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Société

El-Hamri se meurt…… en se reconfigurant.

dans Actualités/Reportage/Société

El Hamri, quartier dont le nom va de pair avec celui de la ville, fait sa mue, des fois à une allure effrénée, sans soulever le moindre intérêt. Conséquence entre autres des vagues de relogement de ses habitants et leur transfert dans d’autres communes du Grand Oran, le quartier connait une forte spéculation foncière. Au point qu’il a déjà changé d’apparence. Il donne l’image d’un site gagné par une forme de tumeur où des assiettes, qui recevaient auparavant des haouchs, se transforment en immeubles ou des bâtisses à plusieurs étages. Cette mutation s’effectue au détriment d’un style de vie, d’un certain nombre de métiers……et d’une histoire sociale.    

Les milliers de personnes qui traversent l’avenue Cheikh Djilali (ex Av. Yougoslavie), la plupart motorisés, probablement ne se posent pas des questions sur le devenir du mythique quartier El Hamri.

Pourtant, cette artère, qui trace la frontière entre le fief des inconditionnels du mythique MCO et la ville intra-muros, livre les prémisses sur l’avenir à court terme du quartier dont le nom va de pair avec la ville.

Sur une cinquantaine de mètres, à partir de la pharmacie Bouziane, réputée pour assurer un service de nuit, une demi-douzaine de nouvelles bâtisses ont été érigées sans qu’on leur prête attention. L’une d’entre elle est construite en verre, un matériau très en vogue depuis quelques années. Une assiette de quelques milliers de mètres carrés, barricadée par une clôture en taule portant le nom d’un promoteur immobilier dont le nom est établi à Oran et ses alentours, ne trompe pas sur sa destination. Elle est appelée à recevoir une promotion immobilière d’au moins une dizaine d’étages.

Les opérateurs publics dans le domaine du bâtiment disputent leur part sur ce nouveau réservoir du foncier. Ainsi, l’ENPI dispose elle aussi d’un terrain destiné à recevoir une cinquantaine de logements avec bureaux d’affaires.

Un peu plus loin, juste à l’entrée de la grande avenue qui traverse El Hamri de bout en bout en allant vers le stade Ahmed Zabana et qui croise l’avenue de la Yougoslavie, une grande assiette devait recevoir la plus haute tour d’Oran : un immeuble de quarante étages.

L’ex wali Zaalane, actuellement ministre des Transports, a bloqué le projet au grand soulagement des citoyens qui ne voyaient pas d’un bon œil cette démesure.

Quelques dizaines de mètres plus, d’anciens entrepôts datant de l’époque coloniale porte une inscription affirmant le caractère privé du bien et un numéro de mobile pour les éventuels acquéreurs.

L’autre avenue qui délimite le quartier au sud, c’est-à-dire du côté du stade Ahmed Zabana, connaît exactement le même phénomène : les immeubles et les constructions à plusieurs étages qui se substituent au haouch, la forme d’habitat traditionnelle qui prédominait dans ce quartier populaire.

 

Des constructions mastodontes, encore inachevées, témoignent que cette déferlante n’est qu’à ses débuts. Une grande mosquée, un café chic, un bureau d’affaires et quelques enseignes de marques étrangères ont conféré à cette artère son futur caractère commercial.

Alors qu’auparavant, elle recevait les monticules des pastèques et melons et accessoirement le vendredi le marché aux puces. Ce phénomène d’implantation de nouvelles activités est remarquable dans plusieurs endroits du quartier. Au niveau de la rue Ghardaïa, une salle de fête côtoie une station de lavage pour engins.

Ces quatre dernières années, le quartier a connu des vagues successives de relogement. Des centaines de familles hamraouies ont été réinstallées à Oued Tlellat, à Gdyel, à Chehairia, à Belgaïd et autres communes du Grand Oran. Ce qui a permis la libération de centaines et de centaines d’habitats communs, dont la plupart appartenaient à des particuliers et qui menaçaient ruine.

