SIDI MAAROUF nage dans les égouts : Quand l’État abandonne ses citoyens

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  • Par S SLAMA

Il y a eu les lettres et les pétitions, les films et les photos déposés sur les bureaux des responsables locaux à tout les échelons et jusqu’au plus haut de la hiérarchie locale, ou l’ex secrétaire général avait reçu le représentant du comité des citoyens de Sidi-Maarouf. Avec à la clé, la promesse formelle que leurs doléances seront prises en charge par l’État, mais jusqu’à ce jour, plus d’un an après, les fameux engagements pris « au nom de l’État », rien n’a  bougé. Ces humbles citoyens à la lisière de la capitale de l’Oranie, ne comprennent toujours pas, pourquoi par la faute d’un service public incapable de gérer un simple réseau d’égout, ils doivent vivre dans un  environnement pourri et dangereux?  

La question des habitants de la cité qui n’a pas trouvé de réponse.  Aucun des responsables, qu’ils ont pu voir, n’a pu le leur expliquer en les regardant dans le blanc des yeux. Tous, bien entendu, se disent outragés par cette situation. Tous leurs ont menti. Tous  les ont  trompés. Tous leurs ont fait croire que la solution à leur problème était simple et facile.

On poussera l’indécence jusqu’à la «provocation», en immobilisant un bulldozer sans chauffeur pendant un mois aux abords de la «Guelta» avant le renvoyer ailleurs.

Ces citoyens, pour la plupart des pères de familles et dont le principal revenu familial est une humble pension de retraite, ont été jusqu’à proposer de prendre en charge les frais (salaire compris) du  chauffeur de bulldozer. Ce que refuseront hypocritement outrés, les donneurs d’ordres, au prétexte que les citoyens n’ont pas la qualité pour remplacer un État fut- il  notoirement défaillant.

Rien n’y fait la « Guelta » de quelques 10 ha et 100 000 M3 d’eaux sales et nauséabondes est maintenue à la porte de la cité.

Aujourd’hui les égouts du lotissement débordent dans les maisons, les animaux dangereux tel que les serpents ont étés à maintes reprises vues dans les parages et jusque dans les écoles mitoyennes.

Rien ne nous dit que les puits de ce qui est dénommé pompeusement par le Schéma Directeur d’Aménagement Métropolitain d’Oran «la ceinture verte» ne sont pas ou ne risquent pas une sérieuse contamination. Ce qui ferait que cette immense fosse  la source d’un grave problème de santé publique. Car la ceinture verte d’Oran est aujourd’hui essentiellement maraichère.

C’est d’autant plus plausible que la mare n’est pas une lagune et que l’on n’a certainement pas pris la peine d’imperméabiliser son sol au préalable. «Cette mare, du temps ou les espagnols (la main étrangère pour le petit peuple), géraient le réseau des eaux usés de la région, a été asséchée.» nous dira-t-on.

Durant plus de trois ans, elle fut un terrain de jeux pour nos enfants, et les vieux du village venaient se mettre à l’ombre sous les tamaris.

Les citoyens sont formels, des documents et des films prouvant que la source des eaux provient de la station de relevage située sur sa berge ont été adressés à tout les responsables. «A un moment donné on a voulu nous faire qu’il s’agissait d’une nappe phréatique et nous avons du prouver qu’il n’y avait pas de nappe phréatique mais un égout qui  à ciel ouvert qui déversait des eaux usées».

Aujourd’hui les responsables de la station et les responsables locaux jouent au chat et à la souris avec les citoyens  «chaque fois que nous  débusquons une conduite sortant de la station, ils se pressent de la fermer pour en ouvrir une autre un peu plus loin» nous dira un sage du village.

Les mamans vivent dans une angoisse permanente. Dés qu’un enfant s’attarde un peu ou s’éloigne du domicile familial, c’est le branle-bas de combat.

«Les pouvoirs publics n’ont même pas pris la peine de poser une clôture du coté de nos habitations et le risque de voir un enfant se noyer nous terrifie,» nous dira un autre père de famille. Des allergies, des dermatoses et autres maladies respiratoires sont récurrentes.

Alors qu’en perspective de l’an 2021, on dépense sans compter pour tenter un temps soit peu de créer un coté jardin dans cette ville qui ressemble de plus en plus à un cloaque et n’arrive même pas à gérer ces détritus.

Les habitants de Sidi Maarouf, victimes collatérales du pédantisme, sont obligés de vivre un calvaire quotidien  au bord d’un  immense égout à ciel ouvert. La « Guelta » de Sidi Maarouf, est le résultat de l’incurie des pouvoirs publics qui n’ont toujours pas trouvé une solution à un problème, qu’ils ont créé en faisant le choix de créer une station gigantesque de traitement des eaux usées dans un terrain argileux incapable de supporter la moindre construction. Les responsables de cette situation sont aujourd’hui intouchables et personne n’osera leur demander des comptes.

Quand au petit peuple de Sidi Maarouf, il pourra s’il le désire ou s’il a de la chance, être recasé ailleurs dans les immenses citées dortoirs qui se font au fin fond de la wilaya.