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Hommage à Djamel GUERID à la Bibliothèque « Livres Arts et Culture » : Pour une refondation profonde de la sociologie

  • Par ZIAD Salah

librairie
Renouant avec l’animation culturelle, parent pauvre à Oran, la Bibliothèque « Livres d’Art et de Culture » organise ce jeudi matin un hommage au sociologue Djamel Guerid, décédé l’été dernier.
La présentation de son livre, publié quelques mois après son décès, constituera l’essentiel du programme de cet hommage. Le professeur Lakjaa Abdelkader, ancien étudiant et collègue du défunt, avec qui il avait beaucoup de « complicité intellectuelle« , est le mieux indiqué pour assurer cette présentation. Le titre du livre «L’entrée en Sociologie. Les limites de l’universel européen. Implications concrètes dans le monde d’aujourd’hui» publié au Publisud. Ce livre fait suite à un premier, publié en 2007 et intitulé « La spécificité algérienne« .
Dans son dernier ouvrage, l’auteur, après avoir revisité toute la production sociologique, sort avec un constat et une invitation. Le constat : la sociologie, bourgeoise ou marxiste, est née en Europe Occidentale et devait répondre à des préoccupations d’une époque donnée propre à une aire géographique bien délimitée. Pour les sociologues bourgeois, la sociologie devait offrir des propositions pour contenir les menaces de la classe dangereuse, issue de la grande vague d’industrialisation. Pour la sociologie marxiste, cette science devait offrir au prolétariat les outils pour mettre à son exploitation par les détenteurs des moyens de production. Donc, la prétention de la sociologie à l’universalité est fausse. Typiquement européenne, la sociologie a élaboré des outils permettant l’appréhension des réalités européennes. Guerid n’invite pas les intellectuels du sud à élaborer une autre sociologie spécifique à cette partie du Monde. En intellectuel averti, il est au fait des limites de la sociologie de développement initié en Algérie au lendemain de l’indépendance, projet devant permettre de déserter aussi bien la sociologie bourgeoise que le marxisme sensé constituer un danger pour les nouveaux maîtres du pays. Aussi, Guerid s’interdit de verser dans la facilité en prônant le refus pur et simple de tout ce qui porte le sceau de l’Occident. Bien au contraire, faisant preuve de lucidité et surtout d’audace, il invite à une autre reformulation de l’universel. Autrement dit, il plaide pour une sociologie totalement revue et corrigée où les intellectuels du sud participent à son élaboration. Le projet est très ambitieux et permet de dépasser les «crises» dans lesquelles se débat cette discipline depuis au moins un demi-siècle. Les amis et anciens étudiants du défunt qui assisteront nombreux à cet hommage ont un sujet de discussion inépuisable. Ils l’entameront au niveau de la «Bibliothèque Livres Arts et Cultures» et pourquoi pas, certains d’entre eux ne décident de s’inscrire sur le sillage du défunt Djamel Guerid en faisant avancer ses thèses.

4ème art à Oran: Said Ben « s’indigne » sur les planches de l’Institut français

  • Par Abdelhafid Boualem

 

Ce jeudi 29 mai à 18 h, le public oranais sera au rendez-vous avec le quatrième art à l’Institut Français avec le comédien et metteur en scène Said Ben dans un nouveau « oneman show »said ben intitulé « Indignez-vous ».

 

Comme son titre l’indique, ce spectacle est fortement inspiré du pamphlet publié en 2010 par Stéphane Hessel, le célèbre humaniste auteur et ancien diplomate français.
Said Ben, connu et apprécié dans le milieu artistique oranais, a « sévi » pendant une quinzaine d’années au TRO en tant que comédien et metteur en scène, avant de devenir un « pèlerin des planches » international qui vit et travaille actuellement au Canada, après un périple enrichissant qui l’a vu passer par l’Afrique de l’Ouest (Dakar). Il a, à son actif, plus d’une dizaine de pièces et une vingtaine de mises en scène et trois compagnies de théâtre dont il assure la direction artistique. Nous y reviendrons plus en détails dans nos prochaines éditions.

L’affaire de la fermeture du service de cardiologie de l’hôpital de Canastel: Le bureau d’Oran de LADDH condamne

Contributions

Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Bureau de la ligue d’Oran

 COMMUNIQUE

Le Bureau d’Oran de la LADDH, informé de la la fermeture du service de cardiologie de l’hôpital de Canastel d’Oran, condamne avec la plus grande vigueur cette décision que l’on doit qualifier de non-assistance à enfants en danger. Cet acte indique, qu’au-delà des discours euphorisants et auto glorificateurs, le droit à la santé ou plutôt le droit à rester en bonne santé n’est qu’un slogan que répercutent le personnel politique et les hauts fonctionnaires du secteur de la santé sans y croire. L’application de pratiques et de concepts marchands «offre et demande» prive de larges couches de la population de soins nécessaires et frappe en premier lieu les plus faibles d’entre eux. Le Bureau d’Oran demande la réouverture de ce service et son renforcement, pour ne pas ajouter d’autres malheurs et entraves comme ceux provoqués par la nécessite de prendre en charge le transport vers d’autres centre médicaux, l’hébergement des parents et les attentes, qui vous tuent à petit feu sans parler de l’éloignement par rapport à la famille, qui ne peut que perturber gravement nos enfants malades. Pour refuser ce fait accompli, que ne connaissent pas ceux et celles qui se déplacent à l’étranger aux frais du contribuable pour un petit « bobo », le bureau d’Oran de la LADDH appelle à une concertation des principaux intéressés et de la société civile pour montrer clairement notre refus et notre exigence d’un meilleure traitement de nos enfants.
malade
Oran le 26-05-2014 P/le Bureau d’Oran Kaddour CHOUICHA

53 Rue Larbi Ben Mhidi, Oran- TEL/ 041 33 48 38 – Email laddh.boran@hotmail.com

L’oranaise Lucette Safia Hadj Ali n’est plus: Fin de « l’itinéraire d’une militante algérienne »

Actualités

« Qui sinon toi,lucette
Patrie au cercueil décloué
Qui souffle aux lèvres de Lucie en veste rouge
Le cri de Houriya emmurée « 

Kateb Yacine (extrait « Le fourgon cellulaire »)

 

  • Par B. Nourine

Elle est partie Safia, Elle est partie Lucie. Elle vient de tirer sa révérence « Lucette ». Celle que tout le monde appelait ainsi est décédée ce matin en France, près de Toulon, entourée de ses enfants.
Les mots de Kateb Yacine qui « soufflent aux lèvres de Lucie en veste rouge« , sont dédiés à cette oranaise pour qui il déclamait ses vers. Lucette Larribère – Hadj Ali. Deux noms symboles. Fille de du célèbre Dr Larribère et épouse du non moins célèbre Bachir Hadj Ali. Qui d’entre les oranais ne connait pas ce grand personnage qu’était le Dr Jean-Marie Larribère, un grand militant de la cause nationale et un pionnier de l’accouchement sans douleur dans sa propre clinique à Oran. Une clinique, qui a été la cible d’un attentat sauvage de l’OAS, parce qu’elle recevait en son sein des patients de tous bords. « Intolérable ». Un attentat ou la « passionaria » de l’époque Abbassia Fodil y laissera sa vie. Qui, d’entre les algériens et les militants de la cause nationale, ne connait l’époux Hadj Ali Bachir, le poète, le musicologue et surtout le grand militant. Celui qui avait négocié, en 1956, avec Sadek Hadjeres, l’intégration, à titre individuel, dans l’ALN, des «Combattants de la libération», organisation militaire des communistes algériens, créée en 1954, dont il était responsable. Qui ne connait pas l’un des fondateurs de l’Union des écrivains algériens. Qui, d’entre militants des droits de l’homme, n’a pas « effleuré » et compulser « l’Arbitraire », écrit sur sur des feuilles de papier toilette et sorti des geôles « post-indépendantes » de Lambèse par la grâce de cette femme courageuse. Un texte (publié en 1966) décrivant les tortures et les oppressions. Ces mêmes oppressions qui ont tourmenté « Safia » l’oranaise et ont qui ont fait qu’elle s’est naturellement engagée contre le système colonial, contre toutes les injustices. Les injustices qui brutalisent les peuples et les femmes. Lucette était une combattante. Jusqu’à son dernier souffle, elle a été de toutes les luttes pour la liberté, l’émancipation des femmes et le progrès social. Son courage n’a d’égal que sa modestie. Une modestie et une immense pudeur qui ont fait qu’elle a accepté très tard de livrer son «Itinéraire d’une militante algérienne» et de publier les lettres que lui adressait Bachir pendant la longue et douloureuse séparation qu’ont imposée les auteurs du coup d’État de 1965 à tous ceux qui s’y étaient opposés.
Lucie Safia Hadj Ali née Larribère n’est plus. Elle repose loin de l’Algérie qui l’a vue naître et qu’elle a aimée de toutes ses forces. Sincèrement et passionnément. Jusqu’à ce dernier souffle. Après une vie accomplie, elle s’en est allée en ce mois de mai rejoindre son amour, Bachir Hadj Ali, parti en mai lui aussi.
Repose en paix Lucette. Adieu Safia.

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