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Chakb Khellil l’amerloque se démarque d’Ouyahia le caméléon

dans Actualités

 

Chakib Khellil, engagé dans une précampagne ( ???), est revenu dans sa conférence donnée à la salle Wahran de l’hôtel Le Méridien sur son désaccord avec Ouyahia, le premier ministre, concernant le recours à l’impression des billets de banque. Pour lui, cette mesure ne peut qu’accentuer l’inflation qui sanctionnera en premier lieu les couches précarisées. Il se dit partisan de l’encouragement des investissements étrangers comme panacée pouvant permettre à l’Algérie de dépasser sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

Après avoir dressé «le cadre actuel» de l’économie nationale, marqué par le tarissement des recettes pétrolières et la chute des investissements, l’ex homme fort du régime de Bouteflika lors de ses deux premiers mandats, estime que l’encouragement des investissements étrangers est la seule issue qui reste à la portée du pays qui refuse l’endettement extérieur en dépit de ses difficultés actuelles et à venir. Par ce, Khellil a tenu à se démarquer avec l’actuel premier ministre, lui aussi figurant sur la liste des présidentiables.

Mais l’ex-ministre de l’énergie qui compte énormément sur sa page Facebook pour se placer en tant que « sauveur » du pays, préconise l’amélioration du climat des affaires pour encourager l’engagement des investisseurs étrangers.

Parmi les mesures qu’il juge nécessaires, il parlera de la levée de l’obligation faite aux investisseurs de passer par les banques nationales pour le financement de  leurs projets. Il évoquera le manque d’informations, un déficit à combler grâce à la digitalisation des services de l’Etat et des communes et wilayas.

Il estime qu’il est désormais impératif d’encourager l’enseignement de l’anglais, langue des affaires que parle aussi bien le chinois, l’hindou ou le turc. Il soulignera que l’absence d’une bourse est prise comme indicateur sur la qualité du climat des affaires en Algérie.

Avec l’actuel premier ministre, Chakib Khellil est en phase quant à la révision des subventions des produits et services de large consommation. Il est tout bonnement pour leur suppression et leur remplacement par des aides aux catégories sociales nécessiteuses à identifier au préalable.

Pour endiguer l’informel, il se dit partisan de l’émission de nouveaux billets de banque, ce qui permettra la bancarisation des masses d’argent circulant dans la sphère échappant à tout contrôle de l’Etat et du fisc notamment.

La proposition a été sur la table durant l’intermède de Tebboune et a été rejetée dès l’arrivée d’Ouyahia aux affaires sous la pression des mêmes milieux qui ont sabordé le projet de l’impôt sur la fortune. Khellil plaide pour une ouverture sur l’Afrique et de développer le sud du pays et qui deviendrait la rampe de lancement pour acquérir un marché d’un milliard de personnes.

L’hôte de la CCIO (Chambre de Commerce et Industrie de l’Oranie) organisatrice de la rencontre a laissé transparaître son américanisme désuet. A peine s’il se rappelle l’existence d’un secteur public en Algérie lui qui a dirigé la Sonatrach et la Sonelgaz, les premiers employeurs en Algérie. Sa préoccupation demeure les investisseurs et étrangers de surcroît.

Interrogé sur l’indépendance de la Justice, il ne relève que la dimension des ressources humaines dans ce secteur. Son discours évacue toute dimension sociale, anthropologique ou politique de la crise économique et financière que traverse le pays. Khellil est bien un pur laine de l’école américaine……qui n’hésite pas de recourir aux massacres des populations pour l’acquisition d’un marché.

  • Par Halim Seghir

 

Limogeages et remue-ménage à la Sonatrach: Opacité et silence …

dans Actualités
  • Par Samir Slama

Le limogeage du vice-président de la SONATRACH en charge du secteur Aval, monsieur Remini a été unanimement qualifié de « très brutal » par de nombreuses sources. «Jamais un cadre dirigeant n’a été limogé de cette façon» nous dira un cadre de l’entreprise. Cette manière de faire des pouvoirs publics, qui en général mettent au moins les formes, a choqué plus d’un et alimenté de nombreuses rumeurs à Oran et dans la zone industrielle d’Arzew. Pour les uns cela serait liée à son caractère que l’on dit impulsif, vulgaire et à la limite de l’agressivité.

remini

Pour autant, ce motif est très improbable, monsieur Remini est un enfant de la boite, son caractère comme sa manière de faire sont connus avant qu’il n’atteigne ce niveau de responsabilité dans la hiérarchie de l’entreprise.

