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Sidi El Houari et sa Casbah au menu de la réunion de la commission de l’UNESCO

dans Actualités/Arts & Culture

 

Profitant de la réunion de la commission nationale de l’UNESCO, tenue samedi dernier, Kouider Metayer, président de l’association Bel Horizon et un des principaux signataires de la déclaration citoyenne d’Oran, a saisi l’occasion pour exposer le cas du quartier Sidi El Houari sous la menace des bulldozers depuis quelques semaines.

Dans son exposé devant une assistance représentant plusieurs ministères, dont celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la culture, Kouider Metayer n’a pas manqué de rappeler la mobilisation de la société civile oranaise et la lettre ouverte adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Mourad Bouteflika, directeur du Patrimoine et représentant du ministère de la Culture à cette réunion a donné son accord pour l’entame des fouilles archéologiques au niveau de la Casbah. Pour sa part, le représentant du ministère de l’Enseignement Supérieur s’est engagé devant l’assistance à financer un tel projet.

Dans ses développements, l’émissaire des «défenseurs du quartier Sidi El Houari» a souligné que la Casbah, plus vieille que celle d’Alger, est le noyau de la ville, puisque érigée aux débuts au 10 siècle.

De ce fait, elle a vu défiler toutes les dynasties arabo-berbères qui se sont installées à Oran : les Ommeyades, les Fatimides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides et les Zyanides.

Or, de toute cette succession, peu de traces nous sont parvenus, expliquera t-il. Ce qui rend l’entreprise de fouilles archéologiques urgentes et incontournables pour le recouvrement d’un pan important de l’histoire de la ville et de la région, soulignera-t-il.

Signalons que la nécessité d’engager des fouilles figure parmi les revendications contenues dans la lettre adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Par ailleurs, nous apprenons qu’au courant de ce mois, une délégation des signataires de cette missive sera reçue au niveau du ministère de la Culture pour discuter les autres points figurant dans la lettre en question.

Sur un autre plan, le SG de la wilaya d’Oran, sur instruction du wali, a effectué hier une sortie à Sidi El Houari en compagnie d’une délégation d’architectes et signataires de la déclaration. Le SG qui assure actuellement l’interim du wali en son absence a eu droit à d’amples explications sur les enjeux de préservation de ce quartier historique et a constaté de visu l’ampleur des massacres causés par les bulldozers.

Aussi, des contacts sont engagés avec les habitants de Sidi El Houari qui refusent de quitter leurs demeures. Ils doivent saisirent dans les jours à venir les différentes autorités du pays dans l’espoir de sauver ce qui reste à sauver de cet emblématique quartier dont le nom va de pair avec celui de la ville et qui est grandement convoitée par les spéculateurs du foncier urbain.

  • Par Z/S

 

 

Déclaration citoyenne sur la Vieille Ville : Le Wali d’Oran s’engage.

dans Actualités

La lettre ouverte citoyenne adressée aux pouvoirs publics, en particulier  au wali d’Oran et au ministre de la culture semble, à priori, porter ses premiers fruits. En effet, une délégation des signataires de l’appel a été reçue, ce mercredi,  par le secrétaire général de la wilaya d’Oran sur instruction du wali.

Il est à rappeler que les signataires de la déclaration ont émis cinq propositions dont l’arrêt des «démolitions anarchiques suite au relogement d’une partie de la population de la vielle ville, la composition d’une commission ouverte aux compétences pour statuer sur l’état des immeubles ainsi que d’installer un gardiennage pour éviter le pillage des matériaux».

Dans cette même missive, les signataires avaient appelé les pouvoirs publics à accompagner les «propriétaires qui veulent rester à Sidi el Houari (assistance, organisation et aide pour réhabiliter leurs immeubles)», ainsi qu’à l’ouverture d’un «chantier de fouilles archéologiques à la Casbah» et le renforcement en moyens humains du maître d’ouvrage en charge du «secteur sauvegardé» qu’est la Direction de la culture.

A cet appel, le Wali et le Sg ont assuré les signataires de leur adhésion à la sauvegarde du patrimoine oranais et la prise en charge des revendications portées dans ladite lettre.

Mais ils ont à préciser que les démolitions anarchiques qui ont eu lieu et qui ont scandalisé l’opinion oranaise ont reçu « l’aval de la Direction de la culture ».

Sur ce point, la délégation a rappelé que la dite direction ne dispose même pas d’architectes d’où la recommandation faite au ministère de la Culture de la «renforcer en moyens humains et matériels pour qu’elle puisse jouer son rôle dans la maîtrise d’ouvrage ».

