Impressionnante marche des résidents à Oran : Pari réussi

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Ils étaient cinq mille selon certains, huit mille selon d’autres. Les organisateurs, c’est-à-dire le CAMRA (Comité Autonome des Médecins Résidents Algériens) avance le chiffre de douze mille. Ils étaient nombreux, décidés et disciplinés. Ils sont venus d’Alger, de Constantine, de Batna, d’Annaba, de Saida, de Sidi Bel Abbés, de Tlemcen et d’Oran. C’est sans conteste la plus imposante marche qu’a connu Oran cette dernière décade.

La veille de la marche, des délégations sont arrivées soit par train soit par d’autres moyens de transport. La veille, selon nos sources, ils ont réglé les détails de la marche : le parcours, les mots d’ordre, le service d’ordre et la désignation des portes paroles.

A Oran, il fallait à tout prix relever le défi, parce que la marche a un caractère national. Et par conséquent, elle devait confirmer le succès des autres marches qui ont eu lieu un peu partout suite à la bastonnade des résidents à l’hôpital Mustapha d’Alger.

Après des tractations avec les services de police, le cortège, composé de plusieurs carrés, a pris le chemin menant du CHU d’Oran au Pont Zabana, en traversant le Boulevard Ahmed Abderrezak. Le service d’ordre a fait preuve d’efficacité et de souplesse. Ce qui a évité tout débordement ou incident. Le dispositif sécuritaire déployé était impressionnant mais correct.

Tout laissait deviner que des instructions fermes ont été données par la DGSN et qu’il fallait surtout ne pas rééditer l’effusion de sang enregistrée à Alger presque une semaine auparavant.

De leur côté, les marcheurs, se sont tenus à des mots d’ordre arrêtés à l’avance, dénués de tout arrière pensée politique. «Dignité, Solidarité» ont clamé les résidents. «Nous voulons d’avantage de moyens pour servir le patient». Les couleurs nationales étaient présentes lors de cette marche, longue de quelques kilomètres, histoire de marquer l’attachement des résidents à leur pays. D’ailleurs, autour de la statue de Zabana, sur le pont qui porte le même nom, l’hymne national a été entonné par des milliers de gorge.

L’intervention musclée de la police à l’Hôpital Mustapha, condamnée par certaines formations politiques et par les syndicats des différents corps de la santé, était présente dans l’esprit. Par pancartes portant des photos de certains médecins ensanglantés. Par des slogans où on a clamé haut et fort «nous n’avons pas peur».

Et par la déclaration du président régional du Conseil de l’ordre qui n’a pas hésité à employer le terme de mercredi noir. D’ailleurs, certains professeurs ont absolument à se rendre visibles lors du rassemblement dans l’enceinte du CHU Oran, avant le coup d’envoi de la marche.

A Oran, les résidents ont relevé le défi. Celui de se constituer en front uni pour faire aboutir leur revendication. Mais surtout en démontrant que les jeunes algériens sont en mesure d’exprimer leur revendication par le biais d’une manifestation sans sombrer dans le désordre. A l’instar des autres jeunes du monde. Un argument que le pouvoir ne peut plus avancer pour expliquer sa propension à fermer les champs de l’expression.

  • Par Ziad Salah