Pour d’autres, il s’agirait d’un contrat signé avec un major qui aurait «mal tourné» si l’on peut dire. Cela est tout aussi improbable, ce genre de déboires n’est pas nouveau à la SONATRACH et le limogeage d’un cadre dirigeant pour ce motif créerait un précédent dangereux que les dirigeants d’entreprises verraient d’un mauvais œil.

Un ancien cadre supérieur nous dira qu’il existe de nombreux fusibles  qui auraient du sauter avant d’arriver au vice président, s’il s’agissait d’un problème dans la gestion d’un contrat ou même d’un complexe. Or aucun fusible n’a sauté à la direction Aval.

Par contre le départ du vice président coïncide avec la décapitation de l’holding SOALKIM, filiale spécialisée dans la gestion des nombreuses entreprises pétrochimiques créées en partenariat.

Ce holding a vu le limogeage de son PDG et du président de son  conseil d’administration. On note aussi le départ du remplaçant de monsieur Rémini à la tête de la direction des Filiales et Participation(FIP), qui gère plus de 150 entreprises et filiales au niveau national et international.

L’autre coïncidence, pour le moins étrange est celle du limogeage « anticipé » du PDG de la SORFERT. Un expatrié de nationalité canadienne qui serait devenu indésirable et qui devrait quitter le pays d’ici le mois de mars prochain.

Enfin, on note aussi de nombreux départs et mutations de cadres supérieurs et dirigeants, notamment dans la direction audit et  la direction Stratégie, Planification et Economie. Ces limogeages et ces mutations en série ont, toutefois, un point commun en l’occurrence la SORFERT.

Cette entreprise est spécialisée dans la production et l’exportation d’ammoniaque sous forme liquide et d’urée sous forme solide.  Créé du temps de Chakib Khelil en partenariat avec ORASCOM Construction et Industrie (OCI), propriété du célèbre homme d’affaire égyptien Sawiris, SORFERT qui n’en finit pas de défrayer la chronique est  embourbée dans une affaire de transfert de 16 millions de dollars, affaire actuellement instruite au pôle judiciaire de Benzerdjeb. Cette société mixte n’avait pas besoin d’une nouvelle affaire et surtout de cette ampleur.

En parallèle à cette affaire de transfert de devises, la justice semble particulièrement intéressée par cinq contrats établis en 2013 et relatifs à la fourniture d’urée et d’ammoniaque à une filiale d’OCI installée à DUBAÏ, dénommée «OCI Fertilizer Trading Limited -Dubaï Branch

Ces contrats représentent un montant de quelques 35 millions de dollars et étaient ignorés avant que J.D.O (Voir le dossier Sorfet) ne les étalent sur la place publique.

Ces dossiers n’ont pas fait l’objet d’investigation de la part des limiers de la gendarmerie nationale et ne font donc pas partie du dossier instruit au niveau du pole judiciaire.

Ces contrats ont étés établis en 2013. Epoque ou monsieur Remini présidait la FIP, il pourrait donc être plus ou moins rendu pour responsable de cette affaire ou la SONATRACH a été grugé par son partenaire égyptien. Ce qui n’est pas une première en ce qui concerne ORASCOM.

En clair, les seules pertes financières qui font parties ne seraient pas un motif suffisant pour expliquer cette décapitation.  «De nombreuses pistes sont envisageables mais aucune ne peut aboutir au limogeage du vice président de la SONATRACH, à moins bien sur que l’Algérie, est du jour au lendemain sérieusement changée. » nous dira un fin connaisseur.

Des rumeurs déjà anciennes, ont fait état de la découverte par les services de sécurité «d’engrais» au fin fond du Sahara. Toutefois cette rumeur a été démentie par le bilan rendu public par l’A N P, qui a fait  état de la découverte d’une quinzaine de  15 kg d’urée sans pour cela indiquer son origine. Ce qui d’ailleurs serait assez difficile à établir vu que cet engrais à une  même matière première et une même origine.

