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Reportage

Du « Generalife » à « Djanatu al Arif » ou… l’Andalousie retrouvée

dans Actualités/Arts & Culture/Environnement/Patrimoine/Reportage
 
Par SLAMA. Samir
Il n’y a pas, de nos jours, une contrée dans le monde arabe, ou un lieu quel-qu’il soit, restaurant, hôtel, café, bains, jardin et même piscine qui ne porte pas un nom en rapport avec «Al-Andalous.» Au Maghreb, plus que partout ailleurs, le mythe d’Al-Andalous fait, indéniablement, encore rêver. Peut être à cause du souvenir d’une époque heureuse de la culture arabo-musulmane, ou peut être parce qu’elle est le symbole d’une splendeur perdue, mais dont on garde jalousement le souvenir. Le nom même incarne à ce jour le paradis perdu. Concept que nous devons au prince druze libanais Chakib Arslan qui sera le premier à évoquer «Al Firdaws Al-Mafqoud».
Photo de Karim Tedjani

Du « Firdaws al Mafqud » au « Firdaws al Maw’ud »

Par la grâce de la Fondation Méditerranéenne du Développement Durable, la ville de Mostaganem a, aujourd’hui, sa part d’Andalousie, puisque le siège et le nom que porte cette fondation est celui  que le poète Zamark a nommé le «trône de Grenade» Janatou al Arif, à la beauté proverbiale et qui, latinisé, sera plus connu sous l’appellation du « Généralife ».
Le choix de donner un nom aussi lourd à cette fondation et à son jardin n’est pas sans signifier, l’importance de la nature dans la pensée soufie  et notamment dans la confrérie alaoui.
Le guide spirituel et fondateur de cette confrérie, le cheikh Al-Alawi, disait «…Il faut étendre la fraternité humaine aux animaux et aux plantes…» Tout un programme, si l’on peut dire.
La démarche du cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel et Président–Fondateur de la Fondation « Djanatu al -Arif  s’inscrit dans une vision novatrice, au vu des temps qui courent et surtout des dangers qui guettent l’Islam.
Il s’agit pour cette fondation d’inscrire, à travers le développement durable, l’écologisme comme une part consistante de la croyance.
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Djanatu al-Arif serait donc cet espace jardiné ou devrait «s’exprimer» toute la Théologie Islamique de la Nature tant du point de vu scientifique que philosophique. C’est aussi  dire l’urgence de nous réconcilier avec nos racines culturelles pour qu’un jour, peut être, «Al firdaws al-Mafqud», ce paradis perdu devienne, ce que Hussein Mones, professeur d’histoire de l’Islam au Caire et  ancien directeur de l’Institut égyptien à Madrid, a appelé «Al-Andalous al-maw’ud.» (L’Andalousie retrouvée.)
Grenade, Jardin de l'Alhambra
Grenade, Jardin de l’Alhambra

