Avec la fraude massive et l’abstention historique: Peut-on parler de nouvelle carte politique ?

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La poursuite des joutes électorales au niveau des tribunaux, malgré l’expiration du délai des recours, a quelque peu éclipsé les débats sur la nouvelle carte politique issue du scrutin du 23 Novembre dernier. Sur le plan symbolique, le débat initié au niveau de certains tribunaux de la République, est un précédent dont on mesurera peut être la portée dans l’avenir.

Ce débat, circonscrit en ce moment au niveau des tribunaux administratifs, a toutes les chances de se prolonger encore des semaines, voire des mois, devant les tribunaux chargés des affaires pénales.

Le MSP à Oran a introduit des actions en pénal contre certains responsables de certaines daïras accusés nommément d’êtres les artisans de la fraude.

Ce scrutin, donné par certains comme prélude aux présidentielles de 2019, dont la date peut être avancée en raison de l’état de santé du président de la République, a en principe donné une autre configuration politique.

Une première et rapide lecture de ses résultats permettent d’avancer que le FLN est le premier perdant des locales. Premier bénéficiaire de la fraude, si l’on juge les propos de tous les responsables des autres formations politiques, et surtout les vidéos ayant circulé sur les réseaux sociaux et qui font d’avantage l’opinion publique mieux que les déclarations des chefs de partis, son score a terriblement chuté par rapport aux locales de 2012.

Il ne contrôle que 600 communes sur les 1500 que compte le pays. Le parti El Moustaqbal, se classe en troisième position sur un échiquier politique qui ne présente aucune fiabilité.

Cette position a déjà été «attribuée» il y a quelques années au FNA, réduit par la suite à sa plus simple expression et dont l’inamovible SG s’est résolu à faire une grève de la faim pour attirer les regards.

Concernant El Moustaqbal, il est fort à parier que son patron s’estime présidentiable. Ce scrutin aura au moins produit un premier lièvre.

Ce dernier scrutin a aussi tracé la voie à des expériences inaugurales notamment à Alger et en Kabylie ou des indépendants ont réussi à laminer des listes du FLN et RND notamment, grâce à une véritable implication de la société civile. Une expérience à méditer.

Talaia El Houryate marque son entrée dans l’arène politique d’une façon timide certes mais le parti de Benflis, victime de coups bas, se retrouve dans la catégorie des partis microscopiques, ce qui le place devant le défi de restaurer son image avant les échéances électorales à venir.

Bien avant la validation des résultats, la carte politique, conséquente aux élections présente une certaine homogénéité. Le constat est vrai à condition d’omettre de prendre en ligne de compte l’abstention et la fraude. Les chiffres officiels des taux de participation n’ont convaincu personne. Les premiers résultats fournis par le ministère de l’Intérieur ont volontairement évité de signaler ce taux. Même les partis politiques, notamment ceux qui contestent les résultats de ce scrutin, évitent de soulever ce sujet comme s’il s’agit d’un tabou.

Le travail de recoupement effectué par plusieurs personnes à Oran avance un chiffre à peine frôlant à peine les 10 %. Donc, la fraude d’une part et l’abstention d’une autre empêchent de conjecturer sur une carte politique.

Cependant, bien avant la tenue de ces élections, cette supposée carte politique a accusé ses premiers coups de sabre. Le jeu de transvasement des candidats d’un parti à un autre, notamment les cadres des formations politiques ayant pris part à ce scrutin, a vidé cette course de tout sens. Ce qui a motivé les abstentionnistes à «la désertion citoyenne».

Parce qu’ils se sont aperçus que la motivation ultime de certains candidats se limite à l’accession à la voie menant à la prédation ou au mieux à l’affairisme. Dès le lendemain de la tenue des élections, certains candidats, dont des têtes de liste, se sont débarrassés des couleurs des partis qu’ils ont représentés.

Au même moment, les langues se sont diluées dévoilant un pan de la bourse des places sur les listes électorales. Comme il n’est pas exclu que des élus rejoignent d’autres formations politiques pour plus d’avantages.

Sans généraliser, il n’est pas aisé de parler de nouvelle carte politique conséquente au scrutin du 23 Novembre dernier. Parce que cette nouvelle carte est factice, mouvante et loin d’être représentative. Donc elle ne peut pas servir de base ou de point de départ à des projections portant sur les… prochaines présidentielles.

  • Par ZIAD Salah