Sellal consulte les leaders des partis politiques: Que reste-t-il des usages de la République?

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Nous l’avons appris de la bouche même de Mokri, numéro un du MSP, mais voilà que Ould Abbès, SG du FLN nous le confirme aujourd’hui dans l’entretien qu’il a accordé à El Khabar. Sellal, premier ministre sortant, mène les consultations pour la formation de la prochaine équipe gouvernementale. Il a déjà pris langue avec Benyounès, le patron du MPA et Ghoul, chef de TAJ. Bref, les contours du prochain gouvernement commencent à se dessiner : il sera composé du FLN, RND, MPA et TAJ. La participation du MSP n’est pas encore acquise.

Mais la question que se posent certains observateurs concerne la nature de la mission de Sellal, promu à reconduire le prochain gouvernement selon toutes vraisemblances. C’est évident que c’est la personne ou le collège ou le clan qui prend les décisions au nom du Président de la République handicapé par sa maladie qui l’a chargé de la mission d’engager des pourparlers avec ceux supposés être les gagnants des dernières législatives du 4 Mai dernier. Mais l’ordonnateur ou les ordonnateurs, dans leur précipitation et leur indigence, ont sacrifié la forme.

En bonne logique, Sellal doit présenter sa démission, et donc celle de toute son équipe, avant d’être investi par la nouvelle tâche de mener des tractations et proposer une équipe gouvernementale. Encore une entorse aux peu d’us et coutumes encore usage dans ce qui reste de la République. Cette transgression des usages, sûrement consignés dans les textes régissant le fonctionnement de la République, est lourde de sens.

Elle dévoile la nature autoritaire du régime politique qui nous gouverne, qui ne se soucie même plus des formes. Quid de l’opinion nationale ou même internationale ???

Désormais, nous sommes dans une ère où ceux qui détiennent les rennes sont de plus en plus persuadés qu’ils sont les seuls sur la sphère politique, ce qui leur permettront de s’accaparer la sphère économique.

La cécité de ceux qui gouvernent les empêche de décrypter à leur juste titre les résultats du dernier scrutin. Sur un corps électoral de vingt trois millions de voix, dix huit ont manifesté leur désapprobation du régime politique actuel soit en boycottant les élections, le cas de la grande majorité, ou en annulant le bulletin de vote. Ce qui devrait en bonne logique pousser les tenants du pouvoir à mobiliser toutes les compétences nécessaires pour élucider ce rejet massif de l’initiative du pouvoir.

Avec la fraude et le bourrage des urnes relevés un peu partout, le FLN et le RND, les deux partis siamois et gagnants et qui constitueront l’ossature du gouvernement et du parlement ne représentent que 11% du corps électoral. Difficile de revendiquer une quelconque légitimité dans pareil cas.

Quant aux usages présidant l’exercice du pouvoir, relevée dans le cas des consultations engagées par Sellal, sans la présentation préalable de sa démission et celle de son gouvernement, que le b.a.b.a de la sociologie politique nous renseigne que l’exercice du pouvoir va de pair avec le respect d’un rituel donné et de règles précises.

L’omission par Sellal, par ceux qui le dirigent et ceux qu’il mène à son tour, des usages en cours partout dans le monde et depuis toujours, augure-t-elle d’un quelconque changement ? …Perhaps

  •  Par ZIAD Salah