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Pour une refondation de l’institution théâtrale : Le CRASC propose une sortie de crise

dans Actualités/Culture

 

  • Par Ali HASSANI

 A l’image de la culture en Algérie, le théâtre ne va pas bien. C’est la crise. La sonnette d’alarme est déjà tirée. Le 27 mars dernier, au CRASC, à la veille de la célébration de la journée mondiale du théâtre et des arts de la scène, invités par des chercheurs, des praticiens ont tenté de donner des éléments de réponse à un constat et de faire des propositions pour sortir de ce qui constitue désormais la crise du théâtre algérien.

Repenser le théâtre en Algérie

«Pour une refondation de l’institution théâtrale» a été le thème débattu lors de la table ronde tenue en cette journée printanière du 27 au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC).

La rencontre modérée par le chercheur Hadj Miliani, a été animée par des acteurs impliqués dans le fait culturel théâtral, local et national. Nombreux objectifs ont été assignés à cette rencontre dont principalement de débattre des dispositifs de structuration de l’activité théâtrale en Algérie dans tous les domaines.

Selon Hadj Miliani, la rencontre constitue une occasion pour élaborer des propositions concrètes, formuler un cadre d’organisation et repenser une carte des structures dans le domaine théâtral.

Rappelant le contexte économique actuel et la conjoncture caractérisée par un semblant de «restructuration de l’activité théâtrale» Hadj Miliani a énuméré, lors de l’introduction du thème, plusieurs aspects liés aux différentes facettes «susceptibles» d’apporter «le plus attendu» ou «le changement tant espéré.»

Entre critiques et propositions

Dans son intervention, le journaliste Mohamed Kali a surtout plaidé pour «une refondation graduelle» du domaine théâtral. Il est revenu sur l’historique en prenant comme origine, le début de la crise au lendemain du «soulèvement social» en octobre 1988. S’appuyant sur son expérience, il s’est limité à citer des faits en prônant la production de «l’information». Son «plaidoyer» a été en faveur des intermittents du théâtre, dont l’officialisation serait une solution qui permettrait à des centaines de personnes de vivre décemment de cet art qu’est le théâtre. Afin de ratisser large, Mohamed Kali n’a pas hésité à proposer des «copier le modèle français» en «récupérant les maisons de la culture, en assurant une formation qualifiante et en enseignant le théâtre à l’école

L’intervention du directeur du TRO Abdelkader Alloula, M. Ghaouti Azri, a été un véritable condensé de «critiques et de questionnements». Selon lui, «le ministère de la culture est en crise de gestion», c’est pourquoi il a recours à ce qu’a été «produit auparavant», allusion faite au travail entrepris en 2008 à propos des états des lieux du théâtre algérien. Le gestionnaire n’est pas allé par plusieurs chemins pour dire que «l’Etat ne s’occupe plus du théâtre

Avant de conclure, M. Azri s’est attardé sur la proposition relative à la création des centres dramatiques nationaux, CDN, dont les missions seraient données aux actuels théâtres régionaux qui jouissent d’une certaine expertise.

En guise de conclusion, il avancera que «le corps social est malade» et cela se répercute négativement sur l’ensemble des domaines, la culture et le théâtre, comme la santé, l’éducation ou l’enseignement supérieur.

Reconquérir l’espace social

Pour sa part, Lakhdar Mansouri s’est étalé, dans son intervention, sur «la crise sans précédent» et «le lot d’incohérences» vécus par les universitaires afin d’assurer une formation adéquate dans le domaine théâtral. L’universitaire est revenu sur les problèmes et les contraintes dans lesquels (et malgré lesquels) la formation est assurée. Parmi les propositions faites, Mansouri a insisté sur «la consultation des juristes afin de proposer des textes pour la praticiens en adéquation avec les lois qui régissent les relations de travail

Lors du débat ouvert à la fin de la table ronde, des critiques ont été formulées et des questions posées, alors que leur contenu a tourné autour d’une seule problématique de base : «comment conduire une réelle démarche stratégique en matière de marketing culturel dans le domaine théâtral

Cela suppose des réponses à certaines questions relatives au produit artistique lui-même, à la nature de son financement et à l’aspect conatif relatif à comment drainer le public, segmenté ou non. Le tout passera nécessairement par la reconquête de l’produit artistique, de la cité, tout simplement.