L’Islam des jardins

 « Djanane al Arif »  fut sans aucun doute à cette époque, la représentation la plus réussie de ce «jardin merveilleux, dont tout musulman porte en lui la nostalgie», au dires de l’islamologue George Marçais.
Dans la civilisation musulmane, l’art du jardin n’aspire qu’à être l’image-miroir du paradis dont le Saint Coran  décrit toutes les caractéristiques. C’est probablement cela qui explique que la genèse du jardin, dans l’art islamique, est très étroitement lié à la grandeur de Dieu.
Djnatu al-Arif à Mostaganem a bien cherché, dans sa conception, à être ce paradis terrestre que rois, princes, mécènes, mystiques et humbles paysans ont cherché à reproduire aux cours des siècles, jusqu’à ce que l’acculturation occidentale vienne dénaturer leur conscience du jardin et la remplacer par la notion ….d’espace vert.
Cette recherche du jardin idéal donna naissance au « paysagisme » et permettra « d’artialisée » (excusez le jeu de mot) Bilad al-Andalous que presque tous les visiteurs célèbres ou anonymes ont eut bien du mal à décrire par la suite. Car, nous disent-ils, les mots ne suffisent pas à rendre compte de toute la beauté et la richesse de ces contrées.
L’école d’agronomie de l’Andalousie produira une riche littérature  tirée de la pratique et de l’expérimentation sur le travail de la terre, en général, et le jardin en particulier.
Le concept du «jardin royal» verra le jour à Cordoue, au 8eme siècle, sous l’impulsion du sultan Omeyyade Abd ar-Rahman Ier.
Au 10eme siècle, Ibn-Bassâl, jardinier d’Al Ma’mûnconsigne ses expériences et son savoir faire dans son traité «Livre du but et de la démonstration 
Nombreux seront les agronomes de cette école, à l’instar d’Ibn Al Awwam et son célèbre « Kitab al Filaha » qui deviendra, à partir du 18ème siècle, le livre de référence de l’agriculture européenne.
René Louis Girardin, concluait l’introduction de son célèbre traité consacré au paysage et publié en 1777 par cette superbe phrase «Ce n’est ni en architecte, ni en jardinier, c’est en poète et en peintre qu’il  faut composer des paysages, afin d’intéresser tout à la fois l’œil et l’esprit
Et c’’est là, un précepte que les poètes andalous pratiquaient avec un art consommé. Ibn Luyûn, poète grenadin se rendit célèbre par un poème ou il indiquait la disposition des choses du jardin. «On installera pour les heures de repos un kiosque qui s’ouvrira sur tous les côtés… » 
Kiosque à Janatou Al Arif. Photo De Karim Tedjani
Dans le cadre féerique de Djanatu al-Arif, le kiosque ouvert, à tout vent, domine et embrasse d’un coup d’œil l’ensemble du jardin. De l’autre coté de l’allée, un peu à l’écart, le paysagiste a prévu un « kola » nommé Dar As Salam (le lieu de paix) à la mode de Tombouctou, cette autre capitale mythique du soufisme.
Dans le cadre verdoyant du jardin, son architecture en pisé, aussi épurée soit elle, ne parait plus aussi austère que cela, d’ailleurs rien ne dit que l’ascétisme a besoin de l’âpreté du désert.
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Un peu plus loin, un autre clin d’œil aux cultures du monde, un jardin zen, tout en minéraux est là pour nous dire que dans cette Djanatu al-Arif «le vivre ensemble» n’est pas un vain mot.            

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Jardin Zen de Janatou al arif. Photo de Karim Tedjani


 Les chemins de sciences et de lumières

Si les jardins de l’Andalousie furent fermés par de hauts murs, c’est parce que, le jardin musulman ne cherche pas à provoquer la  curiosité, il tend même à l’éviter. Il n’aspire pas à être vu, mais plutôt à être «savouré» selon le bon mot de Csilla Pordany-Horvath, car il est un espace vécu et un lieu de sociabilité. Il n’a d’ailleurs que faire de cet extérieur,  puisque concrètement ou symboliquement il contient, en lui, différents lieux.
«L’ambition du jardin est de représenter dans son cadre propre et par ses ressources propres la totalité des richesses naturelles et culturelles du monde», écrivait John Dixon Hunt.
En plantant, dans le « Généralife », les végétaux que les Conquistadores ont rapporté des Amériques, les jardiniers de l’époque n’ont fait que marché, comme le dit si bien Hussein Nones, sur  « les chemins de la science et de la lumière tracés par leurs prédécesseurs ».
A Djanatu Al-Arif, on cultive cet ailleurs autant que les incompatibilités. C’est ainsi que le bougainvillier d’Amérique côtoie le dragonnier des Canaries. Le frugal arganier du Sahara voisine avec le moringa des Indes.
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 Cette concentration lui apporte la luxuriance paradisiaque et va de pair avec un mouvement de réduction des éléments constitutifs du paysage, rivière, prairie et montagne.
A Djanatu al-Arif ces éléments miniaturisés sont bien entendu présents. L’Étang et sa montagne, d’où tombe l’eau en cascade. Le grand bassin central qui murmure et la fontaine qui borde la grande allée sont là pour nous dire que l’eau est «matière de la vie.»  C’est sur elle que l’Omniprésent a crée son trône nous dit le Coran.
Connaitre le secret de l’eau, serait selon  Sitt Ayam une mystique irakienne de 13eme siècle, c’est « connaitre le secret de l’essence divine ». 
Dans le jardin  musulman, l’eau est un mince filet qui coule entre les bosquets, à l’abri des ardeurs du soleil qui pourrait l’assécher.
L’économie de l’eau fut au centre des préoccupations des hydrauliciens andalous et nous devons à Ibn Awwan la première réflexion sur la technique du goutte à goutte. 
La prodigalité des jardins, dit-on, n’a d’égale que l’avarice, doublée de crainte du jardinier andalou pour l’eau. Elle n’est pas fortuite, Massignon nous éclaire sur ce problème et nous dit «que c’est peut être parce qu’il sait que si l’eau venait à manquer, l’oasis se transformerait en désert
Cette eau qui coule, apaise l’esprit tourmenté et guide le rêveur dans des allées si étroites qu’à peine si deux personnes peuvent y marcher de front.
Dans le « Generalife », le sultan, simple créature, entrait seul et sans couronne. Ce sens, en quelque sorte, spirituel, sépare le jardin musulman du parc purement profane que le Roi Soleil a hérité des Medicis et qu’il construisit pour sa propre gloire.
Dans les jardins de l’Islam, la magnificence du lieu est volontairement éclipsée par la beauté de la végétation qui l’entoure. A Djanatu al Arif, la luxuriance de la végétation n’est pas encore tout à fait présente. En cette fin d’automne, les treilles ne sont pas encore couvertes de fleurs et de fruits. Les senteurs du jasmin et de la rose se font encore désirées.
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L’eau trop précieuse ne coule pas dans des canaux sous les bosquets mais jaillit des asperseurs, peut être à une heure fixe. Djanatu al Arif n’a certainement pas la prétention d’être le joyau d’une couronne, encore moins un trône, mais seulement une invitation à revitaliser le mythe  de «Bilad al Andalous», cette société multiraciale et multiculturelle ou le pouvoir n’était pas synonyme de tyrannie ou les régnants surent  exercer leur pouvoir de manière si suave que gouverneurs et gouvernés en firent un paradis.
Djanatu al Arif est un lieu à voir mais pas comme un touriste qui traine ses pieds derrière un guide. Djanatu al Arif est un lieu pour méditer sur l’avenir d’une civilisation prise dans la tourmente du … village planétaire.      
  
