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Il était une fois, un bouquiniste à Oran

dans Actualités/Evocation
  • Par Taoufik Rouabhi

La ville d’Oran ne compte plus aucun bouquiniste depuis longtemps. Elle a connu pourtant durant des années certains parmi les meilleurs connaisseurs du livre, ou des amoureux de la lecture.

bouquiniste 2

Pour les anciennes générations, ceux qui ont commencé, la lecture encore enfants, leur découverte de la littérature par les collections de la Bibliothèque verte et les contes d’Anderson, la Bibliothèque Rouge et Or dans les années 1990, ils se rappellent encore de Ammi  «Cabrane» (Caporal), un ancien poilu de la guerre 1914-18 et ses milliers de livres entassés dans des caisses qu’il proposait dans des baraquements à Sidi El-Hasni avant que ne soit loti et construit.

Le livre le plus cher ne valait pas plus de 50 centimes et en moyenne pour ce prix on pouvait avoir deux bouquins en bon état. Pour ce faire une idée sur l’importance de cette somme, un ticket de bus coûtait 40 centimes.

Ammi «Cabrane» s’arrangeait toujours pour vous trouver un livre d’ «histoires» en fonction de la pièce de monnaie que vous aviez quand vous n’étiez pas riches. Mais il n’était pas le seul.

bouquiniste

A Mdina Jdida, il y avait des étals à même le sol en contrebas de la Tahtaha vers le musée et toujours pour des sommes modiques.

Durant cette même période, à chaque rentrée scolaire, les lycéens squattaient, durant le mois de septembre de chaque année, la Place de La Bastille pour rendre entre leurs livres de l’année précédente et acheter ceux de la nouvelle année. Ces transactions étaient appelées la «Bourse des livres».

Avec le temps, cela a disparu. Et le denier bouquiniste qu’a connu Oran, Ammi Moussa, a résisté jusqu’au début des années 1990 à la rue Mostaganem et a fini par abandonner suite à la démolition du local qu’il occupait et qui a été rasé depuis. Depuis, il vit avec ses bouquins dans sa « Niva » du coté de la rue Emir Aek.

Aujourd’hui, dans tout Oran, on ne trouve plus que des revendeurs ambulants autour de l’ancienne Medersa El-Fallah à Mdina Jdida qui font dans le livre d’occasion parascolaire et religieux et parfois de culture générale.

Il existe encore deux autres jeunes qui continuent de proposer des bouquins sur des tables et en quantité très limitée, l’un à la rue Khemisti (au niveau du Grand garage du centre) et l’autre à l’angle de la rue Mostaganem et Emir Abdelkader. D’autres en bas de l’ancienne Cathédrale.

A Oran, on trouve bien des «marchés» du téléphone portable autour du Café Nadjah ou du CD et autre DVD à Tahtaha. Une «Bourse de livres» pour vendre, acheter et échanger, qui ne concerne pas uniquement le parascolaire ou le religieux serait bien accueillie pour  faire le bonheur d’un lectorat réel qui s’adresse à eux pour trouver ce que les librairies n’ont plus.

Pourtant, les kiosques érigés devant la Bibliothèque (ex-Cathédrale) devaient servir à cela mais c’était sans compter sur l’indigence des responsables de la ville.

Pour autant, une esplanade ou un large trottoir feraient bien l’affaire, en attendant qu’un jour une nouvelle politique du livre soit envisagée.

 

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Évocation : Il y a 54 ans, l’horreur à « Tahtaha »

dans Contributions/Evocation
  • Par Mohamed Bengasmia Chadly

Alors que la bataille d’Oran faisait rage pour le recouvrement de notre indépendance, le 28 Février 1962, fût un jour funeste. La dernière semaine du mois de Ramadhan s’étirait et la fête de « l’Aid Séghir » était annoncée pour le Mercredi 7 ou Jeudi 8 Mars. L’ambiance était explosive à Oran. Les hordes terroristes de l’ O A S, étaient déchaînées. Pas un seul jour ne passait sans qu’au moins une dizaine d’attentats ne soient commis.