Le point le plus important est de doter le maître d’ouvrage du budget nécessaire au lancement du PPSMVSS.

Rappelons aussi que ce budget a été gelé car la direction de la culture a mis plus de 2 ans à élaborer un cahier de charges qui n’a aucune originalité puisque on pouvait  s’inspirer des ceux des secteurs sauvegardés de plusieurs villes dont celui de Constantine élaboré par l’éminent et regretté architecte M. Badjaja.

Cette lenteur et force d’inertie de la précédente directrice de la Culture a fait des dégâts sans aucune réaction du ministère de tutelle.

Donc pour ce point qui a été déjà soulevé lors de la 1ere réunion de la Commission d’embellissement, le Sg a assuré la délégation qu’une dotation du budget de wilaya sera effectuée pour lancer l’étude.

D’autres points ont été soulevés comme l’ouverture du chantier de fouilles archéologiques, l’implication du Ministère de la culture et la disponibilité de la Wilaya pour prendre en charge les doléances des pétitionnaires.

A partir de ce premier contact, il a été décidé que d’autres séances de travail suivront en présence du P/APC d’Oran, de la Direction de l’urbanisme, du chef de Daïra ainsi que l’actuel responsable de la direction de la culture pour faire aboutir les revendications.

Pour autant, les pétitionnaires ne comptent pas en rester là car demain samedi 13 janvier, une délégation sera à Alger pour intervenir au niveau du Ministère de la Culture et de la Commission nationale de l’UNESCO jugeant que la situation devient intenable et que tous sera mis en œuvre pour la débloquer.

Par Lylia Myriam 

 

Hadj Abdellah Benmansour tire sa révérence: Oran pleure le doyen de l’Art.

dans Actualités/Arts & Culture

Oran perd un de ses repères, un pionnier de l’art et de la culture. Un homme qui a consacré toute sa vie, de 90 ans, soit presque un siècle aux métiers et aux arts. Il a été à la fois un des premiers artistes peintres, un maître du graphisme, de la calligraphie, de la sculpture de la taille de pierre, un imprimeur et concevait à la main les anciens registres réglementaires qu’on utilisait dans les administrations.

Hadj Abdellah Benmansour est né en 1929 à Tlemcen, dans une famille versée dans l’Art artisanal. Il poursuivra ses études au collège de Slane puis il part pour Paris pour rejoindre «Art Déco» qu’il quittera en 1952. Plusieurs fois honoré. En 2004, à La Rochelle, il reçoit le premier prix sur 260 participants.

Aussi, Il était l’un des rares musulmans de l’époque coloniale à ouvrir une galerie d’art « Sesame » à Mostaganem, la ville de l’autre géant Khadda dont il était proche.

On peut voir et admirer des échantillons de ses oeuvres dans de ce lieu mythique, singulier à Oran, chargé d’histoire. Cette librairie unique en son genre parce qu’elle présente d’objets d’art et de culture rares et anciens et des tableaux chantant la nature, la beauté, les portraits, des calligraphies.. située juste à côté de la Grande Poste sur la rue Mohamed Khemisti.

Cette librairie-galerie qui n’attire pas foule mais demeure une curiosité d’Oran, Hadj Abdallah Benmansour n’acceptera jamais pour tout l’or du monde de la voir servir à autre chose qu’a l’art et la culture.

Un homme d’une modestie qui n’a d’égale que sa vaste culture. Autant il est prolixe quand il s’agit d’art et de culture, autant il demeure discret et ne dit rien sur son passé révolutionnaire dans les rangs du FLN historique en assurant notamment la conception et l’impression de nombreux tracts du FLN durant la guerre de libération.

Le nom de Hadj Abdallah Benmansour est désormais inscrit inscrit en lettres d’or dans l’histoire de la ville et du pays. Qu’il repose en paix…le maître.

  • Par H. Abdelkrim

 

 

 

La chanson oranaise à la croisée des chemins : L’urgence d’un diagnostic

dans Actualités/Arts & Culture

Loin de nous l’idée de faire le procès du fait culturel et artistique qu’est la chanson oranaise. Nous tentons de poser des questions, de faire des remarques et de rappeler des faits, afin que, artistes, pratiquants directs, spécialistes et responsables puissent faire de notre réflexion, une halte pour établir le diagnostic, procéder au bilan et faire des propositions concrètes. Tout cela pour permettre à la chanson oranaise, de vivre très longtemps et de continuer à exister sur la voie du développement et de l’amélioration continue.

Six facteurs pour comprendre

Que faut-il faire maintenant après la clôture de la 10ème édition du festival de la chanson oranaise?

