Célébration de l’an 1 du décret du plan de sauvegarde de Sidi-El-Houari: De qui se moque-t-on?

dans Actualités/Patrimoine
  • Par S. SLAMA

Les élus de l’APW, ont décidé de montrer de l’intérêt pour le secteur sauvegardé de Sidi El-Houari. Un intérêt de circonstance en réalité puisqu’il s’agit tout juste de marquer de leur présence, le premier anniversaire du décret relatif au classement du secteur sauvegardé que le Premier ministre avait signé l’an passé à cette même époque.

Bien entendu les présents lors de cet anniversaire n’ont rien à voir avec la petite équipe qui a monté, piloté et conduit le projet à bon port et qui depuis a été écarté au profit de la faune associative de service habituelle.

Quant au devenir du secteur sauvegardé, pour l’instant, nos élus semblent totalement ignorer quel sera son devenir.

Pourtant le ministre de la Culture, qui avait fait le déplacement la semaine dernière pour défendre le bien fondé du gouffre financier qu’est devenu le MAMO (Musée d’Art Moderne d’Oran), n’a pas soufflé un mot sur le secteur sauvegardé de Sidi El-Houari. Il faut dire aussi que personne ne lui a demandé.

En réalité, le plan de sauvegarde de Sidi Houari est, crise oblige, d’ores et déjà passé à la trappe.

Cela tombe bien, puisque dans les milieux politico-administratifs de la wilaya d’Oran le plan de sauvegarde n’a jamais été en odeur de sainteté et les pouvoirs publics ne se cachent plus pour développer des projets immobiliers au niveau de la Calère par exemple.

Des projets qui ont déjà été soumis précédemment au Président de la République et qu’il avait balayés d’un revers de main tout en en ordonnant à ce que le site soit versé intégralement au domaine forestier. D’où d’ailleurs l’idée de création d’une forêt récréative sur la Calère.

Le plan de sauvegarde n’aura donc pas lieu et l’on prévoit même la destruction d’un certain nombre d’édifices au cœur même du quartier. En ce sens, le secteur local de la Culture a déjà procédé à un premier inventaire des bâtisses à détruire.

Comme le « hasard » fait bien les choses, c’est le jour de cet anniversaire que les mal-logés du Derb, qui fait partie du secteur sauvegardé, sortent dans la rue pour se rappeler au bon souvenir des autorités et prendre la rue à témoin des dangers qu’ils encourent.

A noter qu’une réunion a eu lieu au niveau du ministère de la Culture, la semaine dernière, ou justement il a été question du secteur sauvegardé et des fortifications de la ville d’Oran qui compte pour être la plus importante du bassin méditerranéen.

L’objectif de cette réunion est de proposer au classement au titre de patrimoine mondial de l’humanité le secteur de Sidi El Houari et les fortifications de la ville.

Voilà donc ce qui explique la mystérieuse visite qu’a effectué la semaine passée le ministre de la culture au fort de Mers El Kébir.

Car le classement international des fortifications ne peut pas exclure le fort de Mers-el-Kebir occupé par la marine nationale.

Le plan de sauvegarde de la mémoire d’Oran n’est pas une priorité, il ne l’a jamais été et tous les responsables qui se sont succédé à Oran et leurs zélés serviteurs, pris en général dans l’immense faune des « Ouled Blad« , ont prit un malin plaisir à trépaner cette mémoire.

Cela n’est pas nouveau en soi. Par contre ce qui est nouveaux c’est qu’aujourd’hui les oranais, surtout par adoption, sont conscient que l’avenir de leur ville est plus que jamais lié à la sauvegarde de cette mémoire.

La riposte au désengagement de l’État pourrait donc venir d’une partie de la société civile qui réfléchit d’ores et déjà à une réponse au fait accompli.

«Si le ministre de la Culture fait appel du pied aux capitaux privés pour relancer le secteur qu’il dirige, il ne pourra pas nous refuser, par exemple, d’ouvrir une souscription pour récolter de l’argent et sauver la mémoire d’Oran.» nous dira un jeune bénévole et grand amoureux du vieil Oran.