Ce 28 Février 1962, le quartier populaire de M’Dina J’Dida, était endeuillé par un des plus terribles massacres que les terroristes de l’OAS aient commis en cette veille de l’indépendance : La voiture piégée, vicieusement postée au coin du café  »Boulahia » dans cette Tahtaha très fréquentée par les algériens, en ce jour de Ramadhan, avait fait au moins 85 morts, des centaines de blessés et une dizaine de disparus.

Un summum dans l’atrocité dans cette série d’attentats commis par cette organisation terroriste, que le dernier commandant de l’armée française a reconnu dans ses écrits.

Il est utile de signaler que ce lâche attentat avait été précédé par 56 opérations similaires dont 41 pour la seule journée du 27 Février.

Les témoins de l’époque affirmaient, qu’après l’explosion, l’esplanade de Tahtaha était jonchée de corps et des hurlements de douleurs s’élevaient de partout, l’effet du souffle avait pulvérisé d’autres véhicules garés aux alentours.

« Partout où le regard se posait, c’était l’horreur : du sang, de la chair, des morceaux de corps projetés au loin étaient plaqués contre les murs, des corps mutilés gisaient sur la chaussée.

C’était insupportable, la rue était pleine de cris, de hurlements et des lamentations des blessés. Les blessés qui étaient touchés grièvement, mais conscients refusaient d’être conduits vers les hôpitaux européens où ils redoutaient, non sans raison, d’être achevés ».

Un grand élan de solidarité se mit en place pour porter aide et assistance aux blessés qui furent évacués vers les centres de soins que les responsables du FLN avaient ouverts dans les quartiers populaires pour la prise en charge médicale de la population algérienne, s’ensuivit alors, dans plusieurs quartiers d’Oran, un mouvement de colère avec une ampleur qui fit craindre le pire aux militaires français,

 »Une manifestation monstre évaluée à 50.000 personnes, se déroule dans les quartiers indigènes. Elle dure toute la nuit et nous fait craindre une descente massive d’une foule en furie sur les quartiers européens (…) », voilà ce qu’a raconté le dernier commandant de l’armée française du secteur autonome d’Oran.

Jusqu’à ce jour, jamais une commémoration digne de ce nom n’a été faite faite par les services publics et les autorités officielles, si ce n’était qu’en 2002, une association bien connue à Oran ( le CIVIC), n’avait appelé a en commémorer la date anniversaire le 28 Février 1962, jour de l’attentat à la bombe, cette commémoration serait passée inaperçue.
On s’interroge par ailleurs, si les autorités officielles, allaient un jour honorer, comme il se doit la mémoire des victimes.

Allah Yerham Chouhadas.

 

 

Lettre ouverte à Chawki Amari, écrivain-journaliste algérien qui s’intéresse au Raï

dans Contributions
  • Par Nidam ABDI*

Cher Chawki Amari, je vous écris de Paris à propos de deux sujets dont j’observe les évolutions depuis trente ans et qui me tiennent à cœur : les musiques maghrébines et la propriété intellectuelle.

lettre ouverte

Dans un article publié chez notre ami Nicolas Beau dans le site « Mondafrique« , vous donnez des explications sur les condamnations pour plagiat des vedettes du rai Cheb Khaled et Cheb Mami, et vous laissez entendre que la célèbre musique rai de l’ouest algérien n’est pas adaptable aux droits d’auteur, car tout le monde reprend tout le monde et que le piratage des œuvres est intrinsèque à la société algérienne.

N’importe quel étranger à la société algérienne, qu’il soit Américain ou Japonais et même Français, sortira de la lecture de votre article avec l’idée que la population algérienne n’a aucune considération pour les auteurs, compositeurs, interprètes et musiciens de rai.

Bref, qu’à l’ouest de l’Algérie perdure un genre musical connu mondialement mais créé, interprété, produit et vendu par des…indigènes.