Un ministère en panne de créativité

Le théâtre algérien vit une phase déterminante pour son avenir, ou plus exactement, pour l’avenir des gens qui le font vivre et vivent de ce qu’ils font. La scène artistique algérienne, à travers les arts de la scène, vit au rythme du contraste. Sensée donner de la créativité, cette scène est en pleine crise de créativité. Le ministère est pointé du doigt et tout ce que font Mihoubi et ses collaborateurs déplaît, pire : il est à l’origine de la grogne généralisée.

Quel message aimeraient ou auraient aimé transmettre les gens du théâtre algérien à l’occasion de la célébration de la journée mondiale dédiée aux arts de la scène en ce 27 mars 2017?

Entre «redynamiser le théâtre et valoriser l’artiste», le cœur balancera et la parole ne sera guère tranchée.

Né dans un contexte colonial, même s’il serait «sorti du néant dans les années qui ont suivi la guerre de 1914» selon l’affirmation de Mahieddine Bachetarzi dans ses mémoires, ou existait dès 1912 grâce aux premières pièces en langue arabe classique, selon Ahmed Cheniki, le théâtre algérien a construit son champ d’expression, d’après Hadj Miliani, en fondant «un répertoire inspiré du patrimoine universel et des questionnements politiques et sociaux de la société algérienne».

Actuellement victime expiatoire de multiples facteurs, exogènes et endogènes, menées par des considérations politiques, des exigences idéologiques et des prétextes artistiques, le théâtre algérien n’arrive plus à attirer le public ni à imposer son rythme et son choix culturel. Il ne fait plus vivre et se perd entre une bureaucratie aliénante et un manque de stratégie flagrant.

 

 

Le bilan est mitigé : La médiation, a-t-elle échoué en Algérie ?

dans Contributions
  • Par Ali HASSANI

Malgré son importance, et en l’absence d’une évaluation effective et réelle, la médiation en Algérie est un échec cuisant, compte tenu des objectifs qui lui ont été assignés et des attentes de nombreux pratiquants. Le point.

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Au début, était …Inwent

En 2008, alors que les personnes, formées par Inwent, un organisme relevant du ministère allemand de la coopération internationale, affichaient leur optimisme à voir la médiation, un mode dit alternatif pour la gestion non-violente des conflits, investir de plus en plus, le terrain, l’Etat algérien promulgue la loi relative à la création de la médiation judiciaire. Ainsi, les portes ont ouvertes pour que greffiers, avocats et magistrats postulent pour les postes et titres de médiateurs judiciaires. Personne ne pouvait imaginer qu’au lieu de constituer un départ et un souffle propulseur, cette décision a marqué le début de la fin pour la médiation en tant que mode social pour prévenir, réguler et/ou résoudre les conflits.

Dès 2002, le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, et sur proposition de partenariat avec Inwent, a ouvert les portes à ses directeurs de wilaya et cadres pour se former dans la gestion non-violente des conflits environnementaux.

Une année plus tard, en décembre 2003, le CRASC se joint à Inwent, dans un programme de coopération algéro-allemande, afin de former dans le cadre de la médiation environnementale. Plusieurs sessions de formation ont été assurées, alors que la déperdition allait atteindre des niveaux assez élevés.

Effectivement, sur presque 300 personnes formées lors des premiers ateliers d’initiation, seulement une vingtaine de participants ont pu passer par les différents filtres et atteindre la phase finale, celle de la formation de formateurs. Le groupe final a suivi 200 heures de formation étalée sur plusieurs ateliers actifs privilégiant la forme participative.

La médiation étant une discipline qui fait appel à des compétences et aptitudes diverses, la formation a été graduelle. En fait, les formateurs, de divers horizons et domaines, ont assuré des formations dans la communication interpersonnelle, la gestion des conflits et la facilitation. C’est ainsi que le groupe cible, selon sa composante, ses passions et centres d’intérêt, s’est éparpillé sur plusieurs domaines et spécialités, tout en demeurant un ensemble d’individus multiplicateurs de la culture de la gestion pacifique des conflits.

