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Bel Horizons et le mois du patrimoine: Balades pour « redécouvrir » une ville

 

  • Par Mohamed Rafik

L’Association Bel Horizon, dont la mission consiste à réhabiliter et sauvegarder le patrimoine, bâti et naturel, d’Oran a développé un ensemble d’activités, tout au long de ce mois du patrimoine (18 avril-18 mai).
«Les activités organisées durant ce mois visent l’objectif de réappropriation des espaces publics par la population», déclare Mr Metair Kouider, président de Bel Horizon. Au bilan de l’association, il faut compter le rassemblement littéraire qui s’est déroulé, le 26 avril 2014, à la promenade Ibn Badis (ex de Létang). Cette troisième édition, organisée en collaboration avec l’Association du Petit Lecteur, consistait, comme les précédentes, à inviter chaque participant à se rendre sur les lieux de la manifestation, muni d’un livre. Après une heure de lecture silencieuse, les participants ont eu à écouter des déclamations de textes. Puis l’ensemble a été invité à une lecture paysagère, encadré par Mr Samir Slama, paysagiste et néanmoins membre de l’Association. La seconde activité eut lieu le premier mai. Comme chaque année, depuis 2006, Bel Horizon sa fameuse balade. Après les randonnées qui se sont succédé jusqu’en 2011, cette année, comme l’année précédente, c’est un circuit urbain qui a été retenu, avec injection de spectacles de rue. Plusieurs artistes, invités par l’Institut Français, se sont produits tout au long du circuit. Le 10 mai, les participants ont été invités à suivre un circuit dédié au célèbre écrivain oranais Emmanuel Roblès. L’activité, organisée avec la collaboration de l’Institut Français, s’est déroulée le long d’un itinéraire élaboré sur la base de la lecture de deux ouvrages autobiographiques (Jeunes saisons et saison violente), consacrés à l’enfance et la jeunesse de l’auteur à Oran. Débutant au quartier de Miramar, le circuit s’est poursuivi par le quartier de Saint Pierre (lieu de naissance de l’écrivain), la rue Larbi Ben Mhidi (Ex d’Arzew), le Boulevard Emir Abdelkader (ex Seguin), la Place du 1er Novembre (ex d’Armes), le boulevard de la Soummam (ex Galliéni), le boulevard de l’ALN (ex Front de Mer). Plusieurs haltes, ménagées le long de l’itinéraire, ont permis à l’assistance d’écouter des déclamations d’extraits des deux ouvrages déjà cités. Le 16 mai eut lieu la balade de Mdina Jdida. Organisée conjointement par Bel Horizon et l’Association féministe AFEPEC, la manifestation, qui a vu la participation de l’association féminine FARD, le CIVIC et le comité de Mdina Jdida répondait à un double objectif : Faire connaître le patrimoine de ce quartier mythique et ses luttes et témoigner du combat mené par les femmes de ce quartier durant la guerre de libération. Le thème de la lutte des femmes moudjahidates a été retenu, suite à une rencontre organisée auparavant par l’AFEPEC, le CIVIC et Bel Horizon. «Nous avonsbelhorizons voulu, pour des soucis pédagogiques, organiser les débats dans la rue, sur les lieux mêmes où ont eu lieu les actes héroïques, menés par ces grandes dames, et des épisodes tragiques de la guerre de libération nationale», souligne un membre de l’Association. La dernière activité encadrée par les guides de Bel Horizon a été organisée par les étudiants de l’école préparatoire à l’école de sciences commerciales. Le club scientifique de cette école a mobilisé, à l’occasion de la journée de l’étudiant, 9 bus, pour offrir une visite guidée aux étudiants. Le circuit a débuté par la fortification espagnole du Rosalcazar (Château Neuf) et le Palais du Bey pour ensuite investir les allées de la promenade Ibn Badis et se diriger, enfin, sur les hauteurs de la ville. Le déjeuner eut lieu sur le plateau de Moula Abdelkader El Djilani. Enfin et avant de descendre une ultime halte fut observée à hauteur de l’Eglise de Notre Dame du Salut…
«C’est un programme assez dense qui a été réalisé cette année. Cependant, nous revenons sur notre proposition d’instituer des Journées Patrimoniale Algériennes (JPA), au lieu d’étaler un programme sur un mois. Il serait souhaitable que l’Algérie organise un week-end, dans le cadre du mois du patrimoine, consacré au patrimoine. Mais il faudrait que tous les acteurs (Élus, institutions, associations, etc.) jouent le jeu. Ces journées doivent être conçues comme l’occasion de portes ouvertes, où tous les lieux chargés de valeur patrimoniale soient ouverts au public. Ainsi, les bâtiments, comme le siège de la wilaya, le siège de l’APC, les musées, les casernes, etc. et les sites chargés d’histoire, qui demeurent fermés au public durant toute l’année, recevront durant tout un week-end, les visiteurs. Les responsables ouvriront leurs bureaux et recevront le public, avec lequel ils pourraient éventuellement engager la conversation», souhaite le président de Bel Horizon. Pari lancé.

Oran abritera le siège africain d’Interpol : Le « sécuritaire » comme vitrine d’El-Bahia

Actualités

 

  • Par ZIAD Salah

 

Selon des informations publiées par un journal local, Oran doit recevoir, dans les jours à venir, le DGSN Abdelghani El Hamel ainsi que de hauts responsables de l’Interpol. La visite sera l’occasion d’inaugurer le siège d’Interpol Afrique, qu’abriteront les anciens locaux de la Daïra d’Oran, avant son transfert, situés sur le boulevard du Front Mer, non loin de la clinique Ophtalmologique. Probablement, la décision d’installer le siège la représentation africaine de cette organisation internationale a été prise lors du dernier Congrès d’Interpol qui a eu lieu au Centre de Conventionnement au courant de l’année dernière et qui a connu, selon tous les observateurs présents, un franc succès en tous points de vue. Par ailleurs, le choix porté sur Oran ne peut que réjouir ses habitants et ses responsables, prouvant les ambitions de la cité et surtout ses capacités à « désengorger » la capitale. Cependant, le choix du boulevard du Front de Mer pour loger cette organisation africaine fait grincer des dents. Nombre de citoyens rencontrés souhaite que ce boulevard, véritable vitrine de la ville, reçoive autres institutions que sécuritaires. En effet, notent-ils, avec le nouveau venu, on assistera à une sorte de «bunkerisation» de la partie supérieure de ce boulevard. Le siège du DRS se trouve mitoyen de celui des RG. Et pour boucler le tout, INTERPOL va élire domicile juste à leurs côtés. Au lieu de l’affectation des anciens locaux de la Daïra d’Oran à cette organisation internationale, nos interlocuteurs auraient souhaiter qu’ils abritent une autre institution ouverte au public et offrant des prestations de loisirs et de détente. Dès à présent, Oran doit se projeter dans l’avenir et programmer des visites de milliers de touristes, venant de l’intérieur du pays ou de l’étranger, estime-t-on. D’ailleurs nos interlocuteurs espèrent même la délocalisation des deux institutions sécuritaires, dont les sièges se trouvent sur boulevard.interpol

Projet de murs « végétalisés » à Oran : Quand le ridicule vire… au vert

  • Par S. Slamamur vert

Lors de la dernière réunion de l’exécutif municipal, il a été annoncé l’arrivée imminente de deux bureaux d’études internationaux spécialisés dans la création des murs végétalisés. Indéniablement Oran a décidée d’être la ville la plus « ridicule » du pays. Il est vrai aussi que si « le ridicule ne tue point »… il décrédibilise.

Mais cela les Oranais le savent depuis si longtemps déjà. Ou donc a-t-on allé puiser cette idée, plus que fumeuse, de murs végétalisés dans une ville ou la gestion d’une simple pelouse pose de sérieux problèmes?
Certains pensent que nos élus « piochent » dans les moteurs de recherches et sont de fervents adaptes du copier-coller. Ce qui est proche, faut-il l’avouer, de la triste réalité, mais il est certain que nos chers élus n’ont ni le temps, ni la compétence, encore moins l’envie d’étudier, voire simplement lire des données aussi complexes que très techniques pour justifier, et à plus forte raison, expliquer leurs choix aussi déraisonnables soit-ils. Ce qui est encore plus étonnant est que ces gestionnaires, qui avancent ces « lumineuses » idées, ne prennent même pas le temps de visiter leur ville. Il leur aurait couté certainement moins cher de quitter leurs bureaux climatisés et d’aller se promener dans la célèbre promenade de Ibn-Badis (Létang) pour découvrir que des lauriers roses, entre autres, poussent depuis bien longtemps sur les remparts du Château Neuf et ce sans aucun problèmes. Faute d’imagination, donc, ils « piochent », à tout va, dans les écrits de journalistes spécialisés et autres professionnels. L’idée d’utiliser la dimension verticale a été proposée par des paysagistes locaux en diverses occasions et notamment lors d’émissions radiophoniques sur la chaine «Bahia» en présence de responsables de la municipalité, comme une solution éventuelle pour réduire l’impact de l’édification de murailles à travers l’ensemble du tissu urbain sur un paysage de plus en plus « privatisé ». Le concept proposé était que la «végétalisation» des structures de la municipalité pouvait être le moteur d’une « dynamique verte« . Les murs verts sont aussi une solution sérieuse pour végétaliser les nombreuses ruelles de la ville ou la plantation d’un alignement arboré était impossible faute d’espace. Dans l’esprit de ces techniciens, bien au fait des capacités des services municipaux, il ne s’agissait nullement de plagier le «Quai Brandy» mais plus simplement d’installer des plantes grimpantes sur des murs. Ce qui nécessite ni technique de pointe, ni de savoir-faire étranger. L’utilisation des plantes grimpantes dans les villes est de plus en plus prisé par les municipalités de par la planète dans la mesure où elle constitue une solution d’avenir aux problèmes écologiques de la ville. D’ailleurs la recherche modernes ont amplement démontré que ces végétaux seraient efficaces que les arbres et plus résistants au « désert urbain ». Mais cette dimension du « végétal » ne semble pas inscrite dans les préoccupations de nos gestionnaires qui continuent à penser que l’on plante dans les villes pour faire «beau». Les murs verts sont une des solutions préconisée dans des villes aussi prestigieuse que Paris ou le verdissement des enceintes et autres frontons est un acte citoyen encouragé par la municipalité. Ailleurs, il suffit d’adresser une simple demande pour que l’espace soit aménagé gratuitement par la municipalité. Soyons donc sérieux, dans une ville ou des arbres séculaires servent d’incinérateurs à ordure, l’idée même d’un mur végétalisé n’est pas sans rappeler la célèbre boutade de l’Abbé Lambert selon qui : «Oran ne serait qu’un poirier et les oranais des poires».

De l’État « risible » à l’État invisible

Chroniques

wilayaAvant on se plaisait à répéter «dawlat Mickey» (Etat de Mickey). En référence à un célèbre dessin animé toujours apprécié par nos enfants. Parce que nous étions dans le risible, ’incongru, le cocasse, … Maintenant on dit « il n’y a pas d’État ».

Et du coup, nous réalisons que nous sommes dans l’absence, le vide, le gouffre qui n’augure rien qui vaille, l’angoisse, …..Au fait, il ne s’agit pas d’un simple constat. Mais d’une sérieuse mise en garde. D’une véritable alerte. L’absence, élucidée ou non, de celui qui est supposé l’unique garant de l’ordre social et collectif, annonce quelque chose à venir pas rassurant du tout. Dit simplement, le désordre se profile à l’horizon. Le désordre porteur du chaos prend place parmi nous, se glisse dans notre quotidien et occupe notre espace vital.
Dans un entretien publié il y a plus de deux ans dans «Algérie Focus», le sociologue ADDI Lahouari avait déclaré «les algériens réclament un État fort». Sa «prédiction» se confirme jour après jour. Elle est formulée par le citoyen lambda quand il s’adresse à une administration publique pour retirer un banal document qu’on lui refuse s’il ne «graisse pas la patte» du préposé occupant le poste et censé être à … »son service ». Ce citoyen, devant l’absence des voies de recours, n’a pas le choix que de se plier aux diktats de ces représentants de l’administration publique. Cette absence de l’Etat est ressentie par les habitants des cités dortoirs, présentées comme réalisations de «fakhamatohou», qui voient des «nantis» venir s’approprier les poches d’assiettes destinées initialement à recevoir des espaces verts Elle est exprimée par tous ceux que les agents de l’Etat obligent à «tousser» des billets de banque en échange d’un service censé « public », donc gratuit……..Elle est concrétisée, quand un Wali, premier représentant de l’exécutif, transgresse les lois de la République quand elles ne coïncident pas avec ses intérêts où ceux de son clan. C’est simple, nos villes sont devenues des sortes de puzzle où chaque pièce a été accaparée soit par un «intouchable» ou un gang ou un «gros bras». Elles sont devenues des sortes de « jungle » où le puissant impose sa règle. A commencer par les aires de stationnement. Jusqu’au bâti laissé par les anciens colons et qui appartiennent au domaine public selon les lois de la République. Fait unique dans le monde : l’espace public se « privatise » à une allure hallucinante. Et en l’absence de toute formalisation, de toute loi produite par l’État régulant ce dépeçage qui ne dit pas son nom. Et cette absence des pouvoirs publics, prompts à matraquer tout mouvement social organisé, devient la règle après avoir été pendant des décennies… l’exception. Les sit-in, les rassemblements, le blocage des routes, autant de forme de lutte, plutôt d’alertes des responsables publics, ne mènent à plus rien. Les citoyens, faisant preuve de lucidité et d’attachement à la paix civile, s’interrogent sur l’existence d’une volonté occulte et délibérée poussant au pourrissement. Au clash généralisé. Ce qu’ils refusent en bloc. En attendant de trouver des voies plus efficaces à faire entendre leur voix, ils s’arment de patience et de sagesse. Mais pas pour trop longtemps !!!!!!

  • Par Ziad Salah
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