La plupart des locations, à des prix modiques, remontent avant l’indépendance. Une fois ces haouchs libérés, les propriétaires, le plus souvent les ayant droit, décident de raser ces habitations réalisées avec la pierre et mettent en vente les assiettes nues.

Pratiquement dans chaque rue on relève des cas illustrant cette dévitalisation d’un quartier dont les habitants étaient réputés par un style de vie, par une manière de s’habiller et par un parler très particulier. Un marchand de thé et de beignets installé au marché du quartier nous indique que «l’ancien quartier agonise. Par conséquent nous attendons le nouveau et nous doutons que nous pouvons s’y installer encore». Sollicité d’expliciter d’avantage sa pensée, il dira «c’est clair que ce sont les gens friqués qui se lancent dans la course à l’acquisition des terrains libérés».

Pour vérifier ses propos, nous avons pris contact avec un détenteur d’un numéro de téléphone affiché sur un mur. Notre interlocuteur nous assure que le carnet foncier du bien en question sera prêt dans deux semaines. Quant au mètre carré, il nous indiquera un prix pas loin de celui pratiqué dans les nouveaux quartiers de l’est de la ville où les commerces et les affaires fleurissent de jour en jour. Pourtant, l’assiette en question se trouve en plein cœur du quartier et non sur une artère principale ou commerçante.

Ce passage d’un type d’habitat à un autre ne connait pas la même allure partout dans ce quartier. Dans certains endroits, elle semble bien entamée. Dans une partie de la rue Sika, les derniers haouchs survivants font grise mine entre les bâtiments nouvellement érigés. Au niveau de la rue de Valence, pas loin de la place Soualmia, tout un pâté de constructions à plusieurs étages a été réalisé ces derniers mois, sans attirer l’attention.

On relève exactement la même chose au niveau de la rue Bougandoura donnant sur la mythique place du Sahara. Cette mutation occasionne une déperdition d’une certaine forme de sociabilité basée sur la proximité d’une part et l’identité des conditions de vie et d’existence.

Les familles se connaissant depuis des générations ont été séparées ou placées dans des logements, peut être offrant plus de commodités mais imposant l’intimité et le cloisonnement.

Aussi, cette mue se passe au détriment de certains métiers d’artisanat. A El Hamri, on ne trouve plus de dinandier. Un matelassier (qui travaille la laine pour matelas) résiste tant bien que mal à l’acharnement du temps. D’ailleurs, faute de clientèle, il prolonge sa sieste et ouvre sa petite échoppe après la prière d’Al Asr (milieu de l’après midi) nous explique-ton.

Par contre, un réparateur de vélos profite de la vague de retour de l’activité et son adoption par les jeunes comme moyen de déplacement. En dehors du marché couvert, il est impossible de tomber sur un gargotier offrant des plats traditionnels. Les marchands de pizzas et de casse croûte dit «spécial» ont victorieusement supplantés ceux qui proposaient «hrira» «haricot» et sardines grillés.

Cette mutation sociologique se déroule dans l’indifférence totale. Sans le moindre intérêt ou simple regard de l’université en tout cas. Ni les architectes, encore moins les sociologues, ne se sont donné la peine de consigner un mode d’habitat et un mode de vie qui prédominaient dans cette partie constituante de l’identité de la ville.

Quant à l’histoire que renferme les ruelles et les habitations de ce quartier typiquement arabe, elle est déjà bien ensevelie.

  • Par Ziad Salah

 

« Ne soyez pas aveugles…je le suis déjà »

dans Actualités/Société
  • Par ZIAD Salah

Par petits groupes, adossés au mur de ce qui était un refuge pour eux, ils égrènent les heures avant leur ébranlement après le muezzin d’al asr. Été comme hiver, ils se retrouvent tous les jours ouvrables de la semaine. Qu’attendent-ils ou qu’espèrent-ils au fait ? Difficile à dire, mais visiblement, entre eux ils se sentent en sécurité. D’ailleurs, c’est en couple, en se tenant la main qu’ils se quittent avec la promesse de se retrouver le lendemain.

non-voyant

Cette situation perdure depuis six ans, nous dit l’un d’eux. Chaque jour, ils partagent leur pitance : un morceau de karantika ou un bout de pain avec du petit lait le plus souvent. Leur entreprise est à l’arrêt depuis six ans. «A cause de la concurrence étrangère, notamment chinoise et turque».

