Taleb et Pouillon…même destin?

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On a beaucoup parlé de l’homme mais très rarement de son œuvre, il n’est pas le 1er à avoir ce destin, Pouillon pour ne citer que celui là, fut tout autant décrié, insulté et touché dans son honneur. Il sera conduit en enfer, par ses pairs en premier, et une foule formatée par les rumeurs et les fausses confidences, distillées au compte goutte et au gré des intérêts des uns et des autres. «Il ne suffit pas d’être inutile il faut aussi être nuisible», comme disait Francis Blanche, rancœurs et jalousie firent le reste. 
Il a triché !  Dira-t-on, cela se peut bien, mais alors seules ceux parmi tous qui, en leur âme et conscience peuvent prétendre ne l’avoir pas fait, sont en droit de lui jeter la pierre.
Bien plus tard, l’histoire cette grande dame qui sait reconnaître ses enfants…. et le reste, a oublié les détracteurs et reconnu l’œuvre et par voie de conséquence l’artiste.
Le Bahia Center est une œuvre qui  marque et marquera le paysage d’Oran pour, au moins le siècle à venir et d’ailleurs hasard du calendrier peut être ou choix de son bâtisseur, le Bahia Center est né avec le millénaire.  
Ces quatre tours  de verre et d’acier qui brillent de mille feux au soleil couchant ont projeté Oran dans le futur même s’il ne s’agit pas de gratte-ciels à la «Dubaï».
Les tours oranaises n’ont pas la prétention de battre un quelconque record, ni d’étaler aux yeux du monde des prouesses techniques, mais juste de donner une nouvelle apparence à une ville défraîchie qui, un demi siècle après son indépendance, n’a jamais su ou jamais pu renouveler son image.  
Bahia Towers Center qui sont parmi les plus hautes et les plus belles tours d’Afrique, constituent la première mais aussi et malheureusement l’unique rupture avec l’architecture coloniale, dont le boulevard du Front de mer est le symbole et même la fierté des pieds noirs et de leurs descendants, en pèlerinage dans la cité.
Pour cela et aussi parce qu’il s’agit d’un «Mantouj Bladi» comme se plaisent à le répéter les publicistes du FCE, les oranais devraient être fiers et rendre un hommage à l’homme, descendu en flèche par un battage médiatique de service. 
Faisant face à la mer, lorsque d’autres lui tournes le dos. Le Bahia Center est une leçon, il a fait sienne le concept du paysagiste Michel Pena Le travail du paysagiste sur la ville consiste, plus encore qu’à lui donner du vert, à lui donner de l’air, du vent, du lointain. »  
Le Bahia Center domine la baie d’Oran et s’ouvre sur des horizons très lointains. Il invite dans le reflet des carrés de verre, les bleus si particuliers de la Méditerranée, à franchir (enfin) le seuil de la ville.
Le concepteur du Bahia Center (Mobilart pour le commun des oranais), grand seigneur, a choisi pour des raisons évidentes d’esthétique, de bâtir des tours jumelles et d’aménager des ouvertures pour que l’air et le vent s’engouffrent et atteignent l’arrière d’une ville qui n’en finit pas de s’étaler.
Des fenêtres, que de trop nombreux promoteurs et une administration, forcement complice se bousculent pour les « cadenassés », pour des raisons évidentes de dividendes, avec des barres aussi laides que lugubres.
Quand le veuille ou pas, le boom immobilier qu’a connue la ville d’Oran n’est certainement pas bénéfique pour son image de ville moderne, le gaspillage des opportunités paysagères n’a d’égale que la laideur architecturale qui caractérise le nouveau bâti.
Le Bahia Center est donc l’exception à cette laideur urbaine érigée en règle.  Faire du beau lorsque l’on peut faire du laid est probablement le plus grand tort de feu Taleb Ahmed Toufik  
  • Par Samir S.