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Que cache la cacophonie des acteurs de second plan ?

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Seddik Chihab, porte parole du RND, à dessein sans doute, cherche à prolonger la polémique provoquée par l’intervention de Noureddine Boukrouh, ex-ministre du commerce et ex-leader du PRA. Ce dernier, en polémiste rompu et disposant d’une tribune décide, de répliquer en usant de ses formules au fiel. Dans la foulée, la place de l’armée dans le système politique algérien, à venir notamment, est relégué au second plan cédant la place aux accusations et contre accusations.

Ce qui a constitué l’événement médiatique durant une dizaine de jours, en faisant sortir Gaïd Salah, le chef d’Etat major de sa réserve, est entrain de s’émousser et prendre une autre tournure à cause de l’intervention de ceux qui s’adjugent le rôle de sous-traitant pour le compte d’une institution.

De son côté Ghoulamallah, l’ex-ministre des Affaires Religieuses et membre lui aussi du RND, s’est immiscé dans la polémique conséquente à la suppression de la «bessmala» des manuels scolaires. Un sujet dont raffolent les anti-Benghabrit, spécialistes des faux débats et une certaine presse.

En prenant tout le monde à contre courant, pour un ancien ministre du culte, Ghoulamalah s’expose à la vindicte de ceux qui se considèrent gardiens du temple.

Pendant ce temps là, à Oran, seconde ville du pays, réputée pour être un havre de paix, notamment durant la décennie de feu et de sang, deux tentatives qui pourraient être l’œuvre du terrorisme ont été déjouées en l’espace de quelques jours, si l’on croit la version officielle.

Si la vigilance des éléments de la sûreté a quelque chose de rassurant, le court laps de temps séparant ces deux faits (divers pour certains) a de quoi provoquer une psychose au niveau d’une population fragilisée par ses déboires avec les dépenses de l’aïd et de la rentrée scolaire.

Par ailleurs, les révélations, distillées à dose homéopathique par des gorges profondes, sur la collusion de l’ex-premier ministre Tebboune avec une puissance étrangère, soulèvent au moins la question des sources de ces fuites.

Cette cacophonie précède de quelques jours l’intervention d’Ouyahia qui doit présenter son programme devant les députés. L’actuel premier ministre, devenu volubile après un long silence qu’il s’est imposé, ne rate pas une occasion pour préparer le peuple algérien à une période de vaches maigres.

Ce qui laisse supposer qu’il doit annoncer des mesures draconiennes et des coupes budgétaires présageant la fin de la politique du soutien des prix des produits de large consommation et de première nécessité. Pour ce, Ouyahia, selon des informations rapportées par un média, doit présenter un bilan depuis 1999, c’est-à-dire depuis l’arrivée de Bouteflika à la tête de l’Etat algérien. Le choix de la «diachronie» vise en fait à culpabiliser les citoyens, déjà sommés par «l’homme des miracles» à «retrousser leurs manches pour sauver le pays».

Il alignera des chiffres sur le nombre de réalisation d’écoles, de logements, de centres de soins,……Mais nous doutons que celui qui se réclame de la maîtrise des dossiers pipera un mot sur le montant des crédits bancaires accordés à ses amis désormais désignés par les oligarques. On doute aussi qu’il effleurera la question du taux du recouvrent des crédits bancaires dont ont bénéficié les Haddad, Benamor, et consorts…..

Cependant, reconnaissons que la question des soutiens des prix, posées depuis plus d’une décade, devient urgente à discuter. Mais pas par une APN dépourvue de toute légitimité d’une part, eu égard au taux de participation lors des dernières législatives. Et dépourvue de compétences pour pouvoir aborder pareille question.

Cette cacophonie, dont les acteurs sont les seconds couteaux du régime, cherche à instaurer d’avantage d’opacité sur les tractations concernant la nouvelle reconfiguration du pouvoir dans les semaines à venir. Elle est définitivement éculée la parodie d’un président, en possession de toutes ses capacités physiques et mentales, et qui contrôle le fonctionnement de l’Etat.

