Les derniers articles

La place des livres philosophiques dans les librairies oranaises : « KAFKAÏEN »

Contributions
  • kafkaPar Adnan.H

 

Le savoir philosophique est un merveilleux temple à faire tourner la réflexion de n’importe quel lecteur, sans pour autant lui imposer une idée ou une doctrine. Fondée sur le doute, cette mère de toutes les sciences demeure vectrice d’émancipation intellectuelle.
Une enseignante en philosophie nous livre cette réflexion : «cette mère de toutes les sciences est porteuse de richesses, mais les sirènes de l’inculture, qui dominent le paysage oranais, l’ont enseveli dans la déperdition scolaire. Le traitement de cette question est perçu comme un mystère où la réflexion ne cesse de se perdre.» Lors de nos sorties « bibliophiles » dans la rue Larbi BenM’hidi nous sommes tombés sur le livre du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, «Ainsi parlait Zarathoustra», réédité par la maison d’édition Zygma. Mais il est bien seul : la philosophie dans les librairies oranaises ressemble à une fleur fanée. «Les jeunes se rabattent beaucoup plus sur les annales d’examens pour s’entrainer à faire des exercices. » Nous dira un libraire. Dans ce « désert intellectuel » qu’est la ville d’Oran, certains livres d’auteurs classiques demeurent ballotés, au gré du hasard, dans les rayonnages des librairies tel que le livre du philosophe Nietzche. Il faudrait dire que l’absence de grands penseurs arabes et autres dans les librairies laissant place aux manuels de cuisine et de religion s’avère grandement dommageable pour le développement de la réflexion. En effet, devant le nœud du problème qui réside dans le mépris de la forme philosophique et la dévalorisation des sciences sociales, il serait judicieux de rappeler que la dimension Nietzschéenne ne cesse d’être un formidable levier dans le développement de la pensée socio-politique en éclairant les débats actuels. La doctrine de ce philosophe dégage un souffle encyclopédique en essayant d’analyser tous les phénomènes de la vie sociale telle que la morale. La pierre angulaire de sa réflexion sur cette question se situe aux antipodes de la vie morale, et c’est à travers cet aspect que le philosophe «généalogiste de la morale » donne une description de l’origine du bien et du mal. Cette mise en relief de la généalogie de la morale a permis d’esquisser chez ce philosophe l’esthétique qui doit procéder par la volonté de puissance. Il fait savoir, par le biais de son analyse, que «la volonté de puissance représente une force créatrice et destructrice« . Outre l’aspect de la volonté de puissance, la philosophie nietzschéenne a approfondi la notion du « surhomme« , cette valeur transcendantale comporte un aspect dynamique de l’esprit ce qui permet à l’être humain d’accomplir les grandes œuvres, étant édificatrice. Pour reprendre Nietzche «douleur et impuissance ont créé tous les autres mondes» pour ainsi dire dans « ainsi parlait Zarathoustra», le philosophe a inauguré une cohabitation entre l’étincelle poétique et philosophique. Amine, doctorant en philosophie, dira que «Zarathoustra est un sage qui est resté solitaire durant très longtemps ; empli de cette sagesse toute théorique, il décide alors de redescendre parmi les hommes pour la mettre un peu en pratique. » Enfin, la mise en vente de ce type de livre ne dissimule guère cette vacuité qui compense ce désert philosophique par une « névrose boulimique » étant donné que le paysage urbain n’est dominé que par la présence des fast-foods. Très …. »Kafkaïen »

 

 

 

Après accord administration – travailleurs: Reprise du travail à l’agence foncière d’Oran

Actualités/Economie
  • Par B .d.j

 

Le premier responsable de l’agence foncière d’Oran, semble, revenir à de meilleur sentiments, en conviant, hier matin, les travailleurs à une réunion après trois de jours de protestation.

Engagement est pris par le directeur de concrétiser les revendications des protestataires, la révision des salaires selon les termes de la convention collective . Le bras de fer, entre les deux parties, menaçait de remettre en cause les projets confiés à l’agence, outre le risque encouru par le directeur de s’attirer les foudres grèvedu Wali d’Oran , président du conseil d’administration. D’ailleurs, les travailleurs ont exigé et obtenu à ce que le Wali préside, désormais, le Conseil d’Administration au lieu et place du secrétaire général de Wilaya, soupçonné, à tort ou à raison, de « connivence avec l’ex-responsable limogé et l’actuel gestionnaire« . Ce dernier a également pris l’engagement ferme de prendre en charge la doléance des travailleurs , concernant le mise en retraite d’un cadre contractuel ayant été « le bras droit et le complice de l’ex-responsable de l’agence ». Pour rappel, les travailleurs s’étaient insurgés contre le maintien d’un cadre sous contrat et le licenciement de cadres compétents et expérimentés travaillant au sein de l’agence depuis des années. Il y’a lieu de rappeler ,que le mouvement de protestation, spontané , a été déclenché par les travailleurs , le dimanche passé , suite à une vive altercation entre le directeur par intérim et un responsable du service aménagement et construction. Cet incident avait entraîné un élan de solidarité tout aussi spontané avec le chef de service concerné connu pour sa grande compétence.

