Tag archive

pouvoirs publics

La vielle ville ou la déconstruction historique d’Oran.

dans Actualités

La Calère, de la forêt urbaine au complexe touristique 

L’affaire de la destruction du vieux quartier de Sidi Houari n’arrête pas de soulever de trop nombreuses interrogations. Pour rappel, la déconstruction du quartier historique a bel et bien commencée en 1984 avec la célèbre Scaléra. A l’origine de cette première destruction  l’écroulement de quelques maisons  mal construites et adossées les unes aux autres. L’idée de construire un complexe touristique ouvert sur le port émergera à cette époque. Mais le projet capotera parce que l’étude du sol diagnostiquera une faille sur toute la longueur du site.  Il refera  surface en 2000 et sera catégoriquement rejetée par le président de la République en personne lors de son périple oranais.

Presque 20 ans après, voila donc que ce projet refait surface. Coïncidence du calendrier ou rappel à l’ordre, il réapparaît quelques jours seulement après que le nouveau wali,  après avis de la société civile, est retenu un projet de végétalisation du site. Selon des sources bien au fait de la situation «Il ne s’agirait  pas  d’une erreur de la part du premier responsable de la wilaya bien au contraire. Le changement de cap serait due à l’intervention  des promoteurs du projet qui n’ont jamais désespéré de voir leur projet aboutir et ont jugés opportun d’actionner leur relais haut placés aux seins des pouvoirs publics

L’idée d’un complexe touristique n’est pas mauvaise en soit, elle serait même la bienvenue. Ce complexe pourrait créer une nouvelle dynamique dans cette partie de la ville. Par contre cette étude ne peut pas être agréée alors qu’il n’existe aucun cahier de prescription conformément à la réglementation en vigueur puisque le plan de sauvegarde a été bloqué sur une décision politique et que le POS, s’il existe, est de fait caduc puisque il est antérieur au décret de création du secteur sauvegardé.

Qui est donc responsable de cette situation kafkaïenne ? Si certains lèvent les yeux vers le ciel, d’autres n’hésitent pas à indiquer… la capitale.

En 2016, à partir du site Choba dans la commune de Ziama Mansouriah, le ministre de la Culture affirmait que l’Etat est « déterminé à concrétiser les plans de sauvegarde et de mise en valeur des sites archéologiques ».

Il a par la même occasion, appelé à trouver « des alternatives » pour valoriser des pans de l’histoire du pays, tout en « libérant la voie » aux projets de développement retenus dans les différentes régions.

Aujourd’hui à Oran la voie aux projets de développement est justement coincé parce que les ronds de cuir du ministère n’ont pas trouvé de solution alternative au blocage organisé du plan de sauvegarde de Sidi El-Houari et ouvre ainsi la voie à la dévalorisation et à l’effacement de l’histoire d’Oran.

Le Murdjajo  du parc culturel et naturel  à la promotion immobilière    

       

C’est depuis les années 2000 que les appétits se sont aiguisés et que la déconstruction du quartier s’est élargie pour prendre une autre dimension. L’exemple de Sidi Yahia, le quartier chic de la capitale est, depuis cette époque, cité en exemple urbain à reproduire pour la nomenklatura.

Le projet de foresterie, qui a été dés le départ une superbe fumisterie,  n’a jamais fait  l’objet d’un début de concrétisation  fut-elle théorique. Les déblais issus de la démolition ne furent jamais traités, à bon escient d’ailleurs, car l’apparition d’une végétation naturelle aurait dérangée les projets des lobbys de l’immobilier et les affairistes des administrations locales.

Ce projet est aujourd’hui officiellement considéré comme une idée saugrenue et une fable irréalisable, «nul n’est tenu à l’impossible» dit-on en haut lieu, cela se peut bien. Mais s’agit-il vraiment de quelque chose « d’impossible » ?

Il y a 166 ans aujourd’hui cette montagne pelée fut, par la volonté d’un homme, transformée en un parc naturel et culturel. Ce fabuleux patrimoine, nous a été légué par la France coloniale n’en déplaise au bien pensant.

