Le R20, les écocitoyens et la forêt: L’antithèse en mode de gestion

dans Actualités/Environnement
  • Par Slama. S

Le R20 est censé apporter un plus en matière d’environnement et de développement durable via, bien entendu, des process technologiques produits ailleurs. Samedi dernier, à l’occasion de la première journée de formation au profit de la société civile, cette ONG très particulière, nous a  annoncé, par le biais de son directeur, qu’elle vient de signer une convention  avec la Conservation des forêts afin de prélever «des déchets verts»  à partir des forêts de la région  en vue de les transformer en compost au niveau du CET de Hassi Bounif. 

Cette  manière de faire, qui va à contre courant du bon sens, constitue un cas d’école pour les écoles d’agronomie ou elle pourrait servir comme l’antithèse d’une gestion écologique du milieu forestier.

Globalement, la procédure arrêté par l’organisation de l’ami « Schwarzy » et la Conservation des forêts de la wilaya  d’Oran, consistera à prélever des végétaux à partir d’un milieu naturel pour les transformer, via un processus technologique, voire industriel  et obtenir  exactement le même résultat : en l’occurrence de la matière organique. Sauf que la dite matière organique ne servira plus au développement de la végétation de la forêt mais  sera utilisée ailleurs.

La réalisation du compost ne nécessite pas de produits ligneux de gros diamètre mais juste du bois vert d’un ou deux ans. D’autant plus que  la petite unité de compostage du R20 installée à Hassi-Bounif  est équipée d’un matériel pour ainsi dire domestique (pour ne pas dire amateur) pour le traitement de ces déchets verts.

La société écolo-civile, réunie en conclave dans un institut de la  formation professionnelle à Maraval, a, bien entendu, saluée très chaudement cette décision.  Il faut dire aussi que cette société civile «en or» semble totalement ignorer bien des pans de la science ou elle exerce sa militante citoyenneté.

Car cette mesure est pour le moins anti-écologique quelque soit le boisement  de la wilaya. Car aussi bien la topographie que  les natures et les qualités de nos sols forestiers suffisent d’ailleurs  pour l’affirmer. Il faut peu être  aussi souligner que la dangerosité de ces prélèvements vient du fait qu’il faut, dans le meilleur des cas, 50 % de matière ligneuse mélangé à 50% de déchets verts pour obtenir un résultat valable.

Ce qui veut dire que pour 10 tonnes de déchets verts, il faudra trouver 10 tonnes de déchets forestiers.  Il y a lieu de  se demander aussi si cette décision a fait l’objet d’un avis d’expert de l’Institut National des Forêts.

Le R20, à qui semble t-il tout le monde veut plaire, du moins à Oran, est sensé nous apporter une expertise en matière de traitement des déchets. Indéniablement le traitement des déchets organiques verts que notre ONG essaye désespérément de traiter par le biais du compostage, ne prend pas, ce qui bien entendu ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bio-dégradable.

Mais que cela nécessite une prise en charge un peu plus professionnel et certainement d’autres moyens qu’un broyeur de jardin et surtout un regard d’expert en la matière qui puisse dire quel sont les points faibles du process mis  en place et comment y remédier.

Faut-Il améliorer le préfanage ou injecter de l’air dans le tas de compost ? Faut il revoir les mélange de matériaux ou bien utiliser d’autres matériaux à l’instar de sciure de bois qui présente bien des avantages dont le moindre est qu’il s’agit d’un résidus industriels?Autant de questions auxquels l’expertise du R20 ne semble pas être en mesure d’y répondre.

Le recours à ce qui fait la litière de nos forêts est une solution trop facile et trop dangereuse pour le devenir de nos forêts et ne devra en aucun cas  dépasse le stade expérimentale. Le défi de l’ami « Schwarzy » de faire d’Oran une ville propre, ne peut (ni ne doit) se faire  au détriment de nos écosystème forestiers déjà bien trop fragiles.

Si nos forestiers sont vraiment en panne d’idées pour traiter les déchets verts de nos forêts, sans pour cela les appauvrir, pourquoi ne pas introduire le BRF (bois raméal fragmenté) un processus de transformation bien plus écologique et avantageux que le compostage.

L’expertise algérienne en la matière existe, elle est même locale, si l’on peut dire. Fayçal Anseur, un oranais spécialiste de la permaculture a été, lors du SILA, sollicité par l’Institut National  d’Agronomie d’El-Harrach pour exposer cette nouvelle technique ou plutôt cette philosophie de la production agricole qui permet d’augmenter les rendements sur des terres peu valorisés à l’instar des terres forestières.

Pour la petite histoire, la permaculture, qui fait appel au BRF, n’est pas un produit de Silicon Valley mais s’inspire des techniques culturales des aborigènes d’Australie voila peut être ce qui explique que les représentants du R20 ont quelques difficultés pour maitriser des techniques qui ne soient pas du genre « aabaz tssil » (appuie ça coule) comme dirait le petit peuple.