Si les organisateurs doivent penser, dès à présent, à la prochaine édition, tout le monde, les amoureux de l’art principalement, sont dans l’obligation de réfléchir sérieusement à l’avenir du genre très cher aux défunts Wahby, Blaoui, Ahmed Saber et Benzerga.

Dix années, le temps qu’a duré le festival local, jusqu’à aujourd’hui et auquel on souhaite longue vie, suffisent pour tirer des leçons et appréhender le futur avec plus de rigueur, de sérénité et d’organisation. Les fausses notes, comme les bonnes, doivent constituer le capital expérience afin de minimiser les faiblesses et étayer les forces motrices. Il est temps de procéder au diagnostic.

La tenue, coûte que coûte, du festival, qui est en elle-même une réussite, ne doit pas constituer l’arbre qui cache la forêt. Il faut avoir le courage de dire que «la chanson oranaise vit une véritable crise», et il est urgent d’en identifier la nature et les causes, objectivement, en toute sincérité, responsabilité et honnêteté. Il est nécessaire de nommer les problèmes réels pour pouvoir prescrire les remèdes efficaces et agir en conséquence.

Les volontés pour améliorer la situation existent et il est surtout recommandé de les inciter sereinement, les rassurer et les encourager. Il faut trouver intelligemment les motivations adéquates pour que nul ne se décourage ou ne baisse les bras.

A notre sens, ce sont six (06) facteurs essentiels, constituant par là, même un hexagone ou polygone à six (06) côtés qui peuvent permettre l’amélioration de la situation actuelle. Il s’agit des acteurs directs et indirects dans le et du fait culturel et artistique qu’est la chanson oranaise ou le genre musical, El Wahrani.

Il s’agit, dans un ordre comme dans un autre, des acteurs suivants : les pratiquants, constitués par les chanteurs, les musiciens et les paroliers, les pouvoirs publics, le large public, constitué des fans et des amoureux de la chanson oranaise, les sponsors, les médias et les chercheurs et les universitaires.

Les pratiquants : une lourde responsabilité

Les pratiquants, acteurs directs et premiers concernés, doivent se prendre en charge. Aucune délégation de pouvoir n’est tolérée dans le fait culturel et artistique. Par amour ou par passion, ou même par besoin matériel, l’art est avant tout une expression d’âme et du cœur. Chanteurs, paroliers et musiciens doivent s’impliquer pleinement, voire accepter de faire des sacrifices.

Tout d’abord, en ce qui concerne les chanteurs, nous signalons que les voix existent et ne demandent qu’une prise en charge honnête et réelle. Il suffit de les diriger pour que les jeunes puissent s’imposer à différents niveaux ; local, régional et national. Nous en citons les noms des lauréats des différentes éditions du festival de la chanson oranaise comme Aida Adda, Omar Reffas, Houria Boulandji, Sabrina, Romaissa et Mansour Bengacemi.

La liste, non exhaustive, ne peut exclure des voix qui se sont imposées ces dernières années comme Houari Oualhaci, Abdallah Sai, Houari Sifaoui ou Bachir Bouguedra. Cet échantillon renforcé par d’autres noms, peut remplacer les Baroudi Bekhedda, Maati El Hadj, Houria Baba, Malika Meddah, Rahal Zoubir et Abdelkader Cherigui, dont l’avenir est derrière eux. Alors qu’ils n’ont rien à prouver, ces derniers  peuvent constituer un véritable encadrement pour les jeunes générations.

Il est également désolant, voire indécent, de constater que de plus en plus de chanteurs, même les plus anciens, ont souvent recours à la lecture, sur les pupitres, de leurs «lyrics», alors qu’ils doivent vivre la chanson pour pouvoir attirer l’attention de leur public. Ce fait, qui s’est produit plusieurs fois durant la 10ème édition, s’est propagé auprès des chanteurs «séniors», imités malencontreusement par les «juniors».

A ce niveau, la crise est accentuée quand on parle de la composition musicale. Par manque de volonté ou de compétences ou même de goût, les noms des compositeurs, pouvant assurer la besogne, selon une méthodologie classique, se comptent sur les doigts d’une seule main. Les musiciens sont appelés à s’impliquer davantage et sérieusement dans l’ouverture et le développement du genre El Wahrani, par des œuvres de qualité et des recherches musicales originales.

Le véritable maillon faible est constitué par les paroliers, car il existe très peu de poètes de la trempe de Sidi Lakhdar Benkhlouf et Belguitoun, par exemple, qui sont capables de créer. Cette catégorie d’acteurs directs compose l’écorce fine et vulnérable de la chanson oranaise. Si pour les œuvres devenues classiques de Wahby, Blaoui, Benzerga et Ahmed Saber, le succès a été assuré, les chansons enregistrées récemment et durant les dernières années, et mises à part quelques unes très rares, la médiocrité s’avère la caractéristique dominante.