Il suffit de rappeler que des dizaines d’ambassadeurs attendent la validité de leurs lettres d’accréditation par une réception de la part du président de la République. Donc, dans les semaines à venir, des changements doivent être initiés, avec des départs de certains prétendants et l’arrivée aux commandes d’anciennes figures. Au moins pour préparer concrètement l’après Bouteflika……

  • Par ZIAD Salah

L’aveu de Tebounne qui « dénude » Bouteflika

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On peut affubler nos ministres de tous les qualificatifs, d’incompétents jusqu’à affairistes et malhonnêtes. Mais de temps à autre, l’un d’eux, le plus souvent à son insu, balance une vérité ou un constat dont il ne mesure pas la gravité. Rappelez-vous Nouredine Zerhouni, l’ex-ministre de l’Intérieur qui avait fini par justifier son sobriquet de «Nono la gaffe» à force de rendre public ce qui était censé relever des secrets de l’Etat. Rappelez vous encore l’ex argentier du pays, qui faisait lui aussi du cercle des «hommes du président» qui avait reconnu que personne ne pouvait avancer avec exactitude ce que rapportait la fiscalité pétrolière.

Il s’agit d’Abdelatif Benachenou qui avait laissé entendre dans une conférence, devant un parterre d’enseignants et d’étudiants de l’Université d’Es-Senia, qu’une partie de la production pétrolière nationale s’écoulait sur le marché noir.

Plus près de nous, Benhamadi, président de l’ARAV, a reconnu sur les colonnes d’un quotidien, que toutes les chaînes de télévision privées, qui ont servi et servent toujours de tribune aux hauts responsables de la République, sont dans… l’illégalité. Encore, le nouveau ministre de la Communication, en affichant son intention d’ouvrir le dossier d’attribution des cartes professionnelles des journalistes, met en cause explicitement la gestion de ce volet par son prédécesseur.

Mais le must vient de Tebboune, le nouveau premier ministre, lors de la présentation du programme de son gouvernement. Il a reconnu que notre pays fonctionne au mépris des statistiques. Autrement dit, un pays pré-statistiques.

De la part d’un ministre qui avait la charge de gérer un programme de réalisation de millions de logements, avec ce que ca suppose comme matériaux de construction, d’entreprises étrangères, de main d’œuvre,……l’affirmation donne froid au dos.

Pour parier à cette situation, le nouveau chef de l’exécutif décide de doter le pays d’un appareil de statistiques, condamnant et décrédibilisant celui existant et qui a acquis une sacré expérience en principe, en l’occurrence l’ONS.

Signalons que cette déclaration du premier ministre n’a pas suscité de réactions jusqu’ici. Sauf celle d’une consœur, Salima Ghezali, dans « Libre Algérie. Peut être parce qu’il est parfaitement au courant du niveau intellectuel de son auditoire.

Donc, au beau milieu du quatrième mandat de Bouteflika et après la dépense de centaines de milliards de dollars, nous venons d’apprendre de la bouche d’un membre de l’exécutif, installé donc aux premières loges, que le pays fonctionnait sans se référer à des données statistiques fiables.

En fait, l’idée n’est pas tout à fait nouvelle. Abdelatif Benachenou, toujours dans une conférence donnée dans un établissement de formation privé à Oran il y a trois ans, se montra très sceptique quant aux données de l’ONS sans pour autant remettre totalement en cause la production de cet organisme.

Dans ce cas de figure, que faire ? Table rase de toutes les informations et les données qui sont à notre portée et qui nous servant d’éléments dans nos argumentaires ? Ou se fier aux données étrangères.

Rappelons que les années 80 du siècle dernier, selon un économiste, la Banque Mondiale établissait ses rapports sur l’Algérie à partir des données fournies par ce même ONS. Avons-nous régressé tant que ça au moment ou les nouvelles technologies de la communication permettent la circulation de l’information à une allure vertigineuse ?

