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Environnement

Rencontre régionale sur le partenariat pour l’environnement: Perception des uns et interprétation des autres

dans Actualités/Environnement
  • Par H. I. M.

Le ministre des Ressources en Eau et de l’Environnement (REE), Abdelkader Ouali, qui découvre son département après six mois de son installation, semble dans la phase des questionnements lui permettant de comprendre et de relancer le secteur.

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Un partenariat non identifié

Au-delà des motivations généralisées aux divers ministères du gouvernement Sellal, qui adoptent une même stratégie mais différentes démarches, celui des REE lorgne vers les associations en leur proposant un partenariat pouvoirs publics-société civile.

C’est un partenariat non encore identifié tant que les associations, dans leur majorité, demeurent diamétralement opposées aux pouvoirs publics, quant aux concepts et perceptions. La rencontre régionale de Tlemcen (1), qui s’est déroulée les 16 et 17 janvier 2017, la deuxième du genre après celle de Sétif en décembre dernier, a certes permis aux cadres du ministère des R.E.E de rencontrer des acteurs sociaux, mais a surtout rappelé aux uns et aux autres que les questions environnementales nécessitent de la volonté et de la concertation.

Abdelkader Ouali a beaucoup prêché dans un discours moralisateur, improvisé pour lancer les débats lors de la rencontre à laquelle ont assisté les représentants d’une cinquantaine d’associations, des cadres du ministère de REE, dont les directeurs de wilaya, des universitaires et quelques élus locaux. Notons que le discours officiel n’a pas vraiment changé depuis l’ère Rahmani.

En effet, l’actuel ministre en charge du secteur (2)  a tenté d’interpeller les consciences, de titiller les fibres religieux et patriotique, de rappeler les valeurs relatives au travail et à la citoyenneté et de rassurer les présents quant à la disponibilité de son département au dialogue. Il a même utilisé la double contrainte «des directeurs de wilaya passif et des cadres malmenés lors des différentes sorties sur terrain

Des concepts universel à la réalité nationale

Abdelkader Ouali a avoué qu’il «ignore beaucoup de concepts universels» comme l’agenda 21 et la déclaration de Rio, tout en déclarant son attachement à «la réalité nationale», qui demeure peu reluisante, de l’avis de tout le monde. Dans sa démarche, l’actuel ministre procède par un ensemble de questionnements, lui permettant de découvrir le secteur des REE.

Dans son discours, le ministre s’est interrogé sur le rôle des différents organismes (3) qui constituent le secteur et sur les douze (12) lois promulguées et qui demeurent ignorées et inefficaces sur le terrain. Tout en rappelant les articles 19 et 68 de la constitution qui mettent les REE au centre des préoccupations des pouvoirs publics, Abdelkader Ouali se dit favorable à la création d’un observatoire national, qui aura la charge de collecter les données à partir des onze (11) autres observatoires régionaux, l’objectif étant l’élaboration d’une cartographie nationale de l’environnement. Le ministère ambitionne de marquer, par son empreinte, un secteur qui éprouve des difficultés énormes pour suivre le rythme imposé par les mutations au niveau international et imposé par des lobbys industriels et écologiques.

Le secteur de l’environnement : un géant aux pieds d’argile

Il faut rappeler que le secteur de l’environnement est passé par plusieurs étapes dont l’indicateur de base n’est autre que le nerf de la guerre : beaucoup d’argent y a été dépensé. C’est la période de la fin des années 1990 et le début des années 2000 qui a été la plus riche, matériellement, caractérisée par la main mise et forte d’un certain Chérif Rahmani, alliant à la fois et d’une manière trop contradictoire, une vision radieuse et une réalité malheureuse.

Durant cette période, beaucoup de choses ont été dites et pensées alors que peu de concret a été constaté. De l’avis de beaucoup de gens, le secteur de l’environnement est l’exemple d’un géant aux pieds d’argile.

L’année 2001 a constitué le grand tournant très mal négocié, de l’avis des observateurs. Le début était les allemands de la GTZ (devenue quelques années plus tard, GIZ, après la fusion de GTZ avec d’autres organismes comme Inwent et IFA, sous l’égide du ministère allemand des relations internationales).

Ce tournant a permis au secteur de l’environnement de former ses cadres dans plusieurs domaines et thèmes comme la gestion des déchets et la régulation des conflits environnementaux. Il est important de rappeler que ce partenariat avec GTZ a été motivé par l’échec cuisant du fameux projet mort-né du lancement de la charte citoyenne pour l’environnement.

