L’affaire du 11 Bd de la Soummam: L’acharnement de Djilali Mehri contre les résidents risque de ressusciter des cadavres

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Ce mercredi, les habitants de l’immeuble du 11 Bd de la Soummam, ainsi que des militants de certaines associations de défense des droits civiques et de droits de l’homme participeront à partir de 10 h au sit-in devant l’entrée principale de cet immeuble pour protester contre la décision d’expulsion un des locataires au niveau de cet immeuble. Cette action de protestation remet sur le tapis l’imbroglio juridico-administratif de ce qui est connu par l’affaire Siffan (une entreprise coloniale de gestion immobilière à l’époque coloniale) soit disant acquise par le milliardaire Djilali Mehri et les résidents de cet immeuble, dont certains avant même l’indépendance.

Fixée pour le 24 de ce mois, la famille Soussi, menacée d’expulsion a entamé les démarches judiciaires pour annuler cette décision jusqu’à au moins la décision du Conseil d’Etat qui doit examiner ce dossier et s’y prononcer.

Avant ce sit-in, les habitants de cet immeuble, appartenant aux Domaines publics, si l’on croit une correspondance adressée par la Direction Des Domaines au Wali d’Oran en date du 28 Sept 2014, dont nous disposons d’une copie, ont organisé une manifestation devant le siège du Ministère de la Justice le 2 Mai dernier.

Reçu par le SG du ministère, deux des habitants ont remis un dossier complet sur l’affaire à leur hôte. Parmi les documents remis à ce haut cadre du ministère de la Justice, des documents attestant que les propriétaires de la Siffan (entreprise de l’époque coloniale) sont décédés dans la fin des années 30 du siècle dernier. Alors que l’acquisition de cette entreprise (de gestion immobilière et non propriétaire de l’immeuble) a eu pratiquement 20 ans après.

Suite à l’écoute des deux représentants des habitants du 11 Bd de la Soummam, le ministre de la Justice a dépêché une commission d’enquête qui a séjourné à Oran à partir du 7 Mai. Les membres de cette commission ont entendu pratiquement tous les protagonistes de ce conflit : les représentants des habitants de l’immeuble, les représentants de Mehri, les magistrats et juges qui ont eu à traiter cette affaire et bien évidemment les responsables de la direction des Domaines de la wilaya d’Oran. Ceci pour attester que le ministère de la Justice est au fait de ce dossier qui traîne depuis des années et dont la liste des expulsés grossit doucement mais surement.

En attendant l’issue de ce bras de fer, un collectif, composé de militants associatifs, de journalistes et de simples citoyens, est à pied d’œuvre pour élaborer un Livre blanc dont les premiers destinataires seront le Président de la République, le premier ministre et le ministre de la Justice.

Trois axes de ce travail sont déjà arrêtés : le rappel de toutes les enquêtes diligentées par les membres de l’exécutif et qui ont réfuté toutes la prétention de la Siffan (et donc Mehri) à la propriété de l’immeuble 11 Bd de la Soummam.

Citons parmi ces enquêtes, celle réclamée par Ahmed Ouyahia en 2001 alors qu’il était Garde des Sceaux ; celle diligentée par Mourad Medelci en 2002 en sa qualité de ministre des Finances et celle initiée sur ordre d’Abdelmalek Sellal en 2014 alors premier ministre.

De son côté, la Direction régionale des Domaines a réalisé 6 enquêtes entre 2001 et 2014 qui ont abouti toutes à la même conclusion : l’immeuble objet du litige entre Djilali Mehri et les résidents n’est pas et n’a jamais été la propriété de la Siffan, (entreprise acquise par le milliardaire).

Le second axe du Livre Blanc en chantier se rapporte à l’étalage de tous les documents concernant les procès intentés par les résidents. Procès toujours gagnés en première instance et « toujours » perdus en appel.

Le troisième acte sera la reproduction des documents récoltés depuis quelques années concernant le montant des prêts bancaires accordés à Mehri par la BNA pour «monter» son entreprise de Pepsi et où l’immeuble en question a servi d’hypothèque.

Une simple consultation des documents dont (nous également disposons des copies) atteste que la somme atteint 5 milliards 300 millions de DA. Autrement dit, 530 milliards de cts de l’époque (1999 et 1998). Un tel immeuble, aussi somptueux soit-il ne coûte pas autant. Ce qui soulève plus d’une interrogation…..

  • Par ZIAD Salah