Cela est certainement le produit d’un environnement social et culturel très particulier, où la médiocrité est presque généralisée, mais le niveau de ceux qui écrivent les textes des chansons, excepté un ou deux, pose énormément de questionnements, surtout au lendemain de la disparition du feu Belhadri Belhadri.

Quand on parle de paroles on évoque forcément le thème de la chanson. A ce titre, nous avons constaté que plus de 80% des textes chantés sont du type nostalgique, liés à l’histoire et à… la géographie d’Oran.

Pire, les paroles n’apportent rien de nouveau au niveau esthétique et vocabulaire, si ce n’est une médiocrité incohérente. Pour illustrer cette médiocrité, nous citons l’exemple de la chanson «donnée» par Bey Bekkey au jeune Mansour Bengacemi et dont le titre «wahrane, ostorate ezzamane» (Oran, une légende du temps), est très réducteur de l’histoire de Wahrane. Non, Messieurs, Oran n’est pas une légende. C’est une réalité.

Ainsi, dans les paroles ou les lyrics, qui ne font plus partie de la poésie melhoun, on ne retrouve plus de la créativité. Mis à part quelques cas très rares, les paroliers sont tombés dans la facilité et ne font que rassembler des mots et expressions, le plus souvent, dans une redondance terrible et un agencement laid.

Ainsi, les trois ingrédients de base, pour la réussite d’une chanson, et qui sont la voix, la musique et les paroles, évoluent «aisément» dans un contexte défavorable. Ils participent, tout simplement, au déséquilibre et au déclin de la chanson oranaise.

Les pouvoirs publics doivent et la politique culturelle

Si, au niveau local, la direction de la culture doit promouvoir et multiplier les événements, elle doit aussi améliorer ses prestations en matière d’écoute, de prise en charge et d’accueil des artistes. Nous ne voulons pas remuer le couteau dans la plaie, mais les locaux et les bureaux des bureaucrates et administrateurs sont devenus de véritables cimetières, où reposent dans une totale et insolente indifférence, les projets, les rêves et les espoirs de plusieurs artistes, hommes et femmes de la culture.

Pour de nombreuses personnes, la situation est déprimante, tout au long de l’année, malgré les promesses et les déclarations des responsables. Oran, pourtant wilaya multiculturelle, vit dans un marasme à telle enseigne que beaucoup de gens se demandent si, à part le Raï, la ville a encore un ancrage culturel.

En outre, il est demandé à l’ONDA, Office chargé de la protection des œuvres artistiques, de se retrouver une dynamique autre que celle de former un «coffre fort» pour enterrer les œuvres. Cela demande un minimum de créativité et d’esprit d’initiative, un terrain ignoré, inexploré et anormal pour nos bureaucrates.

Le plus gros et le plus important travail revient à la volonté des pouvoirs publics, l’Etat et le gouvernement, représentés par le ministère de la Culture. Il est surtout attendu que les pouvoirs publics donnent «le coup de pousse» nécessaire à la chanson oranaise. En le confinant dans son caractère local, cela semble être un genre d’humiliation à la chanson oranaise qui revendique sa vocation nationale. Rabah Driassa, Mohamed Ouejdi, Nora, Seloua et Keltoum, pour ne citer que ces noms, au sommet de leur popularité, n’ont-ils pas pris, dans leurs chansons et par leurs tripes, les airs et les mélodies d’El Wahrani?

Revendiquer ne suffit pas, car en parallèle, il faut s’imposer auprès des jeunes générations comme l’a fait auparavant le Raï enfanté (faut-il le rappeler?) par le genre El Wahrani, et qui est devenu genre musical…universel.

La chanson et la musique oranaises ont besoin d’être considérées et reconnues concrètement pour ne pas rester confinées et citées dans des discours circonstanciels, occasionnels et conjoncturels, surtout que la constitutionnalisation de l’acte culturel lui est favorable.

Après l’APICO, le vide total

Il est vrai que, d’un point de vue sociologique, Oran a beaucoup changé, depuis quelques années. Elle a subi des mutations en profondeur de sa composante sociale qu’est la population. Oran, pôle commercial et industriel par excellence, a attiré, et continue d’attirer, les populations des autres régions du pays. Elles y viennent, y vivent et s’y installent. Fixées, culturellement et socialement, ces populations ramènent avec elles des traditions, des pratiques et des us qui ne sont pas sans conséquences sur le genre musical local qu’est El Wahrani, et qui n’a pas trouvé le soutien nécessaire pour sa pérennisation et sa…survie.