L’échec a été surtout la conséquence du boycott et non adhésion des collectivités locales au dialogue (4) APC-citoyens. A Oran, on avait procéder par la création d’un conseil consultatif communal présidé l’universitaire Mahi Tabet Aouel, alors qu’à Gdyel la première réunion, à laquelle ont assisté les représentants de la société civile et de la direction de l’environnement, a été boycotté par le maire lui-même. Le conseil consultatif, installé par Noureddine Djellouli, maire d’Oran à l’époque, n’a tourné que pendant un trimestre, n’ayant même pas procédé à l’élaboration de son règlement intérieur.

La présence en force de la GTZ en Algérie, a coïncidé avec le lancement presque parallèlement, des fameux projets de l’Unité de Gestion des Programmes (UGP), par la Commission Européenne.

Plusieurs associations, surtout de l’ouest du pays, avaient bénéficié de la formule (20/80)%, arrêtée pour le cofinancement des projets. Ce mode de gestion des projets a fait couler beaucoup d’encre et beaucoup de critiques ont été émises. Soulignons que dès 2009, les programmes de la GIZ et de l’Union européenne, se sont installés en Algérie, en y initiant de nouveau concepts renforcés par des expertises.

Des associations algériennes continuent toujours à bénéficier des mêmes aides, financières et techniques, pour mener des projets d’impacts plus ou moins larges sur la société et le quotidien des citoyens, tout cela à partir des canevas élaborés pour la circonstance.

Ce n’est que vers 2015, que le secteur de l’environnement, en copiant le modèle de la GIZ et de l’Union européenne et à travers ses différents organismes, a commencé à initier certains petits projets locaux en partenariat avec des associations.

Différentes expériences, différentes perceptions

La rencontre de Tlemcen s’est déroulée sous forme d’ateliers brainstorming. Cinq ateliers ont été créés pour la circonstance avec une modération qui, pédagogiquement, laisse à désirer tant que les interventions ont été dirigées et conditionnées, par les cadres du ministère des REE. Trois remarques s’imposent dans ce cadre :

Selon leurs expériences respectives, certains représentants d’associations ont activement participé à donner des idées ou à l’enrichissement du débat, alors que d’autres sont restés passifs préférant observer sans intervenir.

Au total, une cinquantaine d’idées (5) ont été recueillies dans les différents ateliers. Ce sont les cadres du ministère des REE en collaboration avec un pouls de personnes ressources, auront la charge, après la tenue prochaine de la rencontre de Blida, pour les associations des wilayas du centre du pays, d’élaborer un plan d’actions.

La modération dans les ateliers s’est basée sur les résultats de la première rencontre de Sétif qui a réuni les associations de l’est du pays, ce qui a constitué un conditionné les débats. En outre, la nécessité de définir les deux mots clés de la rencontre, à savoir PARTENARIAT et CITOYENNETÉ, aurait pu donner des résultats plus intéressants, puisque beaucoup de participants en ignoraient le sens et la faisabilité.

En commentant les différents rapports, lus par les rapporteurs des ateliers, Abdelkader Ouali, est resté fidèle à sa vision des choses : des décisions ont été prises et des réflexions lancées. Les directeurs de wilaya doivent être plus actifs et plus forts en assurant le rôle de véritables conseillers des walis, les maisons de l’environnement seront ouvertes aux citoyens, les conseils consultatifs sont à bannir et bénéficier des l’expertise de certaines associations, ont été  les points forts à retenir de la rencontre de Tlemcen.

En quittant les hauteurs de Lalla Setti (6), les participants à la rencontre se sont posé des questions, dont deux revenaient sur toutes les lèvres : à l’approche des élections, le partenariat, est-il conjoncturel ? Pourquoi n’a-t-on pas capitalisé les anciennes expériences ?

Pour la paix sociale, beaucoup de questions trouveront leurs réponses dans les semaines à venir.

 

1 : rencontre sur le partenariat pour l’environnement, dont le titre est «ensemble vers une citoyenneté pour l’environnement».

2 : il s’agit de l’environnement, qui a été toujours fusionné avec d’autres secteurs, dont l’aménagement du territoire, le tourisme et depuis six mois, les ressources en eau.