Ils produisaient des balais à la main. Mais voilà «que l’économie du marché nous a mis sur la touche» nous dit l’un d’eux, rencontré sur place. On nous explique que sur le collectif de 160 travailleurs, certains ont pris leur retraite et d’autres attendent une éventuelle reprise. Quoique ce rêve s’éloigne chaque jour d’avantage.

Lors de notre échange avec un petit groupe d’entre eux, un non voyant, usant de formules très fines, laissera entendre que parmi eux certains vont jusqu’à aller mendier. «Histoire de se débrouiller de quoi se nourrir» dira-t-il.

Ce qui ne les empêche pas de faire preuve de beaucoup de dignité. Les heures de prières semblent les repères de leur journée d’attente. Tous ont bien intériorisé que les temps ont bien changé. Pour preuve, l’un d’eux nous évoquera le cas de l’ex-Sonacome, dont le siège est collé à celui de leur entreprise. «Auparavant, des fois on venait manger chez eux. A midi, la file faisait des dizaines de mètres » lance-t-il avec détachement. Ils savent que l’assiette de ce qui leur servait d’entreprise est convoitée. On nous signale la tentative de se l’approprier par la DAS (Direction des Affaires Sociales) pour en faire un «un foyer pour SDF» nous explique un de nos interlocuteurs. Ils ont eu vent qu’un promoteur a essayé de jeter son dévolu sur ce siège.

Quand on évoque ce sujet avec eux, ils se remémorent le défunt président Boumèdiène qui avait interdit aux particuliers d’investir dans la confection des balais afin de leur consacrer en exclusivité le créneau. Ils pointent du doigt ses successeurs adeptes d’une économie de marché inhumaine.

Parce que leur cas n’est pas isolé. «Ce sont les travailleurs de vingt neuf entreprises du même genre, à travers tout le territoire national, qui vivent exactement la même situation». Cette de wait and not see.

Oubliés de tous, ils s’accrochent à deux dates: le 3 décembre, Journée Mondiale de l’handicapé et le 14 Octobre, leur Journée Nationale. Deux occasions où on se souvient de leur existence qu’on soulève au niveau de la presse, notamment publique. Sinon, ils se suffisent à eux même. Ils semblent dire que leur avenir est derrière eux.

Mais certains d’entre eux caressent toujours le rêve de revenir à leur atelier. Dans ce cadre, le président de l’Association nationale des handicapés nous affirme qu’il y a une possibilité de financement avec l’ONG Handicap International. Le dossier est presque ficelé, nous affirme-t-il. «C’est un projet pilote qui concerne quatre wilayas du pays» explique-t-il.

Lors d’un entretien téléphonique, il nous affirme que le financement promis permettra la récupération d’une trentaine de travailleurs et la formation d’une trentaine de jeunes. En attendant, un magasin attenant à l’entrée principale de l’entreprise expose encore quelques balais. «Le reste du stock» nous assure celui qui le gère. Sur les étagères vides, on relève quelques bouteilles de Javel fabriqué d’une manière artisanale. Ce qui suppose que cette catégorie peut élargir la gamme des produits.

Signalons qu’ailleurs, des élans de solidarité à l’endroit de ces travailleurs commencent à se dessiner. Des jeunes se disent prêts à initier des campagnes pour inciter les ménagères à acheter les balais et produits de nettoyage confectionnés par les mains de ces non-voyants. La perspective enchante déjà….Pourvu qu’ils reviennent à la besogne.

Une nouvelle donne dans le milieu professionnel: Les étudiants-travailleurs

dans Actualités/Génération "jeunes"/Société
  • Par Ali. Hassani

Contrairement aux étudiants des décennies précédentes, ceux des années 2000, en dehors de l’université, ne bossent pas pour acheter des livres ou payer leurs études. Dans le milieu estudiantin, la donne a changé.

universite-algerienne

Quelques échantillons

Djalil a 24 ans et il est étudiant en hydraulique à l’USTO-MB. Avec ses trois camarades de promotion, il a pris en location une petite supérette. A quatre (04), ils l’occupent depuis bientôt trois (03) ans. Ils se partagent les frais et les gains et s’entendent à merveille. Ils ont réussi à monter leur propre commerce dans une cité AADL d’Oran.

Haoua a 22 ans et travaille comme commerciale dans une agence qui fait du porte à porte. Elle travaille presque tous les jours et dans différents quartiers proposant divers produits allant des détergents aux cosmétiques. Elle bénéficie d’un salaire fixe et d’un bonus variable en fonction des quantités vendues. Pour Haoua, le travail signifie épanouissement et autonomie, mais cela lui permet aussi de payer une partie des frais de ses études dans un institut privé où cela peut coûter jusqu’à 200.000 DA annuellement.

Nabil et Amine, tous les deux issus de familles aisées, travaillent «pour l’avenir». Ils font (dans) tout ou presque: agents d’accueil, animateurs de stands, agents de transport…Ils touchent à tout pour gagner de l’argent et cela se fait forcément aux dépends de leurs études, pour lesquelles, ils n’affichent pas grand intérêt. Sûrs d’obtenir leurs diplômes, les deux jeunes, presque inséparables, passent plus de temps à explorer et faire exploser leur créativité qu’à suivre les cours à la faculté, dans laquelle ils sont inscrits.

Halima, 21 ans, a suivi une courte formation en infographie qui lui a permis d’être recrutée, pour des projets au sein d’une agence de publicité. En deuxième année universitaire, elle s’engage souvent pour des périodes allant de trois jours à une semaine pour finaliser un projet de conception d’un support allant d’un flyer à un dépliant.

Samir, étudiant en mastère, s’est carrément lancé dans son propre business. Il a monté une agence de développement de sites web. Ayant «recruté» deux techniciens, Samir est un véritable manager : négociateur averti, concepteur créatif et gestionnaire visionnaire, il a déjà à son compte, et comme clients, une bonne dizaine d’entreprises, des TPE et des PME exclusivement.

Safia, 23 ans, travaille chez un pâtissier. Elle est serveuse, une semaine sur deux, de 11 h à 17 h. Le reste de son temps, Safia le passe à la fac, où elle suit ses cours et travaux dirigés dans la spécialité et l’histoire. La jeune fille est également résidente dans une cité universitaire à Oran alors que toute sa famille se trouve à Relizane. Pour Safia «travailler lui permet de gagner quelques sous, acheter des fringues et bien manger», car à la cité universitaire, «la bouffe est souvent infecte et les filles sont obligées de manger dehors

Des conséquences plus dévastatrices

Ce sont là, quelques échantillons représentatifs de la nouvelle vague d’étudiants-travailleurs.

Il est important de mentionner les remarques suivantes, pour cette tranche qui représente un taux assez élevé parmi la communauté estudiantine:

  • Travailler, c’est important pour retrouver autonomie et épanouissement.
  • Les études ne constituent pas forcément une priorité absolue.
  • L’argent gagné ne sert pas forcément à financer les études sauf pour ceux et celles inscrits pour des études privées.
  • Rares sont les étudiants qui travaillent en tant que saisonniers. Ainsi, travailler c’est toute l’année ou presque.
  • Aucun domaine n’est exclu et tous les secteurs sont investis par ces jeunes de moins de 25 ans.

Au niveau des entreprises, ou de ce qui en reste, ces jeunes constituent la nouvelle génération, considérée par les experts et spécialistes des Ressources Humaines (RH) comme étant la «génération Z». Elle vient dans le prolongement de l’autre génération appelée «génération Y».

Au niveau de l’entreprise, il est clair maintenant et plus que jamais que la sonnette d’alarme est tirée, et cela a été fait depuis quelques années déjà par Jean Marie Peretti, considéré comme le père des RH, dans l’entreprise, au niveau mondial.

Oui, la sonnette d’alarme est tirée et il est «très» urgent de revoir et reconsidérer toute la science des RH, afin qu’elle puisse répondre aux besoins et aspirations des nouvelles générations, Y et Z. C’est à travers les séminaires et les rencontres que les consultants s’affolent et attirent l’attention sur la nécessité de revoir «les règles de base et les méthodes de travail au sein des entreprises, car les générations, Y puis Z, ne reconnaissent plus, dans la pratique quotidienne, ces règles qui ont tendance à stagner depuis…1985 déjà.»A ce rythme, l’entreprise, connue en tant que telle (dans un sens organisationnel et relationnel) risque de disparaître.

En Algérie, en particulier, l’entreprise s’efface de plus en plus, laissant la place à une forme plus réduite (d’un point de vue organisationnel) et plus compliquée (d’un point de vue relationnel). Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à constater puis analyser les dégâts causés par les nouvelles formules d’insertion professionnelle des jeunes, ANSEJ et autres. Ces formules ont certes permis de créer les TPE (très petites entreprises) avec toutes les conséquences sociales comme la disparition de toute revendication socioprofessionnelle, par l’avortement des tentatives de création des corporations (et nous ne pouvons même pas parler de syndicats).

Ajoutons à ce constat, le fait que les patrons des entreprises, même des TPE, ont tendance à recruter des jeunes (encore) étudiants pour des salaires réduits que des employés qu’ils devront assurer. Cette pratique est très connue et dans plusieurs domaines, dont particulièrement le journalisme, le commercial et l’événementiel, créant ainsi une règle générale appelée la précarité de l’emploi.

Ces idoles que nos jeunes imaginent : Changement de valeurs, changement de modèles.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Société
  • Par H. I. M.

Le modèle à suivre, ou l’idole, pour les jeunes algériens, est en train de basculer. Cette translation de l’image idéale à prendre comme référence dans la vie marque un manquement ou un changement dans le système des valeurs sociales principalement. Le point.

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Le système des valeurs

Connues et définies pour être «l’ensemble des critères qui permettent de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais», les valeurs humaines sont classées selon une échelle. Ainsi, nous parlons souvent de l’échelle des valeurs et cela suppose qu’une hiérarchisation existe selon notre personnalité, notre culture et notre système social et environnement naturel. Bien sûr, l’échelle des valeurs individuelles s’inscrit entièrement ou partiellement dans un système de valeurs sociales, lesquelles influencent nos comportements et nos attitudes ; chaque valeur admet une contre-valeur.

En Algérie, même si les études et les recherches demeurent très (ou trop) limitées dans le domaine des systèmes de valeurs (deux universités ont initié quelques études: celles de Bejaia et de Constantine), nous nous référons aux différentes vertus et divers principes qui ont régi les périodes et les décennies.

Les valeurs sont évolutives

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La décennie qui a précédé l’indépendance, incluant les années de la guerre de libération, le mot d’ordre, socialement parlant, n’avait d’autre valeur que celle liée à la liberté et à la lutte. Socialement, des valeurs dites traditionnelles ont subsisté comme ligne de conduite de la société algérienne. On en cite des valeurs comme la patience, la foi et le destin.

Durant les années 1960, et une grande partie de la décennie suivante (1970), d’autres valeurs sont apparues avec des principes et idéaux comme le socialisme et la solidarité.

Au début des années 1980, l’autonomie et le désir ont marqué notre système de valeurs, pour laisser place, ensuite, durant les années 1990, à un système hybride marqué par la disparité des valeurs. On peut parler de la religion, de l’argent et du respect en même temps et chez la même personne. Notre société qui souffrait d’une clarté dans la vision et d’une unification de discours, ne pouvait pas offrir une échelle de référence en matière de valeurs.

C’est avec le début du 3ème millénaire, que l’évolution des valeurs a pris une tournure basée sur tout ce qui est extérieur comme l’argent et le désir, et physique comme la santé et l’esthétique, mais aussi la science.

Valeurs et Modèles

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Logiquement et presque automatiquement, et dans l’imaginaire populaire, tout système et toute échelle de valeurs, créent des modèles. Pour illustrer cela, nous citons l’adolescent qui, autour de lui, s’appuie sur des modèles qu’il associe inconsciemment, à un système de valeurs qu’il crée dans son subconscient. Le père, la mère, le grand-père, l’oncle et la grande sœur, constituent ces idoles et modèles à suivre, à imiter le cas échéant, car ils et elles représentent des valeurs comme l’amour, le travail, la rigueur ou la piété.

Parallèlement donc aux décennies des valeurs, des modèles, représentés par des hommes et des  femmes, sont créés. A l’Emir Abdelkader, l’Emir Khaled, Messali Hadj et Ben Badis, des héros de la révolution comme Larbi Ben M’hidi et Mourad Didouche, ont constitué des modèles «fiables et crédibles» aux jeunes des années 1960.

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Aux noms algériens, des progressistes et révolutionnaires connus dans le monde, ont fait partie des idoles durant les années 1970. Nous en citons Lénine, Lumumba, Gandhi et le Ché.

La décennie 1980, a eu son lot de noms d’idoles, chez une jeunesse algérienne, à la recherche de ses repères après la grande désillusion des trois révolutions. Dans la «short list» on va remarquer l’apparition, presque choquante et inattendue, de Boumediène aux côtés de Djamel Eddine Al Afghani. Aussi contradictoire que variée, la liste des idoles, durant les années 1990, va s’éparpiller en incluant des noms de plusieurs domaines et secteurs.

A Hassan Al Banna, on pouvait associer facilement, Hasni et Belloumi.

Les scientifiques feront leur entrée aussi impressionnante qu’intéressante des le début des années 2000 avec des noms comme Einstein et Marie Curie. On retrouve ces mêmes noms avec Bill Gates et M. Jackson, partageant le haut du classement avec d’autres, moins connus et dont la participation à l’édifice humanitaire n’a rien de glorieux, comme Messi, Ronaldo et…Belaili.

Aux valeurs extérieures, des modèles éphémères

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On ne peut pas ignorer le lien fort entre la valeur, son importance et le modèle choisi ou sélectionné. Selon cette même règle, à une valeur extérieure comme l’argent, ou physique comme l’esthétique, on ne peut associer que des modèles à moindre importance, le plus souvent éphémère et sans valeur ajoutée socialement ou culturellement.

Le phénomène actuel inscrit dans son registre Belaili et Mohamed Benchennet comme modèles réels pour nos jeunes. Ce même phénomène est généralement qualifié de «perte de repères», le plus souvent.

A ce pôle, s’oppose un autre qui s’appuie sur des modèles comme Omar Ben Al Khattab et Abou Baker Esseddiq. Il est donc clair, de retrouver le religieux et le spirituel pour contrer l’extérieur et le physique, dans une échelle de valeurs qui serait à redéfinir à partir d’un ensemble de besoins et/ou contre-valeurs.

Des modèles construits

Historiquement, il est connu que les valeurs humaines, extérieures et physiques, se sont confondues aux valeurs commerciales, appelées aussi de marketing. Ce concept est plus connu depuis l’avènement des modèles de showbiz, de football et de l chanson, par exemple. Ceci est également connu pour l’échantillon MARADONA et le montage en toutes pièces, d’un modèle à trois ingrédients: Un don naturel, des scandales immoraux et de la médiatisation. L’argent coulera à flot, certainement.

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