Classé en tant que parc national avec une surface de 688 ha en décembre 1925 et lauréat du prix Elena Mercouri décerné par l’UNESCO en 2001, le parc du Murdjajo est aujourd’hui en voie de destruction, de fait par des hors-la-loi en col blanc puisqu’il n’existe, dans le droit algérien, aucun texte qui le permette.

Aujourd’hui, alors que dans toutes les villes monde la course contre le réchauffement climatique est mesurée à l’aune des surfaces boisées crées, le parc des Planteurs est quand à lui, abandonné au profit du très puissant lobby de la promotion immobilière…. bien entendu de luxe.

L’histoire occultée d’une ville millénaire  

En 2015, les pouvoirs publics ont entrepris le délogement des squatteurs de la Casbah. Cette opération engendra un enthousiasme sans précédent pour cette vielle citadelle que les oranais avaient hâte de découvrir. L’intérêt pour cette citadelle provient du fait qu’il constitue l’un des rares sites qui rattache les oranais actuels à leurs ancêtres  arabo-berbères fondateurs de la ville.

L’histoire des premiers siècles de la citée  sont peu et mal connus, sinon à travers les écrits de quelques chroniqueurs  tel que El-IdrissiLéon l’Africain ou encore Ibn Khaldoun. C’est donc le sous sol de cette citadelle qui fut peu remaniée,  que l’on peu retrouver des éléments probant de cette histoire vielle de quelques 5 siècles.

Cette prospection archéologique n’est pas un caprice d’amoureux du patrimoine, elle est la pierre angulaire de la politique préconisée par les pouvoirs publics et relève de la responsabilité du ministre de la culture qui souligne dans le préambule de son document de référence intitulé Schéma directeur des zones archéologiques et historiques : «Toute approche qui prône la négation du territoire comme lieu de mémoire et d’histoire, en le réduisant à un simple support d’implantation et de distribution de vestiges archéologiques, ne peut mener que vers une lecture esthétique et romantique de la richesse historique. »

Aujourd’hui, faute de fouilles et d’un véritable travail d’archéologie, de nombreuses sollicitations de la société civile adressées à qui de droit au temple ministériel sont restées sans réponses.

Pourquoi cette négation de l’histoire islamique d’Oran que l’on étiquette d’Espagnol ou des plus française des villes algériennes alors qu’elle est l’une des rares villes du Sud de la Méditerranée à être  fondée par les Omeyades d’Espagne ?

Pourquoi vouloir à tout prix l’éloigner de la mer alors qu’elle lui doit sa fondation ?

A ces questions, il n’y a pas de réponses et il ne faut surtout pas compter sur les ronds de cuir du ministère de la culture pour y répondent, eux qui ne viennent dans cette ville de province que pour des visites festives et protocolaires.

Sidi El-Houari, un site classé et déconstruit.

Depuis 2003 chaque année ou presque, apporte son lot de destruction de la mémoire de la ville. Les coups les plus meurtriers seront apportés à partir de 2014 par un wali qui sera bien entendu promu ministre. En 2015, le décret érigeant Sidi el Houari en «secteur sauvegardé» est promulgué.

Paradoxalement il ne sauvegardera pas la ville basse, bien au contraire, il accélère sa démolition. Les donneurs d’ordres tapis dans l’ombre confient le sale boulot aux bulldozers de la municipalité ou leurs hommes de main sont aux commandes ou très proches.

Comment pourrait on expliquer que les îlots ciblés ne sont ni les plus dégradés, ni les plus utiles aux réaménagements du quartier mais juste les mieux … situés.

Le plus intrigant n’est peut être pas la volonté des puissants lobbys locaux et nationaux qui ont pris dans leurs serres crochues la destruction de toute cette partie de la ville. Mais bel et bien le silence complice de la tutelle.

Quelques heures seulement  après l’incident condamnable d’Ain el Fouara à Sétif, le ministre de la culture décrète le branle bas de combat et mobilise homme et moyens pour venir au chevet de la vielle dame.

Dans un communiqué officiel il annonce avoir pris attache avec le wali et arrêté les mesures nécessaires pour réparer l’outrage.  Cela bien entendu  n’est pas le cas d’Oran ou les ronds de cuir du ministère préfèrent regarder ailleurs lorsqu’un pan de l’histoire d’une ville vielle de plus de 12 siècles est foulé par des bulldozers.

