Après les faux parkings et les mosquées, place aux arbres de….camouflage

dans Actualités/Environnement

Aux dernières nouvelles, les pouvoirs publics locaux ont fini par rendre à l’arbre en général et à l’arbre d’alignement en particulier son rôle d’outil d’aménagement. Certes cela est limité uniquement à la seule  fonction esthétisante de l’arbre. Ce qui n’est pas rien, mais c’est un peu trop court pour parler d’une véritable stratégie environnementale à l’échelle de la ville.

Ainsi donc les entrées de la ville d’Oran seront plantées d’arbres.  C’est du moins la décision qui aurait étés prise, certainement dans l’urgence, par les responsables de l’administration locale. L’idée n’est pas nouvelle, ni même originale, elle aurait dû être mise en place il y a quelques années déjà par nos élus locaux qui, en général, préfèrent attendre les ordres qui viennent d’en haut, se contentant de suivre la mode du moment et d’applaudir «les idées lumineuses» de leur tutelle.

Ainsi donc après l’engazonnement des terres pleins d’autoroute, voila venu le temps de l’arbre urbain. Ce qui n’est pas pour déplaire aux citoyens. Bien représenté par ailleurs dans les salons des pouvoirs publics par une société civile qui  n’est pas en reste, et a applaudie, s’est fait prendre en photos et même « facebooké » bien trop souvent pour être clean.

Comme par exemple lorsque les services locaux des forêts se proposaient de dépouiller nos forêts de leurs litières au profit d’une ONG en mal de fabrication de compost…. urbain. Nos associations, trop bien encadrées, ont alors unanimement renvoyées aux calandres grecques le projet de réflexion sur le statut de l’arbre urbain. Ils ne manqueront donc certainement pas encore une fois de joindre leurs applaudissements « citoyens » à ceux de leurs élus.

Le futur programme de plantation est réservé dit-on aux entrées de la métropole oranaise. Il y a lieu de s’interroger sur ce programme qui concerne les grandes pénétrantes routières de la ville. Mais avant d’aborder cet axe dans le détail, abordons donc l’axe aérien.

Avant d’atterrir à l’aéroport d’Es-Senia, premier portail d’Oran, le visiteur doit nécessairement et à base altitude survoler l’immense Chteibo. Mais ici il n’est pas question d’arbre et de……… camouflage.

Cela est d’autant plus vrai que le terrain sur lequel est bâtie cette excroissance urbaine n’est pas vraiment idéal pour l’arbre en général.

Revenons donc à nos axes routiers. Pourquoi donc planter des arbres aux entrées de villes lorsque les paysages sont privatisés ? Les nouveaux riches qui ont remplacé les «faux fellahs» du gouvernement Hamrouche et de l’ex D S A Benhadidi, n’ont pas trouvé mieux que de séquestrer le paysage derrière d’hideux murs le long de leurs parcelles et, par voie de conséquence, sur les principaux axes autour de la ville.

Privatisant par là de longs tronçons de paysages ruraux et même naturels. C’est la première action que les pouvoirs publics devraient entreprendre. C’est à dire qu’au lieu de planter des arbres pour camoufler les murs des autres, ils devraient exiger de ces «gentlemans- farmers» des haies végétalisés. Ce qui serait certainement un mieux pour l’écologie, pour l’esthétique de nos entrées de ville, et même pour l’image d’un pouvoir qui abandonné jusqu’à l’image du pays au puissants lobbys de l’argent.

L’arborisation de nos entrées de ville n’a pas fait l’objet d’une réflexion d’aménagement et encore paysagère. Faut-il planté en mail ou en rond d’oignons ? Faut-il planter des baliveaux ou des cépées ? Faut-il planter en trancher ou au trou ? Faut-il planter des palmiers, des résineux ou des feuillus ?  De tout cela nous n’en savons strictement rien.

Il est vrai qu’il s’agit là de détails avec lesquels il ne faut surtout pas embarrasser les responsables publics de notre cadre de vie. D’ailleurs, ils ne seront probablement pas là pour apprécier les résultats ou les conséquences de leur politique environnementale. Par contre nous serons encore là et quel que soit le résultat nous devrons le subir. Nous subirons ces plantations et qu’importe si demain, parce que les distances de sécurité n’auront pas étés respectées, une famille oranaise soit endeuillée parce que son fils s’est pris un arbre.

Mais qu’importe donc la citoyenneté dans la gestion de carrière.  De tout cela nous n’en savons rien, mais nous savons d’ores et déjà que le projet a été confiée à une entreprise de réalisation d’espace vert qui pour l’instant n’a brillé que par ses échecs répétés au point de nous faire croire qu’une esplanade engazonnée est un jardin méditerranéen.

« Oran-vert », la bien nommée avec ces 11 ha de pépinière ne produit pas suffisamment pour subvenir à ses propres besoins et se rabat sur le marché local et même national.  Chauffant outrageusement les prix et mettant à mal les petits artisans jardiniers qui pour la plupart travaillent au noir.

Enfin il y a lieu de dire aussi que l’arbre urbain en général et l’arbre d’alignement en particulier n’ont pour vocation que de camoufler.

Le camouflage est une invention des militaires pour cacher ce qui ne doit pas être vu par l’ennemi.

Faut-il vraiment cacher nos entrées de ville au lieu d’entreprendre une réflexion paysagère pour assumer leur intégration paysagère ?

La question ne se pose même plus tant nous sommes enfermés dans une logique urgentiste, pour ne pas dire populiste, de la gestion de nos villes qui fait que l’on rase des forêts pour créer de faux parkings et que l’on érige des mosquées sur des sites naturels au prétexte qu’il faut briller.

Par S. SLAMA