Arnold Schwarzenegger à Oran: Les bons points sans les … blâmes

dans Actualités/Environnement
  • Par S. SLAMA

Arnold Schwarzenegger, ex-star hollywoodienne, ex-gouverneur de la Californie et actuellement grand facilitateur à la tête de l’ONG multinationale dénommée R20, est de retour à Oran. De prime abord, notre homme s’est dit «impressionné par le travail réalisé dans le cadre du partenariat de son ONG en matière de tri des déchets.»  Il  faut  croire qu’il ne faut pas grand-chose pour impressionner le célèbre «Terminator» qui trois ans auparavant à l’occasion de sa première visite, il avait promis qu’il «exterminerait» les déchets de notre ville. Force  est de constater qu’aujourd’hui Oran  n’est pas plus propre qu’il y a trois ans. 

 

 

Cette fois ci  notre homme a soigneusement évité de faire  une quelconque promesse et s’est contenté d’aller visiter  le CET (Centre d’Enfouissement Technique) de Hassi- Bounif, qui sert plus de vitrine (vu  du nombre de visiteurs de haut rang qu’il reçoit) qu’à nous débarrasser de nos détritus.

Soyons sérieux et revenons donc à la visite de monsieur Schwarzenegger et des activités du R20 à Oran.  Un premier constat s’impose, l’hôte d’Oran  témoigne, en son âme et conscience, de la volonté des pouvoirs publics de concrétiser sur le terrain une politique environnementale  dynamique,  puisque selon  Mr Schwarzenegger «cette vision s’est traduite sur le terrain.»  Concrètement cette politique est basée sur le tri des déchets à la phase finale de la collecte au niveau du C E T.

Or, la stratégie préconisée par l’ONG R20 d’Oran  était  basée sur le tri des déchets à la source.  Ce qui  traduit quelque part un échec de cette organisation dans la mise en place et le développement de la politique environnementale du gouvernement.

Le tri  des déchets, qu’il soit à la phase finale ou même à la source, ne se reflète pas dans la qualité du cadre de vie des oranais. Oran n’est toujours pas une ville propre et le restera probablement encore longtemps.

En réalité, le tri sélectif permet tout juste de récupérer de la matière première «bon marché» pour compenser la matière première sensée avoir été importée et qui n’arrive jamais à bon port. Il aurait peut être mieux valu au R20 de mener une campagne contre la multiplication des emballages. Ce qui aurait pu aboutir à la disparition des sacs de plastique que de s’échiner à aller les ramasser.

Mais cela nos amis du R20 ne l’ignorent certainement pas.  Monsieur Arnold, qui semble croire  à la volonté politique de nos responsables de bien faire, est venu  aussi pour distribuer quelques bons points et  probablement récolter quelques dividendes.

Le Centre National d’Etude et de Recherches Intégrées du Bâtiment Algérien (CNERIB), en est le premier bénéficiaire pour son Projet d’Efficience Énergétique dans le secteur de la construction. Un projet vieux de 10 ans qui fut lancé au lendemain du sommet de Kyoto.

Ce projet pilote de la construction de maisons rurales avec une énergie efficiente devait concerner 450 000 maisons rurales. Crise oblige, «l’efficience énergétique» des constructions dans nos campagnes n’est pas sortie des cartons du CNERIB. Il aurait peu être était plus intéressant d’apprendre à nos ruraux à récupérer et à utiliser les eaux  pluviales des toits réservoirs.

Supposons donc que les 450 000 maisons récupèrent chacune 1000 litre d’eau par an, cela donnera au bout du compte 450 millions de litre soit les besoins annuels d’une bourgade de 8000 habitants avec un ratio de 150 litres par jour et par personne.

Après tout pourquoi donc nos paysans doivent-ils économiser, à tout prix, des énergies «subventionnées» si elles doivent finir dans les tiroirs caisses des pétroliers texans ou européens ?

Mais revenons encore une fois au bureau local du R20 qui après la récupération des déchets s’est lancé dans la fabrication du compost à partir des déchets verts et des déchets d’élagage d’arbres urbains.

L’élagage des arbres urbains est un fléau qui réduit drastiquement leur durée de vie, et l’absorption du CO2. En tant qu’ONG participant à la promotion du développement durable, à travers la mise à disposition des nouvelles technologies et des nouveaux matériaux, le R20 local devrait en principe bannir ce type de techniques destructrices de la nature. D’autant plus que de nouvelles techniques agro-écologiques telles que la permaculture permettent, aujourd’hui, de valoriser au mieux les terres les plus ingrates et même de réduire la dépendance à l’irrigation. Pour bien faire les choses, l’ami Arnold, aurait donc aussi du distribuer quelques… blâmes.