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Voyage au bout de …l’envoûtement: Destination « Moghrar Ettahtani »

dans Actualités/Reportage
  • Par Mokhtar El Hadi

La nationale 6, après Aïn Sefra, serpente entre les chainons de l’Atlas Saharien. Malgré tous les efforts de ce printemps, qui tire à sa fin, à mettre de la couleur, notamment aux bords des rares oueds qui ravinent les terres, la dominante du paysage est au minéral.

Au Coeur de l'Atlas saharien

En effet, hormis les faibles étendues de verdure, ponctuées de jujubiers sauvages, de pistachiers de l’Atlas et de vénérables oléastres, et les notes de gaieté qu’égrènent les lauriers roses, la roche règne en maîtresse.

On y voit la puissance des forces telluriques qui ont donné naissance aux reliefs, et le patient labeur de l’érosion et de la sédimentation. Les chaînons gréseux sont interrompus par des vallées et des dépressions qui forment des couloirs, où les épandages limoneux permettent quelques cultures.

La verdure, alfa et drinn notamment, est aussi présente sur les glacis où se sont accumulées quelques plaques de sable, qui, après la moindre ondée, connaît la profusion des «acheb», ces plantes adaptées au climat rude du désert…

La route, après une insensible descente, s’achemine lentement vers le Sahara et la hamada…

Arrivé à un hameau, construit autour d’un relais routier, situé à une quarantaine de kilomètres au sud d’Aïn Sefra, quittez la nationale 6 et prenez la route qui va à gauche. Laissez-vous, encore une fois, envoûter par la majesté des reliefs, sur une dizaine de kilomètres, et vous voilà arrivé à Moghrar Ettahtani, actuellement dénommé Bordj Bouamama…

Nichée dans le revers sud des Monts des Ksours, la palmeraie s’étend le long de l’oued Moghrar, à droite de la route, sur une superficie d’une quarantaine d’hectares. L’une des premières constructions, en pierres recouvertes de terre brun rouge, qui vous accueille, à l’entrée du village, est le musée, qui offre, en bordure de la route, un espace aménagé, faisant fonction de parking.

Gravures rupestres

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Sur une table, installée à l’entrée du musée, quelques bouteilles d’eau fraîche offrent leur précieux liquide au visiteur assoiffé. Abderrahmane, une des personnes qui veillent au musée, nous accueille à l’entrée et après nous avoir désaltérés, nous fait part d’un choix : visiter d’abord le musée ou aller sur le site des gravures rupestres. Pour le besoin de se dégourdir les jambes, nous optons pour les gravures rupestres.