L’aveu de Tebboune témoigne sur l’état de la gouvernance en Algérie durant l’ère de Bouteflika. Il suffit de s’informer auprès des cadres qui tiennent les différents services de l’administration locale pour se faire une idée sur la perception des statistiques chez nous. Pour se prémunir de l’ire d’un ministre ou tout simplement d’un directeur central au niveau d’un ministère, on grossit les chiffres récoltés du terrain. Des fois sur ordre d’un wali ou du ministre lui-même.

Le b.a.b.a des Sciences sociales nous apprennent que les statistiques sont un indicateur sur le degré de transparence dans un pays donné. A partir de là, on peut s’interroger sur le métier de statisticien, presque inexistant dans la nomenclature des métiers. Ou n’offrant aucune perspective professionnelle. Tebboune, peut commencer par là : réhabiliter un métier et initier des formations.

  • Par Ziad Salah

La législature de 2002 à 2017: Chronique d’une régression programmée

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La fraude, programmée et prévisible, a focalisé les polémiques et les commentaires autour des dernières législatives du 4 Mai dernier. En validant les résultats de ce scrutin, avec l’ajout de quelques sièges au RND et en révisant à la baisse le taux de participation déjà historique, le Conseil Constitutionnel a en quelque sorte clôturé ce débat.

La prédominance de la «chkara» dans la confection des listes des candidats en premier lieu, l’usage généralisée et à découvert, sommes tentés de dire, de la fraude et le faible taux de participation ont dominé les discussions sur cette élection.

Pour notre part, nous envisageons de l’appréhender d’un angle particulier : comparer les candidats uniquement du FLN au niveau de la wilaya d’Oran lors de la première législature de l’ère de Bouteflika avec ceux qui ont pris part à la dernière course électorale au niveau de la même localité. Ce qui nous permettre de mesurer, ou du moins avoir une idée, sur l’ampleur de la régression.

Auparavant, il est utile de rappeler que le choix des candidats en 2002, s’est fait au niveau de la mouhafada d’Oran avec la concertation de la direction centrale du parti assurée à l’époque par Ali Benflis alors SG du FLN.

Certes, on peut supposer des cas de cooptation ou de «recommandation» mais à l’époque le terme de «la chkara» n’existait même pas.

 

Par ailleurs, il faut souligner qu’Oran disposait de 15 sièges (18 actuellement) et que lors de ce scrutin, la wilaya en a décroché cinq.

Sur les quinze candidats, au moins six ont le grade de professeur de médecine. Il s’agit de Mme Hamou Boutlélis, cardiologue ; de Seghir Fatima Zohra professeur en biologie, Abderhmane Attar professeur en urologie ; de Belaida hématologue.

Parmi les cités, uniquement le professeur Attar qui n’avait pas siégé au Palais de Zirout Youssef parce qu’il a été classé dixième sur cette liste. L’équipe du FLN lors des législatives de 2002 a été dirigé par Maître Ferrahi, bâtonnier du barreau d’Oran. Des considérations humaines, et non matérielles, ont pesé lourdement dans ce choix. Dans la même équipe a figuré Boukessassa, un enseignant universitaire de l’ENSET.

Finalement, trois professeurs de médecine, dont deux femmes, un avocat et un professeur de fac, avaient représenté la wilaya d’Oran à l’APN durant la législature s’étalant de 2002 à 2007.

Soulignons que ces candidats n’ont glissé aucune somme d’argent pour endosser les couleurs du FLN. Leur statut social et leur aura (deux filles de grandes figures oranaises) ont été les meilleurs avocats pour plaider leur cause. Et non la chkara.

Maintenant, il est loisible à chacun de nous de procéder à des comparaisons avec les législatures qui ont suivi pour constater la chute aux enfers vécue par ce parti et partant par l’Algérie entière. A partir de là, nous pouvons appréhender l’ampleur de la désaffection citoyenne, appelée abstention, qui est en fait un fort signe de refus de ce délabrement de la vie politique et publique entamé il y a quinze ans de cela.

  • Par ZIAD Salah

 

 

Abdellatif benachenhou lors d’une conférence au Sheraton D’oran: Sortir de la crise «grâce» à ceux qui en sont responsables ???