Quand au transport de quantités importantes cela est quasiment impossible tant la surveillance des routes menant vers le sud du pays est  forte et aucun trafiquant ne s’y risquerait. D’ailleurs un contrôle très strict est assuré par la gendarmerie nationale quand à son déplacement et son utilisation chez les agriculteurs même.

Selon des bruits qui circuleraient dans les milieux de la pétrochimie, la «colère» des pouvoirs publics aurait pour origine la livraison de l’urée à un pays du Moyen-Orient, black listé par l’Algérie. Ce qui impliquerait non seulement l’entreprise qui a livrée la marchandise mais aussi un pays tiers qui entretient des relations avec ce pays black listé et aurait constitué la destination finale.  Cette affaire aurait été montée par un partenaire de la SONATRACH, qui, dit on, a manqué de vigilance.

Selon notre spécialiste « Il s’agit bien entendu ici d’une simple hypothèse, mais d’une hypothèse qui tient la route tant le mystère est opaque au point que même le ministre de l’énergie et le PDG de la SONATRACH ignorent la cause de ces limogeages« .

Le(s) scandale(s) de trop de la SORFERT (suite et fin): Quand le commerce va… tout va

dans Actualités/Economie
  • Par Samir Slama           

A l’origine dans l’accord d’association entre SOALKIM/SONATRACH et ORASCOM CONSTRUCTION ET INDUSTRIE  (OCI), il était prévu, en sus, de la création d’une unité de production d’ammoniaque et d’urée, une société spécialisée dans la commercialisation des produits. Cette société, dont le siège devait être à l’étranger, n’a jamais vu le jour, faute de quitus du gouvernement algérien. Devant cette situation, les associés de la SORFERT ont donc paré au plus pressé et cela dans le cadre d’un avenant, qui fut signé par les deux parties, le 27 mai 2013. Comme pour les autres aspects de l’association, chacun des deux actionnaires est dûment représenté dans cette direction.

conflit-d-interet

Ainsi tous les documents relatifs à la commercialisation, en l’occurrence les contrats de vente devront être impérativement signés conjointement par le directeur commercial, pour le compte de l’OCI et le directeur commercial adjoint pour le compte de SOALKIM /SONATRACH. Cela ne fut pas le cas pour de nombreux contrats notamment au démarrage de l’Usine.

L’équipe du J.D.O a pu obtenir quelques contrats ou la partie algérienne n’est pas signataire. Ce qui, bien entendu, ne veut pas dire qu’elle n’était pas au courant.

 

Contrat de vente d’urée signé uniquement par le PDG sans le paraphe du partenaire algérien.

Toutefois cette manière de faire est plus que suspecte et amène un certain nombre de question.

Sur les 8 contrats, dont J.D.O a pu obtenir une copie, cinq concernent une filiale d’OCI, installée à DUBAI et dénommée «OCI Fertilizer Trading Limited -Dubaï Branch. »

Ces contrats représentent plus de 35 millions de dollars dont 19 millions pour la vente de 45 000 tonnes d’ammoniaque et 16 millions pour la vente de 50 000 tonnes d’urée.

Le premier contrat, pour la vente d’ammoniaque a été établi le 26 septembre 2013. Le second, 10 jours plus tard. Quant au 3 ème contrat, il a été établi 20 jours plus tard, soit le 27 octobre 2013. Il y a eu, donc, à peine 1 mois entre ces trois contrats pour le même client et pour la  même matière. La variation entre les prix de la tonne ne dépasse pas les 29 dollars pour l’ammoniaque.

Les deux autres contrats de vente, établis avec cette filiale, concernent la cession de 50 000 tonnes d’urée en granulé.

Les contrats sont respectivement datés du 8 et 27 octobre 2013.

Sachant qu’il s’agit la d’un même client, en principe agrée par le C.A et tenant compte de la durée relativement très courte entre les commandes, il y a lieu de se demander pourquoi les responsables de la commercialisation n’ont pas établi un seul contrat pour chacun des produits, sur la base d’un prix moyen, quitte à réajuster les prix sur la dernière facturation s’il y a lieu. D’autant plus qu’il s’agit là d’une filiale de l’entreprise mère de la SORFERT ?

Cette question mérite certainement de l’intérêt mais elle n’est pas la seule et unique interrogation dans ces contrats.

