements, l’émissaire des «défenseurs du quartier Sidi El Houari» a souligné que la Casbah, plus vieille que celle d’Alger, est le noyau de la ville, puisque érigée aux débuts au 10 siècle.

De ce fait, elle a vu défiler toutes les dynasties arabo-berbères qui se sont installées à Oran : les Ommeyades, les Fatimides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides et les Zyanides.

Or, de toute cette succession, peu de traces nous sont parvenus, expliquera t-il. Ce qui rend l’entreprise de fouilles archéologiques urgentes et incontournables pour le recouvrement d’un pan important de l’histoire de la ville et de la région, soulignera-t-il.

Signalons que la nécessité d’engager des fouilles figure parmi les revendications contenues dans la lettre adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Par ailleurs, nous apprenons qu’au courant de ce mois, une délégation des signataires de cette missive sera reçue au niveau du ministère de la Culture pour discuter les autres points figurant dans la lettre en question.

Sur un autre plan, le SG de la wilaya d’Oran, sur instruction du wali, a effectué hier une sortie à Sidi El Houari en compagnie d’une délégation d’architectes et signataires de la déclaration. Le SG qui assure actuellement l’interim du wali en son absence a eu droit à d’amples explications sur les enjeux de préservation de ce quartier historique et a constaté de visu l’ampleur des massacres causés par les bulldozers.

Aussi, des contacts sont engagés avec les habitants de Sidi El Houari qui refusent de quitter leurs demeures. Ils doivent saisirent dans les jours à venir les différentes autorités du pays dans l’espoir de sauver ce qui reste à sauver de cet emblématique quartier dont le nom va de pair avec celui de la ville et qui est grandement convoitée par les spéculateurs du foncier urbain.

  • Par Z/S

 

 

Chakb Khellil l’amerloque se démarque d’Ouyahia le caméléon

dans Actualités

 

Chakib Khellil, engagé dans une précampagne ( ???), est revenu dans sa conférence donnée à la salle Wahran de l’hôtel Le Méridien sur son désaccord avec Ouyahia, le premier ministre, concernant le recours à l’impression des billets de banque. Pour lui, cette mesure ne peut qu’accentuer l’inflation qui sanctionnera en premier lieu les couches précarisées. Il se dit partisan de l’encouragement des investissements étrangers comme panacée pouvant permettre à l’Algérie de dépasser sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

Après avoir dressé «le cadre actuel» de l’économie nationale, marqué par le tarissement des recettes pétrolières et la chute des investissements, l’ex homme fort du régime de Bouteflika lors de ses deux premiers mandats, estime que l’encouragement des investissements étrangers est la seule issue qui reste à la portée du pays qui refuse l’endettement extérieur en dépit de ses difficultés actuelles et à venir. Par ce, Khellil a tenu à se démarquer avec l’actuel premier ministre, lui aussi figurant sur la liste des présidentiables.

Mais l’ex-ministre de l’énergie qui compte énormément sur sa page Facebook pour se placer en tant que “sauveur” du pays, préconise l’amélioration du climat des affaires pour encourager l’engagement des investisseurs étrangers.

Parmi les mesures qu’il juge nécessaires, il parlera de la levée de l’obligation faite aux investisseurs de passer par les banques nationales pour le financement de  leurs projets. Il évoquera le manque d’informations, un déficit à combler grâce à la digitalisation des services de l’Etat et des communes et wilayas.

Il estime qu’il est désormais impératif d’encourager l’enseignement de l’anglais, langue des affaires que parle aussi bien le chinois, l’hindou ou le turc. Il soulignera que l’absence d’une bourse est prise comme indicateur sur la qualité du climat des affaires en Algérie.

Avec l’actuel premier ministre, Chakib Khellil est en phase quant à la révision des subventions des produits et services de large consommation. Il est tout bonnement pour leur suppression et leur remplacement par des aides aux catégories sociales nécessiteuses à identifier au préalable.

Pour endiguer l’informel, il se dit partisan de l’émission de nouveaux billets de banque, ce qui permettra la bancarisation des masses d’argent circulant dans la sphère échappant à tout contrôle de l’Etat et du fisc notamment.

La proposition a été sur la table durant l’intermède de Tebboune et a été rejetée dès l’arrivée d’Ouyahia aux affaires sous la pression des mêmes milieux qui ont sabordé le projet de l’impôt sur la fortune. Khellil plaide pour une ouverture sur l’Afrique et de développer le sud du pays et qui deviendrait la rampe de lancement pour acquérir un marché d’un milliard de personnes.

L’hôte de la CCIO (Chambre de Commerce et Industrie de l’Oranie) organisatrice de la rencontre a laissé transparaître son américanisme désuet. A peine s’il se rappelle l’existence d’un secteur public en Algérie lui qui a dirigé la Sonatrach et la Sonelgaz, les premiers employeurs en Algérie. Sa préoccupation demeure les investisseurs et étrangers de surcroît.

