Le RND se choisit Tayeb Zitouni tête de sa liste à Oran : Flash-back sur le « parfait » candidat.

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  • Par ZIAD Salah

Tout indique que la question de la direction de la liste du RND au niveau de la wilaya d’Oran a été tranchée. Le choix s’est fixé sur Tayeb Zitouni, l’ex maire d’Oran et actuel ministre des moudjahidines. Connu pour son tempérament réconciliant et conciliant, Monsieur Zitouni doit se sentir soulagé et surtout assuré au moins de siéger dans l’APN. Au mieux d’être reconduit dans un prochain exécutif en décrochant un portefeuille ministériel. Parce qu’il est inimaginable que le parti que dirige Ahmed Ouyahia n’obtienne pas de siège dans la seconde wilaya du pays.

D’ailleurs, lors de l’enterrement de Miloud Chorfi il y a quelques jours, certains responsables et militants du parti ont dû se livrer à l’exercice de mesurer la notoriété et l’ancrage de leur formation politique à Oran. Les funérailles se substituent aux instituts de sondage, toujours interdits de cité en Algérie, pour des raisons que même Grine, l’actuel ministre de la Communication ne pourra pas élucider.

Tayeb Zitouni doit penser que son étoile se trouve sous de bons auspices durant ce mois de février : un accès à la rente, en tant que futur député, assuré durant les cinq années à venir mais un Emmanuel Macron, candidat aux présidentielles de l’ancienne puissance colonisatrice qui vient de lui sauver son mandat terne et sans relief de ministre des moudjahidines en reconnaissant «les crimes contre l’humanité» commis  par son pays en Algérie.

Enfin, Kamel Daoud, journaliste et écrivain, enfonce le clou sur un plateau d’une télévision parisienne en conférant une dimension supplémentaire aux propos du candidat centriste aux présidentielles françaises. Voilà une fin de mandat inespéré. Mais…

En poste depuis les débuts du mois de mai 2014, Tayeb Zitouni n’a avancé aucun dossier en suspens avec la France. Bien au contraire, il a été surpris plus d’une fois par des polémiques, provoquées le plus souvent par des intellectuels algériens, se rapportant à «la guerre mémorielle» que se livrent les deux pays et dont son département s’exclue volontairement.

L’exemple le plus illustratif est celui des crânes de certaines figures des résistants algériens se trouvant indignement dans des boites dans un musée français. Ce n’est pas le ministère des moudjahiddines, notamment sous la direction de Zitouni, qui a initié la pétition réclamant la restitution de ces crânes de ces enfants de l’Algérie à leur pays d’origine pour les enterrer dans des sépultures dignes de leur rang.

Plus prêt de nous, jusqu’ici le ministre des moudjahiddines ne s’est pas encore prononcé sur le scandale de la promotion par une institution étatique du livre apologique d’un bachaga, supplétif de la colonisation et qui a commis des crimes atroces contre son peuple. Il s’agit du livre «Si Bouaziz Bengana, dernier roi des Zibans», signé par Feriel Furon.

Encore une fois, l’alerte a été donnée par des citoyens et des intellectuels soucieux du respect de la mémoire des victimes des bourreaux du peuple algérien. Que dire des archives, des indemnisations des victimes des essais nucléaires et autres dossiers lourds en suspens entre les deux pays.

Concernant la wilaya d’Oran dont il prétend représenter, Tayeb Zitouni n’a rien apporté au dossier des brûlés par l’OAS dans la forêt de Canastel. Un cadre de l’APC d’Oran, fils de chahid, l’a saisi la veille du 1er novembre dernier.

Par Sms, le ministre répliquera à la sollicitation de ce citoyen en affirmant que «le dossier est pris en charge». Jusqu’ici, personne n’a rien vu venir. On pourra dire la même chose concernant la débaptisation–rebaptisation des rues de la ville d’Oran. Le ministre s’est confiné comme à son accoutumée dans le silence. Zitouni, en tant que ministre, ou en tant que député, s’est habitué à passer inaperçu et surtout à ne pas faire de vague. Ce n’est pas lui qui tranchera le dossier des moudjahiddines faussaires auquel tient absolument le magistrat Mellouk. Donc…… Si Tayeb est un parfait candidat à la rente et c’est tout .