Alors que son enterrement est prévue pour ce dimanche : « L’ange » Nihel objet de toutes les manipulations 

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  • ZIAD Salah

L’enterrement de Nihel, annoncé pour aujourd’hui, aura lieu demain (Dimanche). Ce qui offrira encore du temps à certains médias d’investir et de surexploiter le drame d’une famille qui vivait jusqu’ici sereinement dans l’ombre. Les mises en scènes montées par certaines chaînes de télévision privées pour des raisons inavouées, en tout cas qui n’ont aucune espèce de compassion avec la grande douleur de la famille, mérite d’être relevés et dénoncés.

Selon des témoignages dignes de foi, dont certains de confrères, une équipe de télévision privée dépêchée d’Alger ne s’est aucunement gênée de « suggérer » aux enfants et jeunes agglutinés aux alentours du domicile des parents de la victime de se regrouper et de réclamer devant l’objectif des caméras la reconduction de la peine de mort.

Selon d’autres témoignages, ces journalistes «créateurs d’événements» ont poussé le bouchon jusqu’à fournir le papier, les marqueurs à ces jeunes pour transcrire la revendication d’appliquer la peine capitale aux tueurs d’enfants.

Certes, sur les réseaux sociaux, et pour des raisons légitimes eu égard au choc provoqué l’assassinat de Nihal, cette revendication a été formulée.

Mais aller jusqu’à tenter d’ »improviser » une marche de solidarité avec la famille endeuillée en voulant montrer que la restauration de la peine de mort est une revendication populaire dépasse l’entendement et transgresse les règles élémentaires du métier de journalisme.

Depuis le drame qui s’est abattue sur cette famille et qui perdure depuis plus de trois semaines, certaines chaînes de télévisions n’ont pas raté l’occasion pour combler le vide en termes d’émissions.

Ainsi, sur les plateaux on a même invité tous les incultes (tel le président d’une association sportive) pour leur demander leur point de vue sur la question de la peine de mort.

Une question pluridimensionnelle réclamant les avis des spécialistes, des juristes et philosophes en premier lieu. Mais à quoi rime cette surexploitation d’un drame familial ?

De prime abord, à détourner l’attention, au moins momentanément, d’une population de plus en plus rattrapée par les effets de la crise économique que vit le pays et qui s’aggrave de semaines en semaines.

D’autres lectures et d’autres hypothèses s’échangent sur les terrasses des cafés et autres lieux de sociabilité sans trouver de tribune pour les accueillir.

Les images des engins de la Gendarmerie Nationale dans le village kabyle où a eu l’enlèvement (un corps qui a déployé des efforts pour retrouver la petite Nihel et c’est à son honneur il faut le souligner), rediffusées à satiété par certaines chaînes de télévisions, ne visent-ils pas à «enterrer» l’animosité, réelle ou supposée, de la population d’une région à l’endroit de ce corps de sécurité, conséquente à la mort de Massinissa Guermah suite à des balles reçues dans une caserne de Gendarmerie ? Une hypothèse que certains avancent en tout cas.

En attendant l’éventuel lancement, serein, d’un débat sur la restauration de la peine de mort, ce qui suppose la dérogation à des engagements internationaux de l’Algérie, entre autres difficulté, laissons la famille de Nihel de faire le travail de deuil sereinement. Que «les faiseurs d’opinion des temps nouveaux» réalisent que le corps de la défunte, déjà décapité, est trop frêle pour contenir et supporter tout le poids de leurs desseins intéressés.