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Série de conférences sur Sidi El Houari: Regain d’intérêt ou … convoitises ?

  • Par ZIAD Salah

Le mythique quartier de Sidi El Houari occupe cette semaine le centre d’intérêt des intellectuels d’Oran. Le collectif de la revue «Madinati» lui consacre même son premier numéro, ce qui est tout un programme en soit. Un groupe d’architectes, profitant de l’opportunité du mois du patrimoine, organisent une rencontre autour de ce quartier jeudi dernier à la bibliothèque Sophia. Cette rencontre s’est limitée à l’exposition de photos de ce quartier, diapos assortis de commentaire de l’architecte Abdallah Benchérif, nom connu dans le petit cercle de la restauration à Oran.

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Abdallah Bencherif lors de sa communication au CDES

 

Ceux qui sont venus assister à cette rencontre, dont beaucoup de résidents ou d’ex résidents de ce quartier, n’ont rien appris de nouveau des commentaires accompagnant les illustrations.

Cependant, l’intervenant, Abdallah Benchérif, nous apprendra deux détails ayant un lien avec son métier d’architecte restaurateur. La première : le rejet d’un projet de restauration d’onze immeubles par les pouvoirs publics il y a moins d’une semaine.

Avec insistance, on saura que c’est lui (en tant personne physique ou morale ????) qui est derrière la proposition de ce projet et que l’étude remonte à six ans auparavant. En somme quand il était en odeur de sainteté avec les responsables locaux qui lui ont confié la grande majorité des projets de restauration patrimoniaux, entre autres ceux de la mosquée de Sidi El Houari, toujours inachevée et des Arènes d’Oran, un monument historique qui agonise dans l’indifférence la plus totale.

La seconde révélation de l’intervenant a trait à l’absence, à Oran de personnel qualifié pour engager les travaux de restauration. De la part d’un professionnel, le propos ne passe pas inaperçu.

Faudrait-il comprendre que l’école de l’association SDH, partenaire avec des pros de la ville de Bordeaux, n’assure pas de formation correcte ? Et quid de la formation donnée par le Musée d’Oran et dont personne ne parle ?

Lors des débats au moins deux idées maîtresses ont été avancées en plus des cris de cœur lancés par certains. La première est celle de Kouider Metaier,président de l’association Bel Horizons, qui invite à un retour aux textes concernant la sauvegarde.

Relevant l’absence d’outils juridiques pouvant utilisés par les défenseurs du patrimoine en face des pouvoirs publics, il invite les acteurs associatifs à «un compromis» pour l’éclosion d’une véritable culture de sauvegarde et de restauration du patrimoine. Mais il rappellera l’existence d’un «plan d’urgence» doté d’une enveloppe financière conséquente datant de 2010, dont personne ne parle par méconnaissance surtout et qu’il faut déterrer.

Quant à notre confrère Nourine Benammar, il s’est insurgé contre cette réduction du patrimoine à la pierre. Pour lui le patrimoine comprend aussi les traditions culinaires, les styles de vie, le savoir vivre et la savoir faire transmissible de générations en générations.

D’ailleurs, il qualifiera les dernières opérations de relogement des habitants de ce quartier d’opération de dévitalisation s’inscrivant à faux par rapport aux principes de sauvegarde du quartier.

D’ailleurs c’est justement le transfert de l’essentiel des populations de Sidi El houari vers d’autres zones d’habitat qui a aiguisé les appétits du lobby de la promotion immobilière et mêmes celles des chantres de la restauration. Pendant ce temps, ce quartier perd chaque jour que Dieu une petite parcelle de son identité.

En attendant un véritable sursaut d’une véritable société civile ……

 

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