3 : sept (07) organismes et entreprises ont été créés depuis plusieurs années et qui demeurent en stand by, pour différentes raisons. Il s’agit, entre autres, des agences nationales des déchets, du littoral et des changements climatiques, du conservatoire de formation et du centre de développement des ressources biologiques.  

4 : le dialogue a été lancé à travers tout le territoire national, mais seule la commune de Sidi Bel-Abbès a pu constituer le document de base, qui n’est autre que la charte citoyenne.

5 : les rapporteurs dans les cinq (5) ateliers ont préféré parler de recommandations, dont certaines d’entre elles, ont constitué des redondances et des répétitions. 

6 : c’est la zone protégée qui a abrité les ateliers.

 

 

Journée d’information sur la concession des forêts : La démocratie participative en «non» action

dans Actualités/Environnement
  • Par Ali HASSANI

Pensé dans les coulisses de la fameuse préfecture et prenant forme d’une manière surprenante, le projet relatif à la concession des forêts récréatives de la wilaya d’Oran, au grand dam de la société civile, mal représentée par ses associations, a eu, enfin, sa journée d’information.

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Sans la moindre résistance, la société civile exclue

Samedi 17 décembre, à la MUNATEC de Canastel, les conviés à la rencontre d’information, décidée pour célébrer la journée internationale de la montagne et organisée par la conservation des forêts, ont surtout assisté à des interventions à propos du cadre juridique des futurs espaces verts à privatiser, des projets du secteur du tourisme et de la contribution des universitaires. On leur a surtout rappelé, pour la énième fois, qu’Oran se prépare pour accueillir les jeux méditerranéens en 2021.

La privatisation des espaces verts, ou la concession des forêts récréatives au profit d’investisseurs, encore inconnus, même si des noms circulent déjà, a été décidée dans la cadre de l’application de la circulaire interministérielle N° 156 du 10 février 2015.

Seize (16) surfaces sont concernées par cette vision, à travers plusieurs communes de la wilaya d’Oran. Les pouvoirs publics, justifient cette décision de passer à la concession des forêts dites récréatives, par le fait que ces dernières sont abandonnées et mal gérées par les communes, en manque de moyens et d’imagination surtout.

Au semblant de résistance manifestée par certaines associations et élus locaux, tout semble entré dans l’ordre et le projet consomme du temps et se dirige de plus en plus, vers l’élaboration finale, comme une lettre à la poste.

A ce propos, nous avons constaté que, mise à part la collectivité de Gdyel, l’étude d’orientation n’a pas été faite à travers le reste des communes. Ce point a été soulevé par les représentants de la conservation des forêts qui a eu illico, une réponse de la part de certains représentants d’associations qui déplorent «leur exclusion pure et simple» de l’élaboration dudit projet, du moins dans sa phase de choix des espaces et forêts à concéder aux investisseurs. Cette lacune a fait dire au représentant de la conservation des forêts que «les associations seront conviées à donner leurs avis lors de l’élaboration du cahier des charges.

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Des carences et des contradictions

Pour l’instant, la concession des forêts récréatives touchera seize (16) espaces définis comme tels, englobant une superficie totale atteignant plus de 230 hectares et allant de cinq (5) hectares pour la plus petite surface à trente (30) hectares pour la plus grande.

Le choix a été effectué sur la base de certains critères, facilitant la concession, dont principalement l’importance du site, son accessibilité, le taux des visiteurs et sa proximité des zones urbaines. Le cahier des charges devant porter sur les critères d’exploitation des espaces verts en question, est en cours d’élaboration et devra prendre fin dans les semaines à venir.

La rencontre de samedi a révélé au grand jour certaines carences, contradictions et aberrations qui dénotent de l’ampleur du retard à rattraper pour une société civile en perte de repères et de celle de la catastrophe pensée par les pouvoirs publics et à laquelle Oran doit faire face, dans les années à venir.

A ce sujet, nous avons noté avec grande inquiétude et désolation, le conditionnement du débat, passant à côté de l’essentiel, de la part des représentants des associations, admettant la concession des forêts comme une fatalité irréversible.

Quant à l’université, elle demeure loin de la réalité sociale, même si on tente de nous expliquer que beaucoup de recherches sont faites pour réduire l’écart.

En outre, la présence des représentants de la direction du tourisme et de l’environnement a révélé un malaise dans le traitement des dossiers même si on prône la concertation dans les décisions et la coordination dans les réflexions.