Et c’est par la grâce d’un délit d’initié que des opérations de destruction tout à fait illégales seront orchestrées par des officiels pour le moins cynique et sous le prétexte très fallacieux de la sécurité publique.

Ces opérations de destruction massive furent engagées juste avant que des pouvoirs publics paniqués ne décrètent le gel de vrais projets en laissant la bride sur le cou aux projets de complaisance.

Aujourd’hui, la coupe est pleine et les nombreux résidents qui subissent le diktat de sous-fifres locaux qui leur rendent la vie difficile en coupant l’électricité et en s’abstenant de collecter les ordures ménagères pour les obliger à partir, sollicitent un plan de sauvegarde du secteur qui leur permettraient de voir plus clair.

Un plan qui permettra au quartier de trouver une nouvelle dynamique et une revitalisation du site que tout les amoureux du patrimoine espèrent de tout cœur.

  • Par S Slama

 

 

 

Liaison maritime Oran – Aïn el Turck fait chou blanc : « Dawira fel homéra! »

dans Actualités

L’inauguration de la liaison maritime Oran – Aïn el Turck, annoncé à grands renforts d’articles de presse pour ce 5 juillet a fait chou blanc. Pourtant, tout a commencé normalement, comme d’habitude.

Les deux navires affrétés d’Italie étaient là, sagement accostés à quai. La salle d’embarquement flambait comme un sou neuf et le personnel était sur son trente et un. Les invités ont commencé à affluer tôt, comme d’habitude.

Comme d’habitude, les représentants des pouvoirs publics se sont fait attendre. En effet et alors que le départ était prévu à 10 heures, ces messieurs ne sont arrivés qu’à 11. Les nombreux photographes rivalisaient d’ingéniosité et de posture pour immortaliser le moindre geste du Wali (par intérim) ou du représentant du Ministère des Transports, accueillis à l’entrée de la salle d’embarquement. Studieux, comme d’habitude, les journalistes tendaient l’oreille et prenaient note des paroles de ces messieurs.

Puis, tout le monde a lors pris place à bord du Maria Dona, un navire effilé qui peut embarquer plus de 300 passagers…

Le navire s’est enfin ébranlé à 11 h 20. Dix minutes pour sortir du port et le navire s’élance plein nord, avant de virer de bord, contournant, au loin, la pointe Lamoune et longeant, à quelques encablures la digue du port de Mers-el-Kébir.

Déjà et comme d’habitude, en pareil cas, quelques passagers rendent leur petit-déjeuner. Heureusement que l’équipage a prévu le coup et, rapidement, quelques sacs furent distribués aux sujets au mal de mer. Le navire contourne ensuite le Cap Gros, cette pointe du Santon qui plonge vertigineusement dans les flots de la Mar Loca, pour offrir à la vue les falaises déchiquetées qui se prolongent jusqu’à la plage de Saint Roch. Il longe ensuite la côte, étroite bande de sable qu’écrasent les denses constructions qui s’étalent, sans discontinuer, jusqu’au Cap Falcon. Une petite éclaircie dans le béton annonce la plage des Dunes, but de la traversée. De la côte part un long appontement, dont la réalisation a coûté la bagatelle de 54 milliards de centimes et qui pénètre dans la mer sur une distance de plus de 200 mètres. Au bout se dresse un gros mât métallique, surmonté d’une balise. C’est le poste d’accostage…

Après 30 minutes de traversée, le moteur s’arrête, le navire entreprend une marche arrière et se rapproche du poste d’accostage. Sauf qu’en pleine mer, il y a la houle

Sans bassin calme pour l’accueillir, ni digue qui peut le protéger de la houle, le navire ballotté ne pouvait, sans dommage, abaisser l’étroite passerelle arrière, malgré plusieurs tentatives. L’on se pose de sérieuses questions sur la qualité de l’étude et l’absence de coordination entre les responsables de la réalisation de l’appontement et les portuaires. Et puis, comment est-on arrivé à annoncer l’ouverture de la liaison sans même procéder à un essai ? Le fond de l’imprévoyance et de l’incompétence fut atteint, en ce 5 juillet 2017, à la plage Les Dunes…

Les passagers n’ont pu débarquer et les quelques journalistes et photographes, qui attendaient sur l’appontement, n’ont pu embarquer. Les quelques minutes d’arrêt du navire et son ballottement ont livré un second lot de victimes et d‘autres sacs ont été offerts, comme d’habitude en pareil cas. Demi-tour !