Abderramane grimpe, avec nous, dans la voiture et nous voila en train de traverser le village. «Le chantier que vous voyez est celui de la réalisation d’une maison de jeunes. Ainsi, les touristes ne seraient pas obligés de faire des kilomètres pour trouver un gite où passer la nuit ; ils pourraient demeurer sur place, le temps qu’ils voudront», nous explique notre guide…

Quelques encablures plus loin, il nous demande de nous arrêter au pied d’une élévation. Nous descendons alors de voiture et nous entreprenons de grimper, faisant attention aux accidents de terrain et aux nombreux espaces qui séparent les rochers.

La roche est grillée, présentant une croûte noire au-dessus de sa couleur ocre. Arrivé au sommet du promontoire, Abderrahmane nous guide jusqu’à un endroit, naguère grillagé. Sur les rochers brûlés par le soleil, de belles gravures racontent les histoires de nos lointains ancêtres.

Depuis, le grillage a disparu et ne restent que les traces des piquets qui le retenaient. «Parce que beaucoup de gravures ont été mutilés, cette clôture avait été installée pour préserver ce qui demeure encore de ces lointains témoignages du passé. Venez voir, juste ici et regardez ce qui reste de ces gravures».

En effet, sur des rochers pas très éloignés, on constate les ravages causés. Il ne reste quasiment rien des grandes et belles gravures, juste une tête d’animal par ci, ou une portion de silhouette humaine par là.

«Malheureusement, le grillage n’a pas duré et, si on n’y veille pas, il y aura encore quelques petits malins ou quelques insouciants qui viendront dévaster ces trésors».

De ce site, une vue plongeante sur l’oasis s’offre au visiteur. Le large lit sinueux de l’oued expose sable et rochers polis par les éléments et file paresseusement en bordure de la palmeraie ; immense tache verte nichée au cœur d’une plus grande immensité de roche.

«Plus loin, mais il faut encore beaucoup marcher, il existe d’autres gravures», nous déclare Abderrahmane. Ce sera pour une prochaine fois ! Et nous voila en route pour le musée.

Musée

Jarre

De retour, Abderrahmane nous invite à le suivre dans les nombreuses salles du rez-de-chaussée, qui s’ouvrent tout autour du puits de lumière central. Accrochées aux murs, déposées sur des tables ou encore entreposées dans des présentoirs vitrés, les pièces des diverses collections exposent leur richesse.

Durant la visite, Abderrahmane commente, faisant preuve d’une très bonne connaissance de son sujet, et s’ingénie à répondre à nos questions.

«C’est d’ici qu’est parti le combat de Bouamama contre la pénétration coloniale. Mettant fin aux divergences tribales de son époque, il constitua, ici, sa base militaire. De 1881 à 1908, date de son décès, il a mené la vie dure aux troupes françaises, à travers de grandes batailles et occasionnant de grandes pertes à l’ennemi. Comme vous pouvez le constater, nous lui réservons une grande place dans ce musée».

En effet, accrochés aux murs, divers documents (portraits du cheikh et de quelques-uns de ses compagnons, carte du parcours de son combat, illustrations et écrits) racontent cette épopée de la résistance algérienne…

Des collections entreposées dans d’autres salles nous amènent encore plus loin dans le passé, ces temps reculés où l’homme en était encore à ses premiers balbutiements.

Le long des murs, des présentoirs exposent des exemplaires des premiers outils que l’homme a façonnés. Du simple galet aménagé aux fines pointes de flèches, en passant par le grossier biface, toute la préhistoire se retrouve ici, racontée par l’évolution des outils. En fin de ce parcours, on retombe sur les premiers objets d’apparat et poteries.

Lignes Challe et Morice

Précédés de notre guide, nous entrons dans une grande salle qui fait la part belle à la guerre d’indépendance. On y retrouve une représentation des lignes Morice et Challe, avec leurs diverses catégories de mines, des barbelés électrifiés, des éclats d’obus, d’anciens pistolets rouillés, les premiers drapeaux, confectionnés à la main, et une longue liste de martyrs

Au coin d’un des couloirs, réservés à la géologie et aux fossiles, des morceaux d’arbres pétrifiés, posés à même le sol, attirent le regard…

Notre circuit nous mène ensuite dans une aile réservé à l’ethnologie. On y découvre les instruments et ustensiles dont se servaient les ancêtres dans leur vie quotidienne, principalement dans les activités agricoles et ménagères. De grandes jarres y sont alignées et Abderrahmène nous révèle leur utilisation. «Ces jarres permettaient de conserver de l’eau mais aussi le miel et le beurre. Sentez cette odeur de beurre qui y demeure encore ! Celle que vous voyez là-bas servait à conserver les dattes».