De tout cela, la journée d’information nous a démontré, plus que jamais, que la démocratie participative est un slogan vidé de son sens, creusant davantage le fossé qui sépare l’administration de ses administrés.

Constitué d’une manière administrative et informelle, le réseau vert tente de jouer le rôle d’une passerelle entre les pouvoirs publics, qui ne manquent d’idées lorsqu’il s’agit de privatisation et la société civile, à la recherche d’un équilibre, encore instable, entre ses intérêts et ses besoins.

Devenue une boite postale légale, en particulier pour le cas d’Oran, la direction du tourisme avalise, pour leur concrétisations, tous les désirs et les fantasmes de certaines personnes, riches et autres, qui gravitent autour des pouvoirs publics au niveau local et national.

Nous nous limitons à la gestion des zones humides, comme il a été soulevé lors de la journée d’information du samedi 17 décembre. Mais QUI fait QUOI? Pour l’instant, la conservation des forêts recense, la direction du tourisme projette et la direction de l’environnement constate. Tout se fait dans l’anarchie la plus totale et sans la moindre coordination, ne serait-ce que dans le volet relatif à l’information.

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Les 16 forêts récréatives objet de concession

Sidi Ghalem : 16 hectares

Ain Franine : 05 hectares

Bir El Djir : 15 hectares

Montagne des Lions : 10 hectares

Hassi Ben Okba : 17 hectares

El Kerma (1 et 2) : 2x 16 hectares

Es Sénia : 10 hectares

Ras El Ain (route des carrières) : 18 hectares

Mouley Abdelkader (1 et 2) : 30 + 05 hectares

Medabra : 15 hectares

Madegh (rivage et Sidi Cheikh) : 11 + 19 hectares

M’sila : 10 hectares

Aïn Khadija : 20 hectares

 

De fausses solutions pour de vrais problèmes: Oran embourbée dans ses détritus.

dans Actualités/Environnement
  • Par S. SLAMA

Les différents acteurs en charge du traitement des déchets urbains ne semblent pas avoir pris la peine d’accorder leurs violons avant de faire des déclarations publics. Ainsi pour la directrice du Centre d’enfouissement Technique de Hassi- Bounif, qui collecte les ordures ménagères du groupement d’Oran, sa structure traiterait 1700 tonnes de déchets par jour. Ce qui dépasse de quelques 200 tonnes, la capacité de traitement pour laquelle le centre avait été créé et qui serait de 1500 tonnes/jours selon une déclaration faite en 2012 par le directeur de l’environnement de la wilaya d’Oran à l’occasion de l’inauguration du CET.

En avril 2016, dans un document publié sur la toile, le R20, nous  annonce que la collecte se situe à 1400 tonnes/jour.  De tout ces chiffres et au regard des tons alarmistes des uns et des autres, il apparaît que le C.E.T risque d’arriver à saturation plutôt que prévu.

Si l’on se réfère au document publié par le R20, et rien  n’autorise à le mettre en doute, le casier n°1 ouvert en mai 2012 et fermé deux ans après soit en 2014. A noter que la direction du CET parle quand à elle de 2015.

Quant au second casier, il  sera saturé selon les prévisions des responsables en 2017, après une durée de vie d’à peine 2 ans.

D’ailleurs, profitant de la visite de la super star américaine et néanmoins président du R20, en l’occurrence Arnold Schwarzenegger,  la directrice du CET de Hassi-Bounif a lancé un cri d’alerte en annonçant la création en  urgence d’un quatrième casier. Ce qui veut dire que le troisième casier risque fort d’être saturé plutôt que prévu et au mieux en 2019, alors que  le quatrième casier dont les travaux sont en voie de lancement sera probablement  fermé, au lendemain des Jeux Méditerranéens c’est-à-dire en 2021.

Si l’on s’en tient au rythme actuel de production des déchets par le groupement d’Oran et de la vitesse de  remplissage des précédents casiers, la fermeture des 6 casiers du C.E.T arrivera  dans le meilleur des cas en 2024.

Bien entendu à la condition que le rythme de production de déchets soit maintenu, ce qui est très improbable tant l’attrait d’Oran est grand et risque fort d’augmenter de quelques centaines de tonnes la production de détritus d’ici là.

                       Le compostage des déchets                                     

Selon l’exposé de la responsable du CET, il est, aujourd’hui,  impératif de changer de méthode et de s’attaquer, non plus, aux déchets secondaires, c’est à dire aux déchets recyclables qui ne constituent en finalité que 30%  de la masse globale.

