La chroniqueuse de J.D.O Amina Mekahli, star du SILA : Quand «Tiaret. Chevaux et Légendes» poétise la photo d’art

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Elle nous a habitués à un style corrosif et à des propos sans concessions. Voilà qu’elle nous offre, avec le photographe Nacer OUADAHI, un livre apaisant et apaisé. Il s’agit de notre chroniqueuse attitrée Amina Mekahli et de son livre cosigné «Tiaret. Chevaux et légendes». L’ouvrage publié chez l’Anep et présenté au Sila (Salon International du Livre d’Alger) est préfacé par Maissa Bey.

A ne pas se méprendre. Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire. Et l’auteur s’en défend clairement. C’est une simple rencontre d’un regard et d’une voix : celui d’un photographe et celle d’une poétesse.

Les deux sont épris de cette beauté du terroir, de la fantasia où le cheval dispute au cavalier l’apparat, la posture, le déploiement,….et ou le cavalier et sa monture se complètent pour étaler toute la fierté et la dignité d’une région….et de bravoure.

A part qu’Amina ne s’est pas arrêté au niveau du cliché, au sens premier du terme. Elle est partie fouiner dans notre patrimoine pour déterrer des légendes autour du cheval et sa place dans les sociétés arabo-berbères.

Le prophète Mohamed, Léon l’Africain, le Calife Mouawiyya, l’Emir Abdelkader, …se sont tous prononcés sur le cheval, lourdement présent dans la poésie antéislamique.

Voilà un des rappels du travail de Mme Mekahli qui est une «injonction intérieure à la méditation et au nomadisme des âmes » (p13).

Combinant le travail de compilation des textes au libre court de ses élans poétiques, l’auteur a conféré de l’épaisseur aux superbes photos de Nacer OUDAHI, un peu altérées par l’impression.

Dans ce travail où l’affect l’emporte souvent sur la raison, Amina Mekahli a, par moment, cédé à une certaine nostalgie très prégnante dans la culture arabe. «Il est le temps jadis. Le temps des poètes et des cavaliers. Le temps des troubadours et des princes. Il est le temps jadis. Le temps du cheval qui avait soif de beauté. Le temps où la lune veillait sur une jument fougueuse ».

Pourtant, elle se ressaisit et revient à ses préoccupations et inscrit la présence de la femme dans cet univers dominé par les hommes. «O femme guerrière ! Ton nom est cheval. Les bouches murmurent sous tes oreilles. Femme-cheval délicate comme la porcelaine. Tu as brisé les tabous» (p93)

Le livre «Tiaret. Chevaux et Légendes» est un livre d’art. A mettre à la portée de la main des enfants mais aussi des hôtes. A offrir à ceux qu’on aime. Il vient à point nommé combler un peu le déficit de ce genre de production. En tout cas, il fait honneur à toute une région.