Hamid GRINE maitrise-t-il les lois de la République ?

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  • Par ZIAD Salah

Tous les analystes, les experts, les spécialistes l’attestent : l’incompétence est la première menace de la sécurité nationale en Algérie. Surtout quand cette indigence est le trait caractéristique des hauts commis de l’État. Hamid Grine, ministre de la Communication, en voulant s’attaquer à El Khabar et l’homme d’affaires Issaad Rabrab, sur injonction de ses mentors et non pour défendre les intérêts de la République, il faut le souligner, a dévoilé l’amateurisme des concepteurs des lois régissant le fonctionnement des institutions de la République.

Selon des juristes cités par notre confrère d’El Khabar, l’article 25 du Code de l’information, brandi une première fois pour annuler la cession des actions du groupe de presse cité en faveur du patron de Cevital, s’applique aussi à l’État (eh oui) en tant que personne morale propriétaire d’au moins six quotidiens.

En effet, selon les dispositions de cet article, l’État ne peut pas détenir plus d’un titre. Ainsi, nous sommes devant une situation inédite. Les pouvoirs publics, s’ils sont soucieux de respecter les lois qu’ils promulguent sont dans l’obligation d’abroger cet article.

Sinon procéder à la cession des titres propriété de l’État. Or, El Moujahid par exemple occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif.

D’un autre côté, en ouvrant les hostilités avec ce titre de la presse arabophone qui a acquis sa place il y a longtemps dans l’espace médiatique national et arabe, le ministre a ouvert, à son insu, la boite noire de la manne publicitaire et son attribution qui ne répond à aucun critère objectif sauf celui du népotisme et de l’allégeance. La question n’est plus le centre d’intérêt exclusif des patrons de presse.

Les journalistes, notamment dont les titres où ils travaillent sont menacés de disparition faute de pub, entament des enquêtes sur le mode d’attribution de cette manne publicitaire.

Des surprises sont en perspective dans les jours ou les semaines à venir. Désormais, la dissolution de l’Anep ou la libéralisation du marché de la publicité devient une des préoccupations de la profession.

Une mesure pouvant atténuer la colère qui gronde au niveau de la profession. En tout cas, désormais la question de la liberté de l’expression, de plus en plus menacé en Algérie de l’avis des professionnels et des organisations internationales, ne peut plus faire l’économie de cette question.