C’est ainsi qu’en plus de ceux et celles qui ont choisi la médiation comme activité principale, d’autres membres ont préféré s’orienter vers l’animation, la facilitation, ou la recherche. Plusieurs personnes ont choisi de rester au niveau d’un travail sur soi et le développement personnel. Le bilan et l’évaluation n’ont pas été faits et demeurent donc, non identifiés.

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Fatiha Ben Naoum, la pionnière

Afin de rendre à César ce qui lui appartient et faire le point sur les faits historiques qui méritent d’être cités, il y a lieu de signaler qu’au cœur de ce processus, il y avait un nom: Fatiha Ben Naoum.

Cette femme issue d’une famille originaire de Sidi Bel-Abbès, très instruite et qui avait choisi de vivre en Allemagne dès la fin des années 1970, a été la véritable plaque tournante, le cerveau penseur et la principale actrice dans l’introduction, en Algérie, de la médiation, sous sa conception moderne. Elle était au four et au moulin, en Allemagne comme en Algérie et veillait au moindre détail pour que participants, formateurs et administrateurs assuraient, chacun et chacune dans son coin, ses tâches, ses missions et son rôle.

Fatiha Ben Naoum constituait le trait d’union dans la coopération algéro-allemande. A vrai dire, elle en constituait le véritable maillon fort. La dame était -et demeure- aimée et respectée par tout le monde pour son engagement, son assiduité et son sens de l’écoute.

Pour revenir à la médiation, L’Etat algérien doit capitaliser cette expérience qui donne l’air d’être diluée et donc sans effets réels. La médiation est peut-être un label national de premier ordre.

Durant les dernières années, l’Algérie a été sollicitée pour «modérer» plusieurs conflits et le nom de Lakhdar Ibrahimi est souvent cité en premier, quand on évoque le mot «médiation».

Néanmoins, dans cette réflexion à propos de la médiation, ce processus élaboré en quatre (04) ou cinq (05) étapes ou phases, est connu en Algérie depuis très longtemps. Citée par Saint Augustin en parlant d’Apulée de Madaure, la médiation est considérée historiquement comme étant algérienne.

Signalons qu’à travers le pays, les modes traditionnels de résolution des conflits sont connus. Nous en citons la « Jama’âa » et le « Jah ». A ce titre, il faut préciser que «nos» méthodes sont en fait, des formes plus ou moins élaborées de ce qui est appelé l’Arbitrage.

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Les raisons d’un échec

A notre sens, l’origine de l’échec, en Algérie, de la médiation qui n’assure plus sa fonction sociale, se trouve dans les trois facteurs suivants :

  • L’introduction, ou plus exactement l’instauration, de la médiation judiciaire qui s’est faite par un simple «copier-coller» des textes déjà connus et existants en France. Cela s’est fait sans étude préalable du contexte algérien, dans ses volets, social et culturel. Les personnes qui ont été chargées de promulguer les textes de loi, auraient pu prendre le temps nécessaire afin d’élaborer des articles et clauses prenant en compte l’évolution de la société algérienne.
  • Le recrutement des médiateurs s’est fait d’une manière anarchique. La justice en général, et algérienne en particulier, étant avant tout, bureaucratique, pour la médiation, les décideurs ont préféré faire appel à des greffiers en préretraite, avant d’élargir le champ aux avocats et autres magistrats. Bien sûr, l’affluence était record aux premières semaines après l’ouverture des candidatures. A Oran, par exemple, près de 200 dossiers ont été déposés dès la première semaine.
  • L’absence d’une véritable campagne de sensibilisation et de vulgarisation, permettant de préparer le terrain, a été défavorable pour la comprendre du processus, le pratiquer et en escompter des résultats réels et fiables. Tout a été fait dans l’expectative et la précipitation et l’Algérie a perdu plusieurs années difficiles à rattraper.