D’ailleurs, ces déchets étaient déjà largement pris en charge par les célèbres chiffonniers de la décharge du temps ou elle se trouvait à Dayat Morsli puis sur la grande Sebkha.

Ainsi, donc la politique de traitement des déchets basé sur le tri sélectif  n’a finalement aboutit qu’à la formalisation d’un marché existant depuis des lustres, sans plus.

Pour cette responsable, il faut, aujourd’hui, s’attaquer aux 60% de déchets composés de matière organique et cela à travers le compostage.

Cette matière organique n’est pas dangereuse en soi et peut très bien se décomposer sans passer par un système industriel complexe ou une technologie de pointe comme veut bien nous le faire croire l’ONG R20. Cette dernière nous annonce même l’arrivée imminente d’un processus, révolution d’accélération du mûrissement du compost.

C’est là une annonce qui ferait certainement sourire nos paysans, qui depuis la nuit du temps, arrosent leur tas de  compost avec une solution de levure boulangère ou de «khmira». Ce qui  leur permet de gagner un minimum trois ans sur le processus de décomposition naturel sans pour cela avoir recours à une technologie made «in».

Soyons sérieux, à l’échelle d’une ville comme Oran, le compostage ne pourra concerner qu’une infime partie de la masse de déchet produite. Ainsi donc, sur les 1700 tonnes de déchets quotidiens, les déchets organiques représentent environ 1020 tonnes, soit environ 30 000 tonnes par mois. Ce qui constitue, à notre avis, un délai minimum pour une bonne fermentation, sous notre climat et ce quelque soit le procédé de compostage mis en place.

La réduction de la durée de transformation est d’autant plus improbable que la hauteur du tas ne peut excéder deux mètres dans le meilleur des cas. Cette  quantité de compost nécessite forcément pas mal d’espace pour son traitement en continu. Evidemment, sans compter la surface nécessaire à la réception des matières premières qui ne sont seulement des déchets,  le tri qui n’a rien avoir avec celui des canettes et des cartons, le stockage du produit fini et le traitement des refus qui constitue dans le meilleur des cas 40% de la masse traitée. De ce fait, sur les 30 000 tonnes traitées mensuellement 12 000 tonnes finiront, nécessairement, leur vie dans les casiers.

Quel sera donc le prix d’une tonne de matière organique en comparaison avec le prix d’une tonne de fumier animal ?

Il semble évident que les promoteurs du compostage industriel n’ont pas pris la peine de réfléchir à tout cela. Ou  alors, ils  n’ont pas jugé utile de nous l’expliquer.

En conclusion le CET de Hassi Bounif sera certainement bien trop petit pour le compostage des déchets organiques d’une ville comme Oran.

Avec toute la bonne volonté du monde, le centre ne pourra jamais dépasser le traitement de 10% de déchets difficilement compostés du fait de leur très faible rapport carbone organique/azote total.

Actuellement, le compostage représente un processus de transformation qui touche à peine 1% des déchets au niveau national. Au Maroc il a été  abandonné après de nombreuses expériences. En Tunisie ou il à le mieux fonctionné, il représente 5% soit environ 50 milles tonnes par an repartis sur 10 unités de production ce qui en fait somme toute un produit artisanal.

Le compostage est certainement un procédé de valorisation des déchets très écolo,  mais c’est là un processus  qui reste adapté au monde rural et certainement pas à une ville qui génère, par habitant, 57 kg de déchets de plus que la moyenne nationale, si l’on en croit les déclarations des responsables du secteur.

Enfin il y a lieu de s’interroger sur cette étrange et subite fièvre pour le compostage des déchets organiques urbains. Tout en sachant qu’il ne peut, en aucune manière, constitué une solution viable.

Pourquoi nos experts du R20 et nos stratèges de l’environnement, se refusent de penser le traitement des déchets organiques en amont de la consommation même.

La  création de centre de conditionnement dans les zones de production, selon le même schéma que celui qui a permis la création des chambres froides par exemple permettra de réduire de moitie au moins la quantité de matière organique de nos poubelles.

