La décharge publique d’El Kerma renaît de ses cendres: Où sont passés les 100 milliards destinés à son éradication ?

dans Actualités/Environnement
  • Par Salah Chalal

Trois ans après sa fermeture officielle, suite à la mise en service du centre d’enfouissement technique de Hassi Bounif, la décharge publique d’ElKerma empeste le cadre de vie de plus de 25000 âmes. Or, la fermeture de l’ex «bassoura» n’a jamais été considérée comme une fin en soi et son éradication devait suivre quelques mois après pour en faire un parc de loisirs.

Cela a été annoncé en grandes pompes à l’époque et une enveloppe financière de 100 milliards de cts a été dégagée pour la direction de l’environnement de la wilaya d’Oran qui devait piloter toutes les différentes étapes du projet.

Cependant, le projet semble mis aux oubliettes et, entre-temps, le site est investi illégalement et quotidiennement par des pollueurs qui viennent décharger d’importantes quantités de déchets avant que les fouilleurs, en quête d’objets récupérables, viennent mettre le feu à la tombée du jour.

Ceux sont ces fumées qui irritent le plus les riverains et qui leurs causent de sérieux problèmes de santé comme l’attestent les chiffres effarants divulgués par des sources sanitaires et qui concluent que les insuffisances respiratoires touchent toutes les tranches d’âges.

Le mouvement associatif, qui a été à l’origine de plusieurs actions de protestation pour fermer cette décharge ouverte il y a plus de 30 ans, reviennent à la charge en interpellant cette fois les responsables locaux.

C’est le cas de l’association écologique El fajr qui a tenu une réunion avec le premier magistrat de la commune afin de l’interpeller sur cette situation et pour l’amener à prendre des engagements sur tous les points noirs soulevés.

Parallèlement à cette démarche locale, l’association a adressé, au wali d’Oran, une correspondance contenant toutes les négations dont souffre la commune en matière de cadre de vie pour qu’il initie des actions urgentes allant dans le sens de l’application de l’arrêté de Wilaya interdisant tout dépôt d’ordures au niveau de l’ancienne décharge.

Le maire a affiché sa volonté pour éradiquer définitivement cette plaie environnementale portant sur plusieurs points tel que la confection d’un arrêté communal pour l’interdiction ferme d’incendier tout déchet organique ou chimique au niveau de l’ancienne décharge, d’interpeller les services sécuritaires qui seront destinataires de cet arrêté communal, l’installation de plaques d’interdiction devant tous les accès menant a la décharge et l’éradication des dépotoirs dont le nombre est en nette augmentation.

Selon le président de l’association, la reprise du dialogue avec le maire a repris, lors d’une nouvelle rencontre, pour aborder d’autres questions liées à l’environnement et notamment l’implantation de produits chimiques au niveau du port sec d’EL KERMA, considérées comme étant nuisibles à l’environnement.

Toutefois, les membres de l’association estiment qu’il n’est pas tôt de crier victoire tant que ces promesses ne sont pas suivis d’effet car de par l’expérience antérieure, l’association craint que ces engagements demeurent lettres mortes avant d’être repris lors des prochaines élections locales dans deux ans.