De nombreux éléments apparaissent très étranges pour ne pas dire suspects. A commencer par l’identité du signataire du contrat qui n’est jamais établi. Alors que les autres contrats établis avec la SONATRACH, par exemple avec des clients européens, les signataires des contrats sont bel et bien identifiés.

C’est peut être pour «justifier» ces contrats que le 9 septembre 2013 que la direction juridique envoie un courrier adressé au PDG de SORFERT, à son adjoint et au président du conseil d’administration de SOALKIM, dans lequel elle souligne « qu’il y a des difficultés dans l’application de l’article 5 dans l’avenant du 27 mai 2013 de l’accord d’association » entre SONATRACH ET ORASCOM. La directrice juridique trouve « anormal » que les directeurs commerciaux soient habilités à signer sans que des seuils soient fixés.

Elle écrira : «En effet, les dispositions de l’Avenant à l’Accord d’Association, ne prévoient pas les seuils accordés au Directeur Commercial et au Directeur Commercial Adjoint, dans les formes réglementaires comme cela a été le cas pour les délégations de pouvoirs accordées par le Conseil d’Administration aux PDG et DGA, sachant que le C.A, en date du 18/07/2007, a délégué dans la limite de ses propres pouvoirs, sans préjudicier aux prérogatives entendus statutairement à l’Assemblée Générale des Actionnaires.»

 UN AMALGAME QUI SERT ORASCOM

contrat sonatrach

Pourquoi la directrice juridique tient-elle tant à fixer des seuils aux responsables commerciaux alors que leur principale activité est justement de vendre le maximum de produits, au meilleur coût, et le plus rapidement possible.

Comment pourrait-on fixer des seuils à des commerciaux alors que les prix sont établis par le marché international et donc sujet à des variations qui peuvent être très importantes.

Ainsi donc, si demain le prix de la tonne d’urée venait à connaitre une flambée significative, par exemple 600 dollars la tonne au lieu des 300 habituels, ces commerciaux devront vendre deux fois plus de produits pour rester dans les seuils que la directrice juridique voudrait leur voir imposer.

C’est là un raisonnement pour le moins équivoque dans un secteur ou il vaut mieux réagir au quart de tour pour être dans la compétition.

Comment  ne pas s’étonner qu’un cadre supérieur, juriste de surcroît puisse t-il  confondre à ce point un acte de gestion et un acte commercial ?

Et pourquoi donc la lettre en question est-elle adressée au président du conseil d’administration de la SOALKIM, alors qu’il n’est nullement sollicité pour d’autres questions relatif à la gestion de l’entreprise, voire sur les supposés dépassements de son subordonné, tels qu’ils ont été dénoncés aux responsables politique du pays ?

Ce sont là autant de questions qui restent pour l’instant sans réponses.

Toutefois, la proposition que fera la directrice juridique dans sa lettre apporte quelques éléments de réponses.

Bien entendu, il n’est nullement question de stopper les ventes ni même de réduire la production, en attendant une réponse des responsables sollicités. « …La pratique relative à la signature des contrats au sein de la société doit être maintenue conforme aux dispositions des Statuts actuels et de la Résolution du Conseil d’Administration du 18/07/2007 tout en donnant au Directeur Commercial et au Directeur Commercial Adjoint les prérogatives de paraphe des contrats de commercialisation ; jusqu’à ce que les Actionnaires en décident clairement autrement en fixant des seuils propres aux contrats de ventes des produits entrant dans les prérogatives conjointes et communes du Directeur Commercial et du Directeur Commercial Adjoint sans préjudice aux prérogatives financières rattachés aux responsabilités individuelles et conjointes du PDG et du D G A.»

Notre juriste n’ignore pas que le C.A a accordé des seuils individuels aux gestionnaires de l’usine et autorisé le PDG, représentant d’OCI  a signé, pour tout contrat «de gestion s’entend», dans la limite de 10 millions de dollars tout en ne lui faisant pas obligation de les faire contresigner par son partenaire algérien.

Alors que le seuil fixé par le C.A pour le D.G.A est d’à peine 5 millions de dollars, ce qui ne lui permet pas de signer des contrats commerciaux internationaux qui, en général, portent sur de plus gros montants.

D’ailleurs, les 8 contrats, qu’a pu consulter J.D.O, dépassent allègrement le seuil fixé au DGA par le conseil d’administration.