Et tout d’abord une question ? Pourquoi Mohamed le chômeur qui vend, sur un tapis en plastique, des faux CD de cheikh El Hattab « Weld » (fils de) Telagh, à M’dinaJdida, serait plus à blâmer qu’un Didier Bench, Nord-Américain de la grande finance high-tech qui préside Deezer, plateforme qui distribue un CD digital de Cheikh El Hattab sans savoir qui sont les auteurs et compositeurs des titres et surtout qui en est l’éditeur.

Savez-vous que pour le conseil d’administration de Deezer où siègent France Télévision, Orange, les AGF, Pixmania, le CIC…, les fleurons publics et privés de l’économie française, le CD de Cheikh El Hattab n’est qu’un flux de contenus qui alimente les tuyaux mondiaux du numérique.

Peut-être y-a-t-il un avantage avec Mohamed, le chômeur de Mdina Jdida, lui, au moins, sait conseiller les Oranais sur quel CD se trouve telle ou telle chanson de Cheikh El Hattab, accompagné du regretté flûtiste Bouzidi Belgeld, décédé fin août 2012, sur scène, à Annaba, lors d’une soirée sobre organisée par la ville (voir la presse algérienne du 1er septembre 2012).

Enfin, il faut savoir que le producteur des CD, en France, de Cheikh El Hattab, se nomme Brahim Ounnassar. Je peux témoigner que ce Marocain qui a été le découvreur des Nass el Ghiwane, en 1974, à l’Olympia, est loin, aujourd’hui, de gagner sa vie comme les patrons de Deezer. Bien au contraire, et ce sont des producteurs, comme Ounnassar, qu’il faut défendre.

Sachez qu’en 2008, lors d’une conférence que j’ai organisé entre les acteurs français du commerce sur Internet et ceux de la musique, du cinéma et de la télévision, il y avait à mes côtés le richissime fondateur de Deezer, Jonathan Benassaya, qui ne comprenait pas la fonction d’un invité, celui-ci étant éditeur de musique. J’ai dû lui expliquer qu’à l’époque de Mozart, le producteur de disques n’existait pas et c’est l’éditeur qui commercialisait la partition de « La flûte enchantée » que nos enfants peuvent interpréter aujourd’hui au piano.

Pour terminer, cher Amar Chawki, et si la propriété intellectuelle vous intéresse, je vous invite à mener une enquête.

Pourquoi la Bibliothèque nationale de France commercialise, aujourd’hui, parmi des milliers d’albums numériques, le vénérable Cheikh Ahmed Palikao, sans une biographie ?

Qui a autorisé la BnF de faire commerce de ce patrimoine ?

Pourquoi la BnF qui n’était que l’endroit public où l’on devait déposer les enregistrements sonores pour avoir l’autorisation du commerce des disques, devient à son tour une sorte de FNAC ? D’autant qu’aucune biographie n’accompagne les albums.

Je suis convaincu que l’ancien conservateur de la BnF, François Lesure, mon maître en patrimoine sonore et éminent spécialiste de Debussy, doit se retourner dans sa tombe.

Alors, cher Amar Chawki, avant de décrire M’dina Jdida comme un « no-man land » des œuvres de l’esprit et d’accabler le pauvre Mohamed, le chômeur, pris dans une économie informelle que pourfend tous les jours l’économiste nédromien Abderrahmane Mebtoul, pourquoi ne demandez-vous pas d’abord à la France, de balayer « les droits d’auteur maghrébins numériquement négligés « devant sa porte ?

Les cheikhs de Palikao (Tighennif) et de Telagh seront reconnaissant de votre discernement et je suis certain que vous serez régulièrement invité dans les « Waadates ».

 

* Nidam Abdi suit l’évolution de la musique maghrébine depuis presque 45 ans. Ancien journaliste de « Libé », dans les années 80, il a réussi à convaincre cette rédaction de consacrer des papiers sur la chanson raï que le public français et parisien notamment venaient de découvrir.