Au sol, un large bât : «dans notre langue amazighe, on l’appelle ezzembil». Décidément en verve, Abderrahmène nous montre, accrochées au mur, les grappes des différentes catégories de dattes que l’on cultive dans la palmeraie et cette photo qui montre un insolite palmier à deux troncs…

Nous grimpons ensuite eux étages, pour nous retrouver sur les toits du musée qui jouit d’un excellent panorama sur, d’un côté, les ruines du Ksar et de l’autre, la palmeraie. «Les salles du premier étage sont encore disponibles pour accueillir d’autres collections. Il faut dire que le musée évolue, au fur et à mesure des découvertes que nous faisons sur le territoire de la zone. Tout ce que vous avez vu a été ramassé par des citoyens. Mon grand frère est pour beaucoup dans la constitution et la classification des pièces. Il ne cesse, à bord de sa mobylette de parcourir le terrain, à la recherche des trésors archéologiques que recèle la région»…

Il nous révèle que l’association de jeunes qui a pris en charge la constitution et la gestion du musée ambitionne de dédier la grande maison, récemment restaurée, juste à côté du musée, à la réception d’hôte. «Moghrar manque de structures d’accueil, ce qui est un frein au développement de l’activité touristique. Les gens sont obligés de partir d’ici le jour même de la visite. Souvent, ils renoncent, la mort dans l’âme, à poursuivre la visite ou à se lancer dans une randonnée sur les bords de l’oued».

Nous suivons notre guide qui nous mène à l’extérieur du musée. «Avant de visiter la palmeraie, j’aimerais vous montrer une des sources qui alimentent l’oued», nous explique-t-il, nous dirigeant vers une petite construction.

A l’intérieur, nous prenons des escaliers pour descendre au sous-sol. Heureusement qu’il nous précédait et qu’il nous a arrêtés avant que l’on mette les pieds dans l’eau qui submerge la dernière marche. Quelle fraîcheur !

Dans le bassin qui recueille les eaux de la source, vivent des poissons multicolores, qui remontent vers la surface quand on leur lance de la nourriture ou de simples petits cailloux…

Palmeraie

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Nous traversons la route et nous voila sur les sentiers qui parcourent la palmeraie. Un petit paradis de fraîcheur et de verdure. «Les cultures de la palmeraie sont organisées en trois étages. Le premier, le plus haut, est celui des palmiers, le second, celui des arbres fruitiers et, au sol, les cultures maraîchères», explique Abderrahmène.

En effet, et juste sous les palmiers s’épanouissent quelques arbres fruitiers, dont les branches ploient sur le poids des fruits. Avec la saison, les abricots dominent, suivis par les prunes, alors que les pommes en sont encore à l’étape de tous petits fruits verts. La vigne est également au rendez-vous et offre au regard de belles et jeunes grappes, alors que le vert des grenadiers s’illumine de fleurs rouge vif.

Les propriétés sont délimitées par des murs en terre, que la dernière crue de 2008 a sérieusement ébranlés. La palmeraie est parcourue de multiples canaux d’irrigation, bien entretenus.

Après avoir cheminé longuement dans l’enchevêtrement des sentiers, nous abordons, en fin de parcours, le lit de l’oued, parsemé d’étendues d’eau. Abderrahmène nous invite à monter sur l’un des longs rochers plats qui émergent du sable. Au bord d’une mare, nous apercevons une multitude de poissons. «Si on suit le lit de l’oued, sur plus d’un kilomètre, nous serons au pied d’autres gravures rupestres». Pris par le temps, nous lui promettons de revenir prochainement pour une longue randonnée le long de l’oued…

 

Ouverture des plis pour l’enlèvement des ordures ménagères : « Zitna Fi Bitna » au royaume…. d’Es-Senia

dans Actualités/Economie/Reportage
  • Par S. Slama

Code des marchés publi

 

La commune d’Es-Senia a décidé pour la énième fois d’annuler une consultation restreinte relative à l’enlèvement des ordures ménagères. La raison officielle invoquée, cette fois ci, est que la consultation a été infructueuse. Pourtant lors de l’ouverture des plis qui a eu lieu le 4 janvier dernier, à laquelle ont participé 4 soumissionnaires, on a compté pas moins de 22 offres.