Par contre les règles des jeux établis par les deux partenaires dans le cadre de l’accord sur la commercialisation des produits, font de la signature des deux parties un impératif incontournable pour tout contrat, et ce quelque soit le montant.

Voila ce qui peut expliquer que les premiers contrats de SORFERT soient signés non pas par les responsables commerciaux mais uniquement par le seul PDG sur la base des conseils et des remarques très avisés de sa responsable juridique.

Voila aussi ce qui expliquerait pourquoi la commande d’OCI Dubaï a été fractionnée en 5 contrats avec des montants bien entendu inférieur à 10 millions de Dollars.

Contrat de vente d’urée à la Sonatrach au même prix qu’à l’international contrairement aux accords.

Sur les 8 contrats en possession de J.D.O, un seul concerne la SONATRACH.  Le contrat, daté du 17 octobre 2013, prévoit la livraison de quelques 20 000 tonnes d’urée au prix de 322 dollars à la tonne. C’est la 1ère cargaison de produit que l’Algérie achète à SOFERT. Le  prix de cession semble assez moyen et même légèrement plus faible de 3 dollars par rapport au prix à la tonne cédé à la filiale O.C.I de Dubaï à la même période.

Le « hic », si l’on peut dire, c’est que l’avenant n°1 à l’accord d’association prévoit tout autre chose.

Le prix de cession de l’urée sur le marché national se devait d’être réduit de 20 à 50% par rapport au prix moyen du marché international de la semaine qui précède l’enlèvement de la matière.

Dans ce cas précis, la réduction pour le marché national, aurait du être bien plus consistante que les 3 dollars de réduction accordé à la SONATRACH par la Sorfert.

Il semblerait que les actionnaires n’ont pas suivi la juriste dans son raisonnement et ont accordé aux seuls responsables commerciaux un pouvoir illimité en la matière.

Mais rien ne nous dit que les contrats passés par OCI-Dubaï n’ont pas étés classés dans la case pertes et surtout… profits.

 

Le(s) scandale(s) de trop de la Sorfert (suite) : Danger sur la population d’Arzew

dans Actualités/Economie
  • Par Meriem Ines

Dans sa lettre au ministre de l’énergie, la directrice juridique de la SORFERT soulignera que « deux équipes d’auditeurs de SONATRACH ont audité sa direction. Suite à quoi ils auraient adressé des félicitations à sa première responsable« . Ce qui est tout à son honneur.

Toutefois, le rapport du Commissaire aux comptes pour l’exercice 2014, présenté lors du C.A du 29 juin 2015, celui-ci démontre quelques imperfections dans le traitement juridique de quelques dossiers. Notamment dans le dossier de la location de camions pour le transport délicat de l’urée. 

L’urée produit classé dangereux en plein centre de la ville d’Arzew. Cliché attaché au rapport que la police a adressé au PDG de la SORFERT et aux autorités militaires et civils.

Cette affaire commence en 2010. A cette époque, c’est le partenaire algérien SONATRACH qui annule le marché suite à la plainte d’un soumissionnaire.

En 2011, un autre contrat est établi mais l’adjudicataire s’est avéré incapable d’honorer son contrat.

En 2012 un contrat est signé avec la société «Hydro-Tobato». En définitive, il sera annulé par la SORFERT, faute de la présentation d’une autorisation de transport des produits dangereux par le prestataire de service.

Dans son rapport au C.A, le commissaire aux comptes souligne : «En date du 01/09/2013, une lettre d’opportunité pour passation d’un contrat ou d’un ordre de service Temporaire a été effectuée par le directeur commercial et signée par le PDG à l’effet de passer un contrat direct pour transporter l’Urée à titre temporaire dans l’attente du lancement d’un appel d’offre national

Quelques jours, plus tard soit le 10/9/2013, un ordre de service est établi au nom de la « SARL MOTRANI ET FILS », domiciliée à Sidi Chahmi dans la wilaya d’Oran.

L’article 4 stipule que le prix du transport est de 600 DA la tonne en hors taxe et sans révision possible.

Quant à l’article 6, il stipule bien qu’il s’agit d’un O.D.S temporaire qui prendra fin avec l’établissement d’un contrat par les dits partis. Le coût annuel de cette opération dépasse les 39 millions de dinars pour une période de 4 mois.