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Réactiver la médiation

Pour mieux comprendre la médiation, il est nécessaire de signaler que ce processus est basé sur des principes et règles, lesquels constituent l’essence même de ce mode de résolution des conflits. Arrivés chez le médiateur, de leur propre gré et volonté et avec des perceptions différentes de leur conflit, les médiés ou les antagonistes sont pris en charge dans le but de trouver ensemble un consensus ou un compromis leur permettant de concevoir les solutions. Le travail du médiateur se base essentiellement sur l’identification des causes du problème, des intérêts et des besoins, la nomination des sentiments et la conception des solutions possibles. Le rôle du médiateur est souvent assimilé à celui d’une sage-femme. Il aide à la naissance de quelque chose dont il n’est pas le créateur. Mais il n’est pas, non plus, là, pour résoudre le problème.

Sachant que la médiation peut constituer pour l’avenir, une clé efficace pour lutter contre les violences et un moyen pour prévenir les conflits, son usage et fortement recommandé. Gageons qu’à l’avenir, nos décideurs devront revoir leur pâle copie de la réglementation et ouvriront grandes ouvertes, les portes à la médiation conventionnelle.

Ces idoles que nos jeunes imaginent : Changement de valeurs, changement de modèles.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Société
  • Par H. I. M.

Le modèle à suivre, ou l’idole, pour les jeunes algériens, est en train de basculer. Cette translation de l’image idéale à prendre comme référence dans la vie marque un manquement ou un changement dans le système des valeurs sociales principalement. Le point.

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Le système des valeurs

Connues et définies pour être «l’ensemble des critères qui permettent de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais», les valeurs humaines sont classées selon une échelle. Ainsi, nous parlons souvent de l’échelle des valeurs et cela suppose qu’une hiérarchisation existe selon notre personnalité, notre culture et notre système social et environnement naturel. Bien sûr, l’échelle des valeurs individuelles s’inscrit entièrement ou partiellement dans un système de valeurs sociales, lesquelles influencent nos comportements et nos attitudes ; chaque valeur admet une contre-valeur.

En Algérie, même si les études et les recherches demeurent très (ou trop) limitées dans le domaine des systèmes de valeurs (deux universités ont initié quelques études: celles de Bejaia et de Constantine), nous nous référons aux différentes vertus et divers principes qui ont régi les périodes et les décennies.

Les valeurs sont évolutives

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La décennie qui a précédé l’indépendance, incluant les années de la guerre de libération, le mot d’ordre, socialement parlant, n’avait d’autre valeur que celle liée à la liberté et à la lutte. Socialement, des valeurs dites traditionnelles ont subsisté comme ligne de conduite de la société algérienne. On en cite des valeurs comme la patience, la foi et le destin.

Durant les années 1960, et une grande partie de la décennie suivante (1970), d’autres valeurs sont apparues avec des principes et idéaux comme le socialisme et la solidarité.

Au début des années 1980, l’autonomie et le désir ont marqué notre système de valeurs, pour laisser place, ensuite, durant les années 1990, à un système hybride marqué par la disparité des valeurs. On peut parler de la religion, de l’argent et du respect en même temps et chez la même personne. Notre société qui souffrait d’une clarté dans la vision et d’une unification de discours, ne pouvait pas offrir une échelle de référence en matière de valeurs.

C’est avec le début du 3ème millénaire, que l’évolution des valeurs a pris une tournure basée sur tout ce qui est extérieur comme l’argent et le désir, et physique comme la santé et l’esthétique, mais aussi la science.

Valeurs et Modèles

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Logiquement et presque automatiquement, et dans l’imaginaire populaire, tout système et toute échelle de valeurs, créent des modèles. Pour illustrer cela, nous citons l’adolescent qui, autour de lui, s’appuie sur des modèles qu’il associe inconsciemment, à un système de valeurs qu’il crée dans son subconscient. Le père, la mère, le grand-père, l’oncle et la grande sœur, constituent ces idoles et modèles à suivre, à imiter le cas échéant, car ils et elles représentent des valeurs comme l’amour, le travail, la rigueur ou la piété.

