Lieu attitré des intellectuels: La longue mort du CRIDISH

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Par ZIAD Salah

Au temps de feu Abdelkader Djeghloul, le CRIDISH était un repère de rencontres des intellectuels et des étudiants. Avec deux cafètes, devenues des commerces, le CCF, transformé en IF (Institut Français), la librairie Ben Smain, elle aussi abrite actuellement un commerce, et le CDES un peu plus loin, le quartier était surnommé « quartier latin ». Tellement, les étudiants, enseignants, chercheurs et artistes étaient visibles sur la scène de ce périmètre urbain.

Depuis quelques années, avec le triomphe totale de l’arabisation, ce centre, qui a réussi à asseoir la réputation de l’Université d’Oran à l’étranger, participe à l’enlaidissement d’une artère principale du centre ville.

Au départ, des conduites d’eaux usées défectueuses ont obligé ses responsables à le fermer. Par la suite, on a décidé de le relooker totalement.Mais voilà que les travaux traînent en longueur.

Ceux qui avaient l’habitude de fréquenter ce centre constatent avec amertume que le chantier est pratiquement à l’arrêt depuis des mois, voire des années.

En face, l’Institut Français, drainant toujours des foules de jeunes, embellit la rue grâce à de grandes affiches de son programme trimestriel.

Selon des dires, le CRIDISH a élu domicile provisoirement quelques part, pas loin d’un établissement universitaire. Mais on n’entend plus parler. Il est devenu aphone au moment où même des établissements privés s’évertuent à insuffler un peu de vie à l’animation culturelle et intellectuelle de la seconde ville universitaire du pays.

Tel que le CDES, qui en plus de sa vocation première de bibliothèque organise régulièrement des manifestations culturelles et artistiques. Telle la nouvelle librairie «Livre d’Art et de Culture» qui reçoit de temps à autre des écrivains pour présenter leurs œuvres au public.

Pas la peine de risquer une quelconque comparaison avec l’I.F qui se déploie à partir d’un programme annuel élaboré bien avant la rentrée sociale.

Bien évidemment, le CRASC, le GRAS -créé par deux universitaires à coup de bras- et le CEMA, tous des centres de recherches relevant de l’Université, à l’exception du CEMA, dépassent le cadre de l’animation et investissent les domaines de la recherche pointue et de la formation des chercheurs.

Le CRIDISH, pour rappel, a été pionnier dans ce domaine au temps de feu Abdelkader Djeghloul alors qu’il ne disposait que d’une unique ligne téléphonique et d’une ronéo pour le tirage de ses cahiers se trouvant actuellement dans nombreuses bibliothèques universitaires à travers le monde.

C’est le CRIDISH qui a permis à toute une génération de chercheurs consacrés actuellement de mettre le pied dans l’étrier. Doit-on accepter sa mort irrévocable, auquel cas nous lui devons au moins des funérailles honorables.