Pour le constat, notons qu’aucune association n’est créée pour la promotion de la chanson oranaise, depuis la dissolution de la fameuse APICO, il y a quelques années. Pis encore, on n’écoute plus El Wahrani comme autrefois, c’est-à-dire en famille, lors des fêtes sociales comme les mariages, dans les cafés, ou entre amis, comme c’est le cas pour le Raï, qui continue à s’imposer même dans sa version «hard».

Rappelons, avec beaucoup d’amertume et de désolation, que récemment, le printemps dernier, lors d’une soirée gala organisée par l’ONCI, où devaient se produire, entre autres, les Houria Baba, Maati El Hadj et Baroudi Bekhedda, des noms lourds dans la chanson oranaise, la salle du cinéma Maghreb (ex Régent) n’a enregistré que la vente d’une dizaine de billets. C’était une véritable catastrophe, non médiatisée certes, mais qui a laissé beaucoup de séquelles dans la scène culturelle locale et a eu des répercussions néfastes au niveau central.

Le public répond favorablement quand il y a de la matière à voir et à écouter. Celui de la 10ème édition était fidèle, même en petit nombre. Le public de la chanson oranaise n’est pas vraiment jeune, mais se situe dans la tranche d’âge 40-60 ans, qu’il faut cibler et intéresser. Ce public se déplace en familles et en groupes d’amis et de copains.

En dehors de la maison, la chanson oranaise s’apprécie en salles «indoors». Ces données doivent être exploitées pour le futur.

Le nécessaire marketing culturel

Personne ne peut nier le rôle des médias et de la communication, même si l’internet s’accapare la part du lion, dans la promotion du fait culturel, de la chanson, en particulier. D’un point de vue professionnel, les techniques et les outils de communication sont exploités par le marketing culturel, une réalité que semblent ignorer les responsables du fait culturel, chez nous.

A Oran, il est malheureux de dire qu’on respire l’amateurisme, on aime le bricolage et on est fans du laisser-aller. Cela semble être le mot de passe à tous les niveaux. Ce qui tue le talent chez nous, ce n’est pas seulement le manque de compétences professionnelles, mais c’est surtout cette indifférence banalisée quotidiennement, ce rejet de la critique et cette dépendance et presque sacralisation de tout ce qui est centralisée, de tout ce qui vient d’Alger, plus précisément.

Malgré tout, posons-nous quelques interrogations ; combien y a-t-il d’articles critiques des performances des chanteurs?  Y a-t-il de vrais professionnels de la critique de la chanson et de la musique oranaises? Responsables et artistes, acceptent-ils les critiques? Ces questions, et bien d’autres, resteront posées tant qu’un véritable débat n’a pas été ouvert sur ce plan précis.

En outre, l’implication des médias, dits lourds, doit être effective, pleine et conséquente. La couverture ne doit pas être événementielle et occasionnelle. Cependant, il faudra aussi trouver de la matière à se mettre sous les dents, quand on sait que les événements sont de plus en plus rares.

Sponsoring, dites-vous ?

L’acte culturel doit trouver un autofinancement et une autonomie réelle. Or, en Algérie, le sponsoring est récent et mal compris ou mal utilisé. Il est presque absent de la scène culturelle. A notre sens, pour attirer du sponsoring, la chanson oranaise doit miser pleinement sur les jeunes talents. Ce sont eux, et seulement eux, qui peuvent reconquérir le champ perdu et redorer son blason à la chanson oranaise. Cela sera difficile, mais possible net à la portée, même dans une conjoncture d’austérité et de vaches maigres.

Le marketing culturel et le sponsoring doivent constituer les leviers de base pour remettre sur rails la chanson oranaise. Ils ne sont pas d’actualité dans les calculs quotidiens de nos responsables, mais ils sont des priorités imminentes et urgentes, c’est-à-dire à très court terme.

L’université pour réanimer le champ culturel

Les universitaires et les chercheurs ne doivent pas rester en marge du débat. Ils doivent construire la locomotive pour faire avancer le discours vers l’acte réel de développement et d’épanouissement de la chanson oranaise. Ce patrimoine immatériel a une histoire ancienne, mais aussi moderne et présente qu’il faut analyser et tenter de comprendre. La discographie et les textes sont matière pour des études et pour ce faire, l’université doit s’ouvrir et ouvrir ses portes à la chanson oranaise dans toutes ses dimensions et ses composantes qui font d’elle, avant toute autre considération, un phénomène social et de société.

  • Par MINA H.

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