Parallèlement donc aux décennies des valeurs, des modèles, représentés par des hommes et des  femmes, sont créés. A l’Emir Abdelkader, l’Emir Khaled, Messali Hadj et Ben Badis, des héros de la révolution comme Larbi Ben M’hidi et Mourad Didouche, ont constitué des modèles «fiables et crédibles» aux jeunes des années 1960.

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Aux noms algériens, des progressistes et révolutionnaires connus dans le monde, ont fait partie des idoles durant les années 1970. Nous en citons Lénine, Lumumba, Gandhi et le Ché.

La décennie 1980, a eu son lot de noms d’idoles, chez une jeunesse algérienne, à la recherche de ses repères après la grande désillusion des trois révolutions. Dans la «short list» on va remarquer l’apparition, presque choquante et inattendue, de Boumediène aux côtés de Djamel Eddine Al Afghani. Aussi contradictoire que variée, la liste des idoles, durant les années 1990, va s’éparpiller en incluant des noms de plusieurs domaines et secteurs.

A Hassan Al Banna, on pouvait associer facilement, Hasni et Belloumi.

Les scientifiques feront leur entrée aussi impressionnante qu’intéressante des le début des années 2000 avec des noms comme Einstein et Marie Curie. On retrouve ces mêmes noms avec Bill Gates et M. Jackson, partageant le haut du classement avec d’autres, moins connus et dont la participation à l’édifice humanitaire n’a rien de glorieux, comme Messi, Ronaldo et…Belaili.

Aux valeurs extérieures, des modèles éphémères

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On ne peut pas ignorer le lien fort entre la valeur, son importance et le modèle choisi ou sélectionné. Selon cette même règle, à une valeur extérieure comme l’argent, ou physique comme l’esthétique, on ne peut associer que des modèles à moindre importance, le plus souvent éphémère et sans valeur ajoutée socialement ou culturellement.

Le phénomène actuel inscrit dans son registre Belaili et Mohamed Benchennet comme modèles réels pour nos jeunes. Ce même phénomène est généralement qualifié de «perte de repères», le plus souvent.

A ce pôle, s’oppose un autre qui s’appuie sur des modèles comme Omar Ben Al Khattab et Abou Baker Esseddiq. Il est donc clair, de retrouver le religieux et le spirituel pour contrer l’extérieur et le physique, dans une échelle de valeurs qui serait à redéfinir à partir d’un ensemble de besoins et/ou contre-valeurs.

Des modèles construits

Historiquement, il est connu que les valeurs humaines, extérieures et physiques, se sont confondues aux valeurs commerciales, appelées aussi de marketing. Ce concept est plus connu depuis l’avènement des modèles de showbiz, de football et de l chanson, par exemple. Ceci est également connu pour l’échantillon MARADONA et le montage en toutes pièces, d’un modèle à trois ingrédients: Un don naturel, des scandales immoraux et de la médiatisation. L’argent coulera à flot, certainement.

3ème Panorama du film et documentaire révolutionnaires: L’histoire autrement

dans Actualités/Arts & Culture
  • Par Ali Hassani.

Le 3ème Panorama du film et documentaire révolutionnaires s’est clôturé lundi 07 novembre sur une note d’espoir et d’optimisme pour Le Puits, long métrage de Lotfi Bouchouchi. Cette 3ème édition a beaucoup souffert de l’absence du public qui a constitué le maillon faible. Cependant le programme annoncé a présenté des œuvres à la hauteur d’une manifestation artistique basée sur une vision historique.

Ouvert cette année, en date du 3 novembre, à la maison de la culture Ould Abderrahmane Kaki, sur une autre note de désolation, pour marquer tout le contenu d’un discours contradictoire qui prévaut sur la scène culturelle nationale. C’est du moins ce que les présents à l’ouverture de cette manifestation culturelle ont éprouvé lors d’une cérémonie, modeste et réduite. Un mot de bienvenue prononcé par le directeur de la wilaya de la Culture et la projection «réduite et symbolique» en une vingtaine de minutes chacune, de deux œuvres cinématographiques ont été programmés pour l’ouverture.

