La législature de 2002 à 2017: Chronique d’une régression programmée

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La fraude, programmée et prévisible, a focalisé les polémiques et les commentaires autour des dernières législatives du 4 Mai dernier. En validant les résultats de ce scrutin, avec l’ajout de quelques sièges au RND et en révisant à la baisse le taux de participation déjà historique, le Conseil Constitutionnel a en quelque sorte clôturé ce débat.

La prédominance de la «chkara» dans la confection des listes des candidats en premier lieu, l’usage généralisée et à découvert, sommes tentés de dire, de la fraude et le faible taux de participation ont dominé les discussions sur cette élection.

Pour notre part, nous envisageons de l’appréhender d’un angle particulier : comparer les candidats uniquement du FLN au niveau de la wilaya d’Oran lors de la première législature de l’ère de Bouteflika avec ceux qui ont pris part à la dernière course électorale au niveau de la même localité. Ce qui nous permettre de mesurer, ou du moins avoir une idée, sur l’ampleur de la régression.

Auparavant, il est utile de rappeler que le choix des candidats en 2002, s’est fait au niveau de la mouhafada d’Oran avec la concertation de la direction centrale du parti assurée à l’époque par Ali Benflis alors SG du FLN.

Certes, on peut supposer des cas de cooptation ou de «recommandation» mais à l’époque le terme de «la chkara» n’existait même pas.

 

Par ailleurs, il faut souligner qu’Oran disposait de 15 sièges (18 actuellement) et que lors de ce scrutin, la wilaya en a décroché cinq.

Sur les quinze candidats, au moins six ont le grade de professeur de médecine. Il s’agit de Mme Hamou Boutlélis, cardiologue ; de Seghir Fatima Zohra professeur en biologie, Abderhmane Attar professeur en urologie ; de Belaida hématologue.

Parmi les cités, uniquement le professeur Attar qui n’avait pas siégé au Palais de Zirout Youssef parce qu’il a été classé dixième sur cette liste. L’équipe du FLN lors des législatives de 2002 a été dirigé par Maître Ferrahi, bâtonnier du barreau d’Oran. Des considérations humaines, et non matérielles, ont pesé lourdement dans ce choix. Dans la même équipe a figuré Boukessassa, un enseignant universitaire de l’ENSET.

Finalement, trois professeurs de médecine, dont deux femmes, un avocat et un professeur de fac, avaient représenté la wilaya d’Oran à l’APN durant la législature s’étalant de 2002 à 2007.

Soulignons que ces candidats n’ont glissé aucune somme d’argent pour endosser les couleurs du FLN. Leur statut social et leur aura (deux filles de grandes figures oranaises) ont été les meilleurs avocats pour plaider leur cause. Et non la chkara.

Maintenant, il est loisible à chacun de nous de procéder à des comparaisons avec les législatures qui ont suivi pour constater la chute aux enfers vécue par ce parti et partant par l’Algérie entière. A partir de là, nous pouvons appréhender l’ampleur de la désaffection citoyenne, appelée abstention, qui est en fait un fort signe de refus de ce délabrement de la vie politique et publique entamé il y a quinze ans de cela.

  • Par ZIAD Salah