Un O.D.S à durée illimitée   

ODS à durée illimitée

Le 1 janvier 2014, un avenant à l’O.D.S est établi avec le même transporteur. L’établissement d’un avenant à un O.D.S qui est, en réalité, une commande, est une démarche assez singulière. Aussi, il est tout à fait improbable qu’elle soit prévue dans le codes des marchés.

Dans cet avenant, de nombreux changements sont enregistrés à commencer par une réduction de 50 Da par tonne d’urée transportée. Alors  que l’article de l’O.D.S principal stipule, en son article 4, que le prix est… non révisable. C’est là une première. Car, en principe, les entreprises rechignent à procéder à une quelconque réduction d’autant plus que notre prestataire de service n’est pas confronté à une quelconque concurrence. Cette concession dans le prix de la prestation n’est pas un geste gratuit et magnanime de la SARL MOTRANI ET FILS et appelle, donc à quelques compensations.

C’est ainsi que la qualité temporaire de l’O.D.S est tout simplement remplacée par la durée illimitée de la prestation de service. «En  modifiant le prix et la durée de la prestation, c’est la nature même du contrat qui a été modifiée» nous dira un expert pour qui, cet avenant est, en réalité, un nouveau contrat … déguisé en avenant.

Le nouveau prix de la prestation n’est pas aussi anodin qu’il le parait. En réalité, ce prix permet au principal manager de l’entreprise de payer des factures qui totalisent 450 millions de dinars sans avoir recours à l’autorisation de ces partenaires.  Ce que, d’ailleurs la responsable juridique ne manquera pas de souligner lors du C.A du 29 juin 2015 où elle déclarera «que le dit contrat est dans les limites permettant la signature d’un contrat direct pour cette prestation sur la base des pouvoirs donnant au PDG et au DGA  la prérogative légale de signer un contrat direct dans le cadre d’une certaine échelle pour le PDG ou le DGA séparément ou conjointement».  Bien entendu notre directrice juriste évitera soigneusement de souligner que les pouvoirs octroyés au PDG et à son adjoint ne le sont que dans le strict respect de la légalité.

Lors de sa présentation des comptes aux membres du C.A le 29 juin 2015, le commissaire aux comptes écrira «un appel d’offre doit être lancé en urgence conformément à la réglementation relative à la passation des marchés au sein de SORFERT.»  Cette mission incombe, en principe, à la direction juridique de la SORFERT. Du moins, selon  le préambule du manuel de procédure juridique où il est écrit, noir sur blanc, que «la mission majeure et principale  de la direction juridique est de mettre en conformité et/ou de veiller à la conformité légale et réglementaire des actes et activités de la société… » Ce n’est pourtant pas vraiment en conformité avec les lois et règlements en vigueur tel que le souligne le rapport du commissaire aux comptes que cette affaire continuera d’être traitée.

Contre toute attente, un deuxième avenant est fait à l’ordre de service temporaire établi en 2013. Sauf que cet avenant est établi au nom de la SARL TRAMOUEST qui n’est autre que la nouvelle dénomination de la SARL MOTRANI ET FILS. Ce 2ème avenant prend effet à partir du mois d’octobre 2014 pour une durée… illimitée.

Dans cet  avenant,  il est notamment souligné que les contractants se sont entendus sur un certain nombre de conditions. C’est ainsi que l’on peut lire que «l’ordre de service de base, objet du présent avenant, est modifié, en son article 4 pour une durée limitée.

Problème; sur le document de base en question, l’article 4 ne porte pas sur la durée du contrat mais sur le montant de la prestation qui revient au tarif initial à savoir 600 da la tonne.

A aucun moment, dans cet avenant n°2, il est question de l’avenant n°1 et des changements qu’il avait apporté en l’occurrence le caractère illimité de la prestation et le coût de la prestation (550 da.)

Plus grave encore, cet avenant nous apprend que la Sorfert n’a pas encore sa propre autorisation de transport de produits chimiques dangereux. La demande ne sera déposée qu’en octobre 2015 et accordée le 22 novembre 2015 pour une durée de deux mois, à compter du 24 novembre 2015. Le listing des camions  accompagnant la dite autorisation et les chauffeurs désignés appartiennent…. à la SARL TRAMOUEST.