Vendredi matin, la conférence de Mohamed Bensalah, importante selon les organisateurs et les présents, a été animée en présence de quelques invités et curieux, venus assister au discours de l’universitaire qui a repris ses remarques, ses critiques, ses repères et sa vision quant au passé, au présent et à l’avenir du cinéma algérien, tourné vers l’histoire et en particulier celle de la guerre de libération, 1954-1962.

Bensalah, pas très content du niveau de traitement de l’histoire de la guerre de libération, s’est présenté, selon son discours, basé beaucoup plus sur le quantitatif que le qualitatif, comme un partisan de tout dire pour que les gens réfléchissent et donc comprennent.

Pour cela, il a beaucoup insisté sur le questionnement, sans vraiment donner des solutions, afin d’interpeller les présents sur la nécessité de faire des œuvres à partir des avis contradictoires, tout en préservant la liberté de penser chez le metteur en scène et/ou le cinéaste. Selon l’universitaire, le cinéma dirigé et directif ne peut pas rendre service à l’histoire, sachant plusieurs dimensions (politique, culturelle, sociale, historique…) le composent.

Il est donc évident que des lectures sous-jacentes et entre les lignes peuvent se faire, et cela ne peut représenter qu’un risque, celui de véhiculer une image, et donc une idée, différente de ce qu’a été projeté en premier lieu.

Des exemples ont été pris dans le tas selon le débat qui a suivi la conférence. Ils ont mentionné, entre autres expériences algériennes, des titres de films «références» comme « La bataille d’Alger », « l’Opium et le Bâton », « Bouamama » et plus récemment, « L’Oranais », « Zabana » et « Krim Belkacem ».

Sous le barrage de Beni Bahdel

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«Sous le barrage de Ben Bahdel, un centre de torture» est le titre du documentaire projeté en fin de la matinée de vendredi 04 novembre, de 38 minutes, à la grande salle Rima (salle rouge) de la maison de la culture Ould Abderrahmane Kaki de Mostaganem.

Le court métrage, réalisé par Abderrahmane Mostefa sous la direction exécutive de l’ODEJ de Mostaganem, a beaucoup plu aux présents et leur a même offert des moments de grande charge émotionnelle.

L’œuvre est revenue sur un lieu de torture pas comme les autres, avec des témoignages «d’une grande spontanéité» de la part des habitants de la région de Beni-Snouss de Tlemcen et des riverains du barrage Beni Bahdel.

Le court métrage présente des gens qui parlent simplement d’une époque qui leur a été difficile et atroce dans un décor, supposé être beau, un barrage. Le spectateur, à travers les plans présentés par la caméra de Mostefa, est forcément interpellé et il n’est pas laissé indifférent. Les témoignages sont mélangés à des prises de vue de la nature dans la région, ce qui présente tantôt la contradiction, tantôt l’injustice du colonisateur. Faire parler des gens cinq décennies après les événements n’est guère une tâche aisée et c’est à partir de là que le réalisateur, et tous ceux qui ont cru à cette œuvre, sont à féliciter.

Dans la salle, l’émotion a été à son maximum quand, à la fin du documentaire, la vieille Aicha, poétesse de la région, a eu à interpréter avec grande spontanéité, «samhouna ya moujahidine». Cela résume merveilleusement notre relation avec l’histoire de notre guerre de libération et notre lien à ceux et celles qui ont fait, conçu et écrit la révolution.

Le réalisateur est revenu sur les circonstances et les moyens qui lui ont permis de filmer le documentaire, tout en indiquant que les prises d’images se faisaient en même temps que la découverte des lieux. A notre sens, «Beni Bahdel, la torture sous l’eau» est un travail qui mérite plus d’intérêt de la part des responsables de la Culture et de l’Education. Le documentaire a prouvé, malgré quelques imperfections, qu’avec peu de moyens, on peut réaliser une œuvre de valeur.

D’autres œuvres ont été attendues avec une certaine impatience. Nous en citons «Krim Belkacem», mais surtout «Zeidoune» de son réalisateur Zakaria qui a présenté une partie de la vie de Belkacem Zeddour Brahim, le martyre sans sépulture. Signalons également la présence d’Ahmed Bedjaoui qui a relaté dans une conférence quelques grandes lignes de l’histoire du cinéma algérien.

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