 

Le plus étrange dans tout cela est le silence de la tutelle, qui, semble-t-il, n’a pas cherché à comprendre les raisons de cette annulation alors que théoriquement, du moins la commission d’ouverture des plis, présidée dans le cas de la municipalité d’Es-Senia par un juriste, se devait d’établir et de transmettre à la tutelle un procès verbal «d’infructuosité» signé par les membres de la commission. La véritable raison de cette annulation de la consultation est donc ailleurs.

En réalité, les soumissionnaires «attendus» ont été écarté par des offres moins «  »disantes », émanant d’entreprises issue du secteur social. Les soumissionnaires qui se sont fait doublés sont, bien entendu, triés sur le volet et constituent, pour l’essentiel d’entre eux, la «progéniture» et les parents par alliance d’élus locaux et nationaux. Ce qui est théoriquement interdit, notamment par le chapitre 6 du code des marchés publics.

Pour contourner ce fameux chapitre et pouvoir pomper l’argent public en toute impunité, il ne faut pas grand-chose. En ce sens, la «faille» a vite été comblée par un nouveau système qui a été mis en place sur une assez grande échelle.

C’est ainsi que les entreprises appartenant aux responsables de la commune «X» sont favorisées et protégées par les élus de la commune «Y» qui, en contrepartie, voient les responsables de la commune «X» chouchoutés à leurs tour les entreprises de leurs collèges. «Zitna fi bitna» comme dirait l’adage populaire. Ce système permet de contourner allégrement toute la section 6 du code des marchés publics qui porte pompeusement l’intitulé «La lutte contre la corruption

Pour la nouvelle consultation en cours au niveau de la municipalité d’Es-Senia, selon le témoignage de concessionnaires, la délivrance du cahier de charge n’est plus du ressort du service des marchés, c’est désormais monsieur le maire en personne qui s’en charge et bien entendu consulte qui il veut.

Ce qui est en flagrante contradiction avec l’article 44 du code des marchés publics qui invite monsieur le maire à consulter dument tout les soumissionnaires qui ont répondu à l’appel d’offre précédent.

La commune d’Es-Senia, s’est donc érigée, aujourd’hui, en royaume ou plutôt (selon le bon mot du regretté Si Abdelkader Safir) en «république des copains et des coquins», elle ne serait d’ailleurs pas la seule commune dans cette daïra.

 

http://www.oranais.com//actualites/suspecte-davoir-trompe-dans-un-trafic-de-cartes-grises-le-s-g-de-la-mairie-des-senia-suspendu.htm

 

Cette affaire de collecte des ordures semble être le énième «filon» que se sont octroyés des barons locaux pour pomper l’argent public.

Pas moins de 10 lots sont désormais proposés à la concession d’entreprises privées dans la seule commune d’Es-Senia, qui possède pourtant son propre service de nettoiement.

Bien entendu certains lots sont plus courus que d’autres à l’instar des lots qui comptent des campus universitaires et ne fonctionnent à plein régime que 9 mois sur 12.

La cible des les élus locaux

 

Bien entendu les entreprises envoyées à la trappe sont les entreprises agrées par l’ANSEJ, la CNAC et l’ANGEM, pourtant l’article 55 du code des marchés publics leur accorde la préférence.

Un jeune entrepreneur, qui est sur le terrain depuis 2008, et qui vient d’être tout bonnement écarté connait bien les rouages de cette affaire qui commence en réalité en décembre 2012.

La veille des élections municipales. Le secrétaire général décide, dans l’urgence, de garder les concessionnaires en place et de prolonger la convention jusqu’aux élections qui auront lieu durant le premier trimestre 2013.Evidemment, il n’y a pas de contrat pour l’instant, les concessionnaires seront régularisés plus tard lorsque la nouvelle équipe sera installée. Sauf que celle-ci à d’autres ambitions que l’intérêt public. Elle décide donc d’écarter les entreprises qui n’appartiennent pas au «cercle familial».