Dans le rapport établi à l’intention des membres du C.A en date du 29 juin 2015, la responsable juridique de SORFERT justifie le choix de l’entreprise MOTRANI alias TRAMOUEST par le fait que «les prestations  nécessitaient des équipements/camions spéciaux et des autorisations  dont peut être n’auraient pas disposés  d’autres transporteurs.» Au vu de cette déclaration, c’est donc pour des raisons strictement sécuritaires que l’on a confié le transport de cette matière éminemment dangereuse à cette société.

Pourtant la SORFERT sera saisie, au moins à deux reprises, pour le non respect des normes de sécurité pour le transport de l’urée.

Selon les documents en notre possession, les services de sécurité ont été obligés, à plusieurs reprises, d’intervenir sur le parcours des camions suite à des déversements de l’urée sur la chaussée dans la ville d’Arzew.

Selon la page facebook dédiée au représentant de SOALKIM/SONATRACH quelques 6000 à 7000 tonnes d’urée soit environ 2 millions de dollars seraient passé par perte et profit à SORFERT dont une bonne partie serait due à des incidents de ce type. C’est du moins la thèse qui circule parmi les travailleurs.

A la fin de décembre 2015, un avis d’appel d’offre est enfin lancé. Il semblerait que cet appel d’offre restreint a été, encore une fois, infructueux et a donc nécessité de prolonger O.D.S de TRAMOUEST EX MOTRANI pour cette année encore.

Le dossier TRAMOUEST, n’est pas la seule «affaire» de la SORFERT.  Le dossier SADHXHO est encore bien plus interrogatif. Ce sous traitant a, en charge, la mise à disposition de moyens humains et matériels, en vue d’assurer le nettoyage et le maintien des surfaces techniques ainsi que la petite maintenance des Bâtiments techniques et administratifs de SORFERT.

Son premier engagement en tant que tel remonte à mars 2014 pour une durée d’un an. Son contrat fut tacitement reconduit en 2015, sauf qu’en principe, il ne devait pas l’être pour un manque flagrant de discipline et pour l’agression de plusieurs travailleurs de SORFERT dont un cadre.

Mieux encore les agents organisèrent une grève sauvage au sein de l’usine bloquèrent son entrée. Ce qui conduira le représentant de SOALKIM SONATRACH en tant qu’interlocuteur officiel des partenaires algériens à demander à la direction juridique de déposer une plainte en bonne et due forme contre ce sous-traitant.

A ce sujet, le représentant de SOALKIM  copropriétaire de l’entreprise SORFERT souligne dans une note adressée au PDG  «j’ai, à plusieurs reprises, demandé à la direction juridique de déposer plainte sur certains employés du sous-traitant SADHXHO pour plusieurs infractions commises. Aucune suite n’a été donnée à toutes ces demandes. Je vous demande la aussi de nous fournir les explications. Naturellement, votre silence affiché vis-à-vis de toutes ces demandes est complice. »

 L’ORIGINE DU CONFLIT

Document illustrant le management de SORFERT.

Le système de management introduit dans la SORFERT par le top management des égyptiens n’est enseigné dans aucune école au monde et certainement pas dans les universités anglo-saxonnes ou allemandes.

L’histoire commence avec  l’entretien qu’a eu le PDG de l’entreprise avec les agents de sécurité  de la société G O S en date du 12/10/13. Lors de cet entretien le PDG promet un salaire de 40 000 da  à ces agents  avec effet immédiat. Soit une augmentation de plus de 160% par rapport au salaire prévu dans le cadre du contrat.  C’est là une première dans l’histoire du management, car  en  augmentant  les charges de gestions de  l’entreprise cela réduit automatiquement les parts de bénéfice des actionnaires. Ce qui serait  encore plus étonnant c’est que monsieur Sawiris ait recruté un manager pour faire du social en Algérie, à moins que cela répond à des objectifs précis.

Cette affaire des agents G.O.S fera boule de neige et poussera les agents de la SADHXHO à demander le même traitement. Bien entendu  la stratégie de management développée dans la SORFERT par le partenaire ORASCOM n’agrée pas le partenaire Algérien en l’occurrence la SONATRACH, non sans raison d’ailleurs.