Après 30 minutes, le navire pénètre dans le port d’Oran et vient s’amarrer sagement à côté du second…

Comme susurré par quelqu’un : «Une simple dawira fel homéra ! »

Comme d’habitude, quelques mauvaises langues se sont laissé aller à suggérer un plan B, pour l’utilisation des deux navires affétés d’Italie : «Qu’on organise des tours en mer pour les amateurs et on pourra rentabiliser les bateaux», ou alors : «Que la salle d’embarquement soit transformée en salle des fêtes. Les mariages pourraient même être agrémentés par un tour en mer pour les invités 

 

  • Par Abdelkader el Akermi

Sidi El Houari face aux prédateurs «hausmanisés» : Ou l’ilotisme d’un architecte docteur en urbanisme

dans Actualités/Patrimoine
  • Par Affani Mokhtar

Après quelques temps d’accalmie, voila que l’effervescent architecte-docteur en urbanisme et maître de conférences au département d’architecture d’Oran, Benkoula Sidi Mohamed, se rappelle à notre souvenir, en commettant, cette fois-ci, et dans son habituel style ampoulé, une tribune dans les ô combien hospitalières colonnes du Quotidien d’Oran. Cette tribune, publiée le 22 novembre 2016, concerne les résultats d’un atelier (Atelier Sidi el Houari, Oran-Strasbourg), qu’il «a fait réaliser», et quelques autres digressions pas si innocentes que ça.

Sidi-El-Houari-660x330

L’on peut d’ailleurs se demander, au vu du mince espace consacré à l’atelier par rapport à l’étendue de son texte, si l’objet de l’article, n’est pas réellement centré sur ces digressions, une série de dénigrements contre les citoyens qui tentent de défendre le patrimoine et quelques règlements de compte qui n’osent pas dire leur nom.

En effet et au lieu de nous faire part des résultats de l’atelier en question, notre docteur se contente de déplorer que «malgré l’effet audacieux des propositions des groupes d’étudiants mixtes, les présentations ne sont pas allées au-delà du caractère passéiste du nom de la revue Madinati». C’est quand même et pour le moins bizarre que le coresponsable d’un atelier constate l’échec de sa propre œuvre et s’amuse à en remontrer aux autres !

Mais revenons à ces fameuses digressions, ces contre-vérités, aigreurs, règlements de comptes et autres subterfuges.

Au titre des contre-vérités : Sidi El Houari un secteur classé ?

plan

Le sieur en question écrit : «Une des grandes défaillances du classement de février 2015, c’est qu’il n’a pas permis l’émergence d’une politique du patrimoine locale, voire même l’affirmation d’un véritable outil de sauvegarde, par lequel on saurait quelles sont les poches qui nécessitent des interventions urgentes, et celles qui peuvent attendre».

Précisons tout d’abord à cette sommité que le décret exécutif n° 15-13 du 22 janvier 2015, portant création et délimitation du secteur sauvegardé de la vieille ville de Sidi El Houari, n’est  pas tout simplement  un… classement.

Ainsi, notre clairvoyant docteur en urbanisme commet une «confusion» digne d’un profane en urbanisme. Pour un enseignant… Bon.

En second lieu, informons notre spécialiste en urbanisme que le décret en lui-même ne règle rien mais que, dans son sillage, la loi de protection du patrimoine 98/04 a prévu un outil et préconise l’élaboration d’un Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Secteur Sauvegardé (PPSMVSS), plan qui doit être conçu par un bureau d’études d’architectes. Cette démarche, connue par tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, au patrimoine et à l’urbanisme, est entreprise actuellement à la Casbah d’Alger et prochainement à la Souika de Constantine.

Au titre de l’aigreur  et des règlements de compte : La revue Madinati et la «communauté pseudo intellectuelle»

madinati

 

Dans sa diatribe, cette lumière de l’urbanisme oranais ne peut s’empêcher de céder à son péché mignon : tirer sur tout ce qui bouge. C’est ainsi qu’il écrit «Sid El-Houari est un secteur dont le potentiel est fabuleux. Seulement il est mis entre les mains d’une communauté pseudo intellectuelle qui manque de vision et ne sait pas quoi en faire».