Nidam Abdi quittera Libération en 2006 pour rejoindre Le Point. Juste après, Nidam Abdi lancera un moteur de recherches consacré à la musique, projet capoté à cause des difficultés avec Google.

Depuis 2009, Nidam Abdi dirige un groupe de presse pour l’industrie électrique en France où il se spécialise dans les questions des énergies. Son activité professionnelle ne l’a jamais détourné de sa passion pour la musique et maghrébine en premier lieu. Il est un des connaisseurs incontestés du raï en France notamment.

Parking à étages de M’dina Jdida: Est-ce la fin du feuilleton ?

dans Actualités
  • Par Salah Chalal

Selon certaines sources au fait du projet, le parking à étages de Mdina jdida sera opérationnel avant la fin de l’année en cours. Le projet, dont le lancement remonte à 2006, serait dans sa phase de finition pour la structure avant que soit entamée incessamment celle des équipements.

parking

Ainsi et à l’instar de nombreux projets sectoriels inscrits pour Oran, la durée de réalisation a été dépassée de très loin et la dernière échéance a été fixée pour la fin 2013. Même si ce retard peut être justifié par le fait cette structure, érigée sur les ruines de l’ex minoterie et que le sous sol n’a pas été exploré de manière judicieuse et par conséquent, des fouilles entreprises ont mis à jour des caves et autres cavités.

Le terrain était donc «miné» et il fallait avancer avec prudence afin de réaménager les caves en question qui étaient en fait des silos souterrains. Cet imprévu a mis l’entreprise BATEMCO dans l’obligation de revoir le plan de construction avant que la situation ne soit rendue plus complexe suite aux pluies diluviennes qui ont envahit en 2008 ces caves et cavités suivies d’importants affaissements survenus au moment même ou des travaux d’excavation ont été entamés.

Cette phase a été achevée en 2009 et surprise, l’avis d’appel d’offre relatif à la réalisation de la charpente métallique n’a été lancé que deux ans après. Même si théoriquement, il apparaît que la capacité d’accueil estimée à 500 véhicules, peut être un acquis dans pour régler le problème du stationnement autour des marchés de Mdina jdida, le choix du site ne fait pas l’unanimité du fait que le problème des voies d’accès risque de se poser après la réception du projet.

En effet, les commerces informels foisonnent à cet endroit et l’accès au parking, comme la sortie, sans parler du tramway, risquent de créer un goulot d’étranglement à cet endroit.

Sur les neuf parkings à étages programmés dans le cadre du programme de développement complémentaire, la wilaya s’est ainsi engagée à réaliser trois parkings qui deviendront sa propriété.

Concernant le reste des parkings, la wilaya a opté pour l’adjudication au profit d’investisseurs intéressés par ce créneau.

Cependant, en 2006, le wali d’Oran avait annoncé l’ouverture de l’investissement dans la réalisation de parkings à étages et d’autres en sous-sol. Cette décision faisait suite à l’étude de faisabilité du projet du tramway d’Oran, notamment en ce qui concerne les problèmes de stationnement dans la ville d’Oran et le manque cruel de parkings.

Le projet était de régler ce problème avant la réception du projet du tramway, afin de lui permettre de circuler en toute sécurité. Cependant, en 2012, aucun des cinq parkings à étages programmés à Oran n’a vu le jour et les premiers essais du tramway devraient débuter le mois prochain.

Oran, répétons-le, manque cruellement de grands parkings et, souvent, la circulation devient impossible à cause des stationnements anarchiques. Toujours en 2006, les avis d’appel d’offres pour la construction de 6 parkings à étages avaient été déclarés infructueux. Les investisseurs potentiels étaient plus attirés par la construction de centres commerciaux que de parkings.

Tout compte fait, les 100 milliards dépensés pour ce parking n’auront pas servi à grand-chose, prédisent beaucoup de riverains et ce sera un autre ratage pour Oran.

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