Ouadah Habib, un artiste-peintre à part  

dans Actualités/Arts & Culture

Ouadah Habib, est né un 28 décembre 1958 à Oran, dans l’emblématique quartier de M’dina Jdida ou il vit encore. Habib a suivi un cursus artistique aux beaux-arts d’Oran, sanctionné par un diplôme, option peinture, en 1984.

Il entame quelques années plus tard une carrière d’enseignant de dessin, dans un collège à Oran. A la retraite depuis peu, il dispose désormais de tout son temps pour s’adonner à ce qu’il n’a jamais cessé de faire : PEINDRE.

Ouadah Habib est un artiste-peintre difficilement classifiable, artistiquement parlant. Dans ses toiles sont « convoqués » tantôt le fauvisme de Van Gogh, et l’impressionnisme de Cézanne, tantôt Le surréalisme de Dali ou Magrite, ou  «l’énigmatisme» métaphysique d’un Giorgio De Chirico ou encore expressionnisme de Max Pechstein.

La peinture de Ouadah Habib est une prouesse artistique qui réunit tous ces courants de la peinture moderne en une nouvelle approche picturale originale et réussie.

Pourtant, lorsqu’on lui demande à quel courant appartient sa peinture, cet artiste timide et réservé, n’aime pas, ou ne veut pas, répondre.

«Lorsque je pose mon pinceau sur la toile, c’est lui qui commande. Il court où il veut sur le canevas de jute. Il ne le quitte que pour plonger dans les médiums multicolores que j’ai déposés sur ma palette, pour y revenir aussitôt décider de leurs mélanges harmonieux, ou leurs juxtapositions violentes. »

C’est ainsi que Ouadah définit sa démarche technique. Une démarche qui est intimement liée à son approche artistique, celle de transformer ses émotions et ses angoisses en œuvres artistiques loquaces et émouvantes.

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L’artiste Ouadah Habib à la galerie Civoeil

Le pessimisme qui semble se dégager de certaines de ses œuvres, est largement justifié, d’après les connaisseurs qui ont été nombreux lors du vernissage de l’exposition d’Ouadah Habib, organisée en février dernier à la Galerie d’Art «CIVŒIL» à Oran.

En effet, la peinture de cet artiste décrit parfaitement le monde actuel, hostile et incertain, et qui présage de sombres inquiétudes et angoisses.

A travers ses œuvres, Ouadah réussi à exprimer les problèmes humains qu’il pense être insolubles.

Ses toiles ressemblent à un cri de désespoir lancé en réaction à cette société et cette modernité qui n’offre que violence et peur de l’avenir.

La forme de sa peinture est brute et nerveuse. Le trait et les couleurs vives sont violents et expressifs. La composition est «hérétique» et se joue de la règle des tiers ou celle du nombre d’or. Mais le tout est émotionnellement harmonieux et touchant.

Si les œuvres de Ouadah Habib expriment, en apparence, son âme en peine et sa foi perdue en l’humain, son don et sa sensibilité artistique démontrent un savoir-faire et une maitrise technique certaine et prometteuse.

Pour le microcosme artistique oranais, Ouadah Habib est certainement un artiste à part. Mais surtout un artiste à suivre…De près.

  • Par Abdelhafid Boualem.