Nous y voila ! Pour attaquer certains de ses collègues enseignants, ce monsieur fait, encore une fois et comme à son habitude, dans l’ignorance et la contre-vérité. Faut-il relever que, dès la promulgation du décret exécutif, le secteur sauvegardé de Sidi el Houari est mis entièrement entre les mains de…l’administration ? En effet, l’article 8 de ce texte stipule : «L’établissement du PPSMVSS est prescrit par délibération de l’assemblée populaire de la wilaya (APW) concernée à la demande du wali sur saisine du ministre chargé de la culture ». Un docteur en urbanisme peut-il ignorer à ce point tout cela ? Et pour mieux éclairer sa lanterne, précisons-lui au passage que le PPSMVSS n’est en aucun cas une simple opération de «lifting».

Mais revenons au plus important et que notre docteur ne relève pas. Si le lancement du PPSMVSS est actuellement bloqué, c’est du fait du Ministère de la Culture, l’APW et la Direction de la culture jouant au «wait and see». *

La principale action des Pouvoirs Publics se résume actuellement en des opérations de relogements, suivies de démolitions de grande ampleur, le tout visant une dévitalisation du site.

Signalons par ailleurs qu’aucune opération de restauration, digne de ce nom, n’y a été entamée depuis l’indépendance! Mais il est tellement plus facile, plus commode d’attaquer l’indéfinie et inoffensive «communauté pseudo intellectuelle» que de s’exposer aux foudres de l’Administration.

Outre l’anonyme «communauté pseudo intellectuelle», notre agité docteur ne peut s’empêcher, toute honte bue et dans un argumentaire fortement biaisé, de s’attaquer à la revue «Madinati», en entretenant sciemment une confusion entre le terme de médina (vieille ville) et la traduction en arabe du mot ville (madina).

Et par un tour de passe-passe dont il a l’habitude, il nous parle de Médina à Oran pour, tout de suite après, réfuter son existence.

Mais qui a parlé de Médina à Oran ? Personne, sauf notre docteur en urbanisme, qui veut réduire un «Centre historique vivant» à une médina… qui n’existe plus.

Pour donner plus de crédibilité à son impudique argumentaire et dédouaner les Pouvoirs Publics et les prédateurs du foncier, ce représentant de la «communauté réellement intellectuelle» recourt à des idées et des phrases décontextualisées d’architectes respectables comme Larbi Merhoum, Si Larbi Hamid, en guise de feuilles de vigne, afin de tromper ceux et celles qui le lisent encore.

Au titre de la démarche : une escroquerie méthodologique

alerte

Dès l’entame de son texte, notre docteur fait part du triangle «ville, urbanisme et patrimoine», annonçant qu’il est plus important de réfléchir sur les deux premiers. Grand bien lui fasse !

Cependant, il ne peut s’empêcher de consacrer la quasi-totalité de sa tribune à étriller le patrimoine et ses défenseurs. A ce propos, il nous fait miroiter trois voies : Celle des tenants de la défense du patrimoine, celle de la démolition et… la sienne (nous y reviendrons un peu plus loin).

Présenté comme tel, le lecteur aurait pu s’attendre à une critique des deux premières voies. Or, dans la tribune, cet estimé intellectuel critique violemment «l’idéologie de la sauvegarde», assimilant ses tenants à des… nazis (rien que ça !).

Pour discréditer la démarche de ceux qui s’échinent à préserver le patrimoine, il recourt à quelques supposés témoignages, à la supposée intervention d’un sociologue et, comme nous l’avons vu, au caractère supposé passéiste de la revue Madinati.

Par contre, il ne souffle mot contre les aficionados de la démolition. Et pour cause !

Dans la conclusion de son article, notre docteur nous propose, comme solution à la problématique de Sidi El Houari, la méthode Haussmann. Mais qui parle de méthode Haussmann de nos jours ?  Seulement notre lumineux docteur et quelques prédateurs du foncier.