L’opposition du représentant du partenaire algérien à cette politique est bien entendue largement diffusée dans l’entreprise, la page face book «  l’injustice du DGA de la SORFERT à Bethioua » contribue largement à mettre le feu au poudre. Le DGA est pris à partie et les employés de SADHXHO défilent sur la place publique à Bethioua en brandissant des pancartes où on a écrit «IRHAL DGA » (Dégage), en 2013, c’est le printemps arabe et le mot «IRHAL» est la dernière mode cairote.

Le mouvement de protestation des travailleurs de la SADHXHO trouve de la sympathie et un soutien  au sein même de la SORFERT.  Comment  pourrait-on expliquer que les agents d’une entreprise sous traitante (G O S) prennent le risque de contacter un client (PDG SORFERT) pour obtenir un meilleur traitement salariale ?

En principe ces agents auraient dû entreprendre des démarches auprès de leur employeur au pire avec leur interface  dans la SORFERT. Quant au client (PDG) il aurait très bien pu les renvoyer à leur employeur et même si dans un geste très magnanime il a accepté de prendre en charge leur préoccupation, il aurait dû inviter le sous traitant à la table de négociation.

A la lecture d’une correspondance adressée au PDG  en date du 22/10/13, par le gérant de la société G O S, il apparaît clairement que rien de tout cela n’a été fait. Les négociations ont été menées par une délégation d’agents de sécurité et le PDG seulement. Ce qui suppose  qu’entre les représentants des agents de sécurité et le PDG il n’y avait aucun intermédiaire «sûr» pour entreprendre les négociations préliminaires et donner suffisamment d’assurances aux agents de sécurité

Qui donc pouvait garantir à ces agents que le PDG de la SORFERT écouterait d’une oreille attentive leurs doléances ?

Ceci emmène de nombreuses questions.

Pour quelles raisons le PDG de la SORFERT  a-t-il pris l’initiative d’augmenter les salaires d’une centaine d’agents d’une société, sous contrat, tout en sachant que cela ferait boule de neige ?

Pourquoi une augmentation qui équivaut à pratiquement le double du salaire qu’ils percevaient ?

Il est clair que ces agents n’en espéreraient pas autant. Pourquoi avoir accordé cet avantage aux agents de G.O.S sans même informer le partenaire algérien et l’impliquer dans la revendication de SADHXHO ?

Pour la 1ère question  la réponse est simple. En fait, il y a deux réponses la première est assez simple un adage de chez nous dit «el yad atmad wa al ain tahcham»  que l’on peut traduire par «quand la main donne l’œil a honte » à la limite on peut aussi dire que «l’œil se ferme.»

La deuxième raison est qu’une telle augmentation frappe les esprits.

Pour la deuxième question la réponse est évidente, le représentant de SOALKIM ne pouvant cautionner une pratique contraire au code des marchés et en empêchant par là de nombreuses personnes de beurrer leur tartine au frais de la princesse allait s’attirer toutes les haines du monde.

Enfin il y a lieu de s’interroger sur l’impunité des agents et des renouvellements de contrats pour SADHXHO? Accessoirement on peut aussi s’interroger sur le silence de SONATRACH et des pouvoirs publics ?

 UNE AUGMENTATION POUR SERVICES RENDUS

EMAIL KARIMA

  En juin 2016, le  second contrat de cette entreprise est arrivé à expiration. Quoique informée par note et par mail depuis mars 2016. La direction juridique ne lance aucun appel d’offre et attend calmement la fin du contrat de SADHXHO.

Depuis juin dernier SADHXHO est lié à la SORFERT par des O.D.S mensuels et pour un montant approximatif de 18 million de dinars par mois.  Soit une augmentation approximative de 6 millions de dinars, par mensualité, par rapport au prix arrêté dans les deux contrats. C’est là un procédé pour le moins énigmatique.

D’autant plus énigmatique que la patronne de SADHXHO, sans être sûre de voir son contrat renouvelé, doit impérativement répercuter cette augmentation sur son personnel.

S’agit-il de payer par là et d’une manière détournée un service ?  Si tel est la cas, de quel service s’agit il ?

Qui est SADHXHO et quels liens entretiennent-elle avec les managers de SORFERT ?

La réponse à cette question est assez simple.  La gérante de cette entreprise n’est rien d’autre que l’épouse du responsable de la sécurité interne et donc l’interface de G.O.S.

 

 

 

 

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