60 ans après, son école l’a accueilli à bras ouverts : Denis Martinez “l’artiste-paysan” du Tessala

dans Actualités/Arts & Culture
  • Par ZIAD Salah

Invité par un ami à séjourner quelques jours à Oran, Denis Martinez décline l’invitation parce que «c’est une grande ville». Il se sent «paysan» et fait partie de cette génération d’artistes qui s’est sentie très proche de la campagne. C’est pour cette raison que cet artiste a séjourné à la petite commune de Tessala où il a initié et participé avec d’autres à une expérience originale.

Avec la participation de l’Ecole des Beaux Arts de Sidi Bel Abbès que dirige Abdelkader Belkhorissat, un groupe d’étudiants de cet établissement se sont employés à réaliser des fresques murales dans certaines artères de Tessala.

L’exercice, qui s’est déroulé sous l’œil de Martinez, Belkhorissat et Hakim, a permis aux étudiants d’affronter le regard et la curiosité du public. Eux qui sont amenés un jour à dresser en plein air leur chevalet pour se lancer dans la confection de toiles.

L’exercice a permis aussi aux élèves et enfants de cette commune de voir des jeunes réaliser des peintures sur des sites choisis. Sûrement l’expérience était déjà intériorisée dans la mémoire de quelques élèves qui ont suivi, même de loin, avec intérêt les étapes de réalisation de ces fresques. Evidemment le choix de Tessala n’est pas un pur hasard.

Denis Martinez, fils d’ouvrier agricole, a vécu quelques années dans cette bourgade. L’école où il a été aux débuts des années 50 du siècle dernier est toujours en bon état mais squattée par des indus occupants. Contrairement au siège de la Gendarmerie de l’époque, totalement rasé.

Lors de son court séjour dans cette commune, le peintre a rencontré quelques uns de ses camarades de classe.

L’idée de l’expérience est née lors de la rencontre de Denis Martinez avec son ancien élève A. Belkhorissat, lui aussi originaire de Tessala. Elle n’a nécessité aucun investissement, puisque les peintres (l’encadrement) et les élèves de l’école se sont contentés des repas offerts par une cantine d’une école primaire où ils ont apporté un air de gaieté aux élèves trop curieux. Mais le simple examen des fresques qui ont embellit certains murs, des vocations se sont déclarées.

En tout cas, Denis Martinez semblait émerveillé par le travail d’un élève de première année en qui il a décelé un énorme potentiel. Parallèlement, les élèves ont découvert le fort attachement de ce peintre, natif de Marsat El Hadjaj à Oran, à la terre où il a fait ses premiers pas dans le domaine de l’apprentissage.

L’école où il a fait ses classes, à l’état d’abandon, est sortie de l’oubli et peut devenir un repère de cette commune agricole. Il suffit de rompre avec cette amnésie collective……une malédiction entretenue par l’indigence de ceux qui dirigent nos villes et campagnes.