Haussmann et l’ouverture des grandes voies, ça veut tout simplement dire raser Sidi el Houari, c’est la politique de la «tabula rasa», comme le préconisait d’ailleurs le précédent Wali, Boudiaf, pour le quartier du Derb et la Scaléra, qu’il a fini par raser juste avant son départ à Alger comme ministre.

Et voilà qu’ainsi notre docteur en urbanisme nous refile en sous-main et déguisée sous l’expression de troisième voie, «l’idéologie de la démolition».

A titre de curiosité et d’échanges, peut-être fallait-il que notre penseur prenne la peine de demander aux Strasbourgeois, partenaires dans l’atelier qu’il a co-réalisé, comment, en évitant la «méthode Haussmann», ils ont su préserver et valoriser un splendide centre historique qui fait toute la beauté et l’identité de leur ville ?

Pour en finir avec cette escroquerie ampoulée et ces inutiles fantaisies conceptuelles et autre posture figée de la modernité, disons que cet architecte, docteur en urbanisme, oppose son titre, ses connaissances livresques et son narcissisme grotesque à son manque de maîtrise des problématiques urbaines et patrimoniales de la ville d’Oran.

Ce qui ne l’empêche pas, après avoir défendu bec et ongles, dans de précédents écrits, la préservation du patrimoine, de tourner comme une girouette et de prôner la destruction «haussmanisée» de Sidi El Houari.

Il est vrai que chez certains, la probité intellectuelle ne résiste pas face aux souffles sonnants et trébuchants d’une mise au service des prédateurs et des rafales des puissants du moment. Dommage pour lui et ses semblables !

Au titre des omissions  volontaires : la récupération d’une opération

L’atelier avec les étudiants de Strasbourg, dont le sieur se dit le parrain, entre en fait  dans le cadre de la construction du jumelage Oran / Strasbourg et c’est l’APC d’Oran qui a pris l’initiative d’impliquer l’USTO, en se basant sur le succès d’un précédent atelier avec l’école d’architecture de Bordeaux et l’USTO, dans le cadre du projet «Archimedes», réalisé en 2008.

En outre, même s’il prétend en être le coresponsable, l’atelier a en fait, vu la défaillance de notre docteur, été dirigé par un autre collègue qui n’est autre que l’initiateur de la revue «Madinati». Ce qui, à notre avis, explique la réaction de ce monsieur à la rancune tenace face aux résultats du dit atelier, qu’il faut faire connaitre, car pouvant être utile à la réflexion.

En guise de conclusion

Pour autant, la nécessité d’un débat réel et d’un compromis intelligent entre l’inévitable  modernisation de la ville et la sauvegarde du patrimoine reste à promouvoir, loin de pareils intérêts sordides. Il est vrai que vouloir tout sauver est irréaliste, que le périmètre de délimitation du secteur sauvegardé peut, un jour, être adapté s’il le faut, que certaines démolitions d’ilots entiers sont nécessaires, mais la modernisation ne veut pas dire dévitaliser le site, et prôner la politique du bulldozer afin d’ériger des machins «Dubaïsés», comme le montrent certaines velléités en ce moment. Et c’est l’Etat qui doit être le régulateur, sur la base des dispositions de la loi de protection du patrimoine 98/04.

 

 

 

 

SIDI MAAROUF nage dans les égouts : Quand l’État abandonne ses citoyens

dans Actualités
  • Par S SLAMA

Il y a eu les lettres et les pétitions, les films et les photos déposés sur les bureaux des responsables locaux à tout les échelons et jusqu’au plus haut de la hiérarchie locale, ou l’ex secrétaire général avait reçu le représentant du comité des citoyens de Sidi-Maarouf. Avec à la clé, la promesse formelle que leurs doléances seront prises en charge par l’État, mais jusqu’à ce jour, plus d’un an après, les fameux engagements pris « au nom de l’État », rien n’a  bougé. Ces humbles citoyens à la lisière de la capitale de l’Oranie, ne comprennent toujours pas, pourquoi par la faute d’un service public incapable de gérer un simple réseau d’égout, ils doivent vivre dans un  environnement pourri et dangereux?  