Interrogé sur l’indépendance de la Justice, il ne relève que la dimension des ressources humaines dans ce secteur. Son discours évacue toute dimension sociale, anthropologique ou politique de la crise économique et financière que traverse le pays. Khellil est bien un pur laine de l’école américaine……qui n’hésite pas de recourir aux massacres des populations pour l’acquisition d’un marché.

  • Par Halim Seghir

 

Que cache la cacophonie des acteurs de second plan ?

dans Actualités

Seddik Chihab, porte parole du RND, à dessein sans doute, cherche à prolonger la polémique provoquée par l’intervention de Noureddine Boukrouh, ex-ministre du commerce et ex-leader du PRA. Ce dernier, en polémiste rompu et disposant d’une tribune décide, de répliquer en usant de ses formules au fiel. Dans la foulée, la place de l’armée dans le système politique algérien, à venir notamment, est relégué au second plan cédant la place aux accusations et contre accusations.

Ce qui a constitué l’événement médiatique durant une dizaine de jours, en faisant sortir Gaïd Salah, le chef d’Etat major de sa réserve, est entrain de s’émousser et prendre une autre tournure à cause de l’intervention de ceux qui s’adjugent le rôle de sous-traitant pour le compte d’une institution.

De son côté Ghoulamallah, l’ex-ministre des Affaires Religieuses et membre lui aussi du RND, s’est immiscé dans la polémique conséquente à la suppression de la «bessmala» des manuels scolaires. Un sujet dont raffolent les anti-Benghabrit, spécialistes des faux débats et une certaine presse.

En prenant tout le monde à contre courant, pour un ancien ministre du culte, Ghoulamalah s’expose à la vindicte de ceux qui se considèrent gardiens du temple.

Pendant ce temps là, à Oran, seconde ville du pays, réputée pour être un havre de paix, notamment durant la décennie de feu et de sang, deux tentatives qui pourraient être l’œuvre du terrorisme ont été déjouées en l’espace de quelques jours, si l’on croit la version officielle.

Si la vigilance des éléments de la sûreté a quelque chose de rassurant, le court laps de temps séparant ces deux faits (divers pour certains) a de quoi provoquer une psychose au niveau d’une population fragilisée par ses déboires avec les dépenses de l’aïd et de la rentrée scolaire.

Par ailleurs, les révélations, distillées à dose homéopathique par des gorges profondes, sur la collusion de l’ex-premier ministre Tebboune avec une puissance étrangère, soulèvent au moins la question des sources de ces fuites.

Cette cacophonie précède de quelques jours l’intervention d’Ouyahia qui doit présenter son programme devant les députés. L’actuel premier ministre, devenu volubile après un long silence qu’il s’est imposé, ne rate pas une occasion pour préparer le peuple algérien à une période de vaches maigres.

Ce qui laisse supposer qu’il doit annoncer des mesures draconiennes et des coupes budgétaires présageant la fin de la politique du soutien des prix des produits de large consommation et de première nécessité. Pour ce, Ouyahia, selon des informations rapportées par un média, doit présenter un bilan depuis 1999, c’est-à-dire depuis l’arrivée de Bouteflika à la tête de l’Etat algérien. Le choix de la «diachronie» vise en fait à culpabiliser les citoyens, déjà sommés par «l’homme des miracles» à «retrousser leurs manches pour sauver le pays».

Il alignera des chiffres sur le nombre de réalisation d’écoles, de logements, de centres de soins,……Mais nous doutons que celui qui se réclame de la maîtrise des dossiers pipera un mot sur le montant des crédits bancaires accordés à ses amis désormais désignés par les oligarques. On doute aussi qu’il effleurera la question du taux du recouvrent des crédits bancaires dont ont bénéficié les Haddad, Benamor, et consorts…..

Cependant, reconnaissons que la question des soutiens des prix, posées depuis plus d’une décade, devient urgente à discuter. Mais pas par une APN dépourvue de toute légitimité d’une part, eu égard au taux de participation lors des dernières législatives. Et dépourvue de compétences pour pouvoir aborder pareille question.

Cette cacophonie, dont les acteurs sont les seconds couteaux du régime, cherche à instaurer d’avantage d’opacité sur les tractations concernant la nouvelle reconfiguration du pouvoir dans les semaines à venir. Elle est définitivement éculée la parodie d’un président, en possession de toutes ses capacités physiques et mentales, et qui contrôle le fonctionnement de l’Etat.

Il suffit de rappeler que des dizaines d’ambassadeurs attendent la validité de leurs lettres d’accréditation par une réception de la part du président de la République. Donc, dans les semaines à venir, des changements doivent être initiés, avec des départs de certains prétendants et l’arrivée aux commandes d’anciennes figures. Au moins pour préparer concrètement l’après Bouteflika……

  • Par ZIAD Salah

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