Un colloque international privé de budget: La recherche scientifique victime de l’austérité financière.

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  • Par ZIAD Salah

De passage à Oran le 22 Septembre dernier, Aouragh, responsable du PNR (Programme National de Recherche Scientifique) au niveau du ministère de l’Enseignement Supérieur, officialise la coupure des vannes pour la recherche scientifique, notamment en Sciences Sociales.

Celui qui ne cache pas ses préférences pour «les sciences utiles», contrairement aux sciences sociales fantaisistes selon son entendement, refuse l’octroi de 120 millions de cts pour la tenue d’un Colloque International programmé depuis des mois et coïncidant avec le 25ème anniversaire du GRAS (Groupe de Recherche en Anthropologie de Santé).

Le premier responsable du PNR ne doit pas ignorer l’apport de ce groupe, qui a accédé entre temps au statut d’Unité de Recherche, en matière de l’anthropologie de la santé, spécialité existante uniquement en Algérie. Les travaux de recherche de ce groupe, tous à partir du travail du terrain, témoignent du sérieux et de la compétence de ses fondateurs et de sa composante humaine.

Quant au Colloque, des chercheurs étrangers en provenance de six pays étrangers doivent y prendre part. Selon nos informations, trente deux communications sont programmées.

La première, du Pr. Mohamed Mebtoul porte sur les rapports entre les soins et la citoyenneté. Se trouvant sans budget, ou plus exactement interdits d’accéder au propre budget de leur propre unité, les organisateurs du Colloque, prévu à la fin du mois, se sont tournés vers les sponsors privés.

Ils doivent se débrouiller avec ce qu’ils ont réussi à récolter jusqu’ici. Autrement dit, les hôtes d’Oran, des chercheurs de renommée mondiale, auront au mieux une prise en charge correcte durant leur séjour.

Par solidarité, la plupart d’entre eux, informés des difficultés financières des organisateurs, ont confirmé leur venue et leur participation à ce Colloque. Les thèmes abordés et la qualité des intervenants attendus justifient en partie cet engagement des participants.

Quant aux doctorants de la filière Sociologie de la Santé, décidés à relever le défi et tenant absolument à la tenue de ce Colloque International, ils se disent prêts à «mettre de leur poche» pour contribuer à la réussite de cette manifestation.

Mais au-delà de la générosité des uns et des autres, l’attitude du premier responsable de la Recherche Scientifique au niveau du Ministère de l’Enseignement Supérieur confirme que l’Enseignement Supérieur et la Culture sont les premières victimes de l’austérité épargnant d’autres secteurs jugés plus stratégiques par ceux qui nous gouvernent. A méditer……