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  • Par BDJ

Usant d’un ton magistral, Abdelatif Benchenhou, l’ex-argentier du pays, n’a pas hésité, lors d’une conférence tenue mercredi soir, au Sheraton d’Oran, à imputer la crise actuelle :«Aux algériens, installés dans le confort de la rente pétrolière», et surfant sur la vague de soutien au revenant Chakib Khelil cité dans plusieurs affaires de corruption, il ajoute : «je suis fier d’avoir était parmi ceux qui avaient élaboré la loi sur les hydrocarbures de 2004 ».

benachenhou

Devant le silence gênée de l’assistance qui ne s’attendait pas à une telle prise de position à contresens de la justice et de l’opinion publique, Benachenhou, sur la défensive, ajoutera : «Je n’ai pas de leçons de patriotisme à recevoir de personne». Mais dés qu’une consœur osa évoquer le nom de Chakib Khelil devant l’ex-ministre, ce dernier met un terme à sa discussion avec les journalistes, pour éviter de s’impliquer plus.

Il en fera de même lors d’une question sur la responsabilité du président Bouteflika dans le retrait de la loi de 2004 : «le président avait pris la décision qui lui paraissait la plus juste dans ce contexte ».

Invité par la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française pour présenter son dernier livre «Algérie : sortir de la crise», l’ex-ministre des finances établira un tableau noir du marché pétrolier.

Explicitant son soutien à la loi sur les hydrocarbures il affirme : «Cette loi aurait permis la découverte de nouveaux gisements et l’augmentation de nos réserves énergétiques qui n’excèdent pas actuellement 3.4 milliards de tonnes équivalent pétrole. Avec une production annuelle de 200 millions TEP on aura plus de pétrole ni de gaz dans 21 années et demi».

Il en veut pour preuve, le peu d’engouement des partenaires étrangers à participer aux appel d’offres d’exploration : « Y a urgence à revoir l’attractivité de l’Algérie dans le domaine énergétique» avant de conclure : «On ne joue pas avec le destin des peuples pour des arguments idéologiques».

Mais Benchenhou s’est refusé, encore une fois, à répondre à une question d’un journaliste qui l’a interpellé en ces termes : «Pourquoi on ne vous a pas trop entendu défendre cette loi lors de son retrait en 2004? Et pourquoi avoir choisi ce moment pour le faire ? »

Continuant sur sa lancée, le professeur en économie a évité de s’en prendre aux « décideurs« , tout en chargeant les algériens d’être responsables de la crise : «Il va falloir accepter le partage des larmes et à se passer de la rente pétrolière, sinon l’Algérie connaitra la plus grave crise de son existence».

En guise d’arguments, il dira : «actuellement, la fiscalité ordinaire finance 95 % de la masse salariale; la fiscalité pétrolière finance les transferts sociaux et les subventions ainsi que l’investissement est pris en charge par le déficit budgétaire par le recours au fond de régulation des recettes qui va s’évaporer d’ici 2017». Pour ce faire, il y a urgence à revoir «les dépenses publiques, la bonne gestion des ressources existantes».

Le recours à l’endettement extérieur «ne peut se faire sans avoir les garanties de remboursement selon nos réserves, pour ne pas avoir à rembourser avec des cargaisons de Sonatrach».

Les privatisations entamées et le partenariat public- privé, selon Benachenhou «ne servent à rien en période de récession et d’un taux de croissance en deçà de 5% elles n’attirent pas les investisseurs mais les acquéreurs de foncier et contribuent à diminuer la valeur des actifs»

L’ex–argentier, impute l’échec de la politique du renouveau agricole sous l’ère de Bouteflika à «la petite taille des exploitations agricoles et leur désorganisation et leur manque d’emprise sur le marché».

Il avoue sans ambages «nos enquêtes sur les réseaux ont démontré que les subventions agricoles avaient servis à acheter des résidences à Valence en Espagne».

La sortie de crise «est possible dans 4 à 5 années à condition de commencer maintenant, mais chacun doit accepter le partage des larmes et que les algériens acceptent enfin de se passer de la rente pétrolière».

 

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