 

 Arnold Schwarzenegger à Oran: Les bons points sans les … blâmes

dans Actualités/Environnement
  • Par S. SLAMA

Arnold Schwarzenegger, ex-star hollywoodienne, ex-gouverneur de la Californie et actuellement grand facilitateur à la tête de l’ONG multinationale dénommée R20, est de retour à Oran. De prime abord, notre homme s’est dit «impressionné par le travail réalisé dans le cadre du partenariat de son ONG en matière de tri des déchets.»  Il  faut  croire qu’il ne faut pas grand-chose pour impressionner le célèbre «Terminator» qui trois ans auparavant à l’occasion de sa première visite, il avait promis qu’il «exterminerait» les déchets de notre ville. Force  est de constater qu’aujourd’hui Oran  n’est pas plus propre qu’il y a trois ans. 

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Cette fois ci  notre homme a soigneusement évité de faire  une quelconque promesse et s’est contenté d’aller visiter  le CET (Centre d’Enfouissement Technique) de Hassi- Bounif, qui sert plus de vitrine (vu  du nombre de visiteurs de haut rang qu’il reçoit) qu’à nous débarrasser de nos détritus.

Soyons sérieux et revenons donc à la visite de monsieur Schwarzenegger et des activités du R20 à Oran.  Un premier constat s’impose, l’hôte d’Oran  témoigne, en son âme et conscience, de la volonté des pouvoirs publics de concrétiser sur le terrain une politique environnementale  dynamique,  puisque selon  Mr Schwarzenegger «cette vision s’est traduite sur le terrain.»  Concrètement cette politique est basée sur le tri des déchets à la phase finale de la collecte au niveau du C E T.

Or, la stratégie préconisée par l’ONG R20 d’Oran  était  basée sur le tri des déchets à la source.  Ce qui  traduit quelque part un échec de cette organisation dans la mise en place et le développement de la politique environnementale du gouvernement.

Le tri  des déchets, qu’il soit à la phase finale ou même à la source, ne se reflète pas dans la qualité du cadre de vie des oranais. Oran n’est toujours pas une ville propre et le restera probablement encore longtemps.

En réalité, le tri sélectif permet tout juste de récupérer de la matière première «bon marché» pour compenser la matière première sensée avoir été importée et qui n’arrive jamais à bon port. Il aurait peut être mieux valu au R20 de mener une campagne contre la multiplication des emballages. Ce qui aurait pu aboutir à la disparition des sacs de plastique que de s’échiner à aller les ramasser.

Mais cela nos amis du R20 ne l’ignorent certainement pas.  Monsieur Arnold, qui semble croire  à la volonté politique de nos responsables de bien faire, est venu  aussi pour distribuer quelques bons points et  probablement récolter quelques dividendes.

Le Centre National d’Etude et de Recherches Intégrées du Bâtiment Algérien (CNERIB), en est le premier bénéficiaire pour son Projet d’Efficience Énergétique dans le secteur de la construction. Un projet vieux de 10 ans qui fut lancé au lendemain du sommet de Kyoto.

Ce projet pilote de la construction de maisons rurales avec une énergie efficiente devait concerner 450 000 maisons rurales. Crise oblige, «l’efficience énergétique» des constructions dans nos campagnes n’est pas sortie des cartons du CNERIB. Il aurait peu être était plus intéressant d’apprendre à nos ruraux à récupérer et à utiliser les eaux  pluviales des toits réservoirs.

Supposons donc que les 450 000 maisons récupèrent chacune 1000 litre d’eau par an, cela donnera au bout du compte 450 millions de litre soit les besoins annuels d’une bourgade de 8000 habitants avec un ratio de 150 litres par jour et par personne.

Après tout pourquoi donc nos paysans doivent-ils économiser, à tout prix, des énergies «subventionnées» si elles doivent finir dans les tiroirs caisses des pétroliers texans ou européens ?

Mais revenons encore une fois au bureau local du R20 qui après la récupération des déchets s’est lancé dans la fabrication du compost à partir des déchets verts et des déchets d’élagage d’arbres urbains.

L’élagage des arbres urbains est un fléau qui réduit drastiquement leur durée de vie, et l’absorption du CO2. En tant qu’ONG participant à la promotion du développement durable, à travers la mise à disposition des nouvelles technologies et des nouveaux matériaux, le R20 local devrait en principe bannir ce type de techniques destructrices de la nature. D’autant plus que de nouvelles techniques agro-écologiques telles que la permaculture permettent, aujourd’hui, de valoriser au mieux les terres les plus ingrates et même de réduire la dépendance à l’irrigation. Pour bien faire les choses, l’ami Arnold, aurait donc aussi du distribuer quelques… blâmes.

 

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