DSCF3355

La question des habitants de la cité qui n’a pas trouvé de réponse.  Aucun des responsables, qu’ils ont pu voir, n’a pu le leur expliquer en les regardant dans le blanc des yeux. Tous, bien entendu, se disent outragés par cette situation. Tous leurs ont menti. Tous  les ont  trompés. Tous leurs ont fait croire que la solution à leur problème était simple et facile.

On poussera l’indécence jusqu’à la «provocation», en immobilisant un bulldozer sans chauffeur pendant un mois aux abords de la «Guelta» avant le renvoyer ailleurs.

Ces citoyens, pour la plupart des pères de familles et dont le principal revenu familial est une humble pension de retraite, ont été jusqu’à proposer de prendre en charge les frais (salaire compris) du  chauffeur de bulldozer. Ce que refuseront hypocritement outrés, les donneurs d’ordres, au prétexte que les citoyens n’ont pas la qualité pour remplacer un État fut- il  notoirement défaillant.

Rien n’y fait la « Guelta » de quelques 10 ha et 100 000 M3 d’eaux sales et nauséabondes est maintenue à la porte de la cité.

Aujourd’hui les égouts du lotissement débordent dans les maisons, les animaux dangereux tel que les serpents ont étés à maintes reprises vues dans les parages et jusque dans les écoles mitoyennes.

DSCF3359

Rien ne nous dit que les puits de ce qui est dénommé pompeusement par le Schéma Directeur d’Aménagement Métropolitain d’Oran «la ceinture verte» ne sont pas ou ne risquent pas une sérieuse contamination. Ce qui ferait que cette immense fosse  la source d’un grave problème de santé publique. Car la ceinture verte d’Oran est aujourd’hui essentiellement maraichère.

C’est d’autant plus plausible que la mare n’est pas une lagune et que l’on n’a certainement pas pris la peine d’imperméabiliser son sol au préalable. «Cette mare, du temps ou les espagnols (la main étrangère pour le petit peuple), géraient le réseau des eaux usés de la région, a été asséchée.» nous dira-t-on.

Durant plus de trois ans, elle fut un terrain de jeux pour nos enfants, et les vieux du village venaient se mettre à l’ombre sous les tamaris.

Les citoyens sont formels, des documents et des films prouvant que la source des eaux provient de la station de relevage située sur sa berge ont été adressés à tout les responsables. «A un moment donné on a voulu nous faire qu’il s’agissait d’une nappe phréatique et nous avons du prouver qu’il n’y avait pas de nappe phréatique mais un égout qui  à ciel ouvert qui déversait des eaux usées».

Aujourd’hui les responsables de la station et les responsables locaux jouent au chat et à la souris avec les citoyens  «chaque fois que nous  débusquons une conduite sortant de la station, ils se pressent de la fermer pour en ouvrir une autre un peu plus loin» nous dira un sage du village.

Les mamans vivent dans une angoisse permanente. Dés qu’un enfant s’attarde un peu ou s’éloigne du domicile familial, c’est le branle-bas de combat.

«Les pouvoirs publics n’ont même pas pris la peine de poser une clôture du coté de nos habitations et le risque de voir un enfant se noyer nous terrifie,» nous dira un autre père de famille. Des allergies, des dermatoses et autres maladies respiratoires sont récurrentes.

Alors qu’en perspective de l’an 2021, on dépense sans compter pour tenter un temps soit peu de créer un coté jardin dans cette ville qui ressemble de plus en plus à un cloaque et n’arrive même pas à gérer ces détritus.

Les habitants de Sidi Maarouf, victimes collatérales du pédantisme, sont obligés de vivre un calvaire quotidien  au bord d’un  immense égout à ciel ouvert. La « Guelta » de Sidi Maarouf, est le résultat de l’incurie des pouvoirs publics qui n’ont toujours pas trouvé une solution à un problème, qu’ils ont créé en faisant le choix de créer une station gigantesque de traitement des eaux usées dans un terrain argileux incapable de supporter la moindre construction. Les responsables de cette situation sont aujourd’hui intouchables et personne n’osera leur demander des comptes.

Quand au petit peuple de Sidi Maarouf, il pourra s’il le désire ou s’il a de la chance, être recasé ailleurs dans les immenses citées dortoirs qui se font au fin fond de la wilaya.

1 2 3 4
Allez en Haut