Le procédé utilisé est simple. Désormais c’est en fonction du tonnage de déchets ramassés que les concessionnaires seront payés. Cela écartera automatiquement les micro-entreprises qui ne trouvent plus leurs comptes notamment celles à qui échoient les campus universitaires.

Cette procédure ne durera que 6 mois, juste à la veuille des vacances scolaires et universitaires, la municipalité décide de revenir au système forfaitaire avec un nouveau forfait supérieur au 10.000 Da / jour que percevaient les micro-entreprises, avec en prime un minimum de services nous dira un fin connaisseur du système. C’est donc du «tout bénéf» pour les entreprises minutieusement choisies.

Quand aux entreprises qui ont travaillé durant la phase des élections, c’est-à-dire de janvier à la mi-avril 2013, elles ne seront régularisées qu’en novembre de la même année par un ordre de service qui n’a rien avoir avec la convention de 2012 et l’enlèvement des ordures. Ces entreprises sont sensées avoir procédé à du… désherbage.

Pourquoi la municipalité n’a-t-elle pas appliquée l’article 15 de la convention qui prévoit sa reconduction et pourquoi donc avoir changer l’intitulé des travaux réalisés?

Il y a lieu de s’étonner de ces micmacs qui cachent forcement quelque chose et surtout pourquoi la tutelle ne s’est jamais inquiétée de cela pour ne pas dire fermer les yeux.

Certes, cette tutelle a un alibi en plomb, puisque le code des marchés publics souligne que le contrôle des commissions de marché se fait après coup et laisse donc largement le temps à tout le monde pour régulariser et aplanir les difficultés.

En septembre 2014, ces entreprises, du moins celles qui n’appartiennent pas à «la famille» et qui n’ont pas encore étés payées à ce jour, solliciteront le P /APC par courrier.

Dans leur correspondance elles «s’étonnent du traitement de faveur» accordées à deux entreprises qui ont perçu leurs dus, alors que les autres attendent depuis environ… deux ans. « C’est d’ailleurs très probablement, ces deux entreprises qui seront retenues lors de l’ouverture de plis qui aura lieu ce dimanche.» nous dira-t-on.

Aujourd’hui les entreprises écartées et qui voient l’avenir en noir ne compte plus se laisser faire et pensent donc saisir qui de droit en premier lieu, avant de s’adresser à la justice, voir nous dira t’on, directement au service de police judiciaire spécialisé dans les délits économiques.

« Bokkaa Beach »: Mot d’ordre… « quiétude »

dans Reportage/Société
  • Par Tewfik Benalloubokaa beach

 

Aménagé, il y a de cela quelques années par M. Fouad Bachir Bendahmane , »El Boukaa Beach » reste une destination très prisée par les estivants en cette saison estivale.

 

 
Cette plage « privée » aménagée au lieu dit « La Madrague » (ex-Makumba), à 3 km du chef lieu d’Ain El Turck, est assaillie par les familles oranaises et d’ailleurs, qui ont trouvé un endroit convivial où les plus grand trouvent tout ce qu’il faut pour se « lézarder » au soleil, dans un endroit qui garde toute son authenticité, tandis que les jeunes découvrent, en s’amusant avec bonheur, les différents toboggans des trois bassins. Ce plein de sensation qu’offre le propriétaire des lieux a laissé cet endroit où la clientèle se sélectionne d’elle même.

Des espaces terrasses sont aménagés avec tables et parasols pour les familles à travers tout le site au milieu d’un sublime site rocailleux. Trois bassins, à l’eau de mer, ornent Bokaa Beach; du plus petit au plus grand. Les toboggans restent une attraction très prisés par les estivants. « Je n’hésite pas à payer chaque jour cette modeste somme d’argent pour la quiétude de ma famille, accueil, propreté et sécurité sont présents dans ce lieu paradisiaque » nous révélera un algérois qui vient chaque année dans cette plage privée.

Des surveillants de baignades supervisés par le Dr Fouad en personne en plus des agents de sécurité laisse ce lieu bien spécifique dans une corniche oranaise qui a quelques peu perdu de sa splendeur d’antan. »Je supervise tous les jours la bonne marche de cet établissement, El Bokaa Beach a été crée en gardant la beauté du site d’antan, pour permettre aux multiples familles de sentir la corniche telle qu’elle a été dans le temps« . C’est tout dit…

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