La folie du « palmier » atteint Oran: Quand l’incompétence « rime » avec l’esthétisme

  • Par S. Slama

 

«Le palmier impérial», planté il y a un peu plus d’un an sur la place du 1er Novembre (ex-Place d’Armes), vient de perdre un « stipe« , celui de l’esplanade de Sidi- M’hamed, quoi que plus récent, aussi. Ils sont bien nombreux les palmiers qui meurent chaque année à Oran, sans que l’on fasse le moindre bilan, encore moins d’expertise ou que l’on tire une quelconque leçon.
Le programme de plantation de la municipalité d’Oran, annoncé en grande pompe l’an dernier, prévoyait de planter en deux ans, à travers la ville, quelques 1000 palmiers en alignement. Il faut, bien entendu, rajouter les centaines d’autres, de tout âges, plantés dans les jardins et autres espaces verts d’accompagnement. A cela, il faudrait rajouter ceux plantés par les autres secteurs car la « palmier-mania» a atteint presque tout le monde, à l’instar des Travaux publics ou de Naftal qui plante aussi des palmier dans ses relais routiers. Cela se chiffre aussi en milliers, si l’on compte les inévitables remplacements. Rendu nécessaire par de très incompréhensibles choix et des procédés techniques plus que douteux. La transplantation d’arbres adultes, pour ne pas dire trop vieux, s’est généralisée alors que les paysagistes la considèrent comme une opération exceptionnelle notamment chez le palmier qui ne possède pas de racines d’ancrage. Mieux encore, ces «arbres» sont trimbalés sur des milliers de kilomètres, les racines à l’air libre et sans aucune protection contre d’éventuelles blessures. Ce qui ne manque pas d’arriver, eu égard aux techniques de plantations mises en place. Cette façon de faire, d’ailleurs, suffit pour détruire la rumeur, entretenue par certains milieux, qui laissent entendre que « ces arbres viendraient d’Espagne« . Comme si cela ne suffisait pas, les plantations ont étés réalisées en hors-saison. D’où les nécessaires remppalmierlacements des nombreuses « dents creuses » comme disent les paysagistes.

Quel est donc le coût de ces opérations vouées en grande partie à l’échec? Et qui est derrière cette opération qui « contamine » l’ensemble du pays et Oran particulièrement?

Pour cela, il n’y a aucune réponse et aucun responsable ne veut en parler. Un palmier âgé d’une dizaine d’années, qui viendrait de la région d’El-Oued, c’est du moins ce qui a été annoncé lors de la réalisation de l’esplanade de Sidi-M’hamed, arrivé et planté à Oran reviendrait au très bas mot à…50.000 Da. Multiplier ce chiffre au millier de plants installés dans et autour de la ville et l’on aura une idée du coût global de cette « folie du palmier« , qui, il faut-il le répéter s’est emparée de presque tout le monde. Si bien, qu’aujourd’hui, le dernier des douars de l’Algérie profonde possède son allée-palmeraie. A quoi a, donc, servi l’établissement par le ministère de l’Environnement et de la Ville, le décret portant sur une trentaine d’espèces d’arbres pour les villes algériennes? Mieux, pourquoi donc une seule espèce a été retenue, en l’occurrence, le « palmier phœnix » alors que le décret ministériel en a retenu « trois« . Le choix du « palmier phœnix » n’est pas dicté par des considérations techniques, écologiques, économique, encore moins esthétique, cela est tout à fait certain. Quel sont donc les éléments qui ont présidé à son choix? Pour l’instant, faute de communication, le commun des mortels se contente de la rumeur qui affirme que le choix du palmier en question place nos « décideurs » dans les petits papiers d’un « gros bonnet du système » et que l’on dit originaire du sud du pays. Pourquoi donc Oran, qui ambitionne de devenir une grande ville écologique, allant jusqu’à créer de toute pièces une vice-présidence en charge du développement durable, va-t-elle à contre-courant de la tendance mondiale? Une tendance qui favorise la biodiversité urbaine, à l’instar de la petite station balnéaire de Saidia au Maroc, qui s’enorgueillit d’avoir une quarantaine d’espèces d’arbres d’alignement, ou de la ville d’Oujda qui recense une trentaine d’espèces. Le très regretté Med Senouci (qui vient de nous quitter), éminent climatologue et lauréat du prix Nobel, nous disait,  il y a tout juste 2 ans, toute « l’importance » qu’il y avait « à favoriser la biodiversité en ville parce qu’elle pouvait être un indicateur des modifications du climat« . Oran, qui ambitionne d’être une place forte dans le « tourisme d’affaires« , ignore que plus de 75% des visiteurs ne retiennent dans leurs souvenirs, que les images d’une ville à la végétation diversifiée plutôt que celle d’une cité « uniforme », forcement plus maussade. Il y a lieu de s’étonner du silence des responsables du tourisme devant ce « hold-up organisé » du paysage saharien ou le palmier est l’un des éléments fondateurs. Cette utilisation systématique et généralisée du palmier n’est certainement pas le fruit du hasard. Enfin, les oranais, qui espéraient tant un changement dans l’uniformité du paysage urbain, sont aujourd’hui « servis« , et tout compte fait, le « ficus retusa » tant décrié, produit au moins un peu plus « d’ombre » qu’un palmier.

75ème anniversaire de l’exode des « Républicains espagnols » à Oran: Billet retour pour le « Stanbrook »

Actualités
  • Par B.Nourine

Oran, ville refuge par excellence depuis la nuit des temps, eut aussi à accueillir, par une froide nuit de mars 1939, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant le fascisme et le massacre. La guerre civile espagnole prenait fin.
Une guerre entamé en 1936 et qui a eu son apogée avec la défaite républicaine d’avril 1939. Après la guerre et la conquête de la Catalogne par les troupes franquistes, le 15 janvier, après la chute de Tarragone, un nouvel exil massif a commencé, sous forme d’une marche impressionnante, sur les routes catalanes, vers les cotes françaises et aussi vers Oran.
Arrivés en masse, en barques et en bateaux dont l’emblématique « Stanbrook », les familles des « républicains » espagnols seront accueillis de la pire des manières par les autorités coloniales de l’époque qui étaient sous la coupe du régime de Vichy. « Parqués » dans des camps de concentrations ou la famine, la misère, les humiliations et les brimades étaient la règle.
Pour la seule ville d’Oran, deux camps ont été « inauguré ». Celui du Ravin Blanc (au port de la ville) et celui de la « Pinède » de Aïn Turck sur l’actuel emplacement du Creps. A la fermeture de ces camps de la « honte », en 1942 par les américains, beaucoup d’entre eux s’établirent à Oran en nouant des liens très étroit avec la population locale.
75 années plus tard, Oran accueillera, cette fois-ci, des dizaines de descendants des « républicains » et quelques rescapés de cette triste et mémorable odyssée. Ils seront une centaine à venir rendre hommage à leurs ainés et aussi à la ville qui les a accueilli. Ils viendront du Panama, du Mexique, d’Espagne, de Belgique, de France et d’ailleurs. Ils seront tous la pour Oran « La Mamma« , comme dirait Aznavour, manière de rendre hommage à la cité protectrice. A cet effet, une commission « Stanbrook » a vu le jour en Espagne constituée de représentants de la société civile et présidé par Mr Pasqualle Moreno, professeur à l’université polytechnique de Valence. Une commission pour préparer l’évènement du 75ème anniversaire de l’exode républicain à Oran et ce stanbrooken collaboration avec des représentants de la société civile oranaise.
Rencontré la semaine passée, Pasqualle Morenno affirmera que le choix d’Oran est multiple. « C’est la ville qui a accueilli le plus grand nombre d’entre nous. C’est la ville ou la solidarité s’était constitué autour des réfugiés républicains. C’est aussi une manière à nous de rendre à César ce qui lui appartient pour qu’Oran se réapproprie un pan de son histoire récente assez méconnue malgré son importance« . Et d’ajouter que, de cela, le souhait de voir « enclencher des travaux de recherches sur cet épisode de l’histoire de la ville et de l’Algérie » est vivement espéré.
Ayant reçu l’aval des autorités algériennes, Pasqualle Moreno s’est déplacé à Oran pour organiser l’évènement. Primo : prendre contact avec les autorités locales pour peaufiner les derniers réglages. Secundo: constituer avec des acteurs de la société civile un comité d’accueil. De ce fait, quelques associations, à l’instar de Bel Horizon et SDH, ainsi que des universitaires en collaboration avec l’Institut Cervantès ont institué un comité d’organisation, qui a tenu sa première réunion mercredi dernier, afin d’entériner le programme des activités.
Ainsi donc, le 29mai prochain sortira du port d´Alicante un groupe d´une centaine des personnes à bord d’un ferry, baptisé pour l’occasion « Stanbrook », à destination d’Oran. L’arrivée est attendue le 30 au matin. Une conférence de presse sera donné le même jour à 10h 30 au « Royal hôtel » par les animateurs de la commission « Stanbrook » pour expliquer les détails de l’opération. Il est prévu, durant les deux jours que durera l’évènement, un “Concert populaire de la Mémoire” avec des musiciens des deux bords de la Méditerranée. L’autre partie du programme sera consacré à la visite au cimetière chrétien de Mostaganem pour se recueillir sur les tombes des républicains espagnols enterrés sur les lieux ainsi qu’une visite d’un ancien camp d´internement des espagnols réfugiés à Relizane. A la fin du séjour, un monument aux victimes sera érigé Oran pour honorer la « mémoire républicaine » et la solidarité du peuple algérien pendant ces années. Une stèle pour les victimes républicaines. Un symbole pour la ville refuge qu’est « Oran la Mamma ».

